Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

La jeune fille en rouge


J’hésite entre « Asana sur un arbre »

_MG_0317.jpg

« Abattus »

_MG_0319.jpg

Ou « Jeune fille sur un arbre »

_MG_0323.jpg

La route jusqu’à Pacific City


Retour au volant, histoire d’avancer un peu. Je vais au même rythme qu’hier. Je roule cinq minutes, je m’arrête, je repars. Pourquoi Pas ? accepte sans se plaindre toutes ces pauses. Il ne semble pas plus pressé que moi.

_MG_0277.jpg

_MG_0278.jpg _MG_0279.jpg _MG_0284.jpg _MG_0288.jpg

_MG_0280.jpg _MG_0286.jpg

_MG_0289.jpg _MG_0290.jpg _MG_0291.jpg _MG_0292.jpg

_MG_0293.jpg _MG_0294.jpg _MG_0300.jpg _MG_0302.jpg

_MG_0307.jpg _MG_0308.jpg

_MG_0312.jpg _MG_0313.jpg _MG_0318.jpg _MG_0320.jpg

_MG_0321.jpg _MG_0333.jpg _MG_0334.jpg _MG_0335.jpg

_MG_0340.jpg _MG_0343.jpg

_MG_0338.jpg _MG_0342.jpg _MG_0344.jpg _MG_0345.jpg

_MG_0347.jpg _MG_0301.jpg

Le joueur de flûte


IMG_0268.jpg

Un réveil tranquille à Otter Rock


C’est amusant de voir que, même un petit parking au milieu de nul part peut avoir du trafic pendant la nuit. Heureusement, il n’y a quand même pas eut trop de visites, et le choc post traumatique ne semble trop violent ; en tout cas, je ne vis pas mal d’entendre des voitures manoeuvrer à côté du Pourquoi Pas ?, et ça me rassure un peu. Ça rend mes nuits quand même plus agréables que si je devais me cacher sous les sièges à chaque fois !

L’endroit où je me suis arrêté était magnifique hier. D’ailleurs, je me demande pourquoi je n’ai pas pris de photos. En même temps, il est tout aussi magnifique en ce début de matinée, avec la lumière du soleil qui n’est pas réveillé depuis beaucoup plus longtemps que moi. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait une petite promenade sur la plage au réveil !

_MG_0254.jpg _MG_0260.jpg

_MG_0274.jpg

_MG_0258.jpg _MG_0259.jpg _MG_0261.jpg _MG_0262.jpg

_MG_0263.jpg _MG_0257.jpg

Le long de la côte


Aujourd’hui, je me suis réveillé tôt, à ma grande surprise. J’ai démarré Pourquoi Pas ?, et je suis parti. J’ai récupéré une brochure touristique, qui indique tout les points d’intérêts sur la côte, kilomètre après kilomètre. La plupart du temps, entre deux parcs, entre deux arrêts, entre deux points de vue, il y a moins de 5 minutes de route. Alors j’ai avancé tout pas vite, prenant mon temps, admirant, savourant, appréciant. Il n’y a pas grand chose à dire d’autre. Le ciel était splendide, les paysages grandioses, mon humeur au beau fixe presque toute la journée. J’ai roulé 70 kilomètres aujourd’hui, sans spécialement prendre mon temps. Juste en profitant du paysage comme il le mérite. J’ai vu mes premières baleines. Elles ne sont pas comme à Tadoussac, où elles vous marchent sur les pieds. Non, ici les baleines c’est simplement un mini geyser dans le lointain loin. Je n’ai pas ramassé d’autostoppeurs : ils vont tous vers le sud. Le seul qui allait vers le nord avait une tête un peu trop étrange à mon goût. Oui, je sais, délit de sale gueule ; mais bon, c’est mon seul point de repère, alors je ramasse pas tout le monde, que voulez vous. Et puis j’étais dans une humeur « MOOPING » alors j’ai nettoyé (rapidement) deux parkings où je me suis arrêté. Tout ça pour finalement me garer une fois de plus, sur le bord de la mer. Cette fois, je suis dans un petit village, mais il n’y a pas de panneau « no overnight parking », donc fidèle à ma croyance populaire personnelle : « si c’est pas interdit, c’est que c’est autorisé ». Et puis aujourd’hui, aussi, j’ai joué de la flûte, et j’ai fait une vidéo de remerciements. Mais ça, vous le savez déjà. Une magnifique et belle petite journée tranquille, donc, à manger des paysages grandioses et à ne plus savoir où donner de la tête.

