Le Temple
Aujourd’hui, j’avais dans l’idée d’aller voir le temple, que je ne suis pas encore allé voir. Le temple, c’est un lieu de recueillement, de souvenirs. Le temple brûlera dimanche soir. De ce que j’ai entendu dire, c’est encore plus intense et émouvant que la mise à feu de Man. On verra. Dans le camp, j’ai trouvé une planche en bois relativement grande. Je la recouvre tranquillement de photos. Une photo choisie pour chaque jours, plus des portraits de personnes dans le camp, prises à certains moment, et que j’aime bien. Telle sera mon offrande dimanche matin.
Moi, faire peur ?
Je me retrouve à nouveau à marcher au hasard. Avec le tube du camelback qui rentre directement dans le masque, je peux m’hydrater en permanence. Exactement ce qu’il faut dans ce contexte : je bois très peu, mais extrêmement souvent .Et puis ce tube qui entre dans le masque, ça rajoute encore à l’ensemble. Bref, j’aime vraiment le résultat final. D’ailleurs, beaucoup de gens semblent apprécier. J’ai énormément de commentaires dans la rue. Beaucoup de gens qui veulent me prendre en photo. Seul, ou avec eux. Ce n’est pas le regard qui m’accompagne d’habitude quand je me promène habillé dans la rue en gothique. Évidemment, j’imagine que la plupart de ces personnes hallucineraient s’ils me voyaient habillé comme ça en dehors de la playa. C’est ce que je trouve dommage. Que les gens soient différents en dehors de Burning Man. Enfin, au moins ici, ils sont ouverts, intéressés, décidés à rencontrer, à discuter. Je me retrouve donc à parler avec pas mal de gens en même temps. Je retrouve également un véhicule mutant que j’avais vu la veille. Celui qui n’a pas de roues, mais huit pattes, et qui peut marcher. Il est immobile pour le moment, mais convient parfaitement à la façon dont je suis habillé.
Le cadeau des dieux de la Playa
S’habiller en gothique pour aller se promener dans le désert semble une idée relativement stupide. Il se trouve que, surprenamment, ce n’est pas si chaud que ça. Nicole a des grosses lunettes (genre motard) avec elle, qui fitent parfaitement avec mon masque. En fait, ça complète relativement bien la panoplie, qui commence à être pas mal beaucoup impressionnante.
Je n’ai pas assez joué de piano ces derniers temps. Mais la veille j’en ai trouvé un (coin 5:00 et Barcelone) qui attend sagement qu’on l’utilise. Désaccordé, la moitié des notes manquantes, mais je viens de découvrir que c’est l’avantage de l’impro : il suffit de jouer avec les notes que l’on arrive à trouver ! Je me dirige donc à nouveau vers le piano, ce matin, histoire de jouer encore un peu. Je m’installe ; ça fait du bien de pouvoir jouer un peu. Ça me manque. Je ne joue pas nécessairement beaucoup quand je suis à l’appartement, mais de temps en temps, j’en ai envie… de temps en temps, une personne s’arrête, écoute un peu. Une ou deux me remercie. Ça aussi c’est agréable.
Sur le piano, il y a un sac à dos. Un camelback (réserve d’eau que l’on porte sur le dos). Sauf que… sauf que c’est un magnifique sac en latex, plus ou moins aliénoïde. Oui, le genre de truc qui complète parfaitement ma tenue. Le genre de truc que j’ai toujours voulu avoir, parce qu’un sac à dos normal, quand je me déguise, c’est un peu bizarre… ça fait un moment que je joue, personne ne l’a récupéré. Alors je me décide à me l’approprier. Je pense que c’est un signe ; je pense que c’est mérité. Je retourne au camp le temps de faire un changement de sac à dos. Les gens sont tous unanimes : il est magnifique. C’est un cadeau des dieux de la playa. Parfait pour moi.
French toast
J’ai l’impression que raconter mes journées à Burning Man ne va pas être chose aisée. Tellement de choses, et si peu en même temps. Simplement marcher au hasard est une occupation à temps plein. Il y a plein d’activités listées, de choses organisées, mais je me rends bien compte que ce n’est pas nécessairement ce dont j’ai besoin/envie pour le moment .
