[Le chemin du retour]

 

De retour sur la côte

On October 28, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Photos, [Le chemin du retour], [West Coast], by Sébastien
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Aujourd’hui, on pense beaucoup. Sans doute parce que c’est le début du commencement de la fin !

Il y a une différence énorme entre « mon voyage se terminera quand je rentrerais » et « je rentrerais quand mon voyage se terminera ». Malgré une météo horrible, je suis très bien à Portland. C’est sans doute mieux, d’ailleurs, que le temps soit mauvais et pas inspirant. S’il y avait un grand ciel bleu à l’année longue, je pense que je serais déjà en train de faire les plans pour ne pas avoir à repartir. Au moins, le ciel gris me motive un peu à aller voir ailleurs. Et puis je me rends bien compte que je suis prêt à rentrer. J’ai fait ce que j’avais à faire. Mon voyage est terminé. Je sais qui je suis, je sais où je veux aller. Bon, c’est pas aussi simple, c’est pas aussi précis ; comme je le disais déjà plus tôt, il faudra que la poussière retombe pour être sûr de tout ça. Toujours est il que je peux parler de mon retour à Montréal avec plaisir. Je ne regrette pas de rentrer. Je suis animé d’un sentiment étrange. Montréal me manque. Le Charbinat me manque. Black Rock City me manque. Et je suis très bien là où je suis. Il va peut être falloir que je développe le don d’ubiquité à un moment. Mais là, maintenant, tout de suite, je suis en paix avec moi même. Je vis au présent simple, et c’est parfait pour moi. Plus d’inquiétude, plus de soucis, plus de questionnement. Ne reste plus qu’à trouver le chemin qui me ramènera à Montréal. J’en connais la fin. Lawrence – Chicago – Toronto – Montréal. Peut être Saint Louis, entre Lawrence et Chicago. Portland – Lawrence ? La solution apparaîtra d’elle même, très bientôt…

Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est le premier jour de mon retour à Montréal. En tout cas, c’est comme ça que je le ressens. Étrange, alors que l’idée est de partir vers l’ouest. Pas tant que ça, si on y pense : dire au revoir à la côte ouest, ça implique de dire au revoir à l’océan. Vous quitteriez Marseille sans aller voir la Méditerranée ? L’Irlande sans boire une Guinness ? Montréal sans une poutine d’adieu ? La France sans un énorme plateau de fromage ? Le Nord de la Californie sans vous faire tirer dessus ? Mouais… sans doute qu’idéalement, pour ce dernier, j’essaierais d’éviter…

Je fais un saut rapide au garage, mais je m’attendais à la réponse. Ils n’ont pas le temps aujourd’hui. À la place, je prends rendez-vous lundi matin. Ni à la première, ni à la deuxième heure, mais bien à la troisième, parce que bon, faut pas exagérer ! Je retourne ensuite à l’appartement, où j’ai deux trois petites choses à faire avant de prendre la route. Ça fait du bien de recommencer à jouer les touristes. La pause a été agréable, et aurait très bien pu durer quelques jours de plus, mais en même temps, j’aime rouler, j’aime conduire.

On sera deux dans le van. Avec un ukulele/guitare, un didgeridoo, une flûte, un djembé, un gazoo, et la voix magnifique de Danielle. Tout cela me paraît plein de promesses ! J’ai conduit, ces derniers jours. Danielle habite à une petite dizaine de kilomètres du centre ville, et ça n’est pas simple à faire en bus. Mais conduire pour aller se garer en ville, et conduire pour aller voir l’océan, pour voyager, pour se promener, ce n’est pas la même chose. Ce n’était que quelques jours, et ça me manquait. Du coup, j’attends avec impatience le vrai grand départ. Il devrait avoir lieu lundi après midi ou mardi probablement. Oui, je l’attends avec une certaine excitation, parce que j’ai l’impression que c’est un nouveau voyage qui commence. Une nouvelle aventure. Une fin n’est jamais qu’un nouveau commencement ! J’ai envie de manger du kilomètre pour le retour ; d’autant plus que j’ai de la compagnie avec moi. Je me souviens de cette étape complètement folle de 1600 kilomètres entre New York et Nashville. Sans en faire autant, j’ai quand même envie de faire quelque chose de similaire, à un moment. De toutes façons, le centre des États Unis, c’est pas ce qu’il y a de passionnant. Tiens, regardez une carte routière de l’Iowa, vous comprendrez ! Ça vaut le détour : on s’endort juste en regardant la carte… J’ai envie de prendre mon temps dans les rocheuses, puis de terminer ça en trois quatre petits bonds. Enfin… je me rends compte que cette anticipation, cette façon de me projeter, témoigne très certainement de mon envie de rentrer à Montréal. Surtout que rentrer à Montréal sera suivi peu après d’un retour en France. Bref… que d’enthousiasme face à la suite ! Et que d’enthousiasme face au présent !

Pour les deux prochains jours, je vais essayer d’oublier la carte routière. Danielle semble parfaitement à l’aise avec l’idée que je prenne toutes les décisions, que je choisisse la route, et tout le reste. Mais c’est aussi pour elle qu’on fait cette petite boucle sur la côte, et la carte routière fini sur ces genoux. À force de la torturer, elle finit par dire qu’elle aimerait bien voir Tilamook. On fera donc la petite boucle par le sud. Sans doute Portland-Tilamook-Astoria-Portland.

Portland se quitte très rapidement. Le fait que Danielle habite la banlieue ouest aide sans doute pas mal, vu qu’une bonne partie du travail est déjà fait. On se retrouve dans les montagnes, juste après. Elle me plaît bien cette microchaîne côtière, juste avant l’océan. Un dernier petit rappel, avec ses sommets qui peinent à atteindre les 1000 mètres, des barrières monstrueuses que l’on peut retrouver un peu plus à l’est. La route est belle. Je fais parti d’elle autant qu’elle fait partie de moi. Les couleurs et le relief me font penser au Québec. Petite montagne, petite rivière au lit caillouteux, sapins et érables…

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Et ma compagne de voyage :

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Portland n’est vraiment pas loin de la côte ; à peine une centaine de kilomètres. t même en prenant notre temps, on met moins de deux heures pour y arriver. Danielle aime le fromage, et n’a jamais visité de fromagerie. J’aime aussi le fromage, et je ne dis jamais non à une visite de fromagerie. Même si je les connais déjà, même si je sais qu’elles sont plutôt moyennes. On s’arrête donc dans un premier temps à la fromagerie du Héron Bleu. La grosse différence, par rapport à ma visite précédente, c’est que cette fois, le repas remonte un peu. Alors on déguste beaucoup de choses. On en profite bien. Du coup, cette fois, pour compenser, j’achète un tit morceau de fromage. Ça peut toujours servir ! On arrive ensuite à la fromagerie de Tilamook. La grosse. La vraie. Celle qui presse les vaches pour en extraire la moindre petite goûte de lait, histoire de ne pas manquer, et produire du cheddar en gigatonne quotidienne. Si dans l’ambiance encore un peu familiale du Héron Bleu j’étais resté raisonnable sur les dégustations, je me laisse aller sans hésitation ici. D’autant plus que la partie touriste ferme dans 15 minutes, et qu’ils vont probablement jeter tout ce qui n’a pas été manger. Je me sacrifie donc, autant que possible, pour diminuer les restes. Et puis là encore, j’achète un autre petit morceau de fromage pour compenser. C’est parfaitement intéressé : j’aime les pattes au fromage, Danielle aussi, et ça semble lui convenir comme plat de base. Le seul petit soucis, c’est qu’on tombe dans un piège au moment de sortir de la fromagerie. J’avais testé la partie crème glacée à la visite précédente ; j’avais repéré la partie « fudge » dans le lointain sans m’en approcher. Mais Danielle, elle, y va et m’invite à la suivre. Et évidemment, il y a des petits morceaux en dégustation. Je me souviens avec émotion du fudge de Mackinaw. Il avait quand même fait un bon bout de chemin, vu que je l’avais terminé avec Virginie, dans les rocheuses. C’est agréable d’avoir un petit dessert pour se sucrer le bec en fin de repas. Alors… pourquoi pas après tout ? On pourrait repartir avec une ou deux tranches. Bon, d’accord, avec trois. Chocolat noir, framboises et chocolat noir, beurre de cacahuètes et chocolat. Que du bonheur en perspective ! La vendeuse est sympathique, et je pense qu’on lui communique notre bonne humeur et notre enthousiasme. On rigole bien, et j’ai plaisir à penser qu’elle finira sa journée (dans 3 minutes) avec le sourire grâce à nous. Juste pour ça, ça valait la peine d’acheter un peu de fudge, non ?

Le soleil est en train de se coucher quand on sort de la fromagerie. Oui, à 18h. C’est fou comme tout a changé depuis que j’ai commencé mon voyage… c’était dans une autre vie, on dirait bien ! Enfin… autant profiter du paysage. En plus, les nuages se découvrent un mini peu pour l’occasion.

