Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Boîte à vitesse, lumière sur la falaise, et hôtel de luxe.


En principe, je peux trouver une connexion internet à l’Ahwahnee, l’énorme hôtel de luxe que l’on trouve au fond de la vallée. Je me dirige donc vers là bas, histoire de savoir ce qu’il me reste à faire côté job, prévenir Jane de mon arrivée prochaine, et tout les petits trucs du genre.

Le soleil est déjà en train de se coucher, et la route est, une fois de plus, plus longue que je pensais. Je suis vraiment surpris par les distances dans le coin… Route de montagne, de nuit, avec énormément de circulation, c’est difficile de faire plus désagréable comme conduite… mais bon, j’arrive quand même dans la vallée, où je découvre un phénomène qui m’inquiète soudainement… Pourquoi Pas ? décide de ne plus changer de vitesse… j’ai beaucoup utilisé la position où le frein à moteur est mis à contribution… j’ai parfois changé de position sur la boîte tout en roulant ; je me demande si c’est mauvais ou pas de faire ça… toujours est il que Pourquoi Pas ? se rappelle qu’il a une première, une seconde, mais c’est tout… je sens que ça va être joueur, si je dois faire les 10000 prochains kilomètres en seconde à 60 kilomètres heures.

Mes connaissances en mécaniques se limitent à mes compétences en informatique. Si ça marche pas, redémarre. Bon, bin tiens, on va essayer ça. Je me gare, coupe le contact, attend trente secondes, redémarre. Comme quoi, l’informatique et la mécanique automobile, c’est pas mal pareil si on y pense bien ! Me voilà de nouveau avec toutes mes vitesses. Tant mieux. Je prends donc la route de la vallée.

Si Yosemite fait le bonheur des randonneurs, c’est définitivement le paradis des grimpeurs. Tout ces dômes de granite, partout, ça a de quoi faire frémir plus d’un grimpeur confirmé ! Et puis surtout, Yosemite, c’est le coin de El Capitan. Une parois rocheuse de plus de 1000 mètres de haut, réputé dans le monde entier. 1000 mètres, c’est pas mal plus que ce que les gens montent d’habitude en une journée. Alors la nuit, les gens qui le montent, dorment en chemin. Suspendu, dans le vide, tout ça tout ça. Ça, ça rentre définitivement dans la catégorie des choses que j’espère ne jamais faire dans ma vie ! Bref… alors que je roule, El Cap’ se dresse au dessus de moi. La légende est bien vraie : on peut voir les petites lumières, s’agiter, à certains endroits de la falaise. Impressionnant. Je ne sais pas comment ils font ces gens.

J’arrive finalement à l’hôtel grand luxe. Il fait nuit, alors je le vois pas trop, mais il a l’air vraiment beau. Je gare le Pourquoi Pas ?, et me dirige à l’intérieur. Je tente discrètement de pirater la connexion, mais ça prend un mot de passe. À l’accueil, on me dit que c’est uniquement pour les résidents de l’hôtel. Bon, bin je ferais probablement sans internet ce soir. À la place, je m’installe avec une bière (que je paierais hélas les yeux de la tête) au bar de l’hôtel. Un pianiste s’occupe de l’ambiance. C’est calme, reposant, agréable. Ça me va. L’accès internet est pour les résidents de l’hôtel seulement. Pas très grave, je n’ai en principe pas d’urgence. Enfin je sais pas trop… il faudrait quand même que je puisse vérifier où ça en est avec Le Site.

Le temps passe, je commence à fatiguer, il faut que je me décide à trouver un endroit où dormir. Je tourne un peu dans Yosemite Village, puis me dirige vers le parking d’où part la balade de Half Dome. Comme il y a beaucoup de gens qui la font en plusieurs jours, je pourrais laisser le van garé pour la nuit, dormir dedans, sans que personne s’en rende compte. Mais j’hésite un peu quand même. En fait, ce qui m’inquiète le plus, c’est les ours. C’est bête ; j’en ai pas vu un seul depuis que je suis ici, mais on sait jamais… le van, même si je le vidais de tout contenu alimentaire, continuerait à sentir la bouffe à plein nez… j’hésite longtemps… en fait, le temps de passer le van en mode « prêt à dormir ». Et puis finalement, je craque. Plutôt que chercher les embrouilles, je me dis que rouler les 30 kilomètres qui me feront sortir du parc est peut être plus raisonnable.

Je repars donc… pour me trouver sur une petite route, avec quelques voitures garées. Des grimpeurs partis pour une longue balade… oh et puis allez… je m’essaie tiens. Garé sur le bas côté, avec juste le rideau arrière de fermé, c’est tout à fait anonyme. On verra bien ce que ça donnera…

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