Archive for the ‘Gastronomie’ Category
Rameen et les psycho donuts

J’avais déjà rencontré Rameen à Vegas. Oui, je sais, c’est la classe à placer dans une conversation. « Oui oui, je le connais, on s’est vu à Vegas, l’autre fois ». Bon, c’est des choses qui arrivent aussi ! J’avais pas trop eut l’occasion de faire connaissance avec lui. On a plus l’occasion de discuter cette fois.
On a un peu faim, et lui a une envie de donut (beignets). Il nous parle de psycho donut, une place bien sympa qui vient d’ouvrir juste à côté. On y va. La place est vraiment très sympa. Décoration mélange d’asile psychiatrique et savant fou, avec un menu assez drôle à lire. Et dans le présentoir, on voit une pizza. Le principe est simple : le prix commence à 30 $ le matin à 8h, et descend de 2$ toutes les heures. Il est 7h40, elle ne coûte plus que 6$. 4$ dans 20 minutes. On décide d’attendre… puis on change d’avis. Ça nous inspire énormément, et passer à côté de ça, ça serait dommage. Nous voilà donc devant une magnifique pizza. Un fond en beigne, et quatre différentes sections : Oreo, Crunch, Reese et mélange céréale bizarres. Vous savez pas quoi ? C’est délicieux ! Et ça nourrit en masse ! On n’en viendra pas à bout en s’y mettant à trois, mais ça fera un petit déjeuner parfait ! Pizza froide au petit déjeuner, j’adore !
Problème technologique, baisse de moral et emmenthal
J’ai repéré depuis un moment maintenant un endroit où je peux capter un réseau sans fil qui marche pas trop mal. Je m’y dirige, pour récupérer les dernières nouvelles. En principe, je suis sensé avoir un contrat à faire pour mercredi… à nouveau pas de nouvelles, ça commence à me peser. Et puis un mail de Jane, datant d’hier ; Laura est finalement arrivée à San Francisco, elle y reste jusqu’à mardi matin. C’est demain ça… je regarde l’heure. Il est 16h. J’ai 5h de route à faire. J’ai bien envie de revoir Laura, mais en même temps, je n’en ai pas fini avec Yosemite… j’hésite un long moment, avant de me décider à rester. J’irais la voir à Chicago, à la place, espérant qu’elle me pardonnera.
Et puis j’essaie d’uploader toutes mes dernières modifications sur mon blog… pour découvrir que le logiciel est planté pour de bons. Il est gelé, et refuse de faire quoi que ce soit. Je commence à avoir peur d’avoir perdu tout les textes que j’ai écris ces derniers temps… pas mal de carnets de voyages sur ce coup là… le coup de blues tombe d’un coup. J’ai quelques nouvelles d’amis de Montréal, pas nécessairement très bonnes. Décidément, ça va pas bien mon histoire. Je passe un moment à discuter avec une amie ; je lui explique comment je me sens, lui dit que j’ai un peu le blues, mais que je me connais : ça devrait aller mieux demain. Si ça ne va pas mieux, j’emploierais la manière forte : fromage + chocolat + restaurant. D’après mon guide, si on doit manger à un seul restaurant dans la Sierra Nevada, c’est à la petite cantine de la station service Mobile. Surprenant, non ? D’autant plus que c’est là, sans le savoir, qu’on s’est arrêté avec Fannie en juin, et que l’on a hérité d’une pizza huile fromage et peperonni. Délicieuse, au demeurant, mais bien grasse. Je suis un peu déprimé, me semble que j’ai le droit de me payer un petit plaisir demain !
Je passe la fin de la journée sur internet, à essayer de trouver une solution à mon problème de logiciel, à essayer de trouver où je serais pour ma fête, à imaginer un itinéraire pour la suite de mon voyage… et puis finalement, je déconnecte, et vais garer le van un peu plus loin, à un endroit où je pense avoir le droit de passer la nuit. Enfin j’imagine, on verra ça demain.
Pour me remonter le moral, je m’attaque à l’emmenthal. Son sort est réglé rapidement ; il n’en restait pas grand chose de toutes façons. Encore un petit creux. Je jette un oeil à mes réserves. L’expérimentation « beurre de cacahouètes + cacao en poudre » n’est pas à ajouter dans les anales de la gastronomie. Mais au moins, j’ai ma dose de sucre et de chocolat.
