Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Archive for the ‘[Australia – Tasmania]’ Category

Mes petits chinois…

Aujourd’hui, j’ai traumatisé mes deux petits chinois, en préparant des nouilles instantanées. C’est que eux, ils les mangent en soupe. Honnêtement, en soupe je trouve ça horriblement moyen. Du coup, quand les nouilles ont fini de cuire, j’ai jeté l’eau de cuisson dans l’évier, comme je fais d’habitude. Ils ont été horriblement surpris les pauvres. Du coup, on a mangé des nouilles sèches à la place. Et bin je continue à trouver ça meilleur. D’ailleurs, soit dit en passant, les nouilles instantanés (ramen) sont bien meilleures en Australie qu’en France ou au Québec !

C’est assez amusant de vivre au quotidien avec deux chinois. Je me sens à la limite dépaysé. Quand Bernt n’est pas là, Fanfan s’occupe des repas. Karvin, lui, ne fait pas grand chose. Un peu le rôle du mâle qui se fait dorloter. À table, c’est très clairement du chacun pour soit. Vous vous servez, les portions que vous voulez, sans vous poser de question sur ce que veulent ou ne veulent pas les autres. J’ai proposé à plusieurs reprises de faire le service, mais à chaque fois ça semble les gêner plus qu’autre chose. Surtout Fanfan, une fois de plus, qui préfère baisser les yeux, et dire non merci puis se servir elle même. Pas qu’elle soit timide avec moi ou particulièrement gênée. On rigole bien, on discute, on échange… elle a un bon niveau en français (meilleur qu’en anglais) et veut continuer à pratiquer. C’est bien agréable. Par contre, il y a toujours une certaine retenue dans les échanges. Et puis Bernt me l’a confirmé : ils sont extrêmement polis ; ils ne demandent pas quand ils ont besoin de quelque chose, ils attendent. Ils ne disent pas quand ils n’ont pas compris, se contentant de hocher la tête. Et ils ne disent jamais non… un peu problématique aussi, vu que je travaille souvent avec Karvin, et que j’ai l’impression qu’il se sent obliger d’aller au même rythme que moi. À priori, il était bien moins efficace avant que j’arrive.

Grâce à Fanfan, j’ai réussi à apprendre deux mots en chinois. Pas trois. Juste deux. Merci et de rien. C’est un bon début. Je prononce ça un peu n’importe comment (c’était prévisible !) mais ça semble quand même compréhensible.

Et puis entre le moment où j’ai commencé à écrire ce post et le moment où je le termine, plusieurs jours se sont passés. Je me suis beaucoup rapproché d’eux deux. En discutant un peu plus avec eux, j’ai compris qu’il fallait que j’arrête de les considérer comme chinois. Elle vient de Taïwan et revendique très clairement l’indépendance de l’île ; lui vient de Hong Kong et refuse de se considérer comme faisant parti de la grande république populaire.

Travailler avec quelqu’un, ça rapproche forcément. J’ai surtout travaillé un peu avec Karvin, mais j’ai quand même fait deux trois petites choses avec Fanfan aussi. Elle adore faire du pain par exemple. Sauf que faire du pain, c’est utiliser la machine de Bernt qui fait tout tout seul. Comme elle n’a jamais fait de pain à la main, on s’est fait une soirée pizza, qu’elle est l’occasion de s’essayer au pétrissage !

Du coup, quand ils sont partis, ça m’a quand même fait un petit quelque chose. J’avais discuté un peu avec Fanfan des contacts physiques entre les gens. À Taïwan, les gens ne sont pas du tout démonstratif, et pas vraiment tactile. Les couples ne se touchent pas tant que ça ; les filles se promènent parfois bras dessus bras dessous… mais c’est à peu prêt tout. Il n’empêche que j’ai eut le droit à deux gros câlins quand ils sont partis, et que ça m’a fait du bien !

