Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Le presque bout du monde


Arrivé à Honeydew, juste après le pont, c’est donc à droite. Là, vous continuez pendant une vingtaine de kilomètres. Quand vous pensez être arrivés, vous tournez à gauche, et continuez encore une dizaine de kilomètres. Rendu à la plage, vous pouvez vous garer.

Je reste un long moment à admirer les vagues. L’océan, aujourd’hui, est magnifique !

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Le plein ?


La journée commencera relativement tôt ce matin, par quelqu’un qui frappe à la fenêtre du van. Ça non plus on ne me l’avait pas encore fait. Bon, au moins ça répond à mon interrogation d’hier au soir. Je suis sur un camping, en autoperception. Et j’ai pas autoperceptionner. Et le monsieur qui toc à la fenêtre aimerait bien que je paie le camping. 8$ ? J’ai pas la monnaie, mais lui il l’a. Je paie. Je n’arriverais pas à me rendormir. À la place, je tourne un peu dans mon lit, savourant le fait que si j’ai envie de prendre mon temps, bin je peux prendre mon temps. En plus, après tout, on est dimanche, non ? Je lis un chapitre de mon livre histoire de me réveiller tranquillement. C’est fou… même à la 43e lecture, même en anglais, je suis toujours aussi fan de David Eddings ! Étrangement, pourtant, alors que je me replonge une fois de plus avec le même délice dans la Belgariade et la Malorée, cette nuit c’est à Ténébreuse que j’ai rêvé ! Une vision de Ténébreuse très influencé par James Cameron et Avatar d’ailleurs. Étrange…

Bref… je prends mon petit déjeuner céréalier, bien confortablement sur le fauteuil arrière. Au moment de partir, je découvre que l’emplacement de camping était de seulement 3$. Ai-je eut une amande de 5$ sans le savoir, ou est ce que le monsieur va boire une bière à ma santé ce soir, aucune idée !

Je reprends à nouveau la route d’où je viens, et qui me ramène à la mini station service. En passant, j’ai confirmation que j’avais raison hier soir. Je ne m’étais pas embarqué sur la bonne route. Comme quoi, mon instinct n’est pas si mauvais que ça !

Quatre dollars le galon, ça fait 1.05 $ le litre. C’est le prix que j’ai l’habitude de payer au Canada, et ça ferait sûrement rêver des européens. Mais aux États Unis, j’ai l’habitude de payer l’essence entre 2,75 et 3,35 le galon. Alors évidemment, dans ce temps là, ça paraît beaucoup plus cher. Alors non, ça ne sera pas un plein. Juste un petit 20$ dans le réservoir, en attendant de retrouver la civilisation !

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Vers le bout du monde !


Il y a un endroit, sur la carte, que j’ai repéré avant même de quitter Montréal. Je vous raconterais pourquoi, si je le rejoins à un moment… parce que si ma première tentative n’a pas échoué, elle a failli être grandement compromise. En tout cas, elle a été retardé d’une journée.

J’aurais pu continuer le long de l’Avenue des Géants. Il me semble que je pourrais rouler pendant des heures entre ces troncs gigantesques sans jamais me lasser. En fait, je pourrais encore plus facilement m’arrêter et regarder en l’air pendant des heures sans jamais me lasser. Pourtant, plutôt que de continuer vers le nord en suivant la route, je prends une bifurcation qui m’amène vers l’ouest. D’après mon Atlas qui sait tout, je me dirige présentement vers Honeydew, avec l’intention de continuer ensuite vers Petrolia.

C’est quand ça fait un petit moment que je roule que je regarde l’aiguille de l’essence. Tiens, ça faisait longtemps que j’avais pas joué à me faire peur avec une potentielle panne sèche… la route tourne dans tout les sens, montant une montagne qui n’en finit plus. J’ai confiance au Pourquoi Pas ? pour être capable de tenir encore un moment. Par contre, quand je reregarde la taille du point désignant Honeydew sur la carte, je commence à avoir moins confiance. Et puis ce n’est pas de la ligne droite à 80 kmh que je fais. C’est de la route de montagne en lacet… ça me paraît consommer pas mal plus… Honeydew se fait attendre… mais j’y arriverais finalement. Enfin… c’est ce que je crois comprendre. Je traverse un mini pont, tout en longueur. Juste après, il y a une épicerie qui fait aussi station service (avec une seule pompe). Il est 17h10. Le tout ferme, évidemment, à 17h. J’hésite, je regarde, mais il n’y a personne. Je reprends donc la route, me disant que peut être la ville d’après m’apportera de l’essence.