Je regarde un truc sur mon ordinateur. Il y a une lointaine époque, je savais tout faire avec cet outil. Il reste encore pas mal de souvenirs. Bonne nouvelle : je retrouve tout les textes que j’avais écris ces derniers temps. Je perds, à priori, les photos ajoutées, mais pas les originaux, donc je pourrais refaire tout ça quand il faudra. Bon, bin le moment de blues-déprime se termine plus tôt que prévu. J’ai un peu mal au ventre, mais ça me paraît assez normal ! La tortilla au beurre de cacahouètes et cacao était sans doute de trop. Enfin… il est sans doute temps de dormir de toutes façons ! Demain, j’étais supposé resté à Lee Vining, pour faire le contrat qui n’est pas encore arrivé. S’il n’est toujours pas là demain, je retourne dans la montagne. J’ai ma liste de randonnées à faire !
Le jour de repos
Aujourd’hui, c’est jour de repos. Pour de vrai cette fois ! Je commence la journée tranquillement, puis me dirige vers les Meadows. Je gare le van sur le bord de la route, mets l’ordinateur dans mon sac à dos, et emporte ma chaise. Oui, j’ai récupéré une chaise pliante au moment de quitter Burning Man. Ça peut toujours servir, et je m’en sers. Je m’installe tranquillement, sur le bord d’un petit ruisseau. J’écris, je mets à jour mon blog, grâce à un logiciel qui permet de faire ça sans être connecté… pratique pour économiser du temps ! Sauf que plus le temps passe, plus le logiciel bug… enfin… j’avance quand même dans mes affaires.

Je passe la fin de la matinée et le début de l’après midi sur le bord du ruisseau. C’est le reflet du soleil dans l’écran, mais aussi la fin de batterie de l’ordinateur, qui me font retourner au van. Je m’installe confortablement, et me fait des courgettes sautées. Pour moi, c’est vraiment un plat grand luxe ! J’ajoute même un peu d’emmenthal. Que du bonheur !
La dernière flamme
J’ai repéré, un peu plus tôt dans la journée, les 7 pommes qui restaient. J’ai aussi repéré la bouteille de rhum. J’ai envie d’offrir une dernière petite flamme aux gens du camp. Voilà bien longtemps que je n’ai pas fait flamber quelques choses. Je m’assoie par terre : il n’y a plus rien pour cuisiner, mais j’ai pris soin de récupérer toutes mes affaires. J’ai donc tout ce qu’il faut à portée de main dans le van. Les gens reviennent petit à petit, me regarde éplucher mes pommes. On discute tranquillement. On sait que tout cela est maintenant terminé. Qu’il ne reste plus qu’à se dire au revoir. On savoure ces derniers moments. Je sors mon petit réchaud de camping ; je n’ai pas vraiment envie de faire flamber de quoi dans le van. Pas nécessairement des plus sécuritaire. Les gens me regardent cuire mes pommes. Au moment de flamber, je réalise que tout les alcools ont été rangé ; pas moyen de retrouver la bouteille de rhum. Je tenterais donc l’expérience de flamber à la vodka. C’est tout ce que j’ai dans le van. Les gens regardent, fascinés, la petite flamme bleue. Je crois que c’est la principale raison pour laquelle j’aime faire flamber des choses. Pas pour la flamme elle même, mais pour la fascination qu’elle éveille dans les yeux des gens. Ils me remercient pour les pommes ; elles ne sont pas exceptionnelles, ne goûtent pas du tout l’alcool, mais ça fait du bien quand même. À nouveau, leurs remerciements me touchent. Je sais qu’ils sont sincères, qu’ils viennent du fond du coeur. La soirée avance ; le froid tombe.Les gens commencent à partir, les uns après les autres. Je sers Laura fort dans mes bras, rassuré de savoir que je la reverrais bientôt. J’espère que j’aurais l’occasion de passer un peu de temps avec elle, de lui parler ; cette fille est tellement magnifique…
Les gens vont se coucher aussi. Comme ils partiront tôt, je ne les reverrais pas. Chaque au revoir, c’est un câlin des plus sincères, et des paroles agréables.
