Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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Tout démonter…

La musique terminée, on commence à tout démonter. Il faut que tout soit clean ce soir, la plus part des gens partant pendant la nuit. En fait, je découvre qu’on ne sera que trois au réveil demain matin. Ça va faire bizarre ! Tout étant démonté et bien rangé, une partie du camp va manger avec un autre groupe. J’hésite. Je me sens d’humeur pensive ce soir. Peut être que je tiens de mon père le fait de ne pas aimer les au revoir. J’ai énormément aimé la synergie entre tout ces gens. Le groupe était beau à voir, l’ambiance des plus agréables. Ça rentre dans la catégorie des expériences qui, une fois terminée, ne se renouvellera plus. Je reviendrais sans doute à Burning Man, je me joindrais peut être à nouveau à eux, je sais que je serais le bienvenu. Mais ça sera différent, forcément. J’aime ces expériences longues et intenses mais à usage unique. Ça fait du bien de les vivre ; en sachant que ça ne se reproduira pas, on les ressent avec d’autant plus d’intensité. Ça me fait penser à mon très récent voyage en Californie avec Fannie. Je savais parfaitement que la relation que l’on avait à ce moment là était temporaire ; que tout allait changer rentré à Montréal. Je me retrouve exactement dans le même état d’esprit. Je sais que je vais revoir Laura dans quelques jours. Il semblerait que je sois destiné à revoir Jane assez récemment aussi. Quand à mon plan de route, quand je l’étudie, il me semble parfaitement clair que Chicago sera sur mon chemin du retour. Après tout, je le dis déjà depuis que j’ai quitté la ville, ne serait-ce que pour reparler de livres avec Loni, et visiter ces places dont elle m’a parlé. Donc je reverrais pas mal tout ces gens à Chicago. Je ne sais pas, par contre, si j’y reverrais Kelly : elle part pour 5 mois en Nouvelle Zélande, à partir du 11 octobre. Après tout, je ne sais toujours pas si je rentre à Montréal pour ma fête, ou plus tard… je pensais trouver la solution à Burning Man… je pense que j’aurais la réponse dans les jours qui viennent. Parfois, remettre certains choix entre les mains d’autres personnes est une bonne solution.

Fanfare, Sangria et fruits séchés

Nos voisins les plus proches, juste en face, c’est une fanfare. C’est pratique : leurs répétitions viennent rythmer nos journées. En fait, on se retrouve presque tout le temps à prendre le dîner pendant qu’ils jouent. Ça permet de manger en musique avec, entre autre, quelques réinterprétations de la guerre des étoiles. Aujourd’hui, c’est jour de fête. Ils enchaînent les musiques, et tout le monde est invité à manger des fruits secs en buvant de la sangria. Du coup, il y a une folle ambiance quand Laura et moi arrivons au camp. Elle a déjà bien dansé, elle prend donc mon djembé pour en jouer un peu. J’en profite donc pour inverser les rôles, puisque moi je n’ai pas dansé du tout, et que je suis encore tout plein d’énergie. La sangria est divinement fraîche et fait un bien fou. Encore une fois, le coeur est à la fête. Encore une fois, tout se déroule dans la joie et la bonne humeur. Je danse un moment avec Jane, avant de l’informer de mes plans. Elle est contente de savoir que je viens à San Francisco. Moi aussi. D’ailleurs, si ça continue, la ville du Golden Gate va devenir ma résidence secondaire ! Trois fois en moins d’un an, je m’impressionne moi même ! La faute à cette côte ouest qui me fascine.

Laura

J’ai déjà vu Laura danser à quelques reprises, brièvement. J’étais occupé à danser moi aussi, alors je regardais pas trop. Mais là, pendant que je joue du djembé, je suis entièrement disponible pour l’admirer. Elle danse avec toute son âme, avec tout son corps, avec toute son énergie. Elle se laisse aller, sans aucun blocage, sans aucune limite. C’est sauvage et animal, mais en même temps emprunt de beauté et de sensualité. J’ai l’impression de ne jouer que pour elle, et ça me convient parfaitement. Aucune idée de combien de temps je jouerais ; ça fait un moment que j’ai mal aux mains, mais ça n’est pas bien grave. J’envisage de faire une pause quand elle vient me dire qu’elle rentre au camp. Ça me convient parfaitement de m’arrêter, alors je repars avec elle. Je la complimente sur sa façon de danser. Elle m’explique qu’elle a appris dans plusieurs pays d’Afrique différents. Ça paraît. Les personnes qui ont appris la danse africaine ont une façon unique de danser.