_MG_0104.jpg _MG_0106.jpg _MG_0108.jpg _MG_0116.jpg

_MG_0111.jpg _MG_0112.jpg _MG_0114.jpg _MG_0119.jpg

_MG_0107.jpg _MG_0113.jpg _MG_0144.jpg _MG_0136.jpg

_MG_0120.jpg _MG_0122.jpg _MG_0123.jpg _MG_0124.jpg

_MG_0126.jpg _MG_0127.jpg _MG_0132.jpg _MG_0134.jpg

_MG_0143.jpg _MG_0153.jpg _MG_0154.jpg _MG_0156.jpg

_MG_0158.jpg _MG_0214.jpg _MG_0230.jpg _MG_0229.jpg

_MG_0159.jpg _MG_0177.jpg _MG_0181.jpg _MG_0196.jpg

_MG_0202.jpg _MG_0204.jpg _MG_0207.jpg _MG_0209.jpg

_MG_0211.jpg _MG_0213.jpg _MG_0218.jpg _MG_0219.jpg

_MG_0223.jpg _MG_0225.jpg _MG_0226.jpg _MG_0227.jpg

_MG_0232.jpg _MG_0242.jpg _MG_0243.jpg _MG_0248.jpg

_MG_0249.jpg _MG_0244.jpg IMG_0150.jpg _MG_0253.jpg

_MG_0251.jpg _MG_0250.jpg _MG_0252.jpg IMG_0147.jpg

IMG_0151.jpg IMG_0152.jpg IMG_0184.jpg IMG_0185.jpg

IMG_0191.jpg IMG_0236.jpg IMG_0238.jpg IMG_0241.jpg

Et en bonus :

pano_pont.jpg

Remerciements


Un dimanche à la mer


Un saturday market, le samedi après midi, à Eugène


La nuit, ici, il fait froid. Et c’est vrai que le van a perdu un peu au niveau de l’isolation quand des braves inconnus m’ont permis d’avoir un air conditionné intégré au pare brise arrière. Air conditionné éco friendly, en plus ! Mais que malheureusement, on ne peut pas couper la nuit. Bref… ça reste tout à fait supportable, j’ai supporté, et j’ai survécu. Une bonne petite nuit de sommeil, dans un quartier parfaitement tranquille et sans voiture, on aime ça !

Caroline est occupée toute la journée (les joies d’être encore aux études !) ; on se donne donc rendez-vous en fin d’après midi. De mon côté, mes intentions sont assez simples : aller au centre ville, trouver mon vendeur de flûtes. Parce que franchement, cette flûte, plus j’y pense, et plus je la veux. À pied, le centre ville est à 30 minutes environ, mais j’ai bien envie de sortir un peu mes roulettes. Ça fait longtemps que mes rollers n’ont pas pris un peu d’exercice, ça ne peut leur faire que du bien. À priori, à Eugène, tout le monde fait du vélo. Le réseau de pistes cyclables et d’ailleurs assez impressionnants. J’en viens assez rapidement à comparer Eugène à Grenoble. Faut dire qu’une ville de 350 000 habitants, avec énormément d’étudiants, et un petit centre ville tout petit et sympathique, ça a un petit côté « déjà vu ».

