De retour au Canada
Il est trois heures de l’après midi, il me reste deux heures de route pour rejoindre Winnipeg, plus un passage de frontières. Mais comme là le but est de quitter le Canada, je me fais pas trop de soucis. En fait, j’ai deux options. Soit je roule jusqu’à Winnipeg, où je passe la soirée, et je cherche un endroit où dormir après la ville, soit je passe la frontière, et m’arrête de rouler tôt, histoire de faire les milliers de choses que je ne fais jamais, et vais en ville le lendemain pour la journée. J’hésite un peu. Les douaniers décideront pour moi.
Ils sembleraient que les américains m’aiment particulièrement. Tellement qu’ils ne veulent plus me laisser partir. J’ai le droit à nouveau à un interrogatoire complet. Pourquoi j’étais aux États-Unis, qui je suis, d’où je viens, où je m’en vais… j’ai peut être bien une tête de tueur en série finalement, avec mon van à pois verts. D’ailleurs, une fois de plus, on me demande si c’est moi qui les ai mis, ces pois. Pourquoi les douaniers sont fascinés par mes pois, aucune idée. Je dois sans doute pouvoir cacher de l’explosif en dessous. Interrogatoire complet, fouille complète du véhicule. Qu’ils laissent dans un état relativement bordélique…
J’approche de la douane canadienne. Nouvelle série de questions. Voyant que je suis francophone, elle me propose un service en français. Je la remercie, mais l’anglais me convient. Après quelques questions, elle me demande d’aller me garder là bas. Un officier viendra s’occuper de moi. J’ai déclaré 4 bouteilles de bières, car j’ai aucune idée du nombre de bières dans mon frigo (9 après vérifications). Toutes les autres, y compris la vodka, sont suffisamment bien cachées. Un officier (une officière ? oui, on dirait que l’orthographe est accepté) vient finalement me voir. Elle aussi me propose un service en français. Nouvelle série de questions. Nouvelle fouille complète et totale du van. Elle me fait alors la morale, comme quoi je n’ai pas déclaré les bières que j’avais. Je lui explique que je pensais en avoir 4 ou 5, et que je l’ai dit à sa collègue. Elle me réponds que ça collègue n’avait rien écrit sur ma fiche, et que de toutes façons j’ai le droit à 24 bouteilles, donc je suis mieux de les déclarer. Bonne route. Merci.