Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Laura


J’ai déjà vu Laura danser à quelques reprises, brièvement. J’étais occupé à danser moi aussi, alors je regardais pas trop. Mais là, pendant que je joue du djembé, je suis entièrement disponible pour l’admirer. Elle danse avec toute son âme, avec tout son corps, avec toute son énergie. Elle se laisse aller, sans aucun blocage, sans aucune limite. C’est sauvage et animal, mais en même temps emprunt de beauté et de sensualité. J’ai l’impression de ne jouer que pour elle, et ça me convient parfaitement. Aucune idée de combien de temps je jouerais ; ça fait un moment que j’ai mal aux mains, mais ça n’est pas bien grave. J’envisage de faire une pause quand elle vient me dire qu’elle rentre au camp. Ça me convient parfaitement de m’arrêter, alors je repars avec elle. Je la complimente sur sa façon de danser. Elle m’explique qu’elle a appris dans plusieurs pays d’Afrique différents. Ça paraît. Les personnes qui ont appris la danse africaine ont une façon unique de danser.

Elle m’avait un peu parlé, quelques jours plus tôt, de son programme pour les jours prochains : elle s’en va en Oregon retrouver sa copine qui travaille à Portland en ce moment. Du coup, on reparle un peu de ça. Parce que moi, mes plans sont toujours indécis. L’Oregon semble avoir remporté le match, mais j’ai encore quelques hésitations sur le chemin à prendre pour m’y rendre. Elle me dit qu’elle n’a qu’une semaine, et qu’elle sera à San Francisco à partir du 11. J’aime bien Laura. Elle déborde de sincérité, elle me paraît être totalement et complètement honnête, naturelle. J’ai l’impression que si elle disait un mensonge, elle prendrait feu. Depuis que je suis parti, je répète que mon voyage se construit au fur et à mesure des rencontres et des gens. Je sais maintenant où je vais : il faut que je sois à San Francisco le 11. Ça me convient parfaitement. Je reverrais Jane et Laura. Ça permettra de faire durer un peu plus longtemps le plaisir des nouvelles rencontres.

Mon hésitation était due à la proximité du parc Yosemite. Comme je le disais pas mal plus tôt, j’ai une revanche que j’ai envie de prendre sur le Half Dome. Je me disais que la Cable Route avec un tout petit sac serait sûrement beaucoup plus facile et moins désagréable. Je m’imaginais faire la randonnée avec un Camel Back et beaucoup de barre de céréales. Hors, j’ai trouvé un Camel Back… et puis il y a le levé de soleil sur Mono Lake, que je n’ai pas pris en photo la dernière fois. Je regarde une carte. Vu mon état de propreté, j’aurais besoin d’une rivière ou d’un lac. Me semble que ça serait beaucoup mieux qu’une douche. La carte me montre le Lac Tahoe, à 50 kilomètres de Reno. J’en ai entendu parlé comme étant un endroit assez beau. Jane me confirme. Voilà. C’est fait. Je sais où je dormirais demain. Une fois de plus, je regarde mon voyage se construire tout seul. Une fois de plus, j’aime vraiment ça.

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