Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Salamanca Market


Il y a deux choses qui semblent être particulièrement connues (et réputées) à Hobart. La brasserie Cascade, et le Salamanca Market. La brasserie, c’est parce qu’elle est la plus ancienne d’Australie. Aussi parce qu’elle se trouve dans un des plus vieux bâtiments de Hobart. Enfin, et c’est pour moi la seule raison vraiment valable, parce que leurs bières sont particulièrement excellentes. Je n’irais pas faire la visite. Je ne suis pas intéressé à payer pour visiter une brasserie ; j’en ai visité suffisamment gratuitement. Je ne suis pas non plus intéressé à payer pour une dégustation. Je préfère, si je dois payer, déguster à la bouteille. Une bière différente à chaque fois. D’ailleurs, tiens, je pourrais vous parler de la Stout, que l’on a partagé avec Michel. Car en plus d’être sympathique, Michel préfère les bières noires aux blondes ! Bref, la stout de chez Cascade, c’est une petite escapade au pays du chocolat. Aussi bien au niveau du parfum que de goût. Même si celui-ci évolue par la suite comme la plupart des stouts vers un goût plus orienté café. Il y a un très bon travail de torréfaction en arrière, et ça paraît. S’il fallait faire des comparaisons, j’irais sans doute voir du côté de la Pêché Mortelle, du Dieu du Ciel. En enlevant le côté vanillé, par contre, complètement absent dans le cas de la Cascade.

Mais je m’égare. Il me semble que je devais parler d’un marché, à la base. Le Salamanca Market, c’est tout les samedis. Et ce samedi là, il faisait particulièrement beau. Évidemment, j’éviterais ici d’évoquer trop longuement le 30 degrés des plus agréables et le ciel parfaitement bleu. Je ne voudrais pas froisser les lecteurs qui passent le mois de janvier dans le mauvais hémisphère. Bref… profitant de cet météo idyllique (parce que oui, des fois, vous savez, il fait trop chaud, ça en est presque pénible !) j’ai décidé de m’en aller découvrir ce célèbre marché. J’ai enfourché mon vélo (ou plutôt celui que Bernd me prête) et je me suis laissé descendre jusqu’au centre ville. Puis un peu plus loin. Et j’ai vagabondé entre les étalages.

Première constatation : ce marché est extrêmement sympathique. Relativement grand, avec beaucoup de choses à voir, et une ambiance agréable.

Deuxième constatation : mais en fait, il est comme tout les autres ! Ça m’a pris comme ça, soudainement, alors que je regardais l’étalage d’un artisan menuisier. Les planches à découper, en bois aussi divers que variés, sont magnifiques et parfaitement finies. Il y a aussi les reposes-plats, les couteaux à pain, des faux fruits en bois… je regarde tout ça, et j’ai soudainement l’impression de l’avoir vu des centaines de fois. Les étales se suivent et se ressemblent. D’un bout du monde à l’autre, j’ai le sentiment de revoir les mêmes objets, les mêmes idées. Il y a les stands un peu plus écolos, la pizza bio au feu de bois, les vendeurs de hot dog, la designer de mode, le stand de fudge, celui de bonbons. Et bien sûr, les jeunes musiciens, extrêmement talentueux, qui ravissent les oreilles des chinois et des français qui visitent le marché. Parce que des locaux, certes il y’en a, mais je n’ai pas l’impression qu’ils font la majorité.

Je ne dis pas que Salamanca ne me plait pas. Au contraire, j’ai eut énormément de plaisir à y prendre un bain de foule. À déambuler sans raison, d’un stand à l’autre. Regardant, avançant au hasard, m’énervant après ces madames qui ne font pas attention avec leur sac à main.

Quand on discutant avec Michel, il a dit une chose toute bête. Une chose toute simple, qui m’est resté. « Je ne voyage plus pour les paysages depuis longtemps ; je voyage pour les gens ». Il nous a expliqué qu’au bout d’un moment, les plages se ressemblent toutes. Les gens, eux, sont tous différents. Je reste un peu en désaccord avec lui. Non pas sur les gens, mais bien sur les paysages. En tant que photographe, j’ai l’impression de faire peut être plus attention à ce qui m’entoure. Je vais chercher dans les paysages ce qu’ils ont d’uniques à offrir. Il y a une infinité de paysages différents sur terre, et je ne pense pas avoir la chance de tous les voir un jour. Je sais bien que quand je commente une route, un paysage, je fais référence à l’Irlande, au Québec, à la France. Cette idée volonté de comparaisons, c’est plus une façon pour moi de créer des liens entre les voyages. De m’aider à comprendre ce que j’aime, ce qui me plait particulièrement, et ce pourquoi j’accroche moins. Je sais le genre de paysages qui me plait grâce à ça, et je vais le chercher. Il y a peut être aussi un projet photographique, pour l’instant très flou, en arrière. Oregon, Irlande, Québec, Tasmanie… tellement différents et semblables en même temps.

J’aime voyager pour découvrir l’immensité du monde et sa petitesse en même temps. Me rendre compte qu’à l’autre bout du monde, les choses sont à la fois différentes et semblables. Je trouve là dedans un côté rassurant.

Alors quand je me promène sur Salamanca Market, et que j’ai l’impression d’être à la fois le dimanche matin à Morestel et le samedi après midi à Eugène, je me sens bien. Et j’aime ça.

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