Tessellated Pavement, Blowhole, Tasman Arch, Devils Kitchen, Patersons Arch, Waterfall Bay, Fortescue Bay
Et tout ça en une après midi. C’est ce que l’on appelle un programme bien chargé !
Mais commençons par le commencement. Pour se rendre sur la péninsule de Tasman, il faut d’abord traverser une première péninsule, dont je ne connais pas le nom, mais qui offre quelques beaux paysages, qui sont parfaits pour se mettre en bouche. On commence à s’habituer aux magnifiques plages tasmaniennes, mais on ne s’en lasse pas. Surtout quand à marée basse on peut presque marcher sur l’eau tellement il y en a peu profond.
La route nous emmène ensuite à Eaglehawk Neck, petit village qui permet d’admirer la magnifique Pirates Bay. C’est sur le bord de cette baie que se trouve Tessellated Pavement. Une intéressante formation géologique, relativement régulière qui donne presque l’impression que la plage est carrelée.
De là, on quitte la route principale, pour s’éloigner vers le Blowhole et Fossile Bay. Il semblerait que les côtes de la péninsule de Tasman regorge de lieu de ce genre : l’eau érode tranquillement la falaise. À un moment, un gros caillou s’effondre, créant un point de faiblesse ; la mer creuse alors de plus en plus profond, créant une grotte, qui finira par s’effondrer. Le Blowhole en est le premier exemple.
En réalité, comme vous pouvez le voir, ce n’est pas vraiment un blowhole ; les blowhole étant des geysers qui soufflent uniquement à cause de la pression des vagues. Là, il s’agit simplement d’une petite grotte marine.
En s’éloignant encore un peu, on arrive à la Tasman Arch. J’avais lu le nom, le site internet de Tasman National Park disait qu’il fallait y aller, mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Personnellement, à chaque fois que j’entends « Arche » je pense désormais au sud de l’Utah. Tasman Arch n’a rien à voir. Ça ne l’en rend pas moins impressionnante.
De là, on accède ensuite à la Devils Kitchen, mais surtout à un point de vue sur la côte. Nous ne sommes plus en Irlande ou en Gaspésie. Ni le cap Forillon si les Cliffs of Moher ne font le poids. Et quand en plus les nuages participent aussi pour ajouter du mystère à l’ensemble, il ne reste plus grand chose à faire au touriste, à part rester sans voix.
Enfin… la journée est encore jeune, et on a quand même un peu envie de marcher. On décide donc d’abandonner la voiture le temps d’une petite balade qui nous prendra une heure et demi environ. Elle nous fera longer la côte pour nous emmener à Waterfall Bay. Peu d’efforts, mais encore et toujours des points de vue grandioses, un aperçu sur Patersons Arch (une cousine de Tasman Arch) et en cadeau bonus, la visite de deux Wallabies. On en redemande !
En fait, cette balade peut se prolonger. Pendant des heures, et des heures et des jours. Il y a une randonnée qui, partant d’ici, vous emmène jusqu’à Cape Pillar, beaucoup beaucoup plus loin. Il faut, en fait, compter 6 jours aller-retour pour la faire. Il y a aussi une option plus courte, qui commence un peu plus loin, et qui ne demande que trois jours aller-retour. Tout cela me travaille, et me fait rêver. Même si, en même temps, je préférerais une boucle. Ou un aller simple avec quelqu’un qui me récupèrerait à l’arrivée. Peut être ailleurs ; peut être une autre fois.
Il est 18h passé quand nous revenons à la voiture. On n’a pas d’autres plans pour la suite, si ce n’est trouver un endroit ou planter notre tente. On décide donc de reprendre la voiture, et de rouler en direction de port Arthur, en regardant si l’on trouve un endroit qui nous inspire. On repère assez rapidement un premier petit chemin bien tranquille, que l’on se met de côté dans un coin de la tête. Un peu après, il y en a un deuxième tout aussi inspirant. Puis on passe devant le Tasmanian Devils Conservation Park. On l’avait déjà repéré lui aussi. C’est un grand parc, principalement axé sur le diable de Tasmanie. On se le garde lui aussi dans un coin de la tête, parce que l’on sait bien que voir un diable de Tasmanie en liberté, c’est loin d’être donné à n’importe qui. Il est plus probable de les voir mort sur le bord de la route, ce qui nous intéresse forcément beaucoup moins. On se dit que ça pourrait être une belle façon de commencer la journée du lendemain.
Et puis il y a ce panneau à gauche, qui indique Fortescue Bay à 12 kilomètres. On aurait pu y marcher en 7h depuis Waterfall Bay ; y aller en voiture, c’est forcément moins impressionnant. Mais comme il y a un camping là bas, ça paraît être une très bonne option. Douze kilomètres de chemin de terre ; je m’attends à un truc plutôt désert et tranquille à l’arrivée. On sera assez surpris de débarquer au milieu d’un camping relativement peuplé. En fait, le camping est en deux parties. La première, ce sont les jeunes qui font la fête ; la deuxième, se sont les familles avec les enfants qui courent dans tout les sens en hurlant. On regarde partout pour payer… les bureaux sont fermés ; c’est de l’inscription volontaire. On va rester sur notre optique réduction des coûts. On verra bien ce qui se passera… on décide de prendre une chance.
On monte la tente, généreusement fournie par Bernd. On s’installe dans la partie famille. C’est la vue qui l’a emporté au final.
Et moi, chaque fois que je regarde ce bateau, dans cette baie, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression de me retrouver dans « Vieux Chagrin », de Jacques Poulin. La baie ne ressemble pas vraiment au fleuve St Laurent. Mais ce bateau, ancré tout seul pas très loin du rivage, avec personne à son bord… je m’imagine le rejoindre à la nage, tenant mes vêtements et une bouteille de champagne à bout de bras, au dessus de l’eau…