Je suis dans un secteur complètement différent de celui de Sarah et Gretchen, et sans savoir pourquoi, j’ai du mal à me repérer dans Eugène. Pourtant, les rues suivent bien un quadrillage régulier, la plupart étant numérotées de 1 à… aucune idée. Je me retrouve quand même au centre ville sans le moindre problème, repérant immédiatement là où j’ai garé le Pourquoi Pas ? la première fois. De là, le Saturday Market est à deux coins de rues.

Un « Saturday Market » qu’est-ce que c’est que ça peut donc bien manger en hiver ? À vrai dire, c’est très simple : c’est un rassemblement de producteurs et d’artisans locaux. Le maître mot est là : « local ». Les artisans doivent être originaires de la région, les produits doivent avoir poussé dans la région, etc… ça ressemble comme deux goûtes d’eau aux marchés traditionnels français, et j’avoue que personnellement, j’aime bien ça. Pour la petite histoire, c’est à Eugène qu’a eut lieu le tout premier Saturday Market aux États Unis. En 1905, si je ne me trompe pas. En fait, la ville d’Eugène est extrêmement intéressante et mérite d’être regardée d’un peu plus prêt. Contrairement à mon idée première il y a un mois et demi (le temps passe vite, c’est impressionnant !) ce n’est pas juste une ville où on trouve des laveries automatiques à cause des étudiants ! C’est très clairement une capitale culturelle et intellectuelle. C’est également une ville très ouverte à un certains nombre d’idéaux qui, personnellement, me plaisent beaucoup. La ville a fait parler d’elle notamment lors du sommet qui a eut lieu à Seattle il y a quelques années, en fournissant une grosse partie des détracteurs. Il y a aussi eut une histoire de personnes enchaînées à des arbres, pour les empêcher d’être coupés (et sauf erreur, ils ont bien mieux réussi qu’à Grenoble). En fait, si je voulais être quelqu’un de bien qui s’intéresse à la culture de ses lecteurs, je pourrais faire un exposé un peu plus poussé sur la question. Qui sait, peut être le ferais-je ! Toujours est il que le maire d’Eugène a affirmé, il y a quelques années qu’Eugène était la capitale de l’anarchisme aux États Unis. Chose intéressante, le brave homme n’avait pas l’air de s’en plaindre. Limite, il en était même content. Bref… cette ville n’a pas fini de m’intriguer, et il est très clair que, si je pars demain, ce ne sera qu’un au-revoir et pas un adieu.

Tout ça pour dire que mon vendeur de flûtes, je l’ai retrouvé, à la même place, avec la même barbe magnifique, le même sourire engageant, et le même plaisir à discuter avec lui. À priori, il m’a reconnu. On a rediscuté un bon moment, mais il m’a tout de suite mis une flûte entre les mains, et elle m’a tout de suite plu. J’ai quand même voulu en essayer d’autres, pour être sûr. Et puis j’ai hésité un peu. Comme je lui ai dit « j’hésite, parce que je suis un fainéant, et que j’arrive déjà à souffler comme il faut dans l’autre, alors que j’ai du mal à souffler dans celle-ci ». Il m’a quand même garanti que je m’y ferais vite. Et puis il est vrai que celle qu’il m’a présenté est un peu plus grave, et j’adore le son qu’elle fait. Elle a une façon de vibrer qui me plaît bien. Il m’a aussi fait remarquer un petit détail, qui m’a définitivement convaincu. Chaque petite flûte, en haut, à un petit dessin gravé.

flute.jpg

Avouez le : pareil dessin, je ne peux pas ne pas me sentir interpellé ! C’est pas comme si je marchais pas dans les montagnes, sous le soleil, depuis… ouf ! Depuis un bon moment maintenant ! Et donc, finalement, j’ai craqué. Je suis heureux. J’ai une flûte en bambou magnifique, et elle a un son superbe. C’est mon cadeau d’anniversaire, de moi à moi, et je l’aime. Bon, c’est dit. Tiens, en parlant de cadeau d’anniversaire, je m’en étais fait un autre, que j’ai finalement annulé. Il me fallait encore aller dans une vraie gare pour voir une vraie personne pour avoir le droit à un vrai remboursement. Ce que je ne comprends pas tout à fait, c’est que mon vrai remboursement me sera envoyé dans une vraie lettre par la poste. L’intérêt de me déplacer ? Pas sûr, mais bon. La gare d’Eugène est bien belle. Il y a même un panneau qui explique qu’à l’époque les gares étaient très souvent construites sur des modèles identiques, et que s’est un parfait exemple de gare « pas originale du tout ».

