Discussion philosophique
On reste un moment, avant d’aller rendre visite à Man. Je sais pas comment l’appeler autrement… la structure est énorme, mais on peut monter à l’intérieur. Ça fait déjà deux fois que je passe à côté, et deux fois qu’il est fermé temporairement. Cette nuit, pour une fois, c’est possible de monter. La vue, d’en haut, est imprenable. Je passe un long moment à discuter/philosopher avec Nicole qui participe pour la première fois à Burning Man également. Je partage avec elle le fait que je trouve dommage que beaucoup de gens ne comprennent pas toutes les significations entourant l’événement, et que la plupart oublieront tout ça au moment de sortir de Black Rock City. Ils redeviendront eux même, comme si de rien était, refusant d’appliquer au quotidien les idéaux de partages, échanges, dons, qui sont, selon moi, à la base de la cité.
Un exemple typique : il y a toujours quelque chose en train de brûler ou d’exploser quelque part :
Il y a toujours du feu et de la lumière, partout :
Coeur (choeur) de feu
On est un petit groupe de 5 personnes à partir. La marche est un peu longue, mais en discutant en agréable compagnie, ça passe rapidement. En arrivant sur place, je me rends compte que c’est pas exactement une mise à feu qui aura lieu ce soir, en fait. C’est simplement un « fire organ ». Quatre lances flamme entourent un coeur géant. Les flammes jouent différentes symphonies, les unes après les autres. Intense, magnifique, chaud !
Programme de soirée
Tout les soirs, le souper et commun. Chaque soir, un autre groupe prépare pour tout le monde. L’option est vraiment sympa. Sauf que je regarde mes stocks de nourriture. En gros, je n’ai tout simplement rien manger de ce que j’ai amené. D’ailleurs, quand j’y pense, quand je regarde, j’ai très clairement acheté pour plus de deux semaines de nourriture. Enfin, rien de périssable là dedans. C’est une bonne nouvelle : j’ai de la bouffe pour bien longtemps, sans avoir à me poser de questions !
Mon emploi du temps de la soirée est déjà prêt pour une fois. Ce soir, j’aie envie de cracher du feu. Les gens, ici, me regardent à chaque fois avec un peu plus d’étonnement, se demandant quelle genre de surprises je leur réserve encore. J’ai toujours aimé avoir plein de petits talents cachés inutiles, mais c’est la première fois, il me semble, que j’ai l’occasion d’en déballer autant, l’un après l’autre. Ça fait du bien. Je peux très clairement être moi même à 100%, sans me limiter, sans me poser de questions. C’est la place pour ça. Quelques personnes ont envie de me voir faire. Mon programme est relativement simple en fait : il semblerait qu’il y ait une mise à feu d’oeuvre d’art ce soir. Je commencerais par là ; ensuite, trouver des artistes de feu pour emprunter du matériel, le temps de me défouler un peu. Ça ne devrait pas poser trop de problèmes : ce genre de bêtes pullulent par ici. Il y en a presque à tout les coins de rue. Ensuite… et bien… pourquoi pas aller danser ?
Une glace gratuite au milieu du désert
Sur le chemin de retour, je tombe sur un camp qui distribue des crèmes glacées. Gratuitement, comme d’habitude. La file d’attente est relativement longue, mais en même temps, ça passe super vite : c’est fou comment payer nous fait perdre du temps ! Là, en remplaçant le passage à la caisse par un sourire et des remerciements, ça avance relativement vite.
L’être humain me fascine, pour tout ces extrêmes. Distribuer des crèmes glacées au beau milieu de nul part, dans le désert… irrationnel, complètement fou… cette folie me plaît. Certains délires sont complètement inapproprié, alors que d’autre ne me dérangent pas. Il est très clairement difficile de faire une ligne entre le « complètement stupide » et le « magnifiquement irrationnel ». À plusieurs reprises, en parlant de Black Rock City, la comparaison avec Las Vegas est arrivée. Après tout, la ville de Burning Man est aussi très clairement la ville du pêché. On trouve de tout, partout, tout le temps ; on peut tout faire, partout, tout le temps. Autant à Las Vegas, c’était beaucoup trop, et c’était insupportable, autant ici ça passe beaucoup mieux. Pourtant, il y a énormément de choses qui me choque ici aussi. J’aime énormément le camp où je suis : on se débrouille avec ce que l’on a ; des tentes et des hamacs dans tout les sens. Pourtant, tout ces gens qui viennent avec leur RV à plusieurs centaines de milliers de dollars, est-ce vraiment la place pour ça ? Je ne suis pas en train de dire que non ; j’essaie juste de comprendre, de me situer dans tout ça. J’avoue que je n’y arrive pas. Pourquoi certaines choses sont mieux ici qu’ailleurs, pourquoi certaines sont pires… j’essaiera peut être, à un moment, de démêler tout ça. Quand je ne serais plus dans le feu de l’action.