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La dernière étape est un classique : trouver un endroit où dormir. Après deux tentatives infructueuses, je me rappelle l’endroit où j’ai rencontré Anya, il y a environ une semaine de ça. Elle m’avait dit y avoir passé la nuit. C’est, en théorie, interdit. On est jeudi soir, fin octobre, il pleut, c’est à l’écart de la route… on devrait être tranquille je pense. On y va donc !

Danielle a vu l’océan pour la première fois il n’y a pas si longtemps. Tiens, prenez à nouveau une carte, et cherchez le Kansas dessus. Un indice pour repérer facilement ? Prenez le milieu des États Unis en hauteur, prenez le milieu des États Unis en largeur, et vous y êtes. Le Kansas, c’est l’état le plus au milieu de tous. Dans ce contexte, avec douze frères et soeurs, j’imagine assez facilement la difficulté à aller voir la mer… ce soir, ça sera la première fois qu’elle voit l’océan, la nuit. Et ça lui plaît.

L’endroit est aussi paisible que la première fois. J’aurais trouvé amusant de revoir la voiture blanche et de croiser Anya à nouveau, mais le parking est vide. On s’installe, on se prépare un petit thé. Pas besoin de manger ce soir, on est plein de fromage. On discute, encore, et encore, et encore. On écoute de la musique. Et on en joue un peu aussi. Danielle à la guitare, moi à la flûte, tout les deux en improvisation. Je n’ai jamais improvisé avec quelqu’un, ou alors au djembé, ce qui ne compte pas vraiment. Suivre un rythme, c’est facile. Accompagner une mélodie, c’est autre chose. On a fait déjà plusieurs expériences d’improvisation ensemble, et on se trouve vraiment super facilement à chaque fois. Après le piano à quatre mains en début d’après midi, le duo guitare et flûte et un vrai petit moment de bonheur. Qui est d’ailleurs enregistré par ma caméra. Qui sait, peut être que j’arriverais à vous le faire partager ! À vrai dire, ce que j’aimerais réussir, c’est l’accompagner à la flûte pendant qu’elle chante !

Danielle est fatiguée, et finit par se coucher. Moi, en bon oiseau de nuit que je suis, je reste encore réveillé quelques temps. J’ai mes quatre fidèles lecteurs et demi qui vont me mettre de la pression si je prends plus de deux jours de retard ! Et puis c’est tellement agréable d’écrire au milieu de la nuit, dans un endroit si tranquille, où l’on entend simplement le bruit des vagues…

 

La route jusqu’à Astoria, deuxième prise

On October 29, 2010, in Carnet de route, Panoramique, Photos, [Le chemin du retour], [West Coast], by Sébastien
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Où le plaisir de découvrir un peu plus un endroit.

Il fait relativement froid la nuit, surtout quand le chauffage refuse à nouveau de marcher. Un jour, peut être, je comprendrais. Des fois il veut, des fois il veut pas. C’est pénible quand il ne veut pas… et puis j’ai aussi eut pas mal de difficultés à m’endormir. Encore une fois, sans trop savoir pourquoi.

Par contre, il semblerait que le chef de l’Oregon lise mon blog, et qu’il soit très concerné par ma façon de voir la météo dans les environs. Il a donc décidé d’agir, afin de me permettre d’apprécier au mieux mes derniers jours sur la côte ouest. C’est donc un magnifique soleil et un grand ciel bleu qui nous attende ce matin ! Et comme on a tout notre temps, comme on est là pour apprécier, pour se reposer, pour admirer, et comme Danielle aime découvrir l’océan, on passe un long moment, simplement à marcher sur la plage. Et Danielle, à courir avec les vagues. Occasion aussi, pour moi, de prendre quelques photos de la demoiselle, tiens !

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La marée est un peu plus basse que quand je suis venu la première fois, ce qui nous permet d’aller explorer la plage un peu plus loin, en contournant les magnifiques rochers qui avancent jusque dans la mer. Côté sud :

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Évidemment, la mer est toujours pleine de surprises, et les vagues également. Malgré une programmation qui semblait parfaite, et une course efficace contre l’eau, on se fera mouiller les pieds une ou deux fois. On devra aussi prendre refuge sur un rocher. La bonne nouvelle, qui nous console un peu -bon, d’accord, qui nous fait mourir de rire- c’est que nous ne sommes pas les seuls à être pris au piège.

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Oui oui, vous l’avez bien vu, c’est bien un vélo. Nous aussi, on se demande ce qu’il faisait ici !

Et puis bien heureux, bien content, on envisage de rentrer au van, quand je suis mu par une inspiration subite. Et si on faisait la même chose, côté nord de la plage ? Beaucoup plus délicat de ce côté, car sans le moindre caillou pour jouer à chat perché !

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On y arrive quand même, non sans se remouiller encore les pieds ! Mais on découvre, avec stupeur, que ça valait la peine de se mouiller les pieds. C’est donc là qu’elle se cache la cascade que je n’avais pas trouvée la première fois. Elle est toute petite, mais je la trouve magnifique !

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Tiens, ça vaut bien un petit panoramique ça, non ?

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On est tout heureux d’avoir trouvé ce petit mini bout de paradis. J’aurais presque envie de passer la journée ici tiens. Mais non. Pas cette fois. On doit encore voir un phare !

On reprend donc la route tranquillement. Un petit retour en arrière d’une dizaine de kilomètres, pour montrer à Danielle un morceau de paysage qu’elle n’a pas vu la veille, mais que mes lecteurs assidus reconnaîtront sans peine. N’est ce pas ?

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On s’arrête une autre fois, quelques kilomètres plus loin, à Canon Beach. Je ne me rappelle plus très bien pourquoi je l’avais passé rapidement celle-ci la première fois, mais du coup, je suis bien content de prendre le temps d’admirer un peu le gros cailloux très célèbre (paraît-il) que l’on y trouve. Et puis marcher sur la plage, ça reste quand même super agréable ! Surtout que même si c’est une ville de bord de mer, ça reste joli. On n’est pas dans un contexte de cubes en béton s’étirant sur des millions de kilomètres.

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À vrai dire, la côte ouest est surprenament restée très sauvage. Il y a énormément de parcs protégés, de zones inaccessibles ou, au contraire, de zones publiques. Il y a, en arrière de tout ça, un certains nombre de visionnaires, et de personnalités qui semblent toutes très intéressantes. J’ai déjà évoqué John Muyr à quelques reprises ; lui, c’était plutôt la Californie. En Oregon, il semblerait que l’un des actifs défenseurs des zones naturelles soit Oswald West. Il fait parti de ces gens qui, dégoûtés par un système politique corrompu, ont décidé de tenter leur change par eux même. C’était en 1910. Certaines choses ne changent pas. Il est finalement élu gouverneur de l’Oregon, et passera notamment une loi, en 1913, stimulant que « toutes les terres, situées entre la marée haute et la marée basse appartiennent au domaine publique. D’un certains point de vue, ça n’est pas grand chose. D’un autre, ça veut dire que toutes les plages, en Oregon, sont publiques. Intéressant, non ? Il semble avoir fait pas mal d’autres choses du même acabit, mais les panneaux sur les bords des routes manquent un peu de détails sur la question malheureusement.

On commence à avoir faim au moment de quitter la plage. On roule donc un peu, avant de s’arrêter à nouveau. Je sais pas vous, mais moi, cuisiner en musique (oui, même si c’est juste des pattes au fromage faut quand même cuisiner !) j’aime ça.

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On prend ça tranquille ; je suis fatigué un peu, alors je lis un tit peu tranquille, pour me reposer. Je resterais bien là, mais y a des maisons un peu tout autour, donc c’est pas très discret pour passer la nuit incognito. On reprend donc la route une dernière fois. Un peu au hasard. En fait, en regardant la carte, je remarque qu’il y a une belle petite pointe de terre à l’embouchure du Columbia. Et il y a aussi un parc. Sans doute un endroit où on pourra dormir tranquillement… en tout cas, on s’essaie. On arrive sur un grand parking, quasiment désert, juste à temps pour le coucher de soleil. Les vagues sur la digue sont magnifiques, alors bien évidemment, j’en profite.

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La fin de soirée se passe tranquillement dans le van, à lire, discuter, mettre le blog à jour. Rien que du classique donc. On hésitait entre rentrer sur Portland aujourd’hui ou demain, la décision s’est prise par elle même. Ça sera demain en début-milieu d’après midi, histoire d’avoir le temps de se préparer pour aller au party halloween de la communauté couchsurfing de Portland.

Et puis c’est pas tout ça. Mais moi, je suis sur le bord de l’océan, avec un grand ciel pas de nuage. C’est, en théorie (notez comme il est de plus en plus prudent le jeune homme !) ma dernière nuit sur le bord de l’océan. Le fait que le ciel soit parfaitement dégagé est un signe, je pense.

