Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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La dune de sable en silice cristalisée et en vidéo !

La dune de sable en silice cristalisée

La grosse dune au bout de la plage, ça fait un moment que je l’ai repérée. Elle est suffisamment grosse pour se voir de loin. Et ça fait depuis que je l’ai repéré dans le lointain que je me demande si on peut faire de la ramasse sur du sable. Et évidemment, il n’y a qu’une seule façon de le savoir. Ça promet d’être un magnifique n’importe quoi ; mais j’ai beau avoir trente ans, j’ai décrété que j’avais encore le droit de faire n’importe quoi. Franchement, qui ne se laisserait pas tenter devant une dune si invitante ?

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Encore un tout petit mini peu raisonnable, je laisse le gros appareil photo dans le Pourquoi Pas ?. À la place, j’amène le petit, qui est « dust proof » et qui peut supporter une chute de 2 mètres. Bon, d’accord, certains me diront que la dune fait plus de deux mètres.

En fait, la première expérience, c’est de monter. Plutôt que de monter tout droit, je fais un petit détour par le côté, qui me permet de découvrir la partie cachée, qui est tout simplement magnifique.

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D’en haut, c’est moins impressionnant que d’en bas, mais ça reste quand même plein de promesses.

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Et comme j’ai avec moi mon appareil photo qui fait des panoramiques tout seul sans que je n’ai rien à faire, j’en profite avant de descendre :

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Si le résultat n’est pas si pire, je ne regrette quand même pas d’avoir un appareil photo qui coûte très cher et un logiciel qui coûte très cher aussi (mais lui, je l’ai pas payé, mais faut pas le dire) pour faire la plupart de mes panoramiques.

Et puis j’ai aussi fait une vidéo bien amusante, mais c’est juste un peu plus complexe au niveau de la mise en ligne… je vais essayer de voir à réussir bientôt.

Le Pélican et les Hollandaises

La brasserie du Pélican est annoncée depuis un moment sur la route. J’ai vu plusieurs panneaux publicitaires, et bien évidemment, ils en parlent aussi dans mon petit livret du parfait amateur de bières perdu dans l’Oregon. J’ai hésité, j’ai hésité, j’ai hésité. Et puis je me suis dit que ça fait un moment, quand même. Alors j’ai arrêté d’hésiter. J’ai sans doute fini d’être convaincu par la magnifique terrasse donnant sur la plage…

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Me semble que c’est inspirant, et que ça donne soif. Au moment où le serveur m’invite à m’installer à la dernière table libre, deux vieilles madame avec chienchiens ridicules demandent si elles peuvent s’asseoir. Les pauvres tites madame, je ne veux pas qu’elles soient tristes. Et puis la table permet d’accomoder au moins 8 personnes. Je les invite donc à partager. Elles acceptent en me remerciant. Si j’ai tout suivi, elles sont originaires de Hollande, mais habite désormais à Portland. La brasserie du Pélican est une brasserie intelligente : ils servent des carrousels de dégustation. Chose qui, à ma grande surprise, est encore relativement rare dans le monde des microbrasseries. C’est pourtant au moins aussi inspirant que le paysage !

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Le petit caché en arrière dans son coin, c’est du cidre. Ils n’avaient plus de la deuxième bière de saison, alors ils ont remplacé. C’est pratique, le cidre ça aide à désaltérer. Oui, certains diront que j’avais aussi un verre d’eau, mais bon…

Devant mon magnifique plateau, les madame me demandent si je suis un amateur. Je me permets de répondre que oui, et que j’aime beaucoup les bières de micro brasseries. Elles font l’erreur de me demander si on trouve de bonnes bières au Québec. Je réponds que pour moi, c’est le paradis pour les amateurs de bières. Évidemment, l’une des deux commencent à dire que oui, mais quand même, la Belgique, tout ça tout ça. Puis elle enchaîne en me disant que je devrais aller visiter la brasserie Heineken, où ils font de la très bonne bière. Je me demande si je l’ai vexée pour qu’elle devienne soudainement si méchante. Non mais, franchement… Heineken… je préfère encore la Molson, tient ! Et en plus, c’est vrai ! J’ai limite envie de lui mettre du ketchup sur ses frites pour me venger. Mais je me dis que vu son âge, la tite madame pourrait bien faire une crise cardiaque, alors je me contente poliment de réorienter la conversation.

