Des histoires d’essence
Retour sur la route, plein nord, direction Winnipeg. Le Dakota du Nord, c’est plat pis c’est plate. La route s’étale, pis s’étale, pis s’étale encore. C’est plat à droite, c’est plat à gauche, c’est plat devant, c’est plat derrière. La limite de vitesse, ici, est de 130 kilomètres heure. Ça me paraît raisonnable. C’est pas comme si la route était bien dangereuse ! Je m’offre, d’ailleurs, une petite pointe de vitesse voir de quoi Pourquoi Pas ? est capable. J’approche quand même les 140. Je pourrais sans doute faire plus, mais je ne veux pas le forcer. J’étais juste curieux. Mais sinon, je continue mon petit 95 qui me convient parfaitement, et qui fait que je tourne toujours dans les 10,1 litres aux 100 kilomètres. C’est quand même pas si pire je trouve.
En parlant de consommation, la jauge approche tranquillement du E. Il va falloir que je me décide à un moment. Je laisse passer une opportunité… après vingt kilomètres sans plus rien voir, je commence à me demander si je n’aurais peut être pas du, quand même, un peu… Je suis rendu à 640 kilomètres depuis le dernier plein. C’est le plus que j’ai fait jusqu’à présent. L’aiguille s’approche du dernier trait. Le problème, c’est que je n’ai aucune idée d’à quel moment elle va finalement déclarer forfait. Les voyants dans la voiture marche un peu bizarrement. À l’arrêt, ils s’arrêtent chacun à une place aléatoire, qui fait que je n’ai aucune idée de jusqu’où l’aiguille d’essence peut descendre. Enfin… à 650 kilomètres, je me décide à prendre la sortie vers la prochaine ville… à 16 kilomètres de là. Grafton. Ça fait vraiment envie comme nom de ville.
Je ferais finalement le plein à 664 kilomètres, somme toute un peu rassuré. Il n’y a rien, évidemment, à Grafton, mais je m’attarde un peu. J’achète une bouteille de Vodka. A 20$, c’est vraiment pas cher pour le Québécois que je suis, et puis avec un jus de fruit, ça peut faire des petites soirées sympa. J’en profite aussi pour jeter un oeil sur les cartes postales, mais ne trouve que des choses d’une laideur sans nom. Dernière petite pause, histoire de refaire le plein de nourriture. Au moment de sortir de l’épicerie, je vois un mini rayon de cartes postales. Bon, bin ça c’est fait aussi !