_MG_0037.jpg

Il n’empêche que tout cela, parler à un monsieur dans une gare, voir les panneaux d’affichage, regarder ce couple acheter un billet de train, ça me donne des envies de voyages. Oui, je sais, c’est un concept très particulier d’avoir des envies de voyages quand on est en voyage. Mais même si j’adore mon voyage actuel, même si j’adore mon van, je reste encore convaincu qu’il n’existe pas de meilleur moyen de transport, de façon plus agréable de se déplacer, que le train. J’ai envie d’en choisir un au hasard, et de sauter dedans. J’ai envie de discuter avec Mowgly et Tassa de leurs aventures à bord de trains de marchandises. J’ai envie de traverser ce continent gigantesque de la vraie façon qu’il soit. Parce que les États Unis, tout comme le Canada, c’est les trains qui les ont construit. Et il me semble, parfois, qu’on devrait les découvrir comme ça. La chose est claire, je n’oublierais pas les passes de train Amtrak, et j’en ferais usage bientôt. Très bientôt…

Ces petites formalités administratives réglées, il ne me reste plus qu’à profiter de la ville. Je retombe sur une baguette de pain piégée et délicieuse, que je mangerais tranquillement, en écoutant une jeune demoiselle réinterpréter l’intégrale des Beattles au Hukulele. Et puis je tourne en rond, je vadrouille, je regarde, j’écoute, je sens. J’adore cette ambiance ; je m’y sens parfaitement bien, parfaitement à mon aise. Les djembés sont à nouveau au rendez-vous ; je reste un petit moment à observer tout ce petit monde. Un magnifique mélange. Des hippies, des « Kids », des jeunes, tous se retrouvent à la même place. Je regarde, à priori je ne connais personne. Mais j’ai plaisir à simplement écouter.

Mon appareil photo est sorti, mais je n’ai pas envie de prendre des photos. Je sais que je pourrais en profiter pour voler quelques portraits intéressants, mais pas aujourd’hui. J’ai déjà fait des photos du Saturday Market, j’ai juste envie de déambuler au hasard, sans jouer les photographes.

J’ai repéré un magasin de musique grâce à mon ami Google Map. Je m’arrête pour acheter un Gazoo. La bonne nouvelle, c’est que le nom est le même en anglais, ce qui aide beaucoup. Cet achat est intentionnel. Peut être connaîtrez-vous, un jour, la raison (après avoir mis de la violence, je me dis que rajouter un peu de suspens pourrait m’aider à garder mes innombrables lecteurs).

Je m’arrête de temps en temps pour jouer de la flûte. J’aime le son qu’elle fait. Je m’en sors déjà mieux. Je suis capable !