Si un jour vous passez sur la côte, faîtes une pause à la brasserie du Pélican. Leurs bières ne sont pas à se rouler par terre, ne sont pas phénoménalement révolutionnaire, mais elles sont quand même bien bonne, et j’aime bien les noms. La Kiwanda (une crème ale) a été, je pense, ma plus belle surprise. J’ai eut grand plaisir à la boire, moi qui habituellement ne suis pas un grand fan de ces bières légères. Elle a une très belle personnalité, et a mérité que je reparte avec une version en bouteille, parce que c’est comme ça. La Mac Pelican’s (bière d’inspiration écossaise) personnellement le nom suffit à plaire à mon humour un peu simple. Ma référence personnelle, en terme d’écossaise, c’est l’Adel Scott. Bière industrielle, certes, mais légèrement tourbée et assez sucrée qui me plaît particulièrement. Il n’y a absolument rien de l’Adel dans la Mac Pelican, sauf peut être un petit côté tourbé, en effet, en tout début. Très légère, là encore, pas trop sucrée, mais fortement sympathique. Comme je sais que je vais souvent vers les IPA et les stout, la Mac Pelican sera la 32e bière du Pourquoi Pas ? (enfin il me semble ; je suis à nouveau mélangé dans le calcul). J’ai continué avec la Indian Pelican Ale (oui, évidemment, une IPA). Toujours aussi facile de me séduire, on dirait. Elle sera, ma deuxième préférée de la dégustation, mais je la trouve quand même décevante pour une IPA. Le goût manquait un peu de tonus. Par contre, je dois lui reconnaître une odeur des plus agréables (teintée, accessoirement, d’une légère odeur de chanvre, du genre de celui qu’on fume). La Doryman (Dark Ale) passera relativement inaperçue. Je ne saurais déjà plus vous en parler. La Tsunami (stout) arrivera à la première place du palmarès. Avec une entrée en bouche des plus légères, elle se dévoile dans une gradation qui fait qu’elle mérite parfaitement son nom, laissant après son passage une très agréable amertume à tendance café. Je garde également un très bon souvenir de la bière de saison que j’ai goûté, je me souviens l’avoir bien apprécié, mais là aussi, sa description m’échappe déjà. Peut être que je pourrais me mettre à faire mes dégustations avec un papier et un stylo ?

La jeune fille en rouge

J’hésite entre « Asana sur un arbre »

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« Abattus »

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Ou « Jeune fille sur un arbre »

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La route jusqu’à Pacific City

Retour au volant, histoire d’avancer un peu. Je vais au même rythme qu’hier. Je roule cinq minutes, je m’arrête, je repars. Pourquoi Pas ? accepte sans se plaindre toutes ces pauses. Il ne semble pas plus pressé que moi.

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Le joueur de flûte

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Un réveil tranquille à Otter Rock

C’est amusant de voir que, même un petit parking au milieu de nul part peut avoir du trafic pendant la nuit. Heureusement, il n’y a quand même pas eut trop de visites, et le choc post traumatique ne semble trop violent ; en tout cas, je ne vis pas mal d’entendre des voitures manoeuvrer à côté du Pourquoi Pas ?, et ça me rassure un peu. Ça rend mes nuits quand même plus agréables que si je devais me cacher sous les sièges à chaque fois !

L’endroit où je me suis arrêté était magnifique hier. D’ailleurs, je me demande pourquoi je n’ai pas pris de photos. En même temps, il est tout aussi magnifique en ce début de matinée, avec la lumière du soleil qui n’est pas réveillé depuis beaucoup plus longtemps que moi. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait une petite promenade sur la plage au réveil !