Elle m’avait un peu parlé, quelques jours plus tôt, de son programme pour les jours prochains : elle s’en va en Oregon retrouver sa copine qui travaille à Portland en ce moment. Du coup, on reparle un peu de ça. Parce que moi, mes plans sont toujours indécis. L’Oregon semble avoir remporté le match, mais j’ai encore quelques hésitations sur le chemin à prendre pour m’y rendre. Elle me dit qu’elle n’a qu’une semaine, et qu’elle sera à San Francisco à partir du 11. J’aime bien Laura. Elle déborde de sincérité, elle me paraît être totalement et complètement honnête, naturelle. J’ai l’impression que si elle disait un mensonge, elle prendrait feu. Depuis que je suis parti, je répète que mon voyage se construit au fur et à mesure des rencontres et des gens. Je sais maintenant où je vais : il faut que je sois à San Francisco le 11. Ça me convient parfaitement. Je reverrais Jane et Laura. Ça permettra de faire durer un peu plus longtemps le plaisir des nouvelles rencontres.

Mon hésitation était due à la proximité du parc Yosemite. Comme je le disais pas mal plus tôt, j’ai une revanche que j’ai envie de prendre sur le Half Dome. Je me disais que la Cable Route avec un tout petit sac serait sûrement beaucoup plus facile et moins désagréable. Je m’imaginais faire la randonnée avec un Camel Back et beaucoup de barre de céréales. Hors, j’ai trouvé un Camel Back… et puis il y a le levé de soleil sur Mono Lake, que je n’ai pas pris en photo la dernière fois. Je regarde une carte. Vu mon état de propreté, j’aurais besoin d’une rivière ou d’un lac. Me semble que ça serait beaucoup mieux qu’une douche. La carte me montre le Lac Tahoe, à 50 kilomètres de Reno. J’en ai entendu parlé comme étant un endroit assez beau. Jane me confirme. Voilà. C’est fait. Je sais où je dormirais demain. Une fois de plus, je regarde mon voyage se construire tout seul. Une fois de plus, j’aime vraiment ça.

Le début d’une nouvelle journée

J’ai encore plus faim, alors je rentre au camp préparer quelques pains perdus. Rufus et Kelly sont déjà réveillés. Ils me tiennent compagnie pendant que je cuisine. Je fais aussi chauffer du lait pour le chocolat chaud. Je suis extrêmement (et positivement) surpris par la qualité du lait en poudre que j’ai acheté. Celui-ci est vraiment bon, et fait d’excellents chocolats chauds.

Les gens se réveillent les uns après les autres. On partage nos expériences, nos sentiments vis à vis de la veille. Première fois pour beaucoup d’entre nous, assurément pas la dernière pour aucun. Revenir l’année prochaine ? Maintenant que je sais de quoi il en retourne, maintenant que je sais à quoi m’attendre, c’est loin d’être impossible ! Mon banquier frémit déjà.

Je viens de passer une nuit blanche ; ça faisait longtemps ; j’aime toujours autant ça, ce sentiment de continuité. Voir le soleil se lever donne un surplus d’énergie vraiment intense. Je suis fatigué, un peu, mais je n’ai pas envie d’aller me coucher. À peu prêt tout le monde prévoit de partir cette nuit, après la mise à feu du temple. Alors j’essaie de profiter au maximum de la présence de tout le monde.

Le temps passe tranquillement. J’essaie de trouver la fille du temple d’hier au soir, mais malheureusement sans succès. Je regrette un peu. J’ai juste un truc à mon emploi du temps du jour. Après tout, on est dimanche. Et le dimanche, c’est tamtam, non ? Un peu loin pour aller jusqu’au Mont Royal ; à la place, j’irais au rassemblement prévu autour du temple, pour un dernier hommage. Cercles de djembé. Je suis accompagné par Jane, Rufus et Laura. Je m’assoie par terre et commence à jouer.

Traces

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Dernier hommage

À la place, je rentre au camp, finaliser mon exposition éphémère. J’imprime la dernière photo manquante, l’ajoute sur une planche que j’ai trouvé, et amène tout ça au temple. Je la dépose cinq minutes avant qu’ils ferment l’accès. Du coup, j’avoue que je regrette un peu. J’aurais aimé que plus de gens puissent voir les photos. Tant pis…

Dernier levé de soleil

Je m’installe. Je suis loin d’être le seul à avoir eut cette idée. Une fois de plus, tout le monde converge. Le temple devient un point de ralliement pour cette dernière journée. Au loin, derrière moi, les restes de Man brûlent toujours. Le soleil est beaucoup plus long que je pensais à se lever. Il y a, évidemment, de la musique qui joue. Parfaite pour danser. L’ambiance est extrêmement particulière. Le levé de soleil est magnifique. Riche en intensité et en émotion. Moi qui ne suis pourtant pas très porté « spiritualité », j’ai vraiment l’impression de vivre une semaine extrêmement intense à ce niveau là. Je ne m’y attendais pas du tout, et j’en suis particulièrement surpris.

La dernière nuit du temple

Mais là, la foule n’ayant que bien peu d’énergie, je continue mon chemin. Un deuxième endroit, guère mieux. Je me retrouve alors à me diriger vers le temple. Ce sera sa dernière nuit. J’y reste un moment. Il y a une fille perdue dans se pensées. Je prends quelques photos discrètement, avant d’aller lui parler et lui demander où je peux la trouver. J’espère pouvoir lui donner un cadre. J’aime beaucoup cette photo. Je Repars. Je rentre tranquillement vers le temple, m’arrêtant de temps en temps, déambulant à un rythme complètement erratique.

Vampire énergétique

Je ne resterais pas longtemps. La musique n’est pas si pire pour danser, mais c’est de la techno. Et sur la techno, il semblerait que les gens ne bougent pas. Étrange. C’est quand même pas loin d’être aussi intense que le dubstep par moment. Pourtant, les gens restent avec leurs deux jambes collées à terre. Ça me permet de découvrir qu’à priori je puise une partie de mon énergie dans les gens autour de moi quand je danse. Plus il y a de monde en train de danser, plus il y a de gens plein d’énergies, plus j’en ai. J’ai déjà noté mon côté caméléon à de nombreux niveaux. Je l’avais entre aperçu une ou deux fois pour ce qui est de l’énergie ; il faudra très clairement que je regarde ça de plus prêt : quelle quantité d’énergie une foule est elle capable de me donner ? La réponse est très probablement « beaucoup ».

Transports en communs aléatoires

L’ambiance est plus festive que jamais, alors que l’on revient en marchant. Les gens dansent, font la fête, un peu partout. Comme la veille, pour la mise à feu de Metropolis, les véhicules mutants se sont regroupés. C’est donc un effroyable chaos de musique, de lumières, de bruits. Et là encore, je suis surpris ; autant à Las Vegas tout cela était beaucoup trop, autant là, ça me paraît tout à fait normal, et j’aime ça.

On retrouve quelques autres personnes au camp, avec qui on restera un moment à discuter. Finalement, Kelly est pas mal fatigué : elle a été malade les deux jours précédents, et semble vraiment avoir du mal à s’en remettre. Plus trop sûre de vouloir aller danser, on décide quand même d’aller se promener. Chris nous accompagne. On attrape un véhicule mutant, et on embarque. C’est la première fois que je le fais. Je regrette presque de ne pas l’avoir fait plus tôt. La plupart des véhicule mutants tournent en rond un peu partout, généralement entre un certains nombre de points d’intérêts. On embarque et on débarque quand on veut. Ces véhicules, artistiquement décorés pour la plus tard, créent un véritable système de transport en commun dans la ville. Système de transport en commun qu’il a ce détail particulier : on ne sait jamais trop où on va finir par se retrouver. Enfin… il semblerait que certains véhicules gardent pas mal le même parcours. Donc peut être après quelques semaines peut on apprendre à se retrouver dans tout ça. Mais bon, je ne m’en cache pas : l’aléatoire, ça me plaît. Du coup, je trouve ce moyen de déplacement des plus intéressants. On regarde, on visite, on discute, on observe. Ça a aussi un petit côté « bus touristique » avec les commentaires stupides en moins. Et puis à un moment on passe à un endroit où la musique me paraît pas mal. Kelly décide finalement d’aller se coucher. Je débarquerais donc (descendre d’un véhicule qui roule, avec des bottes plateformes et une cape qui va jusqu’au sol est une expérience que je vous conseille à tous d’essayer une fois dans votre vie) pour me diriger vers la scène où il y a de la musique.