Petits cours pratiques
Comme prévu, je trouve une laverie assez rapidement. Et en plus, j’arrive à pirater une connexion internet dans les environs. C’est parfait. Pour compléter, il y a une épicerie où je vais pouvoir acheter du produit à lessive et un coupe ongles (oui, ça aussi ça devient nécessaire). Je prépare donc mon sac de linge sale, change de pantalon pour laver celui que je porte présentement, prends mon porte feuille pour aller faire les courses, faire la porte, et regarde mon pantalon à l’intérieur. Oui, celui dans lequel j’ai mis mes clés en sortant de la voiture. « Seb embarré en dehors du Pourquoi Pas ?, deuxième prise ». Bon, en même temps, j’ai mon portefeuille et une épicerie juste à côté, ça ne devrait pas poser trop de problèmes. Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un cintre. La suite, je maîtrise parfaitement.
Bon, évidemment, ils en ont des cintres, mais juste en plastique. Les vieux modèles pour voleur de voitures, ils ont arrêté de les faire. Pas grave, je trouve mon bonheur au rayon « barbecue ». Et oui, je vais devenir le premier voleur de voitures qui débarre les portes de l’extérieur avec des piques à brochettes ! Je fais donc mes petites emplettes, et m’installe avec mes piques. Échec critique avec le premier : je le laisse tomber dans la porte. Celle-ci fera sans doute « gling gling » à l’avenir… Je recommence donc avec un deuxième, en faisant plus attention. Je n’en ai que trois, je n’ai pas trop le droit à l’erreur !
Je me rends malheureusement compte que les piques à brochettes vendus chez Safeway sont trop courts pour pratiquer du crochetage de serrure. Je me bas pendant un moment, espère, attends un miracle, sans succès. En même temps, je suis au milieu d’un parking. Je me dis que peut être quelqu’un appellera la police, et que je pourrais demander un coup de main. La seule personne qui s’intéresse à ce que je fais discute un peu avec moi, me dis qu’il n’a pas vraiment ce qu’il faut pour m’aider. Je lui demande s’il y a un poste de police pas trop loin ; il me répond en rigolant qu’ils ne pourront pas faire grand chose pour moi, à part m’arrêter parce que je suis allé à Burning Man. Mouais, bon… en tout cas, la chose est claire : très prochainement, je laisse une clé cachée à l’extérieur du van !
Tiens, en parlant de police, j’en vois une de l’autre côté de la rue. Je vais donc lui demander de l’aide ; il me confirme ce que je pensais : comme à Montréal, les policiers n’ont plus le droit d’intervenir pour ouvrir les voitures barrées de l’intérieur. J’oublie de demander la raison à l’agent qui se trouve devant moi. Tout ce qu’il peut faire, c’est appeler une dépanneuse. Eux ont le droit de le faire. Il se renseigne : ça coûte 90$. Pour ce prix là, je dois pouvoir en acheter pas mal des cintres !
Je remercie monsieur l’agent, retourne faire un tour dans l’épicerie, sans succès. Je ne vois rien de mieux. Je tente ma chance dans une boutique de linge, mais comme me dit la madame, maintenant ils n’ont plus que des cintres en plastique. Les cintres en métal, c’est vieux. Vieux ? Mon regarde se porte de l’autre côté de la rue. Un motel. Rien de tel, il me semble, pour trouver des vieilleries miteuses et crasseuses ! Je demande donc de l’aide à la madame de l’accueil, qui me revient gentiment avec trois cintres en plastique. Ok, donc mon accent est toujours aussi mauvais. Je la remercie, lui réexplique. Ah ! Non, elle n’a pas de cintres en métal. Pas grave ; des motels, ça ne manque pas. Je m’essaie dans un deuxième. La madame, ici, comprends tout de suite. Bon, mon accent n’est quand même pas si mauvais alors. Elle revient rapidement avec un vrai cintre en métal. Yé ! Je suis persuadé d’être sauvé.
Je m’en reviens au van. Démonte le cintre, le tord, le pli. Trente secondes après, la porte est ouverte. Okay, ça y’est, me voilà rendu grand maître de l’ouverture de portes par l’extérieur avec un cintre en métal. Bon, par contre ça me prendra un bon 5 minutes à ressortir le cintre de la porte, mais j’y arrive quand même ! Tout cela s’est fait en plein milieu d’un parking très achalandé. Comme quoi, j’en ai confirmation une fois de plus : ayez l’air naturel, et vous pouvez voler tout ce que vous voulez !
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