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Le long de la côte

Aujourd’hui, je me suis réveillé tôt, à ma grande surprise. J’ai démarré Pourquoi Pas ?, et je suis parti. J’ai récupéré une brochure touristique, qui indique tout les points d’intérêts sur la côte, kilomètre après kilomètre. La plupart du temps, entre deux parcs, entre deux arrêts, entre deux points de vue, il y a moins de 5 minutes de route. Alors j’ai avancé tout pas vite, prenant mon temps, admirant, savourant, appréciant. Il n’y a pas grand chose à dire d’autre. Le ciel était splendide, les paysages grandioses, mon humeur au beau fixe presque toute la journée. J’ai roulé 70 kilomètres aujourd’hui, sans spécialement prendre mon temps. Juste en profitant du paysage comme il le mérite. J’ai vu mes premières baleines. Elles ne sont pas comme à Tadoussac, où elles vous marchent sur les pieds. Non, ici les baleines c’est simplement un mini geyser dans le lointain loin. Je n’ai pas ramassé d’autostoppeurs : ils vont tous vers le sud. Le seul qui allait vers le nord avait une tête un peu trop étrange à mon goût. Oui, je sais, délit de sale gueule ; mais bon, c’est mon seul point de repère, alors je ramasse pas tout le monde, que voulez vous. Et puis j’étais dans une humeur « MOOPING » alors j’ai nettoyé (rapidement) deux parkings où je me suis arrêté. Tout ça pour finalement me garer une fois de plus, sur le bord de la mer. Cette fois, je suis dans un petit village, mais il n’y a pas de panneau « no overnight parking », donc fidèle à ma croyance populaire personnelle : « si c’est pas interdit, c’est que c’est autorisé ». Et puis aujourd’hui, aussi, j’ai joué de la flûte, et j’ai fait une vidéo de remerciements. Mais ça, vous le savez déjà. Une magnifique et belle petite journée tranquille, donc, à manger des paysages grandioses et à ne plus savoir où donner de la tête.

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Et en bonus :

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Un dimanche à la mer

Un saturday market, le samedi après midi, à Eugène

La nuit, ici, il fait froid. Et c’est vrai que le van a perdu un peu au niveau de l’isolation quand des braves inconnus m’ont permis d’avoir un air conditionné intégré au pare brise arrière. Air conditionné éco friendly, en plus ! Mais que malheureusement, on ne peut pas couper la nuit. Bref… ça reste tout à fait supportable, j’ai supporté, et j’ai survécu. Une bonne petite nuit de sommeil, dans un quartier parfaitement tranquille et sans voiture, on aime ça !

Caroline est occupée toute la journée (les joies d’être encore aux études !) ; on se donne donc rendez-vous en fin d’après midi. De mon côté, mes intentions sont assez simples : aller au centre ville, trouver mon vendeur de flûtes. Parce que franchement, cette flûte, plus j’y pense, et plus je la veux. À pied, le centre ville est à 30 minutes environ, mais j’ai bien envie de sortir un peu mes roulettes. Ça fait longtemps que mes rollers n’ont pas pris un peu d’exercice, ça ne peut leur faire que du bien. À priori, à Eugène, tout le monde fait du vélo. Le réseau de pistes cyclables et d’ailleurs assez impressionnants. J’en viens assez rapidement à comparer Eugène à Grenoble. Faut dire qu’une ville de 350 000 habitants, avec énormément d’étudiants, et un petit centre ville tout petit et sympathique, ça a un petit côté « déjà vu ».

Je suis dans un secteur complètement différent de celui de Sarah et Gretchen, et sans savoir pourquoi, j’ai du mal à me repérer dans Eugène. Pourtant, les rues suivent bien un quadrillage régulier, la plupart étant numérotées de 1 à… aucune idée. Je me retrouve quand même au centre ville sans le moindre problème, repérant immédiatement là où j’ai garé le Pourquoi Pas ? la première fois. De là, le Saturday Market est à deux coins de rues.

Un « Saturday Market » qu’est-ce que c’est que ça peut donc bien manger en hiver ? À vrai dire, c’est très simple : c’est un rassemblement de producteurs et d’artisans locaux. Le maître mot est là : « local ». Les artisans doivent être originaires de la région, les produits doivent avoir poussé dans la région, etc… ça ressemble comme deux goûtes d’eau aux marchés traditionnels français, et j’avoue que personnellement, j’aime bien ça. Pour la petite histoire, c’est à Eugène qu’a eut lieu le tout premier Saturday Market aux États Unis. En 1905, si je ne me trompe pas. En fait, la ville d’Eugène est extrêmement intéressante et mérite d’être regardée d’un peu plus prêt. Contrairement à mon idée première il y a un mois et demi (le temps passe vite, c’est impressionnant !) ce n’est pas juste une ville où on trouve des laveries automatiques à cause des étudiants ! C’est très clairement une capitale culturelle et intellectuelle. C’est également une ville très ouverte à un certains nombre d’idéaux qui, personnellement, me plaisent beaucoup. La ville a fait parler d’elle notamment lors du sommet qui a eut lieu à Seattle il y a quelques années, en fournissant une grosse partie des détracteurs. Il y a aussi eut une histoire de personnes enchaînées à des arbres, pour les empêcher d’être coupés (et sauf erreur, ils ont bien mieux réussi qu’à Grenoble). En fait, si je voulais être quelqu’un de bien qui s’intéresse à la culture de ses lecteurs, je pourrais faire un exposé un peu plus poussé sur la question. Qui sait, peut être le ferais-je ! Toujours est il que le maire d’Eugène a affirmé, il y a quelques années qu’Eugène était la capitale de l’anarchisme aux États Unis. Chose intéressante, le brave homme n’avait pas l’air de s’en plaindre. Limite, il en était même content. Bref… cette ville n’a pas fini de m’intriguer, et il est très clair que, si je pars demain, ce ne sera qu’un au-revoir et pas un adieu.

