Six rivières
Le plan d’attaque de la suite était assez simple. Prendre la route, et avancer pour s’approcher du « Redwood National Park », où je planifie une petite visite demain. J’avais même prévu de laisser faire pour les brasseries ce soir, histoire de ne pas avoir à me compliquer la vie au moment de chercher un endroit où dormir. Je ferais ça de jours, tranquillement, avant de m’arrêter. C’est en cherchant sur la carte un objectif intéressant où je pourrais passer la nuit que je repère le petit « R » dans un rond jaune, qui indique une aire de repos sur le bord de l’autoroute, pas loin de l’endroit où j’envisager me rendre. Évidemment, dans ce contexte où l’endroit où je vais dormir est déjà connu, s’arrêter dans une brasserie n’est plus vraiment un problème. Je choisirais donc la plus au nord (donc la moins loin de l’aire de repos) histoire d’avoir le moins de route à faire une fois complètement saoul. Non, pardon. Pour pouvoir rapidement me rendre, et faire le moins de route possible de nuit, ce qui est bien plus prudent. Ça sonne beaucoup mieux comme ça. J’opterais donc pour la « Six Rivières » de McKinleyville. Endroit simple, agréable, sans prétention, qui dégage exactement la même ambiance que là où je me suis arrêté la veille. À tel point que j’ai l’impression de reconnaître un client de la North Coast. À moins que je sois suivi… peut être, qui sait…
Mon premier choix se tournera vers leur IPA ; elle n’a pas de nom, mais est présenté comme leur principale vendeuse. À vrai dire, c’est plus l’appellation IPA qui vient me chercher qu’autre chose. IPA, elle l’est. Presque de façon académicienne. Elle est agréable à boire, mais souffre d’un petit manque de personnalité. Un peu comme s’ils avaient fait une IPA directement sorti du dictionnaire. Je suis toujours aussi peu à l’aise pour trouver les bons mots pour décrire une dégustation. Mais si vous avez une image préconçue des IPA dans votre tête, et bien peut être que ça en serait un bon exemple…
Je ne resterais pas là dessus. Surtout que j’ai commandé des frites, et des frites sans bière, c’est triste. J’avais été déçu, en Oregon, par les noires que j’avais goûté. La stout de la veille, pourtant, m’avait remonté le moral. Je décide donc de récidiver, avec leur stout locale. Je découvre une bière très sympathique et accueillante. Elle garde, évidemment, une petite amertume caféienne (et non pas kafkaienne) caractéristique des stouts, pourtant celle-ci sait se faire discret. Légère et agréable, donc, je la recommanderais fortement à des gens voulant s’initier aux bières noires. Bonne, sans trop en demander. Tout comme l’IPA, après réflexion. Oui, la « six rivières » semblent brasser des bières pour introduire les gens au monde fantastique et magnifique de la microbrasserie. C’est parfait, il en faut !