Je m’entends super bien avec les personnes du camp, et j’en profite pour discuter, faire connaissance ; ça fait du bien. Ce matin, je suis sorti de Pourquoi Pas ? habillé en gothique. À priori, ils ne s’y attendaient pas, même si je leur avais dit, la veille, que j’avais exactement les vêtements pour avoir du fun ici. Par contre, ils ont définitivement appréciés les pains perdus (pains dorés – french toast) qui m’accompagnaient. J’ai toujours aimé préparer le petit déjeuner pour des groupes de gens. En général, je fais ça quand il y a du monde qui dort chez moi. Dans ce contexte, c’est un peu pareil… moi ça me donne le petit boost d’énergie pour commencer ma journée. Et puis, ça fait toujours plaisir de donner ça aux gens de bon matin.
Fin de soirée
Je rentre au camp avec dans l’idée de me coucher tranquillement, mais juste après, trois autres personnes arrivent. Kelly, Sam et Rufus. On reste un moment dans le van à discuter, jusqu’à un peu tard dans la nuit. C’est le fun, et ça fait du bien. J’apprends très tranquillement pas vite à connaître mes nouveaux amis. Jusqu’à ce que finalement tout le monde aille se coucher. Et une fois de plus, je me mets au lit également, bercé par la musique et les cris des gens.
Lances flammes et autres petits plaisirs de la vie
Je déborde d’énergie. J’ai envie d’aller danser, mais finalement je décide encore de me réserver pour plus tard. Sans doute que demain, je me ferais plaisir. À la place, je repars marcher avec Jane et Alicia. Juste marcher, surtout le soir, c’est complètement hallucinant. Il y a plein de véhicules mutants, dans tout les sens. Une grande quantité ont des lances flammes intégrés. Oui, le thème, c’est très clairement le feu. Ça brûle partout, et l’air ambiant est chargé d’un mélange d’odeur de gaz brûlé et d’essence. J’imagine qu’on peut s’y habituer. Après tout, ce n’est pas si désagréable. Des artistes de feu s’amusent un peu partout. Des gens font des photos, dansent. Plein de musiques, plein de lumières, plein de bruits. Je passe un long moment à profiter, marcher, admirer. Jane Alicia partent se coucher. Moi, il me reste encore un peu de place sur ma carte mémoire, et ma batterie n’est pas tout à fait vide. Je reste encore un peu à en prendre plein les yeux.
Couscous pour tous
Le temps passe vite. Les distances sont plus grandes que ce que l’on pense. J’ai juste le temps d’explorer un tout petit mini peu qu’une partie de l’après midi est déjà passé. Je rentre au camp ; pas envie de revenir trop tard. En plus, ce soir, je fais parti de l’équipe « bouffe commune ». Je prends un peu de temps pour discuter avec Jane, avant que l’on commence à préparer un énorme couscous raisin/concombres/broccolis/tomates pour 25 personnes. On se pose un peu quelques questions sur la quantité à préparer. Au final, on se débrouille pas si mal que ça, et il ne reste pas grand chose. Et en plus, c’est très bon.
Wandering around
En fait, ma première mission a été d’enregistrer mon appareil photo. Pour avoir le droit de faire des photos de l’événement, il faut signer une décharge avant, ce qui est assez compréhensible : entre les gens qui se promènent nus, à moitié nus, habillés bizarrement, et les oeuvres d’art qui se promènent un peu partout, pas trop le choix. En fait, l’un des objectifs principaux de tout ça est d’interdire toute utilisation commerciale de Burning Man. Comme il est écrit sur le formulaire « qui a envie de voir Burning Man dans une publicité Nike ». Merci, donc, de ne pas réutiliser le contenu de ce blog sans ma permission préliminaire (ceci est valide aussi bien pour Burning Man que pour tout le reste).
L’appareil photo enregistré, retour au camp, le temps de déposer le vélo, et de retourner découvrir à pied. Parce que le vélo c’est bien et rapide, mais pour les photos, pour prendre son temps, c’est moins pratique et moins confortable. Alors je préfère marcher. Difficile de décrire ce que l’on ressent dans ce genre d’endroits. Les rues sont un joyeux bordel, un peu dans tout les sens. Bricolages, constructions, délires, oeuvres d’art… je marche, j’admire, j’apprécie. Mais il est très clair que les photos ne suffiront pas à rendre le ressenti.













