Tout ça pour dire que mon vendeur de flûtes, je l’ai retrouvé, à la même place, avec la même barbe magnifique, le même sourire engageant, et le même plaisir à discuter avec lui. À priori, il m’a reconnu. On a rediscuté un bon moment, mais il m’a tout de suite mis une flûte entre les mains, et elle m’a tout de suite plu. J’ai quand même voulu en essayer d’autres, pour être sûr. Et puis j’ai hésité un peu. Comme je lui ai dit « j’hésite, parce que je suis un fainéant, et que j’arrive déjà à souffler comme il faut dans l’autre, alors que j’ai du mal à souffler dans celle-ci ». Il m’a quand même garanti que je m’y ferais vite. Et puis il est vrai que celle qu’il m’a présenté est un peu plus grave, et j’adore le son qu’elle fait. Elle a une façon de vibrer qui me plaît bien. Il m’a aussi fait remarquer un petit détail, qui m’a définitivement convaincu. Chaque petite flûte, en haut, à un petit dessin gravé.

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Avouez le : pareil dessin, je ne peux pas ne pas me sentir interpellé ! C’est pas comme si je marchais pas dans les montagnes, sous le soleil, depuis… ouf ! Depuis un bon moment maintenant ! Et donc, finalement, j’ai craqué. Je suis heureux. J’ai une flûte en bambou magnifique, et elle a un son superbe. C’est mon cadeau d’anniversaire, de moi à moi, et je l’aime. Bon, c’est dit. Tiens, en parlant de cadeau d’anniversaire, je m’en étais fait un autre, que j’ai finalement annulé. Il me fallait encore aller dans une vraie gare pour voir une vraie personne pour avoir le droit à un vrai remboursement. Ce que je ne comprends pas tout à fait, c’est que mon vrai remboursement me sera envoyé dans une vraie lettre par la poste. L’intérêt de me déplacer ? Pas sûr, mais bon. La gare d’Eugène est bien belle. Il y a même un panneau qui explique qu’à l’époque les gares étaient très souvent construites sur des modèles identiques, et que s’est un parfait exemple de gare « pas originale du tout ».

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Il n’empêche que tout cela, parler à un monsieur dans une gare, voir les panneaux d’affichage, regarder ce couple acheter un billet de train, ça me donne des envies de voyages. Oui, je sais, c’est un concept très particulier d’avoir des envies de voyages quand on est en voyage. Mais même si j’adore mon voyage actuel, même si j’adore mon van, je reste encore convaincu qu’il n’existe pas de meilleur moyen de transport, de façon plus agréable de se déplacer, que le train. J’ai envie d’en choisir un au hasard, et de sauter dedans. J’ai envie de discuter avec Mowgly et Tassa de leurs aventures à bord de trains de marchandises. J’ai envie de traverser ce continent gigantesque de la vraie façon qu’il soit. Parce que les États Unis, tout comme le Canada, c’est les trains qui les ont construit. Et il me semble, parfois, qu’on devrait les découvrir comme ça. La chose est claire, je n’oublierais pas les passes de train Amtrak, et j’en ferais usage bientôt. Très bientôt…

Ces petites formalités administratives réglées, il ne me reste plus qu’à profiter de la ville. Je retombe sur une baguette de pain piégée et délicieuse, que je mangerais tranquillement, en écoutant une jeune demoiselle réinterpréter l’intégrale des Beattles au Hukulele. Et puis je tourne en rond, je vadrouille, je regarde, j’écoute, je sens. J’adore cette ambiance ; je m’y sens parfaitement bien, parfaitement à mon aise. Les djembés sont à nouveau au rendez-vous ; je reste un petit moment à observer tout ce petit monde. Un magnifique mélange. Des hippies, des « Kids », des jeunes, tous se retrouvent à la même place. Je regarde, à priori je ne connais personne. Mais j’ai plaisir à simplement écouter.