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Un dernier au revoir à l’océan

On October 30, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Pensées, Photos, [Le chemin du retour], [West Coast], by Sébastien
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Aujourd’hui on dort mal, on visite un phare, on dit au revoir à l’océan, et bonjour à un vampire et un zombie.

Le petit coin de parking tranquille au milieu de nul part est loin d’être tranquille en fait. En ce vendredi soir, il y a un certains nombre de voitures qui arrivent, qui passent, qui repartent s’en s’arrêter. Ou après s’être arrêté quelques instants. C’est un peu stressant tout ça, mais bon… on fait avec. Jusqu’au moment où la voiture reste juste en arrière du van, en gardant les pleins phares. L’avantage, c’est qu’on devine tout de suite le message, et on sait qu’il va falloir négocier.

Le ranger est très sympa, souriant, agréable et poli. Heureusement, parce qu’avec son look de tueur à gage professionnel, je me suis pas senti rassuré tout de suite. Comme je suis quelqu’un de très malhonnête ces derniers temps, je lui sors un petit mensonge pour expliquer la situation. Il compatit, sourit, nous autorise à rester, et nous souhaite une bonne nuit avant de repartir. Je retourne au chaud dans le van. Le sentiment de culpabilité est à nouveau là, comme la dernière fois. Je l’explique à Danielle. Je n’aime définitivement pas mentir. C’est sûr que ce n’est pas grave, qu’on n’est pas en train de faire quelque chose de mal, qu’on n’est pas méchant… mais mentir est si facile… bref, j’essaie d’éviter les situations qui « m’oblige à », mais ça marche pas tout le temps. Avec tout ça, du coup, je ne dors pas très bien. Et le « toc toc toc, parc ranger » sur la fenêtre du van tôt le lendemain matin n’aide vraiment pas. Ce n’est, évidemment, pas le même que la veille. Et si celui d’hier était vraiment sympa et agréable, lui, par contre, est on ne peut plus antipathique. Je n’aime pas sa façon de tout de suite arriver avec les menaces d’amande (247 $, ça répond à la question que je me posais). Celui d’hier avait commencé par m’expliquer, et s’était limite excusé de nous déranger. Bref, ce matin, étrangement, je n’ai plus aucun remords à mentir. À force d’explications et de discussion, le garde me demande simplement d’aller payer l’équivalent d’une nuit de camping à l’accueil. C’est cher, pour un camping, mais bon ; on fera avec. Il est encore tôt, et j’arrive à somnoler encore un peu, mais j’ai très clairement pas assez dormi. On se lèvera un peu plus tard. Une petite pause pour payer le camping, et on reprend la route, direction Washington à nouveau.

On a pas mal de choses à faire aujourd’hui, et on voudrait ne pas rentrer trop tard à Portland pour se préparer pour la soirée d’Halloween, donc finalement, on ne s’arrêtera pas à Astoria, se contentant de repasser rapidement le pont gigantesque et toujours aussi magnifique par dessus le Columbia. Une fois de plus, je trouve amusant de reprendre la même route, si peu de temps après l’avoir déjà faite. Au moins, je sais déjà où aller. Ça simplifie ! L’objectif, donc : un phare, Danielle n’en ayant jamais vu. La bonne nouvelle, en plus, c’est qu’aujourd’hui, le phare est ouvert, et qu’on peut donc y rentrer, pour un montant des plus modiques. La madame a l’accueil est charmante. Le monsieur en haut de la tour, par contre, est là pour réciter son texte. On sera heureusement sauvé, après une quinzaine de minutes de récitations absolument impossible à interrompre, par l’arrivée d’un couple de visiteurs, qui lui poseront une question, et renverront la machine au début. Heureusement pour nous, on peut en profiter pour s’esquiver. Parce que franchement, sinon, je pense qu’on y serait encore. Sachant qu’avec le déshumidificateur j’entendais un mot sur huit, c’était un peu limite !

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On redescend, et j’en profite pour poser une question à la charmante dame de l’accueil. Parce que pour revenir à Portland, on a le choix entre deux routes, une qui passe au nord du fleuve (Washington) et l’autre qui passe au sud (Oregon). Je lui demande donc conseil sur la meilleure route à prendre. Après une discussion d’une dizaine de minutes, la réponse est claire. Il faut faire les deux. Bon… on jouera ça à pile ou face, si ça continue. Et puis on parle encore un peu, de Lewis et Clark, et de leur expédition qui m’inspire toujours autant. Juste à côté d’ici, il y a le deuxième phare, celui du Cap Désapointement, que j’étais allé voir aussi. Mais il y a également un centre d’interprétation sur le voyage des deux explorateurs. J’avais hésité la première fois, cette fois, je me laisse tenté, fortement encouragé par la madame du phare.

Le centre d’interprétation est construit sur l’emplacement d’un ancien fort, destiné à garder l’embouchure du fleuve. Il y a quelques explications militaires, plus ou moins inspirante. À part, sans doute, une anecdote qui vient confirmer la subtilité des militaires. Afin d’assurer la meilleure protection possible, les trois forts des environs n’ont eut de cesse d’être amélioré. Ce qui impliquait, entre autre, l’utilisation de canon toujours plus gros. Le plus gros de tous, Big Betsy, était la fierté locale quand ils l’ont installé. Bien en place, bien réglé, ils ont fait feu pour voir si tout fonctionnait. L’explosion a été magnifique, l’obus a sûrement traversé 6 fois le Pacifique. Tout était parfait, ou presque. Ils ont décidé de déplacer le canon. Le gardien du phare d’à côté n’a pas aimé voir toutes les fenêtres voler en éclat à la première détonation.

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La visite du musée est des plus intéressantes. Elle est en deux parties. La première est très factuelle. Du texte, des cartes, les grandes lignes de l’expédition. La Louisiane a été acheté 15 millions de dollars. Ça revient à du 3 sous de l’âcre. Un âcre, c’est 4000 mètres carrés. Le prix du terrain a légèrement augmenté depuis.

L’observation des cartes de l’époque me fait réaliser quelque chose d’assez surprenant : il semblerait que l’exploration du Canada ait été plus rapide que celle des États Unis. Le Canada est quasiment entièrement cartographié, à l’exception de la Colombie Britannique, là où les cartes des États Unis s’arrêtent au Midwest. Bref, Lewis et Clark ont du travail !

Lewis était le secrétaire personnel de Jefferson (un membre de l’American Philosophy Society, dont le but était de rendre la connaissance accessible à tous) à la maison blanche. Le président a passé deux ans à préparer et former Lewis pour la mission qu’il allait lui confier, avec l’aide de quelques autres membres. L’un va lui apprendre la botanique et les rudiments des contacts avec les amerindiens, l’autre lui transmettra des connaissances médicales. Un troisième le formera à l’astrologie et aux mathématiques. Ajoutez à ça un linguiste, qui a expliqué à Lewis comment développer des listes de mots pour communiquer avec les indiens, et enfin un géographe, pour le tracé des cartes. Je retrouve, à nouveau, le petit côté « jeu de rôles », en assistant à la création d’un personnage, parfaitement équilibré. « Mon ami, je voudrais donc t’encourager à partager avec moi la fatigue, les danger et les honneurs ; crois moi, il n’y a personne d’autre sur terre avec qui je partagerais un plaisir égale à partager cette aventure qu’avec toi ». Et hop, c’est fait, Clark embarque. Clark n’a que le titre de second lieutenant. Il ne sera promu capitaine qu’à son retour. Aucun membre de l’expédition n’est informé. Tout le monde pense qu’il partage le commandement au même titre que Lewis. Et les voilà donc parti.

Les petits extraits des différents journaux et des aventures me donnent, une fois de plus, envie de me plonger dans le journal que j’ai acheté. Je m’y mettrais probablement à mon retour à Montréal. Dans ce contexte, le passage à St Louis semble de plus en plus obligatoire sur le chemin du retour.

La deuxième partie du musée est plus « expérimentale », présentant la vie de tout les jours de l’expédition, et invitant les visiteurs à toutes sortes de petites expériences. De « comparer le poids de ces deux pierres de même taille » à « essayer de remplir le canot sans qu’il renverse » en passant par « regardez ce que ça fait d’essayer de viser un oiseau à 100 mètres de distance avec un fusil ». Bin oui, il fallait bien qu’ils chassent pour manger !

Bref, un musée qui, selon moi, est un must pour quiconque s’intéresse un tout petit mini peu au sujet. J’y serais probablement resté plus longtemps, si on n’était pas un peu talonné par la montre. C’est ça d’avoir à faire la fête !

Alors finalement, rassasié d’informations historiques, on remontera dans le Pourquoi Pas ?, qui nous ramènera en un peu moins de deux heures jusqu’à Portland, par la route du sud, qui semble un peu plus rapide.

