Archive for the ‘[Rocheuses Canadiennes]’ Category
Deuxième vrai sommet à vie
Et puis on se retrouve à nouveau sur un pierrier. Je recommence à sentir un peu les effets de l’altitude, du manque d’oxygène, mais aussi de la baisse de température. Je n’ai plus très chaud. Liz avait prévenu : la fin de Rundle est pas mal plus raide que la fin de Cascade. Elle a tout à fait raison. Je n’avance plus qu’à une allure d’escargot. Mais en même temps, je suis poussé par l’envie de franchir un autre sommet, un deuxième en deux jours, et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté de la crête. Je n’ai pas vraiment d’inquiétude quand à la descente, grâce à la journée d’hier. Je sais que ça se fera sans problème.
Les derniers mètres sont à la limite d’être désagréables. Je commence à avoir froid, et j’avance à une allure qui ferait paraître rapide les escargots. La couche de pierre recouvre une couche de petits graviers, dans un résultat pas mal très glissant, et pas nécessairement agréable quand il s’agit de monter. Et pourtant, je finirais par arriver en haut. Le plaisir est un peu moindre à cause du froid ; et puis la vue de Cascade, il faut le reconnaître, est plus belle. Ici, le point de vue est quand même magnifique. Et puis on voit très loin, encore une fois, même si c’est pas mal plus nuageux.
Je vois Louise, pas mal en arrière. Je décide de l’attendre en haut, même si le froid est vraiment désagréable. Il y a un petit muret de pierres, construit par les grimpeurs précédents. Je participe en rajoutant quelques cailloux, et surtout je l’utilise en me cachant derrière. Une ou deux fois, un rayon de soleil traverse les nuages, et je m’en abreuve autant que possible. Mais je frissonne, en espérant que Louise se dépêche d’arriver. Il me reste trois barres de céréales. J’en prends une, pour me rendre compte que ce n’est pas suffisant. Je peux très bien en prendre une deuxième, il m’en restera une troisième pour la descente. Très rapidement, je comprends que j’ai aussi besoin de la troisième. Le froid plus la fatigue sont assez redoutables !
Dragon’s back
Ça fait environ 40 minutes que je suis reparti quand le « dragon’s back » (« le dos du dragon ») apparaît devant moi. « Dragon’s back », le monde m’en a parlé un peu. Un passage étroit, avec une falaise de chaque côté, j’étais un peu inquiet par la perspective de devoir franchir ça. En même temps, tout en disant que c’était impressionnant, les gens surenchérissent en disant que ça se passe sans problème. Je confirme. C’est très beau, mais loin d’être aussi épeurant que ce que l’on m’avait laissé entendre. On longe la crête d’un contrefort rocheux tout en montant. Il est vrai que de chaque côté, ça tombe un peu raide, mais le chemin est toujours très large (plusieurs mètres). À un moment, il ne fait qu’un peu plus d’un mètre de large, mais le passage se franchit en quelques pas sans aucun problème.
On marche sur de la roche recouvert de petits gravillons. Une fois de plus, je bénie mes chaussures, et me répètent à quel point je les aime. Je monte sans le moindre, sans jamais glisser, en ne faisant quasiment pas bouger les petits cailloux. C’est du bonheur.
Sortir des arbres
S’en est fini du chemin en lacet ; en passe désormais sur un mode « tout droit vers en haut ». Ça monte quand même pas mal raide, mais en y allant lentement, c’est super agréable, d’autant plus qu’il y a pas mal d’arbres pour s’aider. J’ai le droit de temps en temps à quelques beaux panoramas, mais rien de semblable à la veille.
À force de grimper, la terre devient pierraille et les arbres disparaissent tranquillement. Il en reste encore quelques uns quand je me décide de m’arrêter pour attendre tout le monde. Le vent commence à se lever. Hier, je n’ai pas vraiment eut de problème, avec simplement un t-shirt léger. Ce matin, il faisait encore plus chaud, donc je ne me suis pas posé plus de questions pour les vêtements. Mais avec le vent qui se lève, je pourrais peut être finir par regretter de ne pas avoir un petit coupe vent léger. Je mange ma salade sur le même modèle que la veille. J’ai déjà mangé deux barres de céréales, et quitte à attendre, autant s’occuper. Louise me rejoint une dizaine de minutes plus tard. On attend encore autant de temps, avant qu’elle se décide à appeler Liz. Oui, les cellulaires captent parfaitement, aussi bien sur le Mont Cascade (même au sommet) que sur le Mont Rundle. Liz répond qu’elle est fatiguée et manque de motivation. Elle n’est pas sûre de tout faire ; on est mieux de ne pas l’attendre.
Je reprends donc l’ascension. En montagne, c’est toujours la même chose : je trouve beaucoup plus agréable de ne pas m’arrêter. Surtout que c’est la partie difficile qui s’annonce. On monte dans les pierres, et ça monte raide. Pas de gros éboulis, juste des petits cailloux.
Mont Rundle, le début
La première partie de la montée ressemble beaucoup à celle de veille. Un sentier, qui monte régulièrement entre les arbres. Sans grand intérêt donc. Avec mon rythme super tranquille, je dépasse assez rapidement les autres qui se sont arrêtés pour reprendre leur souffle. Je continue à ne pas vraiment comprendre cette méthode, qui est loin d’être confortable. Je les préviens que dans mon état, je préfère ne pas m’arrêter, et continuer à la même vitesse jusqu’au bout du monde.