Je roule un moment, attaque une côte un peu raide, puis encore un peu plus raide. Le goudron disparaît. Je suis en train de me demander où je m’en vais, et à quoi je suis en train de jouer. L’essence à la ville d’après, s’il y en a, sera tout aussi fermé. Et si je tombe en panne dans un endroit comme ça, c’est une joyeuse galère assurée. Certes, j’ai un vélo pour aller à la prochaine station service, mais si je pouvais éviter… un éclair de lucidité frappe mon cerveau. Après tout, j’ai tout mon temps. Et puis j’ai un doute d’être sur la bonne route ! Je fais donc demi tour. Il est 17h30 quand je gare Pourquoi Pas ? dans ce que je n’arrive pas à identifier comme une zone de pique-nique ou un terrain de camping. Demain, j’irais faire le plein, et j’irais demander ma route. Pour ce soir, je vais prendre ça tranquille, et dormir au presque bout du monde.

Je passe un moment à me pratiquer à jongler, avec les quilles et avec les balles. Ça faisait longtemps, et je me rends compte que ça me manquait. Ça détend, ça relaxe. Il faut que je pense à m’arrêter plus tôt ! Et puis je me pose avec mon livre. Je tombe dedans, et n’en sors plus. Il est relativement tard quand je le referme. Fini. J’aurais peut être du acheter plus de deux livres à Berkeley. Je passe un peu de temps sur l’ordinateur, regarde un peu la carte, me demande où je vais aller demain. Je lis encore un peu, et puis je me décide finalement à me coucher. On verra bien demain ce que demain a à m’apporter !

Toujours en vie


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Tant de choses à voir !


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Founder Tree


Un peu plus loin sur la route, après un certains nombre de petits boisés (oui, je cherche toujours une traduction intéressante pour « grove »), un panneau indique « founder grove ». J’hésite un peu, puis je vais jeter un oeil. Un parking, un départ de balade, un panneau m’annonçant la présence de « founder tree » à 10 minutes à pied. Rien de plus précis. Je commence donc à marcher, puis je le vois. Je le repère de loin, pourtant il ne paraît pas beaucoup plus haut que les autres. Toujours est il qu’il est là, Founder Tree. Il nous admire du haut de ses 105,46 mètres. Oui, c’est haut. C’est très haut même. Ça prend du temps au regard, en partant d’en bas, à se rendre jusqu’en haut. 3,8 m de diamètre, soit un peu plus de 12m de circonférence. Et la première branche à prêt de 60 mètres. C’est vrai qu’elle est loin !

[Oui, c’est un panoramique vertical, que vous pourrez voir en beaucoup plus grand si vous cliquez dessus]

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Dans le même coin, il y en a un autre, encore plus grand, mais qui est tombé en 1991. Pourtant, il est encore là. Voir un de ces géants au sol (il y en a quand même pas mal dans le coin) permet vraiment de réaliser la taille. Parce qu’en regardant en l’air, à un moment, on se perd un peu. À côté de l’un de ceux qui sont tombés, je reste un moment à contempler un spécimen d’écorce. Peut on vraiment parler d’écorce quand on fait plus de 10 cm d’épaisseur, et que l’on est aussi rigide qu’une planche ? Techniqualement, oui. Pratiquement…

Les arbres maisons


En plus de l’arbre tunnel, l’endroit où je me suis arrêté offre la possibilité de visiter deux arbres maisons. Les deux sont taillés à même une seule souche d’arbre, qui est toujours enracinée. Celle de gauche, que l’on voit moins bien, et sur un seul étage mais celle de droite, avec son toit pointu, est sur deux étages. L’escalier (qui convient plus à un enfant qu’à un adulte) est lui aussi sculpté d’une seule pièce dans l’arbre. Seul le plancher de l’étage est « ajouté ». C’est mignon tout plein !

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L’arbre tunnel


Un tit clic pour une version plus grande.

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Pour son 150 000e kilomètres, Pourquoi Pas ? rentre dans un arbre !


Pourquoi Pas ? trouve l’endroit magnifique lui aussi. Il décide d’ailleurs que c’est l’emplacement parfait pour fêter son 150000e kilomètre !

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Toujours aussi fiable, toujours aussi bon rouleur, même si la route des derniers jours le fait slalomer, monter, descendre, très souvent. Pour le remercier, je décide donc quelques kilomètres plus loin de lui offrir un cadeau d’anniversaire digne de lui !

