La ville fantome
Au point de vue sur le lac, il y a un panneau d’information sur les choses à voir dans les environs. Dans la liste se trouve la ville fantôme de Bodie, qui a connu son apogée à l’époque des chercheurs d’or. Il y a eut jusqu’à 10 000 habitants au plus haut de l’activité de la ville. Et puis finalement, les mines ont périclité, un incendie à rajouter une deuxième couche, et aujourd’hui il ne reste plus grand chose. J’ai dépassé le carrefour une dizaine de kilomètres plus loin sans m’en rendre compte. Je fais donc demi tour, histoire de revenir sur mes pas, et prendre une petite bifurcation qui m’emmènera au milieu de nul part. 12 kilomètres de route asphaltée, puis 5 de route en gravel et dans un sale état. Moi qui pensait avoir finit de maltraité Pourquoi Pas ?, il semblerait que ce ne soit pas son jour. Le pauvre !
Mono Lake, mais de loin
La route est rendue en 2×2 voies. Ça avance tout seul, et pour me faire pardonner du traitement que je lui ai infligé, je laisse Pourquoi Pas ? se faire un peu plaisir. Pour une fois, je ne retiens pas la bride, et il en profite. Ça fait du bien de le voir aller aussi bien ! Mono Lake approche… Mono Lake apparaît soudain droit devant. Loin. Mais j’ai un magnifique point de vue où m’arrêter pour le voir.
Voilà une nouvelle connexion de faite… après avoir rejoint mon premier voyage en Colombie Britannique, voilà que je rejoins mon voyage avec Fannie. C’est amusant de tracer cette ligne qui rejoint tout ces points…

La 395
Plus j’y pense, et plus je trouve que la 395 est la plus belle route que je n’ai jamais prise, avec ses montagnes désertiques d’un côté, enneigées de l’autre. Elle longe la Sierra Nevada, un des nombreux murs des rocheuses… je suis pas mal content de la retrouver, un peu plus au nord que là où je l’avais découverte avec Fannie, il y a à peine trois mois… je la découvre en pointillés… chaque petit bout est magnifique. Et puis il suffit de s’éloigner d’elle de quelques kilomètres pour arriver sur d’autres paysages à couper le souffle. Le lac Tahoe, Monitor Pass, Yosemite ou encore la Death Valley… je suis assurément dans une de mes régions préférées du globe. Pour ce que ça vaut, vu le peu que j’en connais…
Encore un peu de 4×4
Du haut de ma tour, j’ai repéré les différents petits chemins qui se baladent dans le petit plateau en bas. Ça m’a donné envie de retourner voir de plus proche. Du coup, je rembarque une fois de plus dans des chemins de terre avec des gros cailloux. Disons que si y a un morceau fragile qui doit casser sur Pourquoi Pas ? ça risque de se faire aujourd’hui… mais à priori, ça ne se fait pas. Tant mieux, je ne m’en plaindrais pas ! Par contre, je n’ose pas trop m’aventurer, finalement, car je doute de l’intérêt des lieux. Enfin, j’aurais quand même jeter un coup d’oeil.
Monitor Pass
Pas besoin de continuer beaucoup plus loin pour que je sois à nouveau saisi par une envie de m’arrêter. Juste après avoir quitté le lac, on passe le col de Monitor. Grand plateau aride, magnifique, comme tout les paysages par ici. Mais tout au bout, je repère surtout le petit sommet, et sa tour tout en haut. Et puis surtout, la route qui semble aller jusqu’en haut. Il est temps de tester les capacités de 4×4 du Pourquoi Pas ? ! Ça monte un peu raide, pis surtout c’est beaucoup de gros cailloux. Pourtant, comme d’habitude, je fais confiance à ce magnifique véhicule. Il monte, sans rechigner. Il franchit les pierres sans se poser de questions. Je me sens un peu mal pour lui ; lui faire faire ça, à son âge. Mais en même temps, continuer de faire un peu d’exercice, ça garde en forme, non ? Il monte tout cela sagement, sans jamais racler le sol, sans jamais se plaindre. Juste avant la fin, une petite barrière nous indique sagement qu’il ne faut pas aller plus loin. Je gare Pourquoi Pas ?, sort le vélo, et parcours les derniers mètres à la force des mollets. Disons que ça en valait la peine ! On peut même monter sur la tour… pas sûr d’être totalement autorisé à le faire, mais bon, j’en profite quand même un peu. Je repère un peu les environs, d’où je viens, où je vais, qui je suis, tout ça tout ça.