C’est mon tour d’aller me coucher. Il est passé minuit ; une fois de plus, je me demande où je trouve toute mon énergie. Quoi que, je commence à avoir de forts doutes. Les gens autour de moi m’en donnent tellement… Je veux juste parler très brièvement à Kelly avant d’aller me coucher…
Fanfare, Sangria et fruits séchés
Nos voisins les plus proches, juste en face, c’est une fanfare. C’est pratique : leurs répétitions viennent rythmer nos journées. En fait, on se retrouve presque tout le temps à prendre le dîner pendant qu’ils jouent. Ça permet de manger en musique avec, entre autre, quelques réinterprétations de la guerre des étoiles. Aujourd’hui, c’est jour de fête. Ils enchaînent les musiques, et tout le monde est invité à manger des fruits secs en buvant de la sangria. Du coup, il y a une folle ambiance quand Laura et moi arrivons au camp. Elle a déjà bien dansé, elle prend donc mon djembé pour en jouer un peu. J’en profite donc pour inverser les rôles, puisque moi je n’ai pas dansé du tout, et que je suis encore tout plein d’énergie. La sangria est divinement fraîche et fait un bien fou. Encore une fois, le coeur est à la fête. Encore une fois, tout se déroule dans la joie et la bonne humeur. Je danse un moment avec Jane, avant de l’informer de mes plans. Elle est contente de savoir que je viens à San Francisco. Moi aussi. D’ailleurs, si ça continue, la ville du Golden Gate va devenir ma résidence secondaire ! Trois fois en moins d’un an, je m’impressionne moi même ! La faute à cette côte ouest qui me fascine.
Saumon fumé au milieu du désert
Retour au camp pour la bouffe commune. Je suis agréablement surpris de découvrir que toutes ces bouffes communes sont bien organisées, bien préparées. Du coup, à chaque fois on mange vraiment bien. Un bon repas par jour, ça se prend bien. Surtout quand les gens sortent du saumon fumée d’une glacière. Certes, là encore, c’est une abération de manger du saumon fumée en plein désert… mais c’est bon !
Essayer de préparer la suite
Les crêpes, c’était définitivement une bonne idée. Je fais halluciner un certains nombre de personnes quand je sors du van, à moitié endormi, une assiette remplie d’une quarantaine de crêpes à la main. Les gens se précipitent dessus tout en me remerciant. Laura me fait un câlin ; plusieurs autres personnes suivent. Je ne peux pas imaginer plus belle façon de commencer une journée. C’est agréable, ça fait du bien. Quelqu’un a amené un pot de nutella. La vie est belle.
Avec tout ça, je nai pas beaucoup dormi et j’ai du mal à me réveille. Depuis le début de la semaine, la température monte un peu plus à chaque jour. Je me demande jusqu’à où on va se rendre… en tout cas, c’est très clairement trop à mon goût. Le chaud semble être comme le froid : les 2 ou 3 degrés qui séparent la journée d’hier à celle d’aujourd’hui font vraiment toute la différence. Comme ceux qui font passer de -18 à -21. J’avoue que je serais curieux de savoir combien il fait. J’essaie de comparer avec mes souvenirs de la Death Valley, quand on a eut un +45, mais on avait la clim dans la voiture, on se cachait régulièrement, et on y restait qu’une journée. C’est très clair que la semaine sera un exercice d’endurance ; je le ressens de plus en plus. J’aime connaître mes limites pour plein de choses, je les connaitrais probablement bientôt pour le désert. J’ai l’impression que la journée de lundi sera de trop. Mais en même temps, j’ai bien envie de partir en fin de journée lundi. Pas envie de partir en même temps que tout le monde et rejouer le jeu du traffic une fois de plus. Et puis surtout, j’ai envie de voirl les lieux vides. Enfin… relativement vides. Tout ne disparaîtra pas lundi, c’est évident, mais il ne restera quansiment plus rien je pense.
Mon programme d’après Burning Man se précise. Remonter en Oregon me semble définitivement la chose à faire. En arrivant depuis Klamath Falls, j’ai traversé une très belle zone désertique, où je pensais m’arrêter à mon retour. Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que je referais des photos par la fenêtre, et que ça sera bien assez. Enfin, pour ça on verra lundi comment je me sens. Je me donne trois ou quatre semaines pour remonter la côte ouest. Oregon et Washington. J’en parle un peu autour de moi, et j’ai vraiment l’impression que c’est la chose à faire. Il semblerait en plus que ce soit la plus belle période pour découvrir la zone alors… pourquoi ne pas en profiter ? Et puis après, deux options : retour sur Montréal quasiment direct, via Yellowstone, le sud du Dakota et Chicago, ou retour sur Montréal un peu moins direct, via Yellowstone, le sud de l’Utah et ses canyons, Four Corners, St Louis et Chicago. La deuxième option me tente plus, mais est pas mal plus longue. Donc ça va dépendre de la tête de mon budget dans trois semaines. Ça dépendra aussi de deux ou trois événements plus ou moins hors de mon contrôle. Enfin, au moins je suis à nouveau décidé, et je sais où je m’en vais.