Je finirais pourtant par faire une pause après un moment, ne voyant personne en arrière, alors que le chemin fait des lacets assez serrés. Louise me rattrapera après un certains temps, pour me dire qu’on aura juste à attendre Liz et Jeff à la limite des arbres. Je lui donne rendez-vous là bas également, et repars.
Le meilleur petit déjeuner de fast food que je n’ai jamais mangé !
Finalement, la journée ne commencera pas si tôt que ça. Liz ayant trop chaud dedans, est allée dormir dehors ; sauf qu’elle a raté le réveil. Enfin… on y gagne une heure de sommeil, c’est pas un mal ! Et puis Louise, de son côté, tarde un peu à arriver. Virginie prendra ça relaxe encore ce matin. On attendait tout le monde pour aller profiter du petit déjeuner gratuit, mais en fait, on est juste nous deux intéressés à y aller. On s’absente donc rapidement pour aller se nourrir. Je me dis que ça laissera le temps à tout le monde de finir de se préparer.
Un petit déjeuner gratuit chez Subway, ça ressemble à une sorte de pain bizarre avec une tranche de jambon, un morceau de fromage, pis des oeufs brouillés (ça donne vraiment l’impression qu’il n’y a que du blanc d’oeuf). J’ai récupéré le coupon de Liz, qui me permet d’avoir deux petits sandwichs. Et bien vous savez quoi ? C’est le meilleur petit déjeuner de fast food que je n’ai jamais mangé ! Certes, les mauvaises langues diront que c’est la première fois que je prends le petit déjeuner dans un fast food, et elles auront parfaitement raison. Mais je voulais tenter l’approche positive. L’approche honnête, c’est que je n’aurais pas payé plus de 25 sous pour ça. Comme c’est gratuit, c’est parfait, mais c’est insipide et sans le moindre intérêt. Et une chance que j’en ai pris deux, parce qu’un seul, je survivais pas.
J’abandonne Virginie une fois de plus, pour rejoindre Liz, Louise et Jeff. Finalement, j’aurais pu ne pas me presser, puisqu’il faut encore une bonne demi heure à Liz et Jeff pour se préparer. Je prends mon mal en patience. On a le concert de prévu ce soir, ça serait bien qu’on ne fasse pas tout à la course et qu’on ne parte pas trop tard. Enfin… on finira par se mettre en route, et à ne faire que deux arrêts sur le chemin. Le départ se fait du terrain de golf de Jasper. Liz confirme que la balade sera moins difficile que la veille. Tant mieux, parce que déjà là, je sens que j’ai les jambes raquées. Plus encore que la veille, je pars tranquillement. Liz et Jeff courent devant, Louise aussi, un peu en retrait.
Fin de journée avec douche en prime
Retour au van. Liz demande s’il a un nom. Je lui raconte donc toute l’histoire en arrière, toute ma théorie sur « pourquoi pas ». Elle accroche parfaitement là dessus. C’est étrange à quel point on peut ne pas sentir la fatigue parfois… par contre, quand elle mentionne son envie de dévorer un sous marin chez subway, je me découvre affamé également !
On récupère Virginie devant le second cup qui a fermé il y a quelques minutes, puis on se précipite chez Subway. Mon douze pouce au jambon disparaît lui aussi en quelques secondes à peine. On en profite pour apprendre que demain matin, le petit déjeuner est gratuit chez Subway. Petit déjeuner de fast-food, ça fait peur un peu, mais gratuit, ça se prend toujours !
Et puis la bonne nouvelle : ce soir, le proprio/colloc de Liz n’est pas là. Elle peut donc nous héberger sans problème. Et ça, ça veut aussi dire qu’on va pouvoir prendre une douche ! Aucun doute, on aime ça ! On s’installe pour la soirée. Jeff, le chum de Liz qui habite Edmonton, nous rejoint. Il sera de la partie demain pour Rundle. On discute encore un peu, rigole beaucoup, avant de finalement se mettre au lit. Demain. la journée commence tôt !
Nos amis les ours
Ne reste plus qu’une dernière étape : les sous bois jusqu’au parking. Le soleil commence à décliner. Louise a un spray au poivre anti-ours sur elle, et on passe notre temps à crier et chantonner pour bien indiquer notre présence. Sans doute plutôt sage et raisonnable… L’appareil photo rangé dans le sac, j’avance très bien, même si je déteste toujours autant ce genre de descente. J’accueille avec grand plaisir la petite rivière au fond de la vallée. On mange les 20 dernières minutes de montée comme si l’on n’avait rien fait d’autre aujourd’hui. Mes jambes me font mal un peu, mais je me sens en pleine forme. Mount Rundle demain ? J’imagine que ça le fera sans problème !
Sous l’arche de neige
S’il nous a fallut une bonne heure pour monter du banc de neige jusqu’au sommet, il nous faut même pas vingt minutes pour y revenir. Liz a envie de jouer un peu les aventurières. Je me sens pas très sécure à la regarder faire, mais je prends quand même quelques photos alors qu’elle va se promener sous l’arche.










































