Aujourd’hui, donc, on monte la montagne
Voilà. Le plan de match a été décidé la veille, la montagne est repérée ; la montagne est magnifique, c’est parfait. Je me suis réveillé un peu tard. Oui, encore plongé dans mon livre pendant un bon moment hier soir. Que voulez-vous, j’aime ça !
Petit déjeuner simple et rapide. J’ai fini le lait en poudre, mais je ne suis pas encore passé au travers de l’énorme boîte de céréales. Mais j’y travaille assidûment ! Je suis sur la route peu de temps après, et à nouveau peu de temps après, je suis au point de départ de la randonnée qui va m’amener au sommet du Mont Mcloughlin. Comme d’habitude, il y a plein de panneau rappelant que c’est une longue marche difficile, et qu’il faut faire attention. Je partirais avec deux litres d’eau et six barres de céréales. Bien assez pour monter deux montagnes de même ! Une carte avant le départ du sentier annonce un endroit où il est facile de se perdre. Je prends note de l’endroit. Un panneau annonce également que le sommet est à 8 kilomètres. C’est pas ce que j’avais lu, mais bon, je suis pas à quelques kilomètres prêt !
Le début se fait sans problème. Ça monte tranquillement au travers des arbres, pente régulière et agréable. Au début, on ne voit pas grand chose, mais petit à petit, au gré des percées entre les arbres, on peut commencer à apprécier le paysage environnant.
C’est un classique en montagne : plus on monte, plus ça monte ; mais j’arrive à continuer à un bon rythme, en me demandant dans quel état je vais arriver. Essoufflé ? Un tout petit peu. Ça fait dix jours que je suis rendu au niveau de la mer ou presque, j’ai aucune idée du temps que ça prend pour perdre l’aclimatation à l’altitude. Même si je ne vais pas si haut que ça, je termine à 2800… et puis aussi, plus on monte, moins y a d’arbres. Et plus on a le droit à des spécimens intéressants et magnifiques. J’ai toujours aimé ces arbres de montagnes, tout tordus, qui ne savent pas trop ce qu’ils veulent.

On dépasse finalement la limite des arbres. Ça, c’est le coin où il est facile de se perdre. Je note. En même temps, si on suit la crête, c’est facile de ne pas se perdre. Je prends note également.
Le chemin disparaît dans les cailloux. À plusieurs moments, je n’ai pas le choix de faire du « bouldering » (semi escalade, consistant à grimper un caillou plus gros que les autres). Ça fait du bien, ça détend les bras, ça change les idées, j’aime ça. Ça me confirme dans mes envies de recommencer l’escalade une fois rentré à Montréal (si si, le retour à Montréal aura lieu un jour !).
Alors que je monte, je vois apparaître au loin une véritable merveille. Au sud, malheureusement, et déjà enneigée. Mais qu’elle est belle, et qu’est-ce qu’elle me fait envie ! Elle aussi domine allègrement le monde autour. J’apprendrais grâce à un randonneur croisé en chemin que son petit nom c’est Shasta. 14 162 pieds. Un vrai de vrai à 4000 celui là. 4316 pour être exact. Enfin… il est déjà trop tard pour cette année. Dommage. Peut être lors d’une prochaine visite ?

En alternance avec les gros cailloux, il y a aussi des très petits cailloux. Ça glisse, et c’est pénible à monter. Mais j’anticipe la descente avec enthousiasme. J’y ai pris goût à la ramasse. J’en aurais presque envie de remonter le Mont Rundle pour le plaisir de le redescendre !


Je suis un peu perdu dans mes pensées quand je me rends compte soudainement que ça ne monte plus. Non, ça y’est, fini, plus rien, je suis rendu au sommet. Je regarde partout autour de moi. C’est tout simplement magnifique, comme d’habitude. Je mange deux barres de céréales. Ça sera les seules de la randonnée. Je suis de plus en plus efficace à ce niveau là également !
Et puis je regarde, à nouveau, tout autour de moi. Dominer le reste du monde de plus de 1000 mètres, ça donne un bel aperçu. Et c’est une invitation évidente à faire une photo panoramique. Et hop ! Un 360.
[Le panoramique s’agrandira si vous cliquez dessus gentiment]
Alors, si on résume : tout à gauche, en gros, c’est l’est. Le premier lac que l’on peut voir, c’est « Four miles Lake ». Il semblerait qu’il y ait un terrain de camping par là bas. Ça pourrait être une belle destination d’après descente. Ensuite, c’est le chemin par où je suis arrivé. Et par où je vais repartir également. Le lac que l’on voit tout au fond, dans l’axe du sommet, c’est « Klammath Lake ». Si vous vous souvenez, c’est par là que je suis passé en me rendant à Burning Man. Il y a plusieurs semaines déjà ! D’ailleurs, il me semble que je l’avais repéré, ce petit sommet triangulaire, alors que je passais dans le coin. L’autre lac que l’on voit après, c’est « Lake of the Woods », je crois. Je suis pas sûr de son nom, pis de toutes façons, je pense pas aller le voir. Quoi que… il y a dans le coin de magnifiques coulées magmatiques semblent ils… le lac suivant, c’est « Willow Lake » ; celui là même où j’ai dormi cette nuit même. Ensuite, c’est le prolongement de la crête, et dans l’axe (plein nord) un lac que je ne connais pas, et que je ne sais pas d’où il sort. À la même hauteur que le lac, mais un peu plus à droite, il y a ce qui ressemble à une coupe de bois, avec deux « L » imbriqués. En haut et un peu à gauche de ça, un nuage un peu bizarre. En fait, ça semble être un nuage de fumée, comme s’il avait un gros incendie. Et sauf erreur, c’est pas mal par là bas « Crater Lake ».
Après cette agréable petite pause au sommet, je redescends avec enthousiasme. Faut dire que ça descend pas mal vite quand on aime glisser. Et vous avez compris, maintenant, j’aime ça ! Je suis sagement la piste au début, puis m’en écarte un peu pour continuer à m’amuser en ramasse. Je m’en écarte un peu plus, mais je garde une belle idée d’ensemble de où je dois revenir ensuite. Mon sens de l’orientation, sur ce coup là, ne me fait pas défaut. Après m’être fait bien plaisir dans un magnifique éboulis, je rejoins finalement la piste, qui me ramène au Pourquoi Pas ?. Il est 17h. Je suis monté en 3h, 20 minutes de pause au sommet, 1h45 pour la descente. Pas pire, comme rythme je trouve.