Et puis finalement, je décide de prendre le chemin du retour. Je me rappelle parfaitement où je dois aller, sauf que quand j’y arrive, ce n’est très clairement pas là. Moment de doute. 17e avenue est ou ouest ? Évidemment, mon ordinateur n’a plus de batterie pour que je puisse vérifier. Peut être que c’était de l’autre côté. Je remonte toute la 17e avenue dans l’autre sens. Si faire du vélo dans Eugène semble agréable, le roller c’est autre chose : comme d’habitude, la qualité du revêtement, le monde s’en fout un peu beaucoup complètement. Après une bonne balade, mes deux neurones se connectent. J’étais très clairement au bon endroit la première fois. Là, je pars dans la mauvaise direction. En même temps, je suis dans le coin de chez Sarah et Gretchen ; je pourrais tenter de retrouver leur maison ! Parce que malheureusement, je n’ai pas pensé à garder leur adresse… je tourne un peu au hasard sans succès, et me retrouve au centre-ville. Bon, deuxième essai, en sachant où je vais : je vise l’université, beaucoup plus facile à trouver. J’en profite pour m’arrêter dans le cimetière. Il est bien joli, il est bien calme, et c’est un bel endroit pour jouer de la flûte je trouve. Je comprends aussi la raison de mon erreur : la 17e avenue s’interrompt à un moment à cause d’une mini colline ; il aurait fallut que je persévère un minipeu plus, pour contourner la colline qui cachait l’Université. Enfin… je suis de retour au van, et toujours en vie.

Caroline n’est pas encore rentrée ; je m’installe confortablement avec un livre en attendant son retour. Quand elle revient, on discute un tit peu, elle m’explique qu’elle a passé une partie de l’après midi à faire de la sculpture de citrouilles. Ce soir, donc, soupe aux citrouilles. Très bonne en l’occurrence ! Et puis pour le programme de la soirée, elle propose de regarder un film, simplement. Je serais éventuellement bien sortie faire la fête avec plein de gens, mais à priori, elle ne connaît pas encore grand monde (ça fait seulement un mois qu’elle habite ici). En même temps, une petite soirée tranquille devant un film, ça m’est pas arrivé depuis… oui, plus d’un mois et demi. Pas mal, non ?

Le film terminé, on discute encore un petit peu ; elle a encore quelques lectures à faire. Je lui souhaite donc bonne nuit, et m’en vais jouer un peu de flûte avant de dormir. Ça vient vite : je souffle quasiment parfaitement dès le premier coup maintenant.

Je suis heureux, et j’aime ma flûte ! Dommage que je ne puisse pas en jouer en dormant ; ça pourrait me bercer d’une façon des plus agréables.

_MG_0036.jpg _MG_0038.jpg _MG_0040.jpg _MG_0043.jpg

_MG_0044.jpg _MG_0048.jpg _MG_0049.jpg _MG_0050.jpg

_MG_0051.jpg _MG_0053.jpg _MG_0054.jpg _MG_0055.jpg

Comme vous pouvez le constater, à Eugène c’est l’automne, et ils ont eux aussi des jolies couleurs. Les cyclistes portent un casque même quand ils sont juste des dessins sur le sol (et franchement, je trouve ça très intelligent comme méthode de sensibilisation). Halloween s’en vient. Et on trouve aussi des « arts cars » à Eugène.

La journée des autostoppeurs


Bonne nouvelle : cette nuit j’ai bien dormi. Très bien même. J’étais en effet dans un coin très tranquille, et le fait de ne pas entendre beaucoup de voitures est un plus agréable en ce moment !

Le programme du jour est simple : rouler jusqu’à Eugène. Ça représente un peu plus de 500 kilomètres, que j’ai bien l’intention de parcourir tranquillement, en admirant le paysage et en prenant mon temps.

Sauf qu’en même temps, le paysage dans les environs du lac Trinity n’est pas aussi beau que ce que j’imaginais. En fait, la route se contente de circuler entre les arbres, et on ne voit quasiment pas le lac. L’avantage, c,est que je ne m’arrête pas, je me contente d’avancer sans trop me poser de questions. J’arrive finalement à l’endroit où la route monte assez raide, et qui est annoncé depuis une trentaine de kilomètres, pour prévenir les véhicules avec remorque d’éviter de s’aventurer. Ça monte, en effet, rapidement, pour nous amener dans une nouvelle vallée, cette fois beaucoup plus intéressante.