Iris m’a rejoint à Hobart. Pendant que Fanfan et Karvin louent une voiture pour une dizaine de jours pour faire le tour de la Tasmanie (j’ai donc bon espoir de les revoir quand ils repasseront à Hobart), nous on loue une voiture pour deux jours, pour aller découvrir Tasman National Park.

La vie chez Bernt

Bernt est père célibataire. Il a une fille de 9 ans, Gypsy Anna, en garde partagée. Oui, Gypsy Anna. Ça surprend un peu comme nom, surtout quand on sait que Gypsy, en anglais, veut dire bohémien. En même temps, quand on apprend un peu à connaître le père, on comprend assez vite. Bernt est, entre autre, passionné par le stop. Il a énormément voyagé de cette façon, et la bibliothèque avec qui je partage ma chambre, déborde de livres et études sur la question. On en a pas mal discuté ensemble. Comme tout les passionnés, il est aussi un peu extrémiste, mais ça reste quand même totalement raisonnable. Il habite une maison assez agréable, à 30 minutes à pied du centre ville d’Hobart. Il accueille des Helpers depuis bien longtemps, et a fait énormément de travaux de rénovations et d’aménagements grâce à ces bras supplémentaires. Le fait d’accueillir énormément fait aussi qu’il a vécu toute sorte d’expériences, et qu’il a pris toute sorte d’habitude. Ça se traduit par un petit guide de quatre-cinq pages sur comment fonctionne la maison. Un peu pointilleux pour certaines choses, mais ça reste quand même supportable.

Quand je suis arrivé, j’ai appris qu’il y avait de autres helpers. Garvin et Fanfan. J’ai commencé à m’inquiéter un peu, mais j’ai vite été rassuré. Garvin vient de Hong Kong, Fanfan de Taïwan. Les deux sont adorables, et après un premier contact un peu difficile, on s’entend maintenant super bien. Je parlerais plus amplement d’eux plus tard, mais leur présence est vraiment agréable. Étant tout seul, ma dynamique et mes attentes sont pas mal différentes. Je n’ai pas de problèmes avec de très grosses journées, pour cumuler un peu de temps de repos pour plus tard. Je préfère travailler huit heures et avoir une journée de libre le lendemain que de faire deux journées de quatre heures. Ça convient très bien à Bernt, et tout le monde est heureux. Sauf, peut être, mon dos, qui est quand même mis à rude épreuve.

L’une des raisons pour laquelle j’étais heureux de venir ici et le projet pour lequel je vais aider Bernt : il veut construire une petite maison pour Gypsy Anna. Pas mal de travail en perspective, mais un projet très intéressant. Et surtout, la finalité de la chose me plait. Il ne s’agit pas de permettre à des gens de faire fonctionner leur bed and breakfast ou à une dame d’économiser de l’argent, mais de faire plaisir à une enfant. Certes, Gypsy Anna ne manque pas vraiment de quoi s’amuser. Bernt est un grand adepte du freecycle (des réseaux locaux qui donnent au lieu de jeter les objets dont ils ne se servent plus). Ça, combiné à l’aide bénévoles de nombreux helpers, fait que Gypsy Anna a un petit terrain de jeux vraiment sympa juste pour elle. Mais bon, je ne serais pas jaloux, vu que mon frère et moi avions largement de quoi nous amuser aussi ! Et comme en plus les enfants du quartier en profitent un peu aussi, tout le monde est heureux !

Sauf mon dos, donc. Il faut dire qu’en trois jours, je pense avoir déplacé au moins trois tonnes de matériaux divers à moi tout seul. Terre et mélange à béton essentiellement. Garvin a fait sa part lui aussi. Bref, gros travaux.

La terre s’en va ensuite à l’arrière du camion de Bernt, que j’ai eut la chance de conduire jusqu’à la décharge pour le vider. Après tout, il y a des endroits que l’on ne pense jamais à visiter !

Certes, on peut comprendre pourquoi en même temps… même si la vue sur le mont Wellington et joli, ça n’en fait pas une destination touristique.

