Le retour à Mono Lake
Je quitte finalement la ville fantôme, pour revenir là d’où je viens. La route est toujours aussi agréable, et comme je viens d’imposer dix kilomètres de plus de route engravillonnée à Pourquoi Pas ?, je le laisse une fois de plus faire tout ce qu’il veut. Du coup, la grande descente sur le lac se fait relativement rapidement. Enfin… pas si rapidement que ça si on considère la distance dont j’ai besoin pour dépasser un vélo. Il semble avoir du plaisir le monsieur sur ses deux petites roues ! Ça me rappelle de bons vieux souvenirs, dans la descente de Voiron, à l’époque où on pouvait foncer tout droit jusque dans les parvis d’église. Que voulez-vous… les choses changent !
Lee Vining -la plus « grosse » ville sur le bord du lac- n’a pas changé elle. Toujours pas grand chose. Je m’y arrête le temps d’acheter des barres de céréales pour demain. J’envisage toujours de faire le Half Dome, même si j’ai l’impression que je risque d’être serré par le temps… enfin, on verra bien. Peut être que ça sera pour une autre fois sinon… un restaurant familial avec ses odeurs de fritures me fait de l’oeil ; ou plutôt du nez. Ou de l’estomac, rendu là, je ne sais plus trop. En tout cas, je sais que j’ai faim. Je résiste pourtant magnifiquement bien, en me forçant à penser à ma purée en flocon qui s’en vient. Avec du lait en poudre. Un vrai moment de bonheur en perspective.
D’abord, il me faut repérer où est l’est dans le coin. J’ai quelques projets de levé de soleil pour demain matin. De toutes façons, il faudra que ma journée commence tôt… alors autant en profiter ! Et puis je me dis que depuis le temps que j’en ai envie, tremper les pieds dans le lac me fera un bien fou, malgré l’odeur de souffre. L’eau était à une température relativement agréable en juin (j’avais réussi à rentrer à moitié dedans) donc je me dis que début septembre, après un été à chauffer, ça doit être que du bonheur. Je reprends la route jusqu’à la petite plage où on s’était arrêté avec Fannie. J’avais oublié le chemin de graviers pour y aller… décidément, c’est vraiment la journée où je fais souffrir Pourquoi Pas ? aujourd’hui. Mais malgré toutes les vibrations, il reste parfaitement imperturbable. Tant mieux !
Je mets un doigt dans l’eau. Elle est horriblement froide. Comment ça se fait, alors qu’elle était si chaude en juin, et qu’en théorie elle aurait du passer l’été à chauffer, je n’en ai pas la moindre idée. En tout cas, c’est raté pour le bain de souffre de ce soir. Passage au plan B : le parking des tufas, ces grosses constructions en calcaire 100% naturel. J’ai fait pas mal de photos en juin dernier, je ne vois pas l’intérêt de refaire les mêmes. Alors à la place, je me prépare ma purée, et mange tranquillement, en attendant que la nuit tombe. Une fois qu’il fait bien noir, je me force à oublier que je suis un citadin qui panique quand il n’a pas son lampadaire, et je me dirige sur le bord du lac, avec mon appareil photo. Disons que ça valait la peine de combattre un peu ma peur du noir. En fait, j’y passerais des heures quand je vois le résultat… mais au bout d’un moment, le noir finit par prendre trop de place, alors je rentre au van. Avec quand même quelques magnifiques photos coup de coeur, et quelques souvenirs de la grande ourse.
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