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Un peu inquiet, malgré l’assurance du gars à l’entrée. Mais oui, en effet, il y a bien la place pour faire passer un Dodge Cargovan 1990 aménagé en campeur dans un arbre. Expérience hors du commun, je confirme, mais extrêmement amusante. Je me suis retrouvé à rire tout seul en traversant mon arbre tunnel. On commence à avancer. On s’arrête. On rentre les rétroviseurs. On lève les yeux. On recommence à avancer. Et puis à l’intérieur, il y a même la place pour qu’on se glisse en dehors de la voiture, histoire de prendre quelques photos. Particulier, mais vraiment amusant donc !

L’Avenue des Géants


La 101, en effet, est exactement comme je m’y attendais. Une route conçue pour aller vite. Et j’avoue que pendant 15 minutes, ça fait du bien. Le paysage est beau, j’en profite… mais en même temps, il me semble qu’il manque un petit quelque chose. Ça me plaît, en fait, d’avancer tout pas vite et de prendre mon temps. L’Atlas annonce que j’approche de l’Avenue des Géants. Je ne sais pas exactement ce que c’est, mais j’ai de fortes présomptions. Si le centre de la Californie est le royaume des séquoïas géants, le nord, lui, laisse la place à des cousins : les Redwoods (dont il faudra que je cherche la traduction exacte). Si vous vous souvenez bien, les séquoïas, c’est les plus gros du monde en terme de volume. Les redwoods, eux, sont les arbres les plus grands. Cent mètres n’est pas nécessairement exceptionnel, et le plus haut dépasse les 130. Beaucoup plus « maigres » que son cousin séquoïas, par contre, ils ont une allure beaucoup plus élancés, ce qui leur confère une beauté qui leur est propre. Je découvre rapidement que l’Avenue des Géants c’est une route parallèle à la 101, qui traverse de nombreuses « grove ». Encore un mot qui vient me perturber, car si j’en comprends parfaitement la signification anglaise, je ne lui connais pas d’équivalent français. Concept mélangeant « vallon », « havre », « berceau », ça désigne en général un endroit où l’on trouve beaucoup d’arbres de la même espèce ; ici, donc, des Redwoods. Sauf erreur de ma part, il y a également le terme de « cove » qui désigne plus ou moins la même chose, mais avec une légère subtile différence. Là aussi, il va falloir que je me décide par élucider ce mystère.

Toujours est il que devant la promesse de quarante kilomètres au milieu des géants, je n’hésite pas longtemps. Je quitte l’autoroute, et m’engage dans un chemin plus lent, et beaucoup plus tortueux. Et surtout, grandiose. Les forêts de redwood s’enchaînent les unes après les autres, arbres géants après arbres géants. La beauté de la chose, c’est que ce n’est pas la route qui décide où elle passe, mais bien les arbres qui dictent à la route son chemin. Les petits arbres n’ont pas vraiment eut leurs mots à dire. Mais les gros, par contre, on ne les coupe pas. On les contourne. Parfois, le goudron va jusqu’au pied des géants. D’ailleurs, à certaines reprises, les géants débordent même un peu sur la route. Des réflecteurs sont là pour prévenir les automobiles. Certains arbres portent quelques marques. Automobilistes passant un peu trop prêt.

Je m’arrête dans une des nombreuses mini forêt, histoire de m’offrir quelques pas dans la nature. Je suis sans voix. En fait, je trouve ça encore plus magnifique que les séquoïas géants de Yosemite. Les arbres sont moins imposants, certes, mais beaucoup plus serrés, créant un véritable petit cocon de bien être et de bonheur. On ne peut pas ne pas se sentir bien au milieu de tout ça, avec des arbres à perte de vue, et la canopée, loin, là haut. Si haut…

Comme leurs cousins, les redwoods ne craignent pas la pourriture, et sont relativement insensible aux feux de forêts. On retrouve donc beaucoup d’arbres avec des cicatrices qui ressemblent plus à des grottes qu’autre chose. Les premiers colons les appelaient « goose pen » (enclos aux oies) exactement pour ce que ça veut dire. Il les utilisait pour garder leurs oies. Ils servaient parfois aussi d’abris. J’en remarque très clairement plusieurs dans lesquels il est tout à fait possible de dormir. À trois ou quatre, sans être serrés le moins du monde.

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