Remarkable Cave, Cape Raoul et les navigateurs suisses
Il y a beaucoup trop de choses à faire dans Tasman National Park. On veut toujours aller rendre visite à Raoul et son cap, mais comme la journée n’est pas encore trop avancée, on en profite pour faire un autre détour par Remarkable Cave en faisant une pause en chemin sur l’une des nombreuses magnifiques plages de la région pour manger.
Remarkable Cave est encore sur le même principe. Un caillou tombe, la mer creuse une grotte, la grotte s’effondre. Une fois de plus, c’est assez impressionnant. Mais ce qui m’impressionne le plus, personnellement, c’est la vue que l’on a depuis cet endroit !
Et puis finalement, après tout ces détours, nous voilà enfin au début de la randonnée pour Cape Raoul (que mes correctrices habituelles ne s’y trompent pas, en anglais, cap s’écrit cape). La balade annoncée est de 5 heures. 14 kilomètres aller-retour. Je regrette juste de ne pas avoir d’informations concernant le dénivelé. Enfin… il est 14h30 quand nous partons ; le soleil se couche vers 20h. On a donc de la marge, mais pas tant que ça. Alors une fois n’est pas coutume, on emmène nos lampes frontales. Juste au cas.
La balade commence tranquillement, dans une forêt aux arbres assez imposants. On n’en a pas encore vu beaucoup des gros en Tasmanie, une bonne partie ayant été rasée au cours des dernières décennies. Pour l’occasion, on admire et on profite de la douceur et de la quiétude des lieux. Et puis après une toute petite heure de marche, on débarque sur le bord de la falaise. L’océan se fait entendre, loin au dessous. Et là bas, tout là bas, on voit Cape Raoul qui nous attend. Une grande étendue verte et plate, qui semble annonciateur d’une promenade agréable dans la prairie.
On s’éloigne de la falaise le temps de perdre un peu d’altitude. De prairie, il n’y en aura aucune. De loin, ça ressemble beaucoup à de l’herbe. De prêt, se sont des arbustes plus ou moins haut. Le chemin n’est pas particulièrement bien entretenu. Il ne doit pas y avoir beaucoup de monde qui font ce circuit. On se frotte régulièrement sur des branches et sur des herbes. Avoir su, j’aurais plutôt mis un pantalon. Ça fini par irriter les jambes à la longue !
Les paysages sont magnifiques une fois de plus. Les points de vue sur les falaises changent régulièrement, offrant à chaque fois de nouvelles choses à découvrir. Il paraissait beaucoup moins loin le cap du sommet de la falaise. Mais il nous faudra un peu plus de deux heures et demi pour le rejoindre. On passe un moment à regarder, à prendre des photos. On n’a croisé personne. L’humain le plus proche, si on omet le bateau en contrebas, est relativement loin. Je jalouse d’ailleurs le gars (ou la madame) sur le bateau. La vue sur les falaises doit aussi être superbe. J’aimerais trouver une solution pour revenir ici en voilier. Admirer les falaises depuis en bas.
Le soleil commence à décliner, mais nous avons tout notre temps pour rentrer. En fait, la lumière est juste parfaite. Un léger brouillard, quelques nuages, un soleil couchant. Lumière parfaite, photo parfaite. Une bonne occasion pour changer la photo d’entête du blog tiens !
Le retour est un peu long est pénible. Ni Iris ni moi n’aimons les randonnées aller-retour. On préfère les boucles. On les allers simples. La dernière heure est relativement lourde sur les jambes. Il y a quand même un certains dénivelé, et on a une matinée quand même assez active derrière nous, ce qui n’aide pas non plus ! Mais on arrive finalement à la voiture. Heureux de ce que l’on a vu. On a mis exactement cinq heures. Ce sont des heures très bien investies !
On hésite un tout petit peu sur la suite du programme, mais Iris a très envie de dormir sur le bord de l’eau. Il y a un gars, tout seul avec son van, en train de s’installer pour la nuit sur le parking. Je me dis que ça pourrait être sympa de passer la soirée avec lui. On le regarde tout les deux avec un grand sourire. Il ne sourit même pas en retour. Bon, finalement il n’est peut être pas si sympa que ça. On prendra l’option sur le bord de l’eau. Je me rappelle le petit chemin que l’on avait repéré pour la veille. Ça ira très bien pour ce soir. On remonte dans la voiture. Je pense aux diables de Tasmanie et aux kangourous qui, alors que le soleil commence à se coucher, m’attendent sûrement à la sortie d’un virage. Je roule donc assez tranquillement.
Quand on arrive finalement sur notre petit chemin, il y a déjà un van de garé. En même temps, il y a largement la place pour une voiture et une tente supplémentaire. Mais bon, la moindre des corrections, c’est quand même de demandé. Il y a un couple, dans la soixantaine, en train de discuter. Ils ont l’air sympathiques et parlent français. On commence à discuter un peu. On accroche tout de suite. Le plus dur, en fait, au début, c’est surtout de gérer la discussion en profitant au maximum du spectacle que nous offre le soleil. Il s’en donne à coeur joie !
Ils ‘appellent Michel et Marie-Anne, et sont suisses. Quand ils nous expliquent qu’ils voyagent en bateau, je n’ose pas leur demander comment ils ont quitté le Lac Léman… on discute pendant plusieurs heures. Iris a eut la bonne idée d’acheter quelques bières en début d’après midi, on a donc ce qu’il faut pour partager. En retour, on a le droit à un peu de vin et de fromage.
On écoute Michel parler ; on l’interrompt un tout petit peu de temps en temps, mais c’est rarement nécessaire. Il nous parle de leurs voyages en bateau. De partout où ils sont allés. Du plaisir qu’ils ont eut à découvrir Vanuatu. Leurs échanges avec les gens. Ils sont enseignants à la retraite. Mais voyage depuis une bonne vingtaine d’années, toujours en bateau. Michel nous explique qu’à l’époque, un mois de salaire suisse leur permettait de vivre une année à bord. De quoi rêver un peu.
En ce moment, leur bateau est à Brisbane. Ils ont décidé qu’ils voulaient voir la Tasmanie, mais ne pouvaient pas descendre aussi au sud, bien que je n’ai pas compris pourquoi. Ils sont là pour deux semaines, avant de retourner à Brisbane. Ensuite ? En avril, ils continuent vers Darwin, en faisant un détour par la grande barrière de corail, puis monte vers Bali et Komodo. Tout cela nous fait rêver. Comme on s’entend super bien avec eux, on propose de garder contact. L’invitation à garder contact semble aussi une invitation à venir passer quelques jours à bord. Deux semaines avec eux dans le coin de Brisbane et de la grande barrière, ça fait un peu beaucoup rêver. On imagine, on se projette…
Quand on partira le lendemain matin, ils dorment encore. On leur laisse donc nos coordonnées sur une feuille de papier, bien protégé du vent sur une pierre. On espère qu’ils nous recontacteront. Parce que je n’hésiterais pas une seconde à avoir l’audace d’essayer de m’inviter quelques temps sur le bateau. On peut toujours rêver, non ?
February 1st, 2012 at 4:38 pm
photos magnifiques !!!