Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Elk


Elk, ça veut dire Élan (oui, l’animal). Je sais pas si c’est un surnom qu’il se donne, ou si c’est un prénom que je ne connais pas et que je ne sais pas orthographier. Je m’étais arrêté à un 42e promontoire pour faire mon 42e panoramique du lac. Je l’ai vu arrivée, avec sa barbe relativement longue, son vieux short usé, et son énorme sac à dos. Si mettre des froufrous à son vélo ça veut dire « je vais à Burning Man », se promener dans le coin avec une barbe de 3 mois et un sac à dos géant, ça veut dire « je suis un randonneur, un vrai de vrai ». Au moment où il passe à côté du van, il fait une remarque sur mon « no dust, only happyness ». C’est amusant, c’est le deuxième aujourd’hui. Le premier, c’était un peu plus tôt, il m’avait demandé comment s’était passé Burning Man. Ah oui, j’ai aussi rencontré un canadien, à un autre moment de la journée. De Victoria. Comme je lui ai dit « même pays, mais pas exactement voisin ». Bref, c’était la journée des rencontres aujourd’hui, et Elk était le troisième. Je lui ai demandé, par curiosité, s’il faisait la « Pacific Crest Trail ». Il a confirmé. Ça fait 5 mois qu’il est parti. Tout ça ? C’est parce que ce charmant petit chemin de randonnée part de la frontière du Mexique, et remonte tout en haut. C’est où ça ? Au moins une bonne partie du Canada. Peut être jusqu’en Alaska, je sais pas trop. Bref, c’est long, mais c’est un seul sentier, sans interruption, qui permet de voir plein de sommets magnifiques. Si j’ai bien compris, il est parti de la frontière Mexicaine, il est allé jusqu’au nord de l’Oregon, et il redescend en Californie. Ou un truc du genre. Bref, c’est un fou psychopathes, c’est sûr. Mais par contre, c’est super intéressant de discuter avec lui. Moi, une rando de 6 mois, ça m’intéresse pas. Mais un deux ou trois semaines, genre la « John Muyr Trail », je pourrais assez facilement me laisser convaincre. Les ours ? « pas de problèmes, j’ai un container spécial pour la nourriture ; je le laisse en dehors de la tente, et ils jouent avec la nuit ». Bon, ça au moins, c’est rassurant !

Il me demande si par hasard je vais au centre d’informations. À priori, ce n’était pas forcément prévu, mais en même temps, c’est pas un gros détour, et je le prends un peu en pitié. Il rêve d’une douche (chose que je comprends parfaitement !) et de faire le plein de nourriture. Moi, j’hésitais à faire la boucle complète et total. Ça me décide. On fait donc un peu de route ensemble, je le dépose, et je fais demi tour.

J’en profite, puisque j’y suis, pour m’arrêter au magasin de souvenirs du parc. J’y trouve un livre sur les parcs nationaux américains. Une photo par parc ou par monument national. Je jette un oeil rapide, et passe à deux doigts de l’acheter en voyant une photo de Bryce Canyon. Et puis je me raisonne. Je ne veux pas gâcher la surprise. Je ne connaissais rien de Bryce Canyon, je ne connais rien de Zyon, je sais juste qu’il faut que j’aille les voir, que c’est grandiose. Et en effet, la photo de Bryce me dit que je n’ai plus le choix. Pour la petite anecdote, je faisais de la modélisation 3D à une lointaine époque. Le logiciel que j’utilisais s’appelait Bryce, et faisait notamment de très bon rendu paysagers. Quand je vois le type de terrain qu’il proposait par défaut, et que je le compare à la photo que j’ai vu, je sais d’où vient le nom du logiciel ! Fin de l’anecdote. Début du retour dans le passé, très très proche : ce matin, au sommet de Scott, j’ai aussi discuté avec deux personnes. Je parlais de mes plans de voyage, quand l’un des deux m’a dit « Grand Canyon, c’est magnifique en effet. Et si vous y êtes à la mi octobre, ça ne devrait pas être encore fermé par la neige ». Oups. Hein ? Quoi ? Il faut que je regarde tout ça de plus prêt moi…

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