Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Le photographe philosophe qui a fait le Vietnam


J’ai très clairement une étiquette « je reviens de Burning Man » sur le front. L’air un peu hagard, involontairement, en reprenant contact avec la civilisation. À marcher un peu au hasard, à moitié perdu, à essayer de comprendre ce qui m’arrive. Ça paraît que j’essaie de reprendre contact avec le monde, et que j’ai du mal. Ça paraît aussi que je n’ai toujours pas pris de douche, et que j’ai les cheveux plein de poussières.

À plusieurs reprises, des gens m’approchent, me demandent comment s’était. Évidemment, dans le coin, tout le monde connaît Burning Man. Reno est une pause obligée pour énormément de Burner. Je discute un peu, au hasard, ça fait du bien. Et puis il y a cet homme, quand même assez âgé, assis sur sa marchette. Il repère mon appareil photo plein de poussière. On commence à discuter. Burning Man ? Bien sûr qu’il connaît ; il était aux deux premiers. D’après ce que j’ai lu, le premier, c’était seulement 20 personnes… me voilà assez impressionné… on parle pendant pas mal de temps. De voyages, évidemment, mais aussi de linguistique. Je ne sais plus pourquoi, je lui fais part à un moment d’à quel point je suis surpris de retrouver des noms français absolument partout en Amérique du Nord, que ce soit dans les noms de rivières ou de villes. Lui est originaire de la Nouvelle Orléans, alors le « français », il connaît un peu ça aussi. Il est allé à Montréal, pour sa première lune de miel. C’est très clair : le français de la Nouvelle Orléans n’a rien à voir avec le français de Montréal dans les années 70. Discuter avec cet homme me fait quand même du bien. À un moment, il me recommande très fortement de lire «le Petit Prince » ; ça fait une douzaine d’années que des tonnes de personnes me recommandent de lire ce livre ; une douzaine d’années que les gens me disent que je leur fais penser au petit prince, et que ce livre est fait pour moi. J’ai finalement craqué en avril dernier, après que Fannie me l’ai recommandé. Je suis d’accord, ce livre était fait pour moi. J’en discute un peu avec cet homme, qui m’explique que je dois absolument lire « lettre de la terre » de Mark Twain. Je prends note du titre, parce que le concept me plaît bien : Satan demande à Dieu ce que devient la Terre. Celui-ci, avec un univers complet à surveiller, n’en a pas la moindre idée. Du coup, Satan va faire un tour sur Terre, jeter un oeil, et faire un rapport à Dieu. À lire absolument semble-t’il, mais difficile à trouver. Je m’y mets dès que possible.

On discute encore un petit peu, et puis je reprends mon chemin. Je m’installe pendant quelques temps dans un petit café où ils ont internet. Encore une autre nécessité dans mon retour à la réalité. Je dois voir où en sont les contrats qui s’en viennent, donner encore quelques nouvelles, échanger un peu… à la table d’à côté, deux personnes regardent une vidéo de la mise à feu de Man. Je ne peux m’empêcher de sourire avec nostalgie. On discute un tout petit peu… c’est long un an !

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