La formule, c’est «potluck » (tout le monde apporte un petit quelque chose à manger). Donc à peine arrivé, on se met aux fourneaux. Je reste dans le simple et rapide (galette de quinoa, version expérimentale des plus intéressantes, avec purée de tomates et fromage en crème). Danielle, elle, en profite pour utiliser les mûres qu’elle gardait congelé dans son frigo depuis un bon moment. Crumble mûres et chocolat, je peux vous assurer que c’était un véritable délice, et que vous avez raté quelque chose !

Note en passant, les mûres, en Oregon, on en trouve partout, et c’est un vrai bonheur !

Encore un petit cinq minutes pour se préparer, et ce sont deux gothiques qui embarquent dans le van pour aller fêter avec une horde de couchsurfer fous. Ce sera mon seul contact avec la communauté CS de Portland, mais celle-ci semble tout aussi sympathique qu’un peu partout. Joyeuse, enthousiaste, je fais quelques rencontres des plus agréables. Et puis ce n’est pas tout les jours que l’on rencontre un transilvanien nommé Vlad, déguisé en vampire (authentique !) en train de discuter avec un zombie japonais. À la base, une soirée déguisée, c’est vraiment sympa. Mais quand on rajoute en plus un facteur international… Danielle me présente à quelques uns de ses amis, on se promène un peu chacun de notre côté ; je discute à droite à gauche, passe au français une ou deux fois à la demande d’interlocuteur qui veulent pratiquer un peu. Il y a beaucoup plus de gens qui parlent/apprennent/ont appris le français aux États Unis que ce que j’aurais cru. Je passe aussi un moment à parler avec une fille qui revient tout juste de Montréal. Toute heureuse d’ajouter un nouveau contact montréalais dans sa liste, alors qu’elle prévoit déménager là bas. Discussions, grignotages, musique. La soirée avance tranquillement, dans une belle ambiance. La maison se remplit de plus en plus, et finit par déborder, sans pour autant qu’il n’y ait de dérapage. Le seul gars vraiment saoul sera envoyé au lit assez tôt, et arrêtera de déranger. Je cracherais quelques flammes à un moment, pour mon plus grand bonheur, et le plus grand bonheur de plusieurs autres personnes semblent ils. Et puis à un moment, on découvre le sous sol, où sont cachés une batterie, un djembé et un saxophone. Et hop, on repasse en mode « jam ». Sauf qu’impoviser au saxophone, alors que je n’en ai pas touché un depuis ma deuxième colonie de vacance à Astafort (donc y a bin bin bin bin bin longtemps), c’est pas évident. N’empêche qu’on s’amuse bien quand même !

À Portland, les bars ferment à trois heures. Je ne sais pas si c’est une coïncidence, mais c’est l’heure aussi à laquelle le party se termine. En fait, les gens ont commencé à partir tranquillement, les uns après les autres, et finir de vider la maison semble une mission assez simple. Chauffeur désigné par défaut, je suis resté très raisonnable en ne buvant que deux bières. En même temps, j’aurais pu boire plus, et on aurait pu dormir dans le van, amis ça ne me tentait pas plus que ça ! Traverser Portland, juste après la fermeture des bars, avec des gens en costume, à moitié saoul dans la rue, est une expérience assez intéressante, mais j’arrive à éviter tous les zombies qui se jettent sous mes roues.

Je n’ai pas sorti mon appareil photo de la soirée, mais je devrais être capable de récupérer quelques clichés, à un moment ou à un autre.

 

Un autre dimanche biiiiiin relaxe !

On October 31, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Pensées, Photos, [Le chemin du retour], [West Coast], by Sébastien
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Parce que c’est l’automne, pis qu’il faut se reposer des fois !

Au final, la journée pourrait se résumer à l’aide des muffins anglais avec fromage fondu que Danielle nous a préparé pour le petit déjeuner :

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Et le chocolat chaud (chocolat noir non sucré fondu, crème et lait, miel pour sucrer, baileys pour parfumer, cannelle en poudre et en bâton pour rehausser, crème fouettée pour terminer) que l’on boira tranquillement devant la télé en fin de journée.

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En fait, j’ai le sentiment que je reprends des forces à Portland. Non pas que je sois fatigué, mais simplement que j’ai besoin de préparer mon retour, et cette longue pause pas du tout prévue s’avère, au finale, parfaite ! L’itinéraire est à peu prêt connu, mais encore sujet à variation. L’inconnu, c’est le détour par le nord du Nevada pour revoir Jane et Rameen. Ils ne sont pas encore sûrs de leur côté. Le connu, c’est qu’à un moment, on arrive à Salt Lake City, et qu’après ça, l’itinéraire est assez facile à faire.

Il me reste environ 6000 kilomètres à rouler, sans compter les probables détour. Ça fait une moyenne de 300 kilomètres par jour pour les 3 prochaines semaine, ce qui va quand même être assez intense. En même temps, la traversée du Kansas, Lawrence-St Louis, St-Louis-Chicago et Chicago-Montréal devraient ressembler à des étapes « on mange du kilomètre ». Donc à priori, les douze prochains jours devraient être assez « tranquilles », avant de terminer sur un dernier petit exercice d’endurance.

Tout cela m’inspire et me plaît bien !

 

Une dernière grande respiration…

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Aujourd’hui on rerépare le van, on boit de la bière et on mange du chocolat. Beaucoup de chocolat !

Ça y’est… la voilà qui est là. La dernière journée avant le grand départ. Je suis vraiment heureux de cette pause complètement et totalement imprévue à Portland. Je suis en pleine forme, et j’ai à nouveau hâte d’être sur la route. J’ai aimé m’arrêter, mais il est temps pour moi de repartir. Je ressens l’excitation de rouler à nouveau, et je suis fébrile comme si je n’avais pas voyager depuis bien longtemps. Peut être parce que les trois ou quatre semaines qui s’en viennent s’annoncent passionnantes, intenses, et magnifiques !

Pourquoi Pas ? est retourné au garage ce matin. D’après le garagiste, ils ont reçu une pièce qui n’était pas la bonne, mais ne s’en sont pas rendus compte, du coup, ça ne marchait qu’à moitié. Enfin, après deux heures et demi à attendre, tout remarche à nouveau. Et cette fois, j’ai vérifié !

On va être deux dans le van pendant un bon moment. Plus le temps passe, plus l’intérieur est optimisé. Danielle ne devrait donc avoir aucun mal à trouver sa place. Mais juste pour être sûr, je fais encore un peu de rangement, encore un peu d’optimisation. C’est encore et toujours plus efficace que l’optimisation précédente !

L’après midi passera tranquillement en dehors de ça. J’avance deux trois petits projets, je regarde un peu la route qui s’en vient… j’attends encore des nouvelles de Jane pour formuler un itinéraire final.

J’arrive même à m’ennuyer un peu en fin d’après midi. Ça ne m’était pas arrivé depuis… ouf ! Des fois, ça fait du bien de s’ennuyer. Et ça vient aussi confirmer qu’il est temps de repartir ! Finalement, en fin de journée, on ira faire un tit tour en ville. Au programme : poutine et bières. Yep. On trouve aussi de la poutine à Portland. On en trouve partout. Le Québec va conquérir le monde grâce à la poutine ! Danielle n’en a jamais mangé, mais sait où on peut en trouver. Pas de chance, quand on arrive sur place, par contre, c’est fermé le lundi. La suite du programme consistait à aller à la « Hopwork Urban Brewery » où j’ai donné rendez-vous aux gens de couchsurfing ; si quelqu’un s’ennuie en ce lundi soir et qu’il veut partager une bière, elle sera meilleure avec nous !

On arrive, on s’installe, on commande. Ici aussi ils ont des carrousels de dégustation. Parfait !

Voilà donc à quoi ça ressemble. Celui-ci est particulièrement sympathique en l’occurrence :

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Et si vous voulez la légende (la numéro 1, c’est celle à gauche de « hub », et en haut. Donc à 9h15 environ.

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La 5 et la 7 sont un vrai délice. Le mélange de 7 céréales dans la stout (5) lui donne une personnalité bien à elle, et le vieillissement dans des vieux fûts de bourbon donne à la 7 une odeur unique, et un petit goût sirupeux des plus agréable. La lager est excellente, d’autant plus meilleure que, comme je l’expliquais déjà par le passé, habituellement les lager ne sont pas vraiment mon style. Évidemment, l’IPA est un vrai petit bonheur, et l’abominable se laisse boire sans problème. À vrai dire, toutes ces bières sont excellentes et on passe un bien bon moment à toutes les découvrir, en grignotant quelques frites, à défaut d’avoir eut notre poutine. Et puis il y a cette petite carte des desserts qui nous fait de l’oeil. Entre la tarte au chocolat et basilique et le brownie servit chaud avec crème glacée à la vanille, le choix est vite fait. On prendra les deux, et le régale sera complet et total. Chocolat basilique, j’avais déjà pratiqué une fois. La deuxième fois me convainc tout autant que la première. Il est temps que je mette ça en application !

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La « Hub » est une brasserie particulièrement sympa. Le fait que toutes leurs bières soient bio rajoutent aussi au plaisir. Le propriétaire, en plus d’être un grand amateur de bière, est un fan de vélo, et ça paraît. Oui, remontez voir : le plateau de dégustation est une petite roue de vélo transformée. Côté déco, l’alignement de cadres de vélo en dessus du bar donne un effet des plus sympa aussi.

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Excellente bière, excellents desserts, décor agréable, bonne ambiance, on passe une belle petite soirée, mais on se décide à partir après un moment, le ventre bien rempli. Malgré quelques « nous viendrons peut être », il semblerait qu’aucun couchsurfeur ne soit venu.

On découvrira au moment de sortir que en fait non, il y en a bien quelques uns. Ils nous avaient simplement pas trouvé, et attendaient dans un coin, persuadés que l’on était en retard. Du coup, on se rassois, on partage une dernière bière, et on rajoute une petite paire d’heures à discuter, de tout et de rien. Je fais plaisir à tout le monde quand je dis (et je le pense vraiment !) que je préfère l’Oregon à la Californie, malgré la beauté des paysages de cette dernière. J’essaie de m’expliquer un peu, parce que c’est plus une question de feeling que de logique, mais ils partagent aussi ce sentiment. Pour résumer très fortement, on choisit la Californie pour sa carrière, on choisit l’Oregon pour le mode de vie. Ici les gens sont encore plus ouverts, relaxes, tranquilles. Si la Californie est peuplée de Bobo, l’Oregon semble plus la destination des artistes qui veulent s’épanouir tranquillement, loin de toute pression sociale. Ils veulent juste être heureux dans leur petit monde à eux ; un petit monde où tout le monde est le bienvenue. Et franchement, j’aime ça. Ils étaient évidemment tous là samedi soir, à la soirée Halloween. Je n’en reconnais aucun, mais en demandant leurs déguisements, je replace la plupart. Anecdote amusante : à un moment, l’un d’eux raconte qu’il a vu quelqu’un cracher du feu, et qu’il a pu prendre une vidéo. Il ne m’avait pas reconnu. Le monde de couchsurfing est très petit. Moi, je suis content, je vais avoir une vidéo de moi, peut être.

Quitter Portland ne va pas être évident. Heureusement, je commence à avoir l’habitude de quitter des places qui me plaisent. En une année, je suis revenu trois fois à San Francisco, alors que je n’y croyais pas vraiment. Je n’ai aucune inquiétude quand au fait que je reviendrais à Portland également. Quand il ne pleuvra plus. Dans six mois donc ! Ou plus tard.

Rencontrer ces quelques couchsurfers avant de partir me fait bien plaisir et termine agréablement mon séjour ici. On rentre chez Danielle un peu plus tard. Un message de Jane m’attend. Ils seront aux sources chaudes en fin de semaine. Ça finit de compléter ma journée. L’itinéraire du retour est désormais connu, et c’est parfait pour moi. Un peu plus de 6000 kilomètres m’attendent ; je vais voir un peu de désert dans le Nevada, et il semblerait bien que Bryce et Zion réapparaissent soudainement sur l’itinéraire ! Tout cela est parfait. Celui-ci a de fortes chances d’être assez final, vu que mes dates sont de moins en moins compressibles. J’ai hâte de voir tout ça ! La quinzaine de jours tranquilles puis les kilomètres qui défilent semblent se confirmer !

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Fin de la quatrième partie

On November 2, 2010, in Pensées, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Et le commencement du début de la fin.

Si les différentes étapes de mon voyage se sont enchaînés de façon assez visible, quasiment du jour au lendemain, la transition vers cette dernière étape se sera faite sur plusieurs jours. Pour preuve, j’ai ressenti le besoin de faire apparaître la catégorie [le chemin du retour] il y a déjà quelques jours. Mes dix jours à Portland auront très clairement permis un passage tout en douceur, en me laissant planifier la suite et la fin de mon voyage. Comme je l’expliquais déjà, je suis prêt à rentrer, et attaquer le chemin du retour dans ces conditions me fait vraiment plaisir. J’ai hâte de rouler les kilomètres qui m’attendent. Hâte de voir ce que tout cela sera après ! Plein de promesses, en tout cas. Encore deux semaines à jouer les touristes, puis une dernière semaine à « roadtriper » comme un fou. Et ensuite… ensuite ? Aucune idée ! Rentrons d’abord, ensuite, on verra bien ! La poussière devra retomber.

 

Un nouveau grand départ

On November 2, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Photos, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Aujourd’hui, on reprend la route. Difficilement, mais on y arrive quand même ! Un jardin de rose, une montagne géante, des cascades et une route historique.

Finalement, l’excitation de reprendre la route a eut raison de moi. Je n’ai tout simplement pas réussi à m’endormir avant 5 heures du matin. J’ai passé une bonne partie de la nuit à écrire et à tuer le temps, bêtement, sur mon ordinateur, en essayant de trouver le sommeil. Oui, je suis vraiment plein d’enthousiasme à l’idée de ce voyage retour, et ça paraît !

Je me réveillerais un peu passé midi ; encore un peu fatigué, mais bon, il faut bien bouger un peu, à un moment donné ! Danielle nous prépare des french toasts, histoire que l’on soit en pleine forme pour la route. Derniers rangements, derniers préparatifs, au-revoir au piano… il est 15 heures quand le Pourquoi Pas ? démarre enfin. Ça n’a pas été facile, mais ça y’est ! C’est fait ! Dehors, le ciel est d’un bleu magnifique, excellent augure pour ces nouvelles aventures. Et qui dit « ciel bleu » dit « belle visibilité ». Et qui dit « belle visibilité » dit « le Mont Hood est tout simplement magnifique ! ». Alors on fait une petite pause au jardin de roses, histoire d’avoir un meilleur point de vue.

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Cours de géographie 101 sur Portland : la ville de Portland est séparée en deux par une rivière dont je ne connais pas le nom ; il ne s’agit pas du fleuve Colombia, mais de l’un de ces affluents, qui coule du sud vers le nord. Il se jette dans le fleuve un peu après. Suffisamment pas loin pour que la banlieue de Portland se rende jusqu’à lui. De l’autre côté du fleuve, c’est la ville de Vancouver. Vancouver Washington, à ne pas confondre avec Vancouver de Colombie Britannique, quelques centaines de kilomètres plus au nord. La rivière sépare donc Portland entre Portland Est, et Portland Ouest. Chacun de ces deux quartiers est ensuite séparé en nord et sud par Burnside Street. Le centre ville est proche du bord de l’eau, côté est, qui semble être le côté le plus dynamique. Si le côté ouest reste quand même assez vivant, il semble également un peu plus résidentiel. Côté est toujours, à deux kilomètres de la rivière, il y a une montagne, relativement conséquente (plus que le Mont Royal, en tout cas). Cette montagne, qui s’étire du nord au sud, est en partie résidentielle, et en partie un grand parc (Washington Park) où l’on retrouve un jardin japonais, un jardin de rose, un arboretum, et un zoo. Danielle habite de l’autre côté de la montagne, un peu plus vers l’est.

Washington Park, c’est sans doute l’un des endroits les plus touristiques de Portland. Vue la météo pendant mon séjour, vu mon envie de prendre ça relaxe également, je n’avais pas encore eut l’occasion d’y jeter un oeil. Je comprends un peu mieux maintenant, et je regrette de ne pas avoir pu en profiter. Enfin… sachant que je reviendrais un jour, ça n’est pas si grave ! Pour simplifier, ça fait quand même pas mal penser au Mont Royal. Un Mont Royal dont les points de vue seraient un peu moins intéressant, mais dont l’aménagement serait bien plus intéressant. Il n’y a qu’à penser au jardin de roses et au jardin japonais… Je ne sais pas pourquoi, ma petite tête était persuadé que l’accès était payant ; c’est sans doute ce qui me refroidissait un peu, aussi, en plus du fait que des roses, au mois de novembre, sous la pluie… et bien non ; tout semble gratuit et en accès libre. Alors on prendra quand même un mini peu de temps pour admirer tout ça. Je serais resté plus longtemps, mais le classique du « on a de la route à faire » est de retour.

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Sur la dernière photo, Danielle se cache derrière une fontaine musicale. Construite entièrement en bronze, au lieu d’offrir d’immenses jets d’eau, elle est simplement faite de petites gouttes qui tombent à l’intérieur. Ça fait un écho magnifique, et une très belle musique.

Et puis finalement, pour de vrai cette fois, on quitte Portland. Il est 16h. Départ difficile, mais départ quand même ! La ville se quitte tout aussi rapidement par l’est que par l’ouest, et très rapidement, on se retrouve dans un paysage magnifique. La route, évidemment, offre quelques beaux points de vue sur le Mont Hood. Mais aussi sur le Mont Saint Hélène, relativement voisin ! Les deux sont faciles à différencier : l’un à exploser il n’y a pas si longtemps. L’autre pas.

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Ces montagnes géantes (géantes dans le sens qu’elles dominent largement leurs voisines) me fascinent. Tout comme le mont McLoughan et le Mont Shasta. Elles se rajoutent donc dans ma liste des sommets à faire un jour. Shasta, Hood, St-Hélène, Rainier, Washington… et je sais que je vais voir quelques autres volcans tout aussi inspirant dans les prochains jours. Ça m’aidera à mettre la liste à jour !

La route que l’on prend est une route historique. Elle suit relativement fidèlement le chemin emprunté par Lewis et Clark, il y a quelques années de ça. J’imagine assez leur fascination, à l’époque, devant de tels paysages. La fascination, en tout cas, je la ressens encore aujourd’hui.

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Oui, cette jolie petite construction, on va la voir de plus proche. La route passe juste à côté. Malheureusement, il est fermé, et on ne pourra pas le visiter. Il présente quelques informations sur les gorges. On devra se contenter du point de vue avant de reprendre la route. Les couleurs de l’automne sont partout, et c’est tout simplement magnifique.

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Et puis juste après, c’est la zone des cascades qui commencent. Je m’attendais à en voir deux, il y en aura un peu plus. La toute première, Latourell Falls, par exemple, n’est pas annoncé dans la brochure touristique que j’ai récupéré. La surprise n’en est pas moins des plus magnifiques.

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Et puis il y en a une deuxième, quelques kilomètres après. « Bridal Veil ». Le voile de la mariée. Une petite marche d’approche de dix minutes, sous des arbres plein de couleurs, pour découvrir une très belle chute double.

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Le soleil, de son côté, commence à se coucher. On n’est pas allé très loin, mais au moins, on a réussi à démarrer. Demain, ça ira sans doute mieux. On roule encore un tout petit peu ; le temps d’avoir un aperçu sur les deux autres chûtes qui nous attendent le lendemain. Les deux sont à couper le souffle, mais la lumière est trop basse pour faire des photos aujourd’hui. Je me contente d’espérer que le ciel sera aussi beau demain qu’il l’a été aujourd’hui !

Je fais quelques vérifications géographiques, qui me confirment que l’on vient tout juste d’entrer dans « Mount Hood National Forest ». Normalement, pour les jours qui viennent, on devrait aller de National Forest en National Forest. Savoir que le camping y est autorisé simplifie quand même considérablement la vie ! C’est lassant de se faire réveiller par des « toc toc toc » à la fenêtre. On cherche donc rapidement un petit endroit confortable où s’installer pour la nuit. On le trouve… deux cent mètres avant le signe indiquant l’entrée dans la National Forest. Petite hésitation… en même temps, après ça, il n’y a rien de vraiment sympathique, à priori, et on se rapproche de l’autoroute. Pour deux cent mètres, on prendra finalement le risque du « toc toc toc », et on verra bien. L’autoroute est loin, on ne l’entend pas. La voie ferrée est proche, mais en général, il n’y a pas trop de trains, ça ne devrait pas être trop pire.

Aujourd’hui, on se couchera très tôt, après des pâtes au brie (ça change agréablement du cheddar !) et le reste du fudge, déjà fini pour notre plus grand malheur…

 

La route jusqu’à Bend… ou presque

On November 3, 2010, in Carnet de route, Panoramique, Pensées, Photos, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Aujourd’hui, on dort mal, on collectionne les cascades, et on admire les grosses montagnes.

En fait, si on y pense, c’était logique : il y a quatre ports principaux sur la côte ouest. Seattle et San Francisco étant les deux plus grands, suivis de Los Angeles et Portland. Qui dit grand port dit transport de marchandises, et dit, par conséquent, trains. Et les trains après ça, ils vont dans l’est, évidemment. En remontant le fleuve Columbia, vu que c’est le principal couloir au départ de Portland. Alors évidemment, loin de l’autoroute, on n’entend quasiment pas les voitures. Par contre, je peux confirmer qu’il passe un train aux 15-20 minutes environ. Sauf, peut être, entre une heure et trois heures du matin, où je pense qu’ils ont fait une pause. Mauvais pour le sommeil ; bon pour l’environnement. C’est toujours ça ! Mais si après ça on rajoute un cauchemar lors de l’un des rares moments où j’ai réussi à m’endormir, ça fait qu’au lieu de rattraper mon sommeil en retard, je cumule un peu la fatigue. Enfin, j’imagine que je survivrais quand même !

Le programme de début de journée est donc déjà connu, puisqu’on a fait du repérage de cascades la veille. En fait, la grande surprise de la matinée, sera le nombre impressionnant de magnifiques chutes dans les environs.

On commencera par une très sympathique, dont j’ai malheureusement oublié le nom. La petite promenade jusqu’au magnifique petit pont est parfaite pour se réveiller !

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Juste après, ce sont les chutes Multnomah qui nous attendent. Elles, elles sont un peu à part. Parce qu’elles font quand même 200 mètres de haut, en deux plongeons (185 pour le premier, 15 pour le deuxième). Sauf erreur, ça en fait les deuxièmes plus hautes chutes aux États Unis (mais ça reste à vérifier, j’ai un doute). Ça en fait, ça c’est sûr, les plus hautes en Oregon. Et il est très clair que le magnifique petit pont qui enjambe les chutes basses contribuent à faire de Multnomah l’une des plus belles chutes que j’ai eut la chance de voir jusqu’à présent.

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On poussera même l’audace à prendre la balade qui nous amènera au sommet des chutes. Je laisse à un expert en mathématique le soin de calculer le dénivelé impliqué par une telle promenade.

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En théorie, c’était les deux seules cascades prévues aujourd’hui, mais une pause cartes postales au magasin de souvenirs nous indique qu’il en reste encore au moins une autre : « Horsetail Falls ». Le sentier pour la voir implique une petite marche à pied des plus raisonnables, que l’on fera avec grand plaisir. Pourtant, je suis perplexe quand on arrive aux chutes. Elles ne ressemblent pas à ce que je pensais, et je pensais à quelque chose de plus grand. Étrange…

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Une dame qui passe à ce moment là nous confirme que ce ne sont pas les chutes principales. Il ne s’agit là que d’un petit torrent. Il nous faut continuer encore un peu. On ne regrette d’autant moins que juste après le chemin nous offre un panoramique magnifique sur les gorges et le fleuve

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Je comprends, en voyant le visage de Danielle après avoir fait mes photos, qu’elle a le vertige elle aussi. Note pour plus tard : s’approcher un peu moins du bord.

Et puis finalement, un dernier petit virage, et la cascade est là. Chutes de la queue de cheval ? On peut dire que le nom convient plutôt bien ! La chose est suffisamment rare pour être noter : on peut même passer en arrière des chutes !

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Et depuis en arrière, en version panoramique, ça ressemble à ça :

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On revient à la voiture, bien content d’avoir bien marché et d’avoir vu deux autres jolies chutes. On fera un dernier petit détour avant de reprendre le volant, pour jeter un oeil à l’ancien tunnel, et à des mini gorges (creusées par le torrent qui alimente la première chute).

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Un lecteur un peu curieux se fera sans doute la même réflexion que nous : nous avons vu Horsetail Falls juste après un magnifique point de vue sur les gorges. Et nous étions alors au pied des chutes. Mais il faut bien que le torrent continue à descendre jusqu’au fleuve, non ? En effet… c’est pour ça que nous croisons, juste après, Horsetail Falls 2, le retour :

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Il est 15h. Nous avons roulé une dizaine de kilomètres environ. Oui, cet enchaînement de cascades et sur une aussi petite distance. En fait, il y en a quelques autres, encore, que nous n’avons pas vues, car elles nécessitaient randonnées un peu plus longues. En fait, il y a un certains nombre de sentier de randonnées extrêmement inspirants dans les environs. Oui, bien sûr, je rajoute dans la liste des « il faut que je revienne un jour ».

On se dit qu’on est déjà pas mal en retard sur les prévisions initiales, et que ça serait bien de rouler un peu. C’était sans compter le barrage juste après ; il semblerait qu’on puisse le visiter, ou au moins y jeter un coup d’oeil. Par curiosité, on va voir. En fait, il y a un petit centre d’informations, moyennement intéressant, d’où l’on peut voir les saumons remonter l’échelle à saumons du barrage. Sauf qu’en cette saison, la plupart des saumons sont déjà rentrés à la maison. Alors au final, on ne verra pas grand chose.

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La route le long du fleuve continue à être magnifique, mais on ne s’arrêtera qu’une dernière fois, avant de tourner à droite, en direction du sud, et de la vallée de la Hood River.

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Hood River, comme le Mont Hood, qui réapparaît soudainement dans le paysage dans toute sa majesté.

