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Route de montagne, pas de freins
Ce matin, réveil très tôt. Pas forcément nécessaire pour moi, mais je suis avec des touristes pressés et leurs journées commencent tôt. Dans ce temps là, pas évident de dormir tard. En même temps, il faut que je fasse vérifier les freins, donc autant que je commence la journée rapidement, si c’est pour la passer dans un garage. Je repense, encore, à Volkswagen Blues. Jacques Poulin s’arrête dans un garage avant les montagnes, pour faire vérifier les freins. J’envisageais de peut être faire de même, mais j’étais pas sûr. Je voyais la vidange qui s’en venait, je me disais que je pourrais faire les deux en même temps. Finalement, je n’ai plus vraiment d’hésitations. Route directe jusqu’à Golden. J’ai une centaine de kilomètres à faire. Je sais que dans la vallée de Kicking Horse, des fois, ça descend un peu raide.
Je dis au revoir à Karine et ses amies. On devrait se retrouver à nouveau dans quelques jours -le vendredi soir- à Banff, histoire de faire la fête tous ensemble, si Virginie est partante aussi.
La route est un peu stressante. Les freins ne se sont pas réparés tout seul par miracle pendant la nuit. On pouvait toujours rêver ! Accessoirement, la route est très souvent en chantier. Je roule prudemment, lentement. À chaque fois, le van répond quand je lui demande de freiner. Je me rends compte qu’en pompant un peu, il freine mieux. Mes immenses connaissances en mécanique me laisse imaginer un tuyau de liquide de frein arraché ou percé. Ça marche encore, juste moins bien. Tout cela est quand même un peu stressant. J’écoute le moindre bruit de Pourquoi Pas ?, la moindre de ses vibrations. J’ai pas vraiment envie qu’il me laisse tomber alors que mon voyage fait juste commencer ! Enfin… dans ma tête, j’ai l’impression que c’est juste le début… il vibre plus que d’habitudes, il fait des bruits qu’il ne faisait pas avant. Ce n’est pas le stress qui me fait dire ça, je le connais quand même bien mon petit Pourquoi Pas ?. J’espère que je n’aggraverais pas trop le problème en continuant de rouler.
C’est une boîte automatique. Je n’aime pas vraiment ça, en zone de montagne. La boîte manuelle donne un meilleur contrôle sur le frein moteur. Mais en même temps, il y a une position où je le bloque en troisième vitesse maximum. Je le teste. À ma grande surprise, le frein à moteur est une vraie merveille. En descente, raide, il faut que j’accélère pour dépasser le 60. Ça, ça me rassure beaucoup. Pour la route présente, mais pour la route qui viendra plus tard également. Tant mieux si je n’ai pas à trop me servir des freins.
Les déboires du Pourquoi Pas ?
Je fais une dernière pause « plein d’essence » avant de reprendre la route. Je redémarre. Sur le bord du chemin, il y a une pancarte « barrière Texane ». Alors pour ceux qui ne le savent pas, une barrière Texane en Alberta, c’est une barrière canadienne en France. Ou tout simplement une barrière à bestiaux. Des rouleaux en travers de la route quoi. J’aime la façon dont les noms changent, d’un endroit à un autre, d’un pays à un autre. Je m’arrête pour faire la photo. J’entends un « clac » étrange et pas normal. La pédale de frein, qui jusqu’à présent était relativement dure et freinait très bien devient désagréablement souple. Je roule un peu, ralenti, freine. Ça freine un peu moins vite, mais ça freine, et ça finit par s’arrêter. Sauf que… sauf que je m’apprête à attaquer les montagnes, et l’idée de le faire avec des freins qui ne marchent pas très bien, je sais pas vous, mais ça me paraît pas très intelligent… enfin, ça freine quand même, je peux quand même rouler… je décide donc de continuer jusqu’au camping. J’ai une heure de route. D’autoroute. Je vérifie un peu, je peux même freiner rapidement au besoin. La seule inquiétude, c’est que les freins décident de s’arrêter de fonctionner sans prévenir… à priori, je prévois d’aller les faire réparer le lendemain à Golden, en attendant le bus de Virginie. Grosse inquiétude, aussi, au niveau de la facture qui va m’attendre après ça…