En plus de l’excavation, je me suis retrouvé confier la tache de récupérer et déposer des objets divers et variés à des endroits tout autant divers et variés. J’ai donc passé une après midi complète avec Garvin, à conduire le camion de Bernt, pour déposer de la terre, récupérer une structure métallique pour que les enfants puissent s’amuser, déposer des CDs, récupérer de la moquette, déposer de la moquette… le gros avantage, c’est qu’en plus de rendre énormément service à Bernt, ça m’a permis de me promener un peu dans les environs d’Hobart. Et ça me plait bien !

Bref, si je bosse beaucoup, je m’entends bien avec Bernt, FanFan et Garvin. Je n’ai vu Gypsy qu’une après midi, mais je l’ai trouvée très agréable, et simple (ni princesse, ni enfant gâté). J’aurais d’autres occasions de la voir à l’avenir. On verra bien.

Retour à Hobart… en stop.

« Tu verras, le stop en Tasmanie, c’est facile ». La dernière fois que l’on m’a dit que le stop était facile quelque part, je me suis retrouvé à faire du camping à côté d’une station de pompiers, incapable de traverser l’île de Vancouver en une journée. Du coup, je me méfiais à l’idée de traverser la Tasmanie en stop.

Hold on ! C’est quoi cette histoire de traverser la Tasmanie en stop… aux dernières nouvelles, j’étais chez Sarah avec Iris. Je ne m’éterniserais pas sur les raisons en arrière de mon départ plus rapide que prévu. Elles sont nombreuses et complexes. Bref ; changement de mission Helpx, je rejoins Bernt, à Hobart. Lui aussi m’a garanti que le stop fonctionnait super ben en Tasmanie, qu’on pouvait aller n’importe où en l’espace d’une journée. Je me suis méfié quand même. Je lui ai dit que j’arriverais sans doute en fin d’après midi ou en début de soirée.

Sarah m’a déposé vers 9h50 à la sortie de Hobart. C’est peut être une hippie, mais à priori, elle n’aime pas le stop. Elle voulait rester jusqu’à ce qu’une voiture s’arrête pour noter la plaque d’immatriculation pour des raisons de sécurité… je lui ai dit que ce n’était pas la peine. Je lui ai promis de texter à Bernt les plaques de toutes les voitures qui s’arrêteraient. J’ai menti. Je ne l’ai pas fait. Ça me tentait juste pas. J’ai plus de chances de survivre à la traversée de la Tasmanie en stop qu’à un vol Lombok-Bali je pense.

Armé de mon pessimisme mais de mon plus beau sourire, j’attends tranquillement et compte les voitures. Il se passera une quinzaine de minutes avant que la première s’arrête. Le conducteur s’excusera de ne pouvoir m’avancer que d’une dizaine de kilomètres, mais personnellement, ça ne me dérange pas. Chaque petit bout de grapillé un et bout en moins à faire. Deux minutes après qu’il m’ait déposé, j’ai à peine eut le temps de me remettre sur le bord de la route, une autre voiture s’arrête. Un grand père en descend, et me demande si je n’ai pas de fusil ni de couteau, ou si j’ai l’intention de l’attaquer. Je le rassure sur mes bonnes intentions et embarque. C’est un couple de personnes âgées, tout mignon, agréable et sympathique. Eux me font aussi faire un petit saut de puce. Un autre dix minutes d’attente avant de me faire embarquer pour une demi heure. Jeune chauffeur, avec qui l’échange se fait bien ; je n’ai aucun problème de compréhension, et on discute de tout et de rien. Il me dépose à l’embranchement qui, selon moi, sera la partie la plus difficile du trajet. À gauche, la route va à Launceston, la deuxième plus grande ville de Tasmanie. À droite, à Perth, une petite ville sur la route entre Launceston et Hobart. J’hésitais un peu à aller jusqu’à Launceston et repartir vers le sud. Détour, certes, mais route plus fréquentée. Et puis finalement, j’ai décidé de prendre le chemin le plus court. J’attendrais une bonne quinzaine de minutes, je pense, avant qu’une voiture m’amène jusqu’à Perth. Le chauffeur me dépose à un endroit parfait. Sur la route principale, juste en face d’une station service. Le temps passe… j’ai découvert sur l’île de Vancouver que restait statique en faisant du stop ne fait que donner l’impression que le temps passe plus lentement. Alors je souris, je fais des signes aux gens, je discute avec les passants, et je tente même ma chance avec les voitures venant de l’autre direction. La prochaine fois, je pense que je ferais une pancarte « c’est pas beau par là bas, faites demi tour » ou un truc du genre. Et puis finalement, après une attente particulièrement longue (que je chiffrerais à 30-40 minutes, ce qui est donc quand même très raisonnable) une petite voiture rouge s’arrête. Une maman et sa fille. Adorables.

Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas et qui me rend perplexe. Toutes les voitures qui s’arrêtent, toutes les personnes qui m’embarquent, s’excusent. De ne pas aller jusqu’au bout, de ne pas avoir une voiture très rangé, de ne pouvoir m’avancer que de dix minutes. Pourtant, chaque voiture qui s’arrête, je suis extrêmement reconnaissant ! Et je leur fais savoir. J’ai plaisir à discuter avec tout ces gens, à leur sourire, à être enthouisaste. C’est vrai que faire du stop, ça donne l’impression de faire tout de suite partie de la communauté des stopeurs. Et dans ce contexte, l’idéal c’est de donner la meilleure image possible. Pour donner aux gens qui s’arrêtent des raisons de continuer à s’arrêter.

La charmante maman et la fille vont jusqu’à Hobart. Longue ballade donc. Et longues discussions vraiment agréables tout au long de la route. Sur des banalités au début (combien de temps je suis en Australie, qu’est-ce que je fais en Tasmanie, etc…). Avant de dériver tranquillement pas vite. Elle m’a expliqué qu’elle faisait une thèse de journalisme sur « comment les médias australiens perçoivent-ils le Rwanda comparé à comment le Rwanda aimerait être vu ». Ses explications et tout le reste rendent la chose encore plus intéressantes.

Bref, une magnifique petite dernière balade. Quand elle me demande dans quel quartier je vais à Hobart, comme ce n’est pas très loin de chez elle, elle propose même de me déposer devant la porte. Difficile de faire plus sympathique je trouve !

J’arriverais finalement chez Bernt à 15h. 5h10 de route, pour un trajet qui prend 3h30 en voiture. 280 kms. Ça fait quand même une belle moyenne je trouve. Ça me confirme dans mon intention d’utiliser le stop le plus possible dans nos prochains déplacement intra-tasmanien.

Il n’y a personne chez Bernt pour le moment. Je cache mon sac à dos sous un arbre, comme convenu, et part faire mes premiers pas aléatoires dans Hobart. Enfin presque aléatoire ; la charmante demoiselle m’a indiqué comment me rendre sur Elizabeth Street, une rue assez vivante pas très loin d’ici.

Un petit tour au Québec

Vous suivez le chemin de gravel pendant quelques temps. Ils sillonnent entre les arbres, descendants tranquillement une petite colline. En bas, il y a ce grand lac de barrage, entouré de toute part de légers reliefs arborés. Et pourtant, non, vous n’êtes pas en Mauricie. Il s’agit simplement du lac Barrington, situé à quelques kilomètres seulement de chez Sarah… qui nous amènera à la conclusion que quand même, quand on y pense, la Tasmanie ça ressemble beaucoup au Québec. Avec ces montagnes que l’on appelle Montagne parce qu’il n’y a pas grand chose de plus haut. Un peu de Charlevoix, un peu de Gaspésie, un peu de Mauricie… de quoi avoir le mal du pays (de l’autre pays). C’est beau dans sa simplicité. Dans son côté naturel. Dans son absence d’hyperboles et autres superlatifs. J’aime la Tasmanie parce qu’elle ne s’impose pas à moi. Elle se laisse découvrir, tranquillement. Simplement. Et ça me plaît bien.