Tornades
Dehors, c’est pas mal venteux. Sur la playa, ça se ressent particulièrement. Il y a régulièrement de gros nuages de sables qui s’en viennent sur nous. Parfois, ce sont des mini tornades. C’est impressionnant et magnfique à la fois. Vu comment je suis habillé, avec le masque, les lunettes, et l’eau en perfusion, c’est pas vraiment un problème pour moi. Je passe sans vraiment me rendre compte au milieu de tout ça. On me reparle de Dunes à quelqus reprises. Il semblerait que ma tenue ressemble beaucoup à ce que les gens portent dans le livre/film, avec le système de refroidissement à l’eau. Malheureusement, c’est une option que je n’ai pas sur mon manteau. Beaucoup de gens me demandent également si je ne suis pas en train de mourir de chaud en ce moment même. Question parfaitement légitime j’imagine. Pourtant, à ma grande surprise, je suis relativement bien. Entièrement protégé du soleil, il ne fait pas si chaud que ça. Certes, les lunettes étanches sont un peu beaucoup violentes, et le masque pas toujours agréable, mais ce n’est pas si insupportable que ça. Ce qui est sûr, c’est que ma tenue encourage très clairement les gens à me parler (oui, ça peut paraître surprenant, puisque le même genre de tenue, n’importe où ailleurs, encouragerait les gens à changer de trottoir). J’ai de nombreux commentaires, beaucoup de compliments. C’est sympa. Je me demande juste comment ces mêmes gens réagiraient en me voyant habillé comme ça dans les rues de Montréal, San Francisco ou Vancouver.
Quelques pas, presque au hasard
Et puis finalement, je pars marcher un peu au hasard. J’ai rencontré, deux jours plus tôt, une fille avec qui j’ai discuté un peu au milieu de la playa. J’avais fait quelques belles photos d’elle, et elle m’avait donné l’adresse de son camp. Le problème, c’est que ces adresses sont bien souvent un peu approximatives. Ne sachant pas exactement où elle se trouve, donc, j’avais décidé de laisser le cadre avec sa photo sur un banc, théoriquement pas loin, en espérant qu’elle la trouve. Je repasse donc dans le secteur ce matin, et je la vois. Elle me confirme qu’elle a trouvé le cadre et me remercie. On discute un peu à nouveau. Burning Man est très clairement un endroit où rencontrer des gens, où l’on peut lier de nouvelles amitiés. Très facilement.
Une autre matinée au camp
Polenta et raisins secs au petit déjeuner, c’est une autre belle façon de commencer la journée. Il fait très clairement chaque jour un peu plus chaud, et c’est très clairement chaque jour un peu plus violent le matin ; mais jusqu’à maintenant, je supporte très bien la chaleur. Je m’entends bien avec tout le monde, et le matin devient un moment des plus agréables, vu que c’est l’occasion de jaser avec les gens, de résumer nos journées, et de planifier nos folles aventures.
De mon côté, j’ai repéré deux trois petites choses pour aujourd’hui, on verra où ça me mènera. Je commence aussi à discuter un peu avec les gens de l’après Burning Man. Parce que pour le moment, je ne suis toujours pas exactement sûr de où je m’en vais. À priori, l’Oregon reste fortement recommandé, d’autant plus qu’il semblerait que ce soit la meilleure période pour le faire. Mais on me confirme également que le sud de l’Utah et Four Corner, c’est tout simplement magnifique. Faire les deux ? Je n’arirve pas à savoir pour le moment si c’est envisageable ou pas.
Je passe toute la matinée au camp, à discuter, et à vaquer à mes propres affaires. Je continue à faire des impressions de photos, les gens continuent d’halluciner. Oui, voyager avec une imprimante, pour moi c’est normal et pratique. Pour les autres, c’est… étrange ? Je comprends parfaitement leur point de vue !
Soirée dansante
Mes pas aléatoires continuent à me faire découvrir Black Rock City, et finissent par me ramener au camp, où je passe à nouveau un bon moment à discuter avec tout le monde. Pas évident pour moi : je suis le plus « outfiter » : l’ami de l’amie de l’ami. À part Jane, je ne connaissais personne. Mais je me fais ma place petit à petit, alors que les gens apprennent à me connaître et me comprendre.
Ce soir, je déborde d’énergie, et mon objectif est très clair : aller danser. Je ne l’ai pas fait la veille, je le ferais aujourd’hui. On est un petit groupe à rechercher le même genre de musique. On se dirigera donc tous ensemble vers 2:00. L’une des rues extérieures de la ville, où il semblerait qu’il y ait pas mal de DJs. En effet, l’ambiance est un peu complètement folle. Ça serait un peu comme si tout les bars si Saint Laurent sortaient s’installer dans la rue. Enfin sur la plage. C’est la première fois que je danse dans du sable, et c’est juste parfait. Tellement mieux que sur un plancher régulier ! Car le sol s’adapte, s’ajuste à nos besoins. Je me sens extrêmement stable là dessus, et je m’éclate vraiment. Ça faisait un moment après tout !
Mais là encore, je veux quand même me garder de l’énergie. Encore un certains nombre de soirs ; demain, j’ai envie de danser à nouveau. J’ai aussi envie de cracher, ça fait un moment. L’endroit est pas mal parfait pour ça. Et puis il y a les premiers « allumage » : des gens qui ont construit leurs propres oeuvres d’arts à brûler. Bref, encore une soirée chargée en perspective. Je rentre tranquillement au camp, et m’installe pour la nuit, avec un petit mal de dos. Note pour plus tard : danser un tout petit peu plus doucement. Je m’endors sans aucun problème.



