_MG_9957.jpg

Cette nouvelle vallée, plus habitée, est également plus sèche. Mais le relief est très clairement plus intéressant, et le paysage typique de certaines zones de la Californie. Et puis la route offre, à quelques reprises, des points de vue magnifique sur le mont Shasta ; une nouvelle montagne dans la liste des montagnes que je trouve magnifique. Et que j’espère bien monter un jour !

_MG_9976.jpg _MG_9977.jpg _MG_9980.jpg _MG_9978.jpg

pano_vaches.jpg

La route me ramène finalement à Yreka, où je fais une petite pause rapide au Wallmart, à la recherche d’huile à lampe, mais sans succès. Je reprends l’autoroute à l’échangeur où j’ai rencontré Mowgly. Sauf que cette fois, je continue vers le nord.

La 5, dans la région, est tout simplement magnifique. Elle monte et descend, au hasard des cols et des montagnes, et j’en profite autant que possible.

_MG_9981.jpg IMG_9984.jpg IMG_9990.jpg IMG_9991.jpg

IMG_9992.jpg IMG_9993.jpg IMG_9995.jpg IMG_9997.jpg

Si magnifique, d’ailleurs, qu’à un moment je décide de prendre une route secondaire, qui a la bonne idée de la longer, ce qui me permet de profiter d’autant plus du paysage. En fait, tout ça me permet de me rendre compte qu’une autoroute, ça n’est pas nécessairement horriblement laid dans un paysage. Certes, le paysage serait sans doute plus beau s’il n’y avait pas cet immense ruban de goudron. Mais en même temps, je trouve qu’elle s’intègre bien, et je viens même à me demander si elle est vraiment dérangeante.

pano_5.jpg

À partir de là, par contre, la paysage devient de moins en moins intéressant. J’essaie à plusieurs reprises de quitter l’autoroute, mais sans que ça change grand chose. Je passe à côté de la ville d’Ashland, qui était l’objectif de Pixi. On m’en a parlé en bien. J’envisageais de m’arrêter brièvement, mais ça me paraît sans intérêt, vu depuis l’autoroute. Juste après, je passe à côté de Medford, où se rendait Robert. Une autre tentative de prendre une route plus intéressante me fait retourner à Grand Pass, tout aussi inintéressante la deuxième fois. Je réintègre l’autoroute à l’endroit même où j’avais déposé Erika et Alice. Et puis encore un peu plus loin, le prix de l’essence et la vacuité récurrente de mon réservoir me fait arrêter à l’endroit où j’avais déposé Pixi. Je trouve amusant de repasser dans tout ces endroits, sans même que ce soit programmé. J’aime ces clins d’oeil à mes péripéties passées. Le plus amusant, c’est que je n’ai quasiment pas emprunter une route sur laquelle j’avais déjà roulé. En prenant des petites parallèles, en faisant des petites boucles, en allant au hasard, j’arrive à trouver des itinéraires alternatifs.

J’arriverais finalement à Eugène vers 18h30, une paire d’heures avant ce que j’imaginais. Je vais quand même directement chez Caroline, la couchsurfeuse qui me prête un coin de parking pour la fin de semaine. Elle est un peu surprise de me voir arriver aussi tôt, d’autant qu’elle n’a pas fini les choses qu’elle avait à faire. Ce n’est pas vraiment un problème. J’ai beaucoup roulé aujourd’hui ; je pars me promener au hasard dans le quartier de l’université, histoire de me changer les idées.

Un vrai campus à l’américaine, où on retrouve même des résidences aux noms étranges (phi delta teta, epsylon khi, etc…). Me semble que je savais ce que ça voulait dire à une époque, et que j’ai oublié. Le campus est assez sympa, et les bâtiments bien éclairés. Je reste un peu surpris par le cimetière en plein milieu du campus, mais pourquoi pas…

