[Burn] – La fin du temple
Il y a encore ce même mouvement de convergence. Il y a encore cette armada de véhicules mutants. Pourtant, cette fois, l’ambiance est parfaitement différente. On m’avait dit que la mise à feu du temple était un moment d’une sérénité incomparable. Je veux bien le comprendre, quand je vois l’effet que produit ce lieu en temps normal. J’y ai versé des larmes que je ne pensais tout simplement pas avoir à verser. Je m’y suis posé des questions que je n’aurais pas cru. J’y ai vu des gens y pleurer, sans la moindre hésitation, sans la moindre gêne. Ce soir, tout le monde se recueille. Les véhicules ont tous éteints leur musique. Il ne reste qu’un haut parleur principal qui diffuse de la musique. Aucune cacophonie. Les gens discutent, mais ne crient pas, ne chantent pas. C’est beaucoup plus tranquille.
Depuis le début de la semaine, on a vu des parachutes dans le ciel à de nombreuses reprises. Oui, il y a aussi un aérodrome à Black Rock City. J’avoue que se jeter en parachute au dessus de la ville doit être une expérience inoubliable. Très souvent, on les a vu sauter avec des banderoles ou des fumigènes. Ce soir, ils ont des feux d’artifices accrochés derrière eux. Ça ne dure pas longtemps, mais c’est de toute beauté. Et puis il y a une première lueur dans le temple. Tout le monde s’assoie. Le silence s’installe, petit à petit. Il ne reste plus que la musique. Quelques rares paroles. Un cri occasionnel de temps à autre. Un groupe de gens chante joyeux anniversaire avant de se taire. La lumière augmente tranquillement. Il y a les premières flammes. Mais toujours pas un bruit. Ce quasi silence, cette sérénité après tant de festivités, je le ressens dans tout mon corps. Je parlais d’expérience spirituelle, du fait que ce n’est pas dans mes habitudes… une fois de plus, je me sens vraiment marqué au plus profond de moi. L’expérience est unique, inoubliable. Le temple s’embrase. Les flammes sont magnifiques. Je ne peux m’empêcher de faire des photos, pourtant je me retiens autant que possible. D’ailleurs, je finis même par m’arrêter. Il y a un moment où je trouve que les photographes n’ont plus leur place. La structure brûle au complet. il ne reste plus que l’armature. Comme à chaque fois, je ressens que les gens attendent la chute du dernier morceau. Celle-ci sera accompagné de hurlements, qui s’arrêteront aussitôt. Tout le monde reste assis. Personne ne bouge. Un gardien fait des grands signes, pourtant personne ne réagit. Il les refera à plusieurs reprises, avant que finalement les gens se lèvent. Mais personne ne court. Tout le monde marche, pour rendre un dernier hommage au temple.