Il fait chaud, je n’ai pas vraiment d’énergie. Pas plus le goût de bouger que ça. Je passerais donc l’après midi au camp, comme pas mal de gens en fait, à simplement discuter, et rien faire. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle je suis là après tout : rien faire, me reposer, relaxer. Certes, par cette température, le repos n’est pas des plus agréables, mais c’est toujours ça. Tout le monde a apporté des trucs à grignoter. Du coup, l’après midi à relaxer à un petit côté « après-midi grignotage sans fin (et sans faim d’ailleurs) ». Enfin, une fois de temps en temps, pourquoi pas j’imagine ?
Une glace gratuite au milieu du désert
Sur le chemin de retour, je tombe sur un camp qui distribue des crèmes glacées. Gratuitement, comme d’habitude. La file d’attente est relativement longue, mais en même temps, ça passe super vite : c’est fou comment payer nous fait perdre du temps ! Là, en remplaçant le passage à la caisse par un sourire et des remerciements, ça avance relativement vite.
L’être humain me fascine, pour tout ces extrêmes. Distribuer des crèmes glacées au beau milieu de nul part, dans le désert… irrationnel, complètement fou… cette folie me plaît. Certains délires sont complètement inapproprié, alors que d’autre ne me dérangent pas. Il est très clairement difficile de faire une ligne entre le « complètement stupide » et le « magnifiquement irrationnel ». À plusieurs reprises, en parlant de Black Rock City, la comparaison avec Las Vegas est arrivée. Après tout, la ville de Burning Man est aussi très clairement la ville du pêché. On trouve de tout, partout, tout le temps ; on peut tout faire, partout, tout le temps. Autant à Las Vegas, c’était beaucoup trop, et c’était insupportable, autant ici ça passe beaucoup mieux. Pourtant, il y a énormément de choses qui me choque ici aussi. J’aime énormément le camp où je suis : on se débrouille avec ce que l’on a ; des tentes et des hamacs dans tout les sens. Pourtant, tout ces gens qui viennent avec leur RV à plusieurs centaines de milliers de dollars, est-ce vraiment la place pour ça ? Je ne suis pas en train de dire que non ; j’essaie juste de comprendre, de me situer dans tout ça. J’avoue que je n’y arrive pas. Pourquoi certaines choses sont mieux ici qu’ailleurs, pourquoi certaines sont pires… j’essaiera peut être, à un moment, de démêler tout ça. Quand je ne serais plus dans le feu de l’action.
French toast
J’ai l’impression que raconter mes journées à Burning Man ne va pas être chose aisée. Tellement de choses, et si peu en même temps. Simplement marcher au hasard est une occupation à temps plein. Il y a plein d’activités listées, de choses organisées, mais je me rends bien compte que ce n’est pas nécessairement ce dont j’ai besoin/envie pour le moment .
Je m’entends super bien avec les personnes du camp, et j’en profite pour discuter, faire connaissance ; ça fait du bien. Ce matin, je suis sorti de Pourquoi Pas ? habillé en gothique. À priori, ils ne s’y attendaient pas, même si je leur avais dit, la veille, que j’avais exactement les vêtements pour avoir du fun ici. Par contre, ils ont définitivement appréciés les pains perdus (pains dorés – french toast) qui m’accompagnaient. J’ai toujours aimé préparer le petit déjeuner pour des groupes de gens. En général, je fais ça quand il y a du monde qui dort chez moi. Dans ce contexte, c’est un peu pareil… moi ça me donne le petit boost d’énergie pour commencer ma journée. Et puis, ça fait toujours plaisir de donner ça aux gens de bon matin.
Couscous pour tous
Le temps passe vite. Les distances sont plus grandes que ce que l’on pense. J’ai juste le temps d’explorer un tout petit mini peu qu’une partie de l’après midi est déjà passé. Je rentre au camp ; pas envie de revenir trop tard. En plus, ce soir, je fais parti de l’équipe « bouffe commune ». Je prends un peu de temps pour discuter avec Jane, avant que l’on commence à préparer un énorme couscous raisin/concombres/broccolis/tomates pour 25 personnes. On se pose un peu quelques questions sur la quantité à préparer. Au final, on se débrouille pas si mal que ça, et il ne reste pas grand chose. Et en plus, c’est très bon.