_MG_0016.jpg _MG_0018.jpg _MG_0021.jpg _MG_0022.jpg

_MG_0026.jpg _MG_0028.jpg _MG_0029.jpg _MG_0030.jpg

Après une petite heure de balade, je retourne finalement chez Caroline. Petit souper rapide de macaronis au fromage, et puis on va prendre une bière, juste à côté, au Macminivil, ou quelque chose du genre. Les bières (je goûterais une stout et une IPA spéciale) ne sont pas mauvaise, mais reste très légère. On discute un peu ; on parle évidemment de voyages, de couchsurfings, de gens… c’est étrange… je n’avais pas fait de couchsurfing depuis Chicago. J’ai été hébergé chez plusieurs personnes depuis, mais c’était des rencontres par hasard, ou des amis d’amis. Ça fait bizarre de « redécouvrir » ce mode de voyage…

Il est un peu tard, on rentrera finalement se coucher. Ici, l’automne est très clairement installé, et la nuit est fraîche. Je découvre rassuré que le chauffage du Pourquoi Pas ?, qui semblait capricieux la dernière fois que j’avais tenté de l’utiliser, fonctionne très bien. Il n’empêche que je dormirais avec le gros sac de couchage ce soir !

De la suite du voyage


Monk aussi me donnait dans la vingtaine. C’est vrai que je suis en mode « chapeau blanc », qui me rajeunit quand même un peu. Ajoutez aussi que j’ai les cheveux propres et que je suis rasé récemment, c’est très clairement l’option qui me fait paraître le plus jeune. Pourtant, j’ai l’impression qu’il y a un truc en plus aujourd’hui, pour justifier les 4-5 ans que j’ai perdus, par rapport à l’habitude des gens de me donner dans les 25-26. Depuis hier, je pense avoir un sourire complètement et parfaitement détendu. Pas que je ne l’étais pas avant, mais j’ai réalisé, hier, que j’étais prêt à rentrer à Montréal. Pour m’autoparaphraser moi même, il y a une différence entre « mon voyage se terminera quand je rentrerais » et « je rentrerais quand mon voyage se terminera ». Or depuis hier, j’ai l’impression que mon voyage approche de sa fin. Bien évidemment, je suis loin d’avoir répondu à toutes les questions. J’ai trouvé quelques réponses, mais beaucoup plus de questions. Je risque donc très fortement de rentrer à Montréal avec un bilan « négatif ». Encore plus de questions à répondre. Mais j’ai récupéré beaucoup d’éléments de réponses en chemin, et je pense que j’ai besoin d’être à Montréal pour que la poussière retombe, et que je puisse commencer à finaliser le processus. J’en suis fort heureux. J’entretiens une correspondance à intensité et fréquence complètement et totalement aléatoire avec Olivier, et il n’y a pas si longtemps que ça, il m’a dit « ton voyage pourrait facilement durer éternellement, en rajoutant deux mois de plus à chaque fois » et j’avoue que c’était un peu l’impression que j’avais. Après avoir pris mes distances avec les sources chaudes d’Umquat, j’ai pu commencer à réfléchir à tout ça. Les deux heures à admirer des artistes de feu grandioses, le soir de mon anniversaire, m’a aussi permis de passer pas mal de temps dans ma tête, et il semblerait que tout ça soit enfin en place, ou presque. Mon voyage est à nouveau planifié de façon assez réglée (même si je m’autorise à modifier tout ça sans préavis) jusqu’à mes retrouvailles avec le bus école et peut être Tassa à Big Bend. Après ça, je parlais de l’Arizona. J’ai décidé de ne plus parler de l’après Big Bend (ou de l’après Oregon, si je décide de ne pas aller aux sources chaudes). On sera déjà le premier novembre, et un mois pour traverser les États Unis, c’est pas mal la bonne durée. Alors peut être qu’après Big Bend, je vais rentrer directement sur Montréal, et garder l’Arizona pour une prochaine fois. Parce que c’est très clair que plus j’en parle, plus on m’en parle, et plus ça me fait envie. Enfin… tout cela est une autre histoire ! Pour le moment, l’Oregon m’attend. Après, on verra donc bien !