Le ciel chez Sarah

C’est quand même l’un des gros avantages de ces régions complètement perdues au milieu de nul part… l’absence de lumière parasite, et les ciels magnifiques que ça permet de voir. Bon, d’accord… de lumière parasite, il y en avait une énorme. Presque la pleine lune… mais ça ne m’a pas empêché de me faire plaisir !

Et un dimanche tranquille

Après un samedi bien tranquille, on enchaîne sur un dimanche tout aussi tranquille. On attache le canoe sur le toit de la voiture de Sarah, et on va pique-niquer sur le bord d’un lac de barrage assez sympathique. Journée plutôt farniente, mais où je finirais par avoir pas mal pagayer. Ça garde en forme, c’est bien !

Dove Lake, dans les Cradle Mountains

La vie chez Sarah, si on omet l’italienne, est quand même assez agréable. On serait juste vraiment super bien si nous étions les seuls helpers… mais bon… Jeudi, Sarah nous a prévenu que le lendemain, son petit ami venait nous rendre visite. Il s’appelle David, et vient d’Hobart. C’est amusant, parce qu’elle se transforme en petite fille toute excitée, qui attend son petit ami avec impatience. Le vendredi se déroule assez tranquillement, au rythme de Sarah qui se prépare pour l’accueillir. Quand il arrivera finalement, directement à la sortie du travail à Hobart, tout le monde est dans la cuisine en train de finaliser le repas. Il est enthousiasme, souriant, des plus sympathiques. Le premier contact se passe super bien. De même que le deuxième.

Nous aurons notre fin de semaine tranquille, pour que tout le monde profite de la présence de David, et d’une deuxième voiture. Et oui, c’est bien beau d’accueillir tout ce beau monde, mais à six, on ne peut pas se contenter d’une seule voiture. Au programme du samedi, donc, une promenade dans les Cradle Mountains, autour du lac Dove. Si vous cherchez Cradle Mountains dans google image, à peu prêt tout les résultats vous montreront la même chose :

Y’a pas à dire, c’est quand même assez joli. En voiture, ça prend une quarantaine de minutes pour se rendre. Il y a un parking à l’accueil, et un parking tout au début de la balade, mais celui-ci est pas mal souvent plein. La solution rationnelle me paraissait de s’arrêter à l’accueil et de sauter dans la navette gratuite qui passe très régulièrement. Mais Sarah préfère que l’on aille se garer en voiture le plus proche possible. Les écolos continuent de me fasciner dans certains de leurs comportements…

Un groupe de sept personnes, ça ne devient pas très évident à faire bouger. Entre ceux qui ont froid et qui veulent aller vite, ceux qui veulent faire leur photo, et l’italienne que l’on aimerait bien voir marcher 150 mètres devant… c’est d’ailleurs ce qu’on laisse faire tranquillement. On marche un peu plus lentement. On se laisse distancer. Une fois de plus, on se coupe du groupe, mais c’est ça ou avoir une noyade sur la conscience. Il ne faut pas noyer les vieilles italiennes frustrées de 37 ans. Ça ne se fait pas.On attrape quelques brides d’informations de temps en temps, à droite à gauche, quand on rattrape le groupe, qui profite d’un point de vue intéressant, ou parce que Sarah voulait absolument nous dire un truc. Je n’aime pas particulièrement marcher comme ça. Surtout quand au tout début Sarah nous explique qu’elle va nous montrer où elle aime faire des photos. J’avoue avoir énormément de mal avec le « mettez vous là, et faites la photo par là bas » « ah, et puis moi j’aime bien rajouter ce petit arbre là, au premier plan ». Il faut croire qu’elle vient souvent. Et qu’elle fait souvent des photos ! Bref, j’écoute d’un coin d’oreille pas attentif, et je fais les photos que j’ai envie de faire. Et ça, ça me plait, parce que le paysage s’y prête vraiment. À nouveau, le chemin est super bien aménagé. Confortable pour la marche, bien intégré dans le paysage, joli… un vrai plaisir de s’y promener. J’ai bien l’intention de vérifier autant que possible que c’est pareil dans tout les parcs de Tasmanie et du reste de l’Australie.

