Vers le bout du monde !
Il y a un endroit, sur la carte, que j’ai repéré avant même de quitter Montréal. Je vous raconterais pourquoi, si je le rejoins à un moment… parce que si ma première tentative n’a pas échoué, elle a failli être grandement compromise. En tout cas, elle a été retardé d’une journée.
J’aurais pu continuer le long de l’Avenue des Géants. Il me semble que je pourrais rouler pendant des heures entre ces troncs gigantesques sans jamais me lasser. En fait, je pourrais encore plus facilement m’arrêter et regarder en l’air pendant des heures sans jamais me lasser. Pourtant, plutôt que de continuer vers le nord en suivant la route, je prends une bifurcation qui m’amène vers l’ouest. D’après mon Atlas qui sait tout, je me dirige présentement vers Honeydew, avec l’intention de continuer ensuite vers Petrolia.
C’est quand ça fait un petit moment que je roule que je regarde l’aiguille de l’essence. Tiens, ça faisait longtemps que j’avais pas joué à me faire peur avec une potentielle panne sèche… la route tourne dans tout les sens, montant une montagne qui n’en finit plus. J’ai confiance au Pourquoi Pas ? pour être capable de tenir encore un moment. Par contre, quand je reregarde la taille du point désignant Honeydew sur la carte, je commence à avoir moins confiance. Et puis ce n’est pas de la ligne droite à 80 kmh que je fais. C’est de la route de montagne en lacet… ça me paraît consommer pas mal plus… Honeydew se fait attendre… mais j’y arriverais finalement. Enfin… c’est ce que je crois comprendre. Je traverse un mini pont, tout en longueur. Juste après, il y a une épicerie qui fait aussi station service (avec une seule pompe). Il est 17h10. Le tout ferme, évidemment, à 17h. J’hésite, je regarde, mais il n’y a personne. Je reprends donc la route, me disant que peut être la ville d’après m’apportera de l’essence.
Je roule un moment, attaque une côte un peu raide, puis encore un peu plus raide. Le goudron disparaît. Je suis en train de me demander où je m’en vais, et à quoi je suis en train de jouer. L’essence à la ville d’après, s’il y en a, sera tout aussi fermé. Et si je tombe en panne dans un endroit comme ça, c’est une joyeuse galère assurée. Certes, j’ai un vélo pour aller à la prochaine station service, mais si je pouvais éviter… un éclair de lucidité frappe mon cerveau. Après tout, j’ai tout mon temps. Et puis j’ai un doute d’être sur la bonne route ! Je fais donc demi tour. Il est 17h30 quand je gare Pourquoi Pas ? dans ce que je n’arrive pas à identifier comme une zone de pique-nique ou un terrain de camping. Demain, j’irais faire le plein, et j’irais demander ma route. Pour ce soir, je vais prendre ça tranquille, et dormir au presque bout du monde.
Je passe un moment à me pratiquer à jongler, avec les quilles et avec les balles. Ça faisait longtemps, et je me rends compte que ça me manquait. Ça détend, ça relaxe. Il faut que je pense à m’arrêter plus tôt ! Et puis je me pose avec mon livre. Je tombe dedans, et n’en sors plus. Il est relativement tard quand je le referme. Fini. J’aurais peut être du acheter plus de deux livres à Berkeley. Je passe un peu de temps sur l’ordinateur, regarde un peu la carte, me demande où je vais aller demain. Je lis encore un peu, et puis je me décide finalement à me coucher. On verra bien demain ce que demain a à m’apporter !