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La vallée de la Hood semble bénéficier d’un micro climat plutôt avantageux. Les vergers succèdent aux vergers. Il y a des kiosques de fruits un peu partout. D’ailleurs, on en profite même pour s’arrêter à l’un deux. Une vingtaine de variété de pommes différentes, du miel, de la confiture, et autres spécialités du pays, ainsi que du cidre de pommes, et du cidre de poires. Très bel étalage ! Ce n’est qu’au moment de payer que j’ai confirmation de l’impression que j’avais depuis le début. Il n’y a personne. Juste une petite boîte avec un petit mot « payer ici ». Bon, bin on paie ici alors ! 4 livres de pommes à 99 sous la livre, on laisse un billet de 5 dollars, et on prend deux autres pommes pour la route. Elles sont délicieuses !

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Dans le rétroviseur (première photo) c’est le Mont Rainier, qui est apparu en même temps que le Mont Hood pour nous saluer. Lui étant en arrière, les photos sont un peu plus délicate. Mais du haut de ces 14 et quelques milles pieds, il est pas mal très impressionnant aussi !

On rencontre la neige juste après. Juste sur le bord de la route. C’est de la belle neige toute neuve, d’il y a seulement quelques jours sans doute. La température a refroidi. Heureusement, la route est parfaitement dégagée. Parce que je n’ai pas de pneus neiges moi. Je suis parti de Montréal en juillet, j’avais pas vraiment prévu cette option à ce moment là. Les pneus neiges sont bien au chaud à l’appartement… on décide donc de continuer encore un tout petit peu la route, histoire de redescendre un peu, et de regagner quelques degrés. On s’arrêtera quand on rejoindra la route principale Portland-Bend. On est seulement à 100 kilomètres de Portland… on a juste 200 kilomètres de retard sur ce que l’on avait prévu, mais c’est pas vraiment grave pour le moment. Ça peut se rattraper sans trop de soucis.

Comme on est dans une National Forest, pour de vrai de vrai cette fois, on trouve un petit chemin et on s’installe dans un endroit tranquille pour manger nos pattes au fromage. Non sans avoir profité, juste avant, de la combinaison parfaite « montagne enneigée + couché de soleil ».

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Le collectionneur de montagnes

On November 4, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Panoramique, Pensées, Photos, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Une autre journée avec de l’émerveillement plein les yeux !

Je manque parfois d’un peu d’esprit de réflexion. Par exemple, avoir trouvé un endroit où dormir juste avant d’avoir rejoint la route principale aurait sûrement diminué de beaucoup le bruit des camions pendant la nuit. Mais bon, c’est loin d’être aussi pire que le train de la veille, et j’arriverais quand même à bien dormir. Et puis on se réveille sous un magnifique ciel bleu, qui nous rend extrêmement enthousiastes !

On verra le ciel bleu pendant une dizaine de minutes environ, avant de se retrouver plonger dans le brouillard. Un panneau annonce qu’il y a un incendie contrôlé dans les environs. C’est donc un mélange de brouillard et de fumée, et qui nous accompagnera pendant un bon moment. La route est belle, mais on en perd beaucoup !

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Le brouillard décide de se lever un peu après, juste avant que l’on arrive à Warm Spring. Les nuages, eux, restent pour le moment. C’est pas grave, au moins, on a récupéré la visibilité qui permet d’admirer la vallée/gorge dans laquelle on descend soudainement.

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On quitte à nouveau la route principale, pour en prendre une plus petite, plus tortueuse, et beaucoup plus belle, qui nous fait longer le lac de Simtustus. C’est un lac de barrage, mais ça n’enlève en rien à la beauté des lieux et de la route.

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Lieu idéal pour faire un panoramique :

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La route nous propose un peu après un petit détour pour aller à un parc qui offre une vue des environs. On arrivera finalement à un parc fermé, mais faire le tour de la barrière permet quand même de profiter des lieux.

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Et de faire un autre panoramique :

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On roule encore un peu, direction « les palissades ». Évidemment, quand on voit le genre de décor dans lequel on se promène, on sait un peu à quoi s’attendre. Même sans effet de surprise, c’est grandiose !

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La bonne nouvelle, c’est que le gars qui fait des panoramiques ne se lasse pas :

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L’autre bonne nouvelle, c’est que le ciel se dégage tranquillement pas vite, et que l’ami Hood en profite pour passer dire un autre coucou.

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C’est assez impressionnant de voir cette immense barrière puis, un peu plus loin, cette montagne magnifique ! Du coin de l’oeil, à un moment, il m’a semblé en voir apparaître un autre de sommet enneigé. J’en aurais confirmation un peu plus loin, alors que l’on s’arrête au pont de la rivière Crook. Ce qui est amusant, c’est que juste avant le pont, un panneau indique le point d’observation, mais on n’était pas plus inspiré que ça. Sauf qu’au moment de passer le pont, et de découvrir que la rivière, en fait, elle est cent mètres plus bas, on a soudainement changé d’avis !

En fait, il y a trois ponts. L’ancien pont routier, qui est devenu un pont juste pour les piétons, à la construction du nouveau pont en 2000, et le pont de chemin de fer. Tout ça sur fond de montagnes.

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Ça prend un mini ajustement dans photoshop, au niveau des montagnes, pour compenser ce que l’oeil voyait, mais que l’appareil photo a perdu. Une fois l’ajustement fait, on apprécie mieux (c’est aussi un panoramique, donc vous pouvez cliquer dessus pour voir encore mieux).

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Et si vous décidez de faire quelque chose qui n’est peut être pas tout à fait autoriser (mais en même temps pas interdit) comme par exemple monter sur les rails du chemin de fer pour avoir une meilleure vous, vous aurez, en effet, une meilleure vue :

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Et pour compléter, en vrac, les différents éléments du paysage environnant :

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Finalement, on ne regrette pas vraiment la pause. La route nous amène juste après dans la ville de Redmond, où l’on fait une grosse pause épicerie dans un Fred Meyers. Oui, je continue à faire de la pub pour leurs tarifs horriblement pas chers, mais très agréable quand on est en voyage ! Ajoutez qu’il n’y a pas de taxes de vente en Oregon (TPS-TVQ au Québec, TVA en France), et on s’en sort avec une énorme épicerie pour un prix relativement raisonnable !

On arrive à Bend juste après. L’idée de base était de simplement traverser, sans s’arrêter, mais je vois cette petite butte, qui m’intrigue beaucoup. Et puis je vois le petit mouvement sur la butte, qui me confirme qu’il y a une route qui monte. C’est fait un peu au hasard, et c’est pas la route direct, mais on arrive au sommet de la butte, d’où l’on peut observer dans l’ordre : Le Mont Bacherlor (première photo), Brocken Top, South Sister et North Sister (deuxième photo), Mont Hood (troisième photo) et Mont Adams (quatrième photo).

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Au sommet de la butte, une très gentille madame vient nous parler. Comme bien souvent, c’est la plaque « Québec » qui attire les gens, impressionnés de nous voir si loin de la maison. Elle nous souhaite la bienvenue en Oregon, ainsi qu’un voyage sécuritaire. On la remercie pour tout ses sourires et tout ses souhaits.

Le ciel s’est dégagé complètement, mais le soleil se couche tranquillement. On quitte Bend, et on reprend la route du sud. On tourne à gauche sur la 31, une quarantaine de kilomètres avant de rejoindre la route que j’avais prise, il y a un peu plus de deux mois !!! pour aller à Burning Man. Quarante kilomètres, ce n’est pas beaucoup. Je reconnais le style de paysage avec pas mal d’émotion.

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Je vérifie sur la carte : repasser par Black Rock Desert ne serait pas un très gros détour. Le choix est déchirant : découvrir une partie de la 395 que je ne connais pas, ou repasser par Black Rock Desert… ça ne va pas être facile de se décider… par contre, on a reçu des nouvelles de Jane, qui finalement ne pourra pas aller aux Hot Springs. Après une petite hésitation, on a décidé d’y aller quand même. Le détour n’est pas si gros, et nous emmène dans des paysages magnifiques alors…

Une fois de plus, on est dans une National Forest. C’est d’ailleurs plus ou moins les National Forest qui vont rythmer nos journées je pense… c’est quand même bien pratique et bien simple côté hébergement ! La 31 est définitivement très calme comme route, mais juste pour être sûr, on prend un chemin qui s’éloigne encore pas mal dans les bois. Ce soir, on sera vraiment bien tranquille. Et on se boit une petite bière, la « Winter HumBug’r » de la brasserie Mc Tarnahan’s à Portland. Une « holliday porter » bien sympathique, quoi qu’un peu trop légère à mon goût. Les américains ont, semble-t’il, tendance à être trop timide avec leurs bières !

On complète notre petite soirée bien tranquille avec quelques beignes (dans le sens beignets, ne mélangeons pas !), du baileys et un peu de nutella, parce que c’est bon ! On expérimente aussi pour la première fois le duo didgeridoo + flûte. Un mix bien intéressant !

 

Et si on revenait à la maison ?