Mon appareil photo est sorti, mais je n’ai pas envie de prendre des photos. Je sais que je pourrais en profiter pour voler quelques portraits intéressants, mais pas aujourd’hui. J’ai déjà fait des photos du Saturday Market, j’ai juste envie de déambuler au hasard, sans jouer les photographes.

J’ai repéré un magasin de musique grâce à mon ami Google Map. Je m’arrête pour acheter un Gazoo. La bonne nouvelle, c’est que le nom est le même en anglais, ce qui aide beaucoup. Cet achat est intentionnel. Peut être connaîtrez-vous, un jour, la raison (après avoir mis de la violence, je me dis que rajouter un peu de suspens pourrait m’aider à garder mes innombrables lecteurs).

Je m’arrête de temps en temps pour jouer de la flûte. J’aime le son qu’elle fait. Je m’en sors déjà mieux. Je suis capable !

Et puis finalement, je décide de prendre le chemin du retour. Je me rappelle parfaitement où je dois aller, sauf que quand j’y arrive, ce n’est très clairement pas là. Moment de doute. 17e avenue est ou ouest ? Évidemment, mon ordinateur n’a plus de batterie pour que je puisse vérifier. Peut être que c’était de l’autre côté. Je remonte toute la 17e avenue dans l’autre sens. Si faire du vélo dans Eugène semble agréable, le roller c’est autre chose : comme d’habitude, la qualité du revêtement, le monde s’en fout un peu beaucoup complètement. Après une bonne balade, mes deux neurones se connectent. J’étais très clairement au bon endroit la première fois. Là, je pars dans la mauvaise direction. En même temps, je suis dans le coin de chez Sarah et Gretchen ; je pourrais tenter de retrouver leur maison ! Parce que malheureusement, je n’ai pas pensé à garder leur adresse… je tourne un peu au hasard sans succès, et me retrouve au centre-ville. Bon, deuxième essai, en sachant où je vais : je vise l’université, beaucoup plus facile à trouver. J’en profite pour m’arrêter dans le cimetière. Il est bien joli, il est bien calme, et c’est un bel endroit pour jouer de la flûte je trouve. Je comprends aussi la raison de mon erreur : la 17e avenue s’interrompt à un moment à cause d’une mini colline ; il aurait fallut que je persévère un minipeu plus, pour contourner la colline qui cachait l’Université. Enfin… je suis de retour au van, et toujours en vie.

Caroline n’est pas encore rentrée ; je m’installe confortablement avec un livre en attendant son retour. Quand elle revient, on discute un tit peu, elle m’explique qu’elle a passé une partie de l’après midi à faire de la sculpture de citrouilles. Ce soir, donc, soupe aux citrouilles. Très bonne en l’occurrence ! Et puis pour le programme de la soirée, elle propose de regarder un film, simplement. Je serais éventuellement bien sortie faire la fête avec plein de gens, mais à priori, elle ne connaît pas encore grand monde (ça fait seulement un mois qu’elle habite ici). En même temps, une petite soirée tranquille devant un film, ça m’est pas arrivé depuis… oui, plus d’un mois et demi. Pas mal, non ?

Le film terminé, on discute encore un petit peu ; elle a encore quelques lectures à faire. Je lui souhaite donc bonne nuit, et m’en vais jouer un peu de flûte avant de dormir. Ça vient vite : je souffle quasiment parfaitement dès le premier coup maintenant.

Je suis heureux, et j’aime ma flûte ! Dommage que je ne puisse pas en jouer en dormant ; ça pourrait me bercer d’une façon des plus agréables.

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Comme vous pouvez le constater, à Eugène c’est l’automne, et ils ont eux aussi des jolies couleurs. Les cyclistes portent un casque même quand ils sont juste des dessins sur le sol (et franchement, je trouve ça très intelligent comme méthode de sensibilisation). Halloween s’en vient. Et on trouve aussi des « arts cars » à Eugène.