Heenan Lake
Je reprends de nouveau la route. Ce qui est bien, c’est qu’à priori, j’ai absolument tout mon temps. J’ai trois-quatre heures de route à faire pour être à Mono Lake, et il semblerait que le contrat sur lequel je devais travailler aujourd’hui soit retardé pour le moment. Bref, aucun stress, tout va bien. Du coup, quand je vois le petit lac sur le bord de la route, et la petite cabane, sur le lac, je me dis que je n’ai pas le choix de m’arrêter faire quelques photos. Au début, ça ne devait être que ça. Une pause photo. Mais ce lac est vraiment magnifique. Et puis il y a l’air d’y avoir un chemin très carrossable qui en fait le tour. C’est là où mon cerveau me rappelle que je me trimbale un vélo dans le van depuis quelques jours maintenant. Autant qu’il serve à quelque chose !
Je retourne au Pourquoi Pas ? et repart avec des grandes roues, histoire de varier un peu les plaisirs. Le chemin est très carrossable au début ; mais disparaît à un moment. C’est pas grave, mon vélo est un tout terrain après tout, non ? Alors je passe un peu par tout les terrains, histoire de faire le tour du lac. Sauf que… je n’ai pas changé : j’ai toujours envie d’aller voir ce qui se cache derrière la colline là bas. Et au bout du lac, il y a une petite vallée qui commence. Dans la petite vallée, une petite maison. Je suis en vélo, ça permet de se déplacer beaucoup plus vite, et d’aller beaucoup plus loin. C’est parfait ! Je fais un détour par la petite maison abandonnée, avant de revenir vers le lac, dont je finis le tour. Belle petite balade non prévue, points de vue magnifique, le vélo est utile, la vie est belle, comme d’habitude !
La pause chantier
Un peu plus loin sur la route, il y a un panneau « chantier, préparez vous à des délais ». Ça faisait longtemps que je n’en avais pas vu… faut dire qu’ils ont décidé de remettre les États Unis au travail, alors ils sont en train de refaire toutes les routes. Deux fois plutôt qu’une pour être sûr.
En arrivant, petite pensée amusée : « de toutes façons, c’est pas grave si y a un délais, je suis pas pressé, le paysage est magnifique, pis j’ai faim ». Au moment où j’arrive au monsieur qui fait la circulation avec son panneau stop, celui-ci vient me voir et m’annonce un dix minutes d’attente. Bon, bin c’est parfait. Mes pensées prennent effet de plus en plus souvent. Ça me convient. Je coupe le contact, fait un petit tour photo des lieux, et mange mon restant de pattes de la veille.
Les pêcheurs qui ne pêchent pas
Je ne roule pas depuis longtemps quand je fais ma première pause, juste après un petit pont. En fait, c’est là où j’ai décidé de faire demi tour hier. Je m’arrête à nouveau, parce que le paysage est magnifique, surtout par ce grand soleil matinal. Il y a pas mal de pêcheurs, tout le long de la rivière. Mais la consigne est très claire : aucune prise. Il faut remettre à l’eau ce que l’on ramasse. Une fois de plus, je suis fasciné par le concept. Il faut vraiment être accroc pour venir pêcher dans des endroits comme ça et ne rien garder à la fin !
Une nuit bizarre
Cette nuit, je n’ai pas très bien dormi, ce qui est surprenant, vue la tranquillité des lieux, et le fait que j’étais quand même pas mal fatigué. Je sais pas trop… je trouvais l’endroit étrange ; je m’attendais à recevoir une visite d’ours, de lynx, de je ne sais pas trop quoi. Bref, je ne dormais que sur une oreille et demi on dirait… demi sommeil, pas des plus confortables. Enfin, ce n’est pas si grave que ça non plus ! Je devrais me remettre assez facilement.
C’est aussi magnifique ce matin que ça l’était hier au soir par contre. Les arbres de toute beauté tout autour du van, ça fait du bien. Ça garde d’ailleurs une certaine fraîcheur des plus agréables le matin. Pour changer, j’ai le droit à un grand soleil, qui annonce une journée magnifique.






































