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Aujourd’hui, on mange du désert, on mange du désert, on mange du désert, et on mange du désert.

Le ciel qui nous attend à notre réveil correspond beaucoup plus à la vision que j’ai du désert. Le paysage et la lumière aussi. C’est quand même beaucoup plus crédible qu’un ciel gris. Il vente énormément, et il ventera toute la journée. Mais en dehors de ce petit détail, il fait beau, il fait chaud, on est bien. La 395 est magnifique, et on la suivra un très long moment. Pas grand chose à signaler tout au long de ces kilomètres, si ce n’est que je passe mon temps à m’arrêter pour admirer et faire des photos.

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On croise quand même Alcali Lake et Abert Lake, deux lacs semi asséchés, semi vivant, et très salés.

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Et puis on quitte l’Oregon. C’est pas la première fois. J’ai quitté l’Oregon un certains nombre de fois (quatre ou cinq je dirais) au cours de ce voyage. Mais cette fois ci, c’est sûr que je ne reviens pas avant un moment. Si j’aimais la Californie, l’Oregon a vraiment mis l’état du gouvernator au second plan. Oui, il faudra que je prenne le temps de faire un résumé de tout ça à un moment… la Californie, on n’y reste pas longtemps. Juste le temps de faire un détour ravitaillement à Alturas, puis de revenir au nord prendre la 299.

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Juste avant de quitter l’Oregon, on aurait du voir un geyser, mais celui-ci est à sec. La madame qui me donne l’info me dit que l’année a été particulièrement sèche ici. Ils semblent manquer d’eau. En parlant de manquer d’eau, le van est à sec. De partout. On a roulé un peu plus de 200 kilomètres sans croiser la moindre station d’essence. Heureusement qu’il a une belle autonomie quand même ! Le réservoir d’essence est vide depuis la veille au soir. Et le propane est sans doute pas loin non plus d’être vide. Alors aujourd’hui, on reremplit tout. On rachète aussi du chocolat (on sait jamais !) et une bouteille de brandy. Les stocks sont faits. Ça a un petit côté « déjà vu » ce « il faut que tout soit rempli au maximum ». On se dirige vers la 299, que l’on quitte ensuite en direction de Gerlach. Oui, finalement Danielle a décidé. Je n’étais pas tout à fait sûr, mais voir Black Rock Desert, ça lui fait bien envie. C’est donc là bas qu’on fêtera son anniversaire demain. Un chouette endroit, je trouve, pour fêter un anniversaire.

Je ne me souvenais pas que la dernière étape, au Nevada, était si longue. Ça prend une bonne heure et demi après avoir quitté la Californie. Sauf que cette fois, il n’y a absolument personne sur la route ! Mais je reconnais le paysage avec grand plaisir !

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Et puis on contourne une dernière colline, et on voit la petite ville de Gerlach apparaître toute seule, toute petite, au milieu de son grand désert. À Gerlach, il suffit de tourner à gauche. Sauf que juste au moment de tourner à gauche, juste après, je vois ce petit panneau. Complètement effacé. « Hot Spring ». J’avais bien lu qu’il y avait des sources chaudes à Gerlach, sans avoir la moindre idée de où… en même temps, en plus du panneau complètement effacé et passé date, il y a ce panneau « entrée interdite ». Alors évidemment, ça fait hésiter. Mais c’est quand même tentant. À ce moment là, on voit une voiture prendre le chemin. On se décide à la suivre. Je me dis qu’on pourra toujours demander la permission ou l’information… sauf qu’on perd la voiture de vue. On hésite une fois de plus. Une autre voiture arrive. On demande si on a le droit d’accéder aux Hot Srpings. Le gars semble surpris. « Bien sûr, vous pouvez y aller, si l’eau n’est pas trop chaude. Moi je suis là juste pour une minute ». On commence donc à se changer, discrètement caché dans le van, tout en observant le monsieur en train de tester l’étanchéité de son matelas gonflable dans le bassin. Remarque, pourquoi pas après tout ?

Et puis on trempe un pied. Pinaise que c’est chaud ! Mais pinaise que c’est bon ! C’est qu’on a quand même bien roulé aujourd’hui, c’est mérité. À vrai dire, je n’arriverais pas à m’immerger complètement. C’est trop pour moi. Mais je resterais quand même un petit moment. Danielle fera même quelques brasses. Le bassin est magnifique, au milieu de nul part, en pleine nature, sous ce ciel bleu grandiose. Que du bonheur !

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On sortira quand même tout rouge. Direction… la playa ! Le soleil commence à se coucher. J’avoue que j’aimerais bien dormir au milieu de Black Rock Desert, mais je ne suis pas sûr que ce soit autorisé, et je préférerais éviter si ce n’est pas légal. On roule un peu. On retrouve le chemin d’accès, un panneau d’information à l’entrée. « Camping autorisé à plus de 30 mètres d’une source ». Bon, ça, à priori, ça ne devrait pas poser de problème.

Le sol est parfaitement régulier. Il y a bien quelques traces de voitures, mais les traces des deux exodes semblent en grande partie disparues. Je me souviens quand même la direction générale, et on l’emprunte donc. C’est un sentiment extrêmement particulier de se retrouver ici, à nouveau, avec absolument rien, ni personne. Je suis heureux. De retour à la maison. Sauf qu’il y a personne à la maison, et que pour ça, c’est un peu bizarre.

Rouler sur une playa parfaite, c’est un vrai bonheur. C’est lisse, c’est propre, c’est régulier. On peut aller où on veut, n’importe comment.

Un groupe de voiture apparaît à l’horizon, plus ou moins à l’emplacement que j’imaginerais être celui de Black Rock City. On se dirige donc vers eux. On est samedi soir. Je me demande si on va rencontrer un groupe de burners nostalgiques. Ça pourrait être sympa après tout ! En s’approchant, je me dis que finalement, c’est pas vraiment le look. L’un d’eux nous salue de la main, et on va dire bonjour quand même. Danielle parle avec l’un, je parle avec l’autre. Il me demande si on a eut de la pluie. C’est vrai que c’est extrêmement couvert, et qu’il y a un beau nuage à l’horizon. La playa sous la pluie, j’ai essayé. J’ai prévu Danielle : s’il pleut, on ne bouge plus tant que ça n’a pas séché. La terre ici à une capacité agglomérante impressionnante ! Je pense pas que le van ferait plus de 100 mètres. Bref, le gars nous dit de faire attention. Je lui dis que je suis au courant. On reprend la route. Danielle me dit que l’autre personne lui a dit qu’ils sont là pour faire des cartes de Noël. Ils ont des tentes, avec une génératrice, et des guirlandes. Pourquoi pas !

On roule encore un peu. Je suis à peu prêt persuadé d’être à la bonne place ; dans le même temps, le sol de la playa est beaucoup plus chaotique. Comme si plein de gens seraient passés par ici dans tout les sens. Ça se tient. Je continue à rouler un peu, au hasard. C’est amusant cette immense étendue infinie, où l’on peut aller où l’on veut.

On regarde les nuages qui se rapprochent, en se demandant si on va se prendre une énorme averse. Il semblerait que non. C’est simplement extrêmement venteux. D’ailleurs, je reconnais l’odeur de la poussière, qui était omni présente pendant Burnint Man. Cette odeur me rappelle beaucoup de souvenirs. Et puis le paysage, dehors… ah, le paysage…

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On installe le van bien confortablement. Le vent souffle de plus en plus fort dehors, mais ce n’est pas grave, on est bien à l’abris. Il ne fera sans doute pas très chaud cette nuit, mais c’est pas grave, on est sur la playa.

C’est vraiment bizarre. Hier au soir, sur le petit parking, j’avais un étrange mauvais feeling pas agréable. Il a fini par passer après un bon moment à rationaliser. Ce soir, au contraire, j’ai un sentiment tellement positif qui m’habite. Je suis tellement bien sur ce petit tas de sable au milieu de nul part. Il n’y a absolument rien, personne. Juste le vent, la poussière, et nous. Et j’aime ça !

Tiens, pour fêter ça, en pré-anniversaire de Danielle, on ouvre la bouteille de vin que j’avais acheté il y a quelques jours. Du vin… ça fait un millénaire ! J’aime toujours ça à priori, c’est bon signe ! Un shiraz produit à Washington, bien parfumé, qui accompagne parfaitement les pâtes au bleu !

La soirée continue tranquillement avec une petite discussion philosophique. Décidément, il va falloir que je l’écrive et que je la détaille ma théorie sur la génération tranquille !

Demain, la journée devrait être bien remplie. J’ai pas mal de photo à faire au milieu de la playa. Et on doit enregistrer l’une des chansons de Danielle. Tout ça a condition que le vent se calme, et qu’il ne pleuve pas. Bon, après, on a largement une semaine d’autonomie, probablement même un peu plus. Et ça me surprendrait qu’il pleuve une semaine d’affiliée au milieu du désert.

Allez… avouez, elle est belle ma playa :

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