Le temps joue les capricieux. Couvert, dégagé, vent, chaud, froid. Ça alterne assez régulièrement. À priori, dans cet endroit étrange qu’est la Tasmanie, il peut y avoir de la neige n’importe quand dans l’année. C’est ça d’être en connexion directe avec le pôle sud j’imagine ! Quoi qu’il en soit, on profite d’un coin de ciel bleu pour grignoter les sandwichs que l’on avait bien évidemment penser à apporter. Sous l’oeil pas forcément très rassurant d’un oiseau magnifique. Vu le blanc, je n’oserais pas dire corbeau, mais ça ressemble quand même pas mal !

Et puis on peut tranquillement attaquer le chemin du retour. Quelques arbres magnifiques à escalader en route, une rencontre imprévue, et un magnifique caillou sur lequel profiter un peu du soleil. Ah, pis en passant, si Sarah vous fait penser à quelqu’un, moi aussi.

Et le repos du combattant, après une balade d’une durée normale de deux heures faite en quatre ? Il suffit d’aller le chercher.

Chez Sarah

Après notre première expérience qui a fini un peu en queue de poisson, on ne savait plus trop à quoi s’attendre du côté de chez Sarah. Missi semble assez froide et distante, mais Sarah, par contre, est pleine d’enthousiasme, et son rire est vraiment des plus agréables à entendre. Par contre, il y a quelque chose que l’on ne comprend pas. À plusieurs reprises, pendant le trajet retour, Missi et elle ont fait référence à d’autres personnes qui devaient arriver plus tard. D’autres helper qui s’en viennent ? On ne sait pas trop à quoi s’attendre. On anticipe un peu, avec une petite touche de déception. On avait envie d’être juste nous, apporter notre propre dynamique… on verra.

Quand on arrive chez Sarah le premier soir, il y a un ami à elle. Kevin. Il est vraiment sympa, enthousiasme, et on s’entend bien avec lui. Musicien accompli, il est fasciné par mon didgeridoo (oui, c’est ma façon de vous apprendre que j’en ai acheté un, à Melbourne, et qu’il a quelque chose de fascinant, mais que vous saurez pas quoi pour le moment ; vous pouvez toujours essayer les suppositions) et en joue magnifiquement bien. On s’offre même un petit jam de percussions sur les congas de Sarah. Et puis il y a aussi ce petit truc qui me fait tilter à l’heure du repas : Kevin est né en Afrique du Sud. Missi est japonaise. Sarah est né à Bornéo. Iris et moi, en France. Mais je rajoute une citoyenneté canadienne d’adoption. Cinq personnes autour de la table ; cinq continents. Je fais la remarque. Je suis le seul, semble-t’il, à trouver ça fascinant. On change de sujet.

Le lendemain, Sarah nous offre une visite complète de la maison. Avec historique de chacun des arbres. Elle fait son jardin en permaculture, avec trois poules et deux moutons. Non, quatre poules et trois moutons. Bref. Petit truc simple et sympa. Elle nous explique quelles sont les fleurs comestibles, quoi planter où et comment, nous montre un peu les choses à faire. Nous raconte les histoires de chacun des arbres… ça pourrait être sympa et agréable, et ça l’est au début, si à chaque fois son histoire ne se finissait pas avec la même conclusion « tout est en train de changer, l’industrie forestière a complètement pourri l’écosystème tasmanien, les arbres meurent tous, c’est triste ». Je ne peux qu’être d’accord avec elle, mais entendre la même litanie répétée trente fois de suite donne une certaine lourdeur à l’ensemble… elle nous explique qu’elle s’était beaucoup impliqué dans les mouvements écolos de la région, sur un mode protestataire. Suffisamment pour que des personnes tentent de mettre le feu à sa maison à trois reprises. Plus on lui parle, plus on comprend que l’on est quand même chez une légende locale, même si elle s’est calmée ces dernières années. On aura d’ailleurs la confirmation quelques jours plus tard quand, après une petite balade à pied, on décide de se la jouer fenian en rentrant en stop. La personne qui nous dépose chez Sarah conclura par un « je me doutais que c’est là que vous alliez ».

On accumule des informations pendant prêt de trois heures. J’essaie d’en retenir le plus possible. Je fais une liste, mais ce n’est pas suffisant. Bon, c’est pas grave, on s’en sortira.

Un peu plus tard dans l’après midi, elle reçoit un coup de téléphone. Ce sont deux autres helpers. À priori, ils devaient arriver plus tard, mais ce sont mal compris. Sarah se retrouvent un peu obligé d’aller les chercher. On se retrouve abandonné à nous même. On pourra toujours s’occuper du repas. Et puis prendre ça relaxe.

Ils sont de retour un peu plus d’une heure plus tard. Et c’est là que ça commence à virer en n’importe quoi. Je suis persuadé que l’on aurait pu avoir une très belle dynamique, Sarah, Missi, Iris et moi. Mais le couple qui débarque va foutre le bordel au milieu de tout ça. La fille arrive avec une voix insupportable, un accent à rendre les français fier de leur façon de parler. Ma première impression est catastrophique. C’est le genre de personne qui a besoin de prendre toute la place. D’avoir tout les regards tournés vers elle. La suite le confirmera. Elle s’appelle Elisa, est italienne, et mériterait des baffes. Encore de la violence réfrénée à cause de mon éducation ! Son copain, Yohan est français. Il faut croire que tout les Yohan ne sont pas des gens biens… bon, le courant passe quand même un peu plus avec lui, mais ce n’est pas non plus l’amour fou. Elisa a un niveau d’anglais catastrophique, mais commente tout à très haute voix à coup de « goood, niiiiiiice » qui sonnent horriblement destiné uniquement à flatter Sarah et à lui faire plaisir. Yohan a un meilleur niveau en anglais, mais il comprend vite que je me débrouille très bien, et se retourne vers moi toutes les 2 minutes pour demander une traduction. Désolé, je n’ai pas envie de jouer les traducteurs ambulants. L’habitude lui passera un peu, mais pas tant que ça.

Bref, Elisa et Yohan se mettent à prendre de plus en plus de place. Et ce n’est pas dans les habitudes d’Iris, ni dans les miennes, de se mettre de l’avant. Alors au contraire, plus le temps passera, plus on se retirera. Perdant le contact avec Sarah, et se retrouvant dans une situation qui ne nous convient pas du tout… on aimerait bien les noyer, se débarrasser d’eux, mais ça non plus, il paraît que ça ne se fait pas…

Aller et retour en Tasmanie

Je me demande combien de temps je garderais le souvenir des coups frappés à la fenêtre de mon van pour me dire que je n’ai pas le droit d’être où je suis. J’imagine que ça restera encore longtemps, et que ça continuera de m’accompagner à chaque fois que je dormirais dans un van en n’étant pas tout à fait sûr d’avoir le droit d’être où je suis. Mais une fois de plus, droit ou pas droit, personne ne nous réveille. Juste la sonnerie de mon iPod, qui nous rappelle qu’on a une dernière journée bien pleine aujourd’hui. Nous devons rendre le van avant 15h à l’aéroport d’Hobart, avant de retrouver Sarah au centre-ville pour retourner chez elle. Sur une carte, ça donne un trajet qui ressemble à ça :

Et oui, on mange encore un peu du kilomètre. Tout ça pour revenir juste à côté de notre point de départ. Mais bon, c’est aussi ça le tourisme, c’est tourner en rond pour en voir le plus possible (d’aucun trouveront sans doute cette formulation un peu étrange).

La route est superbe, comme d’habitude, et avance bien. Histoire de profiter au maximum du confort du van, on va jusqu’à se faire un pizza + bière pour le lunch. Bière fraiche sortie du frigo, et pizza cuite dans le four à gaz. J’ai parfois l’impression que l’on a plus de luxe quand on déplace les vans que quand on est chez des couchsurfers !

Et puis nous arrivons finalement à l’agence pour rendre le van. Et c’est là que tout commence.

Juste avant l’arrivée à l’aéroport, il y a une station service, où je me suis bien évidemment empressé de faire le plein. Après avoir fait trois fois le tour des pompes avec un camping car gigantesque pour voir où je pouvais trouver une place. On arrive, on vide le van, on nettoie. On fait l’inspection pour rendre le van. « Le réservoir n’est pas plein ». Quoi ? Je regarde… en effet, je n’ai pas tout rempli… je ne comprends pas… je remonte dans le van, abandonnant Iris à l’entrée de l’agence, avec une pile de bagages plus haute qu’elle. Je retourne à la station service, recommence à tourner dans tout les sens et à manoeuvrer comme je peux pour trouver une place. Refait le plein, m’assure que ça déborde bien, m’en fout sur les doigts, sur le pantalon. Je pue l’essence, mais au moins je suis sûr que c’est plein. Je retourne à l’agence. On revérifie. Cette fois c’est bon. Évidemment, comme je suis sur une relocation, je ne suis pas dans les plus prioritaires, et j’attends donc toujours sagement que l’on s’occupe de moi. « Est-ce que vous avez les reçus pour vous faire rembourser » ? Je sors les tickets d’essence, puis mon ordinateur, j’affiche le reçu sur mon écran. « Vous ne l’avez pas imprimé ? » Le contrat spécifie « sur présentation des reçus ». Je ne voyais pas l’intérêt de l’imprimer. « A priori, vous n’avez pas d’imprimante ». La madame, en plus, n’est pas sympathique. « Est-ce que vous pouvez l’envoyer par email ? » « Est-ce que je peux utiliser votre réseau wi-fi ? » « Ah bin non ! C’est trop dangereux pour la sécurité. ». Oui, c’est vrai, je vais tout pirater le système informatique en 14 secondes devant ces yeux. « Est-ce que je peux vous le copier sur une clé usb » ? « Ou lala non, c’est encore plus dangereux pour la sécurité ça ». Ah, merde, ils sont sur PCs. J’essaie de leur expliquer que j’ai un mac, qu’ils ne craignent rien, que je peux formater la clé 8 fois avant. La madame me fait la morale comme quoi ce n’est pas moi qui paierait le réparateur informatique qui viendra après que j’aurais tout cassé. Rendu là, j’ai envie de lui foutre quelques baffes, qu’elle arrête de me regarder de haut. Mais ma maman m’a dit que ça ne se faisait pas. Pinaise de foutu bonne éducation. Je regrette des fois. « Mais si vous voulez, il y a une imprimante à l’aéroport ». Mon dieu ! Enfin quelque chose de constructif de sa part ! Je prends mon ordinateur, direction l’aéroport. Ça fait déjà une heure que l’on est arrivé. On était juste dans les temps pour retrouver Sarah. On commence à être pas mal en retard. Je rentre dans l’aéroport. Demande à une madame de la sécurité où je peux trouver une imprimante. « Je ne pense pas qu’il y en ai. Le seul endroit où vous pouvez peut être en trouver, ça sera au centre de presse, mais vous devez passer la sécurité ». Au moins, ça, je maîtrise. C’était pas prévu pour aujourd’hui, mais me voilà qui passe la sécurité pour essayer de trouver une imprimante. On me demande pas de passeport. Pas de carte d’identité. Faut dire qu’il ne doit pas y avoir trop de terrorisme en Tasmanie. Tant mieux pour moