Bye Bye Mowgly !
Je suis réveillé le lendemain matin – trop tôt à mon goût – par un camion qui arrive et qui manoeuvre. Il a par contre la bienséance de ne pas me tirer dessus. Le chauffeur, par contre, averti tout le monde que l’on ne devrait pas être ici, et nous demande de partir rapidement. J’ai réalisé la veille au soir que ma stratégie de jouer les touristes perdus en cas de problèmes avec mon lieu de couchage ne peut pas vraiment marcher quand je suis accompagné d’autochtone. J’avais pris la résolution la veille, en me demandant pourquoi je ne l’avais pas fait plus tôt, de toujours quitter les endroits où je dors en les laissant plus propres que quand je suis arrivé. Jusqu’à présent, je me suis toujours contenté d’un « leave no trace » que je maîtrise parfaitement. Rien ne sort du van, pas même des eaux usés (même si c’est un peu complexe à gérer). Mais il me semble que ramasser en plus une partie des ordures qui traînent quasiment absolument partout pourrait être une façon de compenser tout les campings que je ne paie pas. En tout cas, l’idée me plaît, et je fais donc un petit tour rapide des environs avant que l’on reprenne la route.
Je dépose Josh et Karly juste après, dans un endroit qu’ils trouvent à priori efficace pour faire du stop. J’ai eut une autre idée la veille au soir. Là encore, je ne comprends pas pourquoi je ne l’ai pas eut plus tôt, et en l’occurrence, je le regrette. Je demande à Josh et Karly si je peux faire une photo d’eux avant de partir. En faisant ça, je réalise toutes ces personnes croisées, que je n’ai pas prises en photo… je trouve vraiment ça dommage.
On s’arrête un tout petit peu après pour prendre le petit déjeuner. Mowgly hésite sur la suite de son itinéraire. À priori, j’ai prévu de mon côté d’être à Arcata en fin de journée, et il sait depuis San Francisco qu’il peut rester avec moi jusque là. Et puis finalement, il se décide. À la place, il va rejoindre la côte. On a passé il y a un ou deux kilomètres la route qui rejoignait Fort Bragg. Je fais donc demi tour, pour le déposer au début du chemin. Retrouver ma tranquillité et ma solitude me fait du bien ; et puis ça aide de savoir que je peux le revoir bientôt. Peut être. Après tout, comme je lui dis, il reste prêt de trois semaines d’ici à Halloween, alors je pourrais éventuellement m’inventer de nombreux autres plans d’ici là. Maintenant, au moins, je sais que je n’oublierais plus de prendre des photos !
Ce qui me permet, en même temps, de vous présenter Dog, le compagnon de route de Mowgly.
Je reprends la route, et avance tranquillement. Je suis à un peu plus de 200 kilomètres de Arcata. Ça ne sera donc pas une très grosse étape à priori. Je fais juste une petite pause à une aire de repos sans grand intérêt avant de finalement arriver à la jonction avec la « 1 » et de me retrouver à nouveau en terre connue. Ça, ça veut aussi dire que je vais pouvoir refaire « Avenue of the giants », la route qui se balade entre les boisés d’arbres géants. Ça me plaît bien. D’ailleurs, plus j’y pense et plus l’idée de dormir au milieu des Redwoods me plaît. Arcata pourra très bien m’attendre. J’essaie, en allant là bas, de forcer le hasard, donc autant mettre toutes les chances de mon côté en rajoutant un comportement aléatoire ! Ça me plaît bien.
Ça ne fait vraiment pas longtemps que j’étais déjà là, et les souvenirs reviennent donc assez facilement. Quand je revois cette petite route abandonnée qui m’avait fait hésité la première fois, je ne doute pas au deuxième passage. Je gare le van, et vais explorer tranquillement à pied ce qui était sans doute l’ancien tracé de la 101.
Un tout petit peu après, une autre chose qui m’avait grandement intrigué la première fois « la colline de la confusion ». Aucune idée de ce que c’est, mais ça m’intrigue. J’ai tout mon temps, je m’arrête donc pour jeter un oeil. Une petite boutique de souvenirs, trois mini constructions, un totem. Je ne comprends pas vraiment… et puis il y a un article de journal, qui explique qu’ici, la gravité semble être différente, et que l’on ne sait pas pourquoi. Une série de questions réponses, également. Est-ce un canular ? « c’est à vous de décider ». Bref, pour seulement 5 $, je décide de me faire arnaquer. La madame à l’accueil me dit qu’il y a 10 expositions, et que pour certaines d’entre elles, c’est mieux d’être deux. Je lui dis que c’est pas grave, je me débrouillerais tout seul.
Pas facile d’expliquer exactement de quoi il en retourne. En gros, vous avez une maison complètement tortue dans tout les sens, et on vous fait faire des expériences pour vous convaincre que la gravité se comporte étrangement dans le coin. Je regarde, j’observe, je contemple, et je ressens. En effet, l’eau semble couler vers le haut. Tout comme la balle de golf, qui remonte la pente. Et quand je m’accroche à la barre, j’ai très clairement l’impression que mes jambes ne tombent pas à la verticale. Et puis marcher là dedans, on passe son temps à rechercher son équilibre, parce qu’il y a quelque chose qui ne marche pas. Bon, évidemment, mon cerveau rationnel sait que tout est question de trompe l’oeil et de point de vue. Je pends verticalement à la barre, mais tout étant tordu autour de moi, j’ai vraiment l’impression de ne pas aller dans la bonne direction. Il n’y a pas d’énorme météorite qui se soit écraser dans le coin, perturbant le champ de gravité terrestre. Il n’empêche que, en effet, évoluer dans cet endroit est très confondant et désorientant et que je m’amuse bien pendant le quart d’heure que je passerais là dedans.
Je retrouve l’Avenue des Géants peu après, à ma grande joie. Dans ma tête, je visualisais parfaitement l’endroit où j’allais passer la nuit. Je ne visualiser par contre pas du tout le panneau « camping interdit », qui ne figurait pas dans mes souvenirs. Je regarde le compteur de kilomètres. J’ai eut le temps de parcourir 3000 kilomètres depuis la dernière fois… ça passe vraiment vite ! Bon, j’ai fait une jolie boucle en Oregon, et un aller retour longue distance à San Francisco, qui a quand même beaucoup aidé…
Je reste un moment dans le van, simplement à lire à l’ombre des arbres, parce que je veux essayer de téléphoner à Brigitte et que j’ai repéré un téléphone pas très loin. Mais quand il est finalement temps d’appeler, j’ai juste le répondeur, et je reprends la route, à la recherche d’un endroit où dormir. Il y a un panneau « camping interdit » à chaque endroit inspirant, et c’est limite un peu irritant. Je roulerais finalement jusqu’à « Founder Grove » (là où je m’étais arrêté pour observer un arbre de 105,46 mètres). La route continue un peu après. Il y a un emplacement un peu plus grand qu’une simple place de parking, et je ne suis plus sur la route principale. Il n’y a pas de panneau. Je suis sous les arbres. Je n’ai pas envie de rouler plus. Je vais donc m’essayer ici pour la nuit. À un moment dans la soirée, avant qu’il fasse complètement noir, une voiture de police passe, puis repasse, sans s’arrêter, sans poser de question. Je ne prends pas spécialement ça comme une autorisation, mais je me dis qu’au moins, ils ne sont pas venu me demander de partir. En même temps, il était en effet encore tôt. Enfin… on verra bien. Moi, je me replonge dans mon livre, que j’avais à nouveau bien avancé un peu plus tôt. Je lui règle son sort. Ça fait du bien ! Un petit peu d’ordinateur histoire de remettre le blog à jour, d’avancer un ou deux autre projet, et puis il est temps d’attaquer le livre numéro 9. En espérant faire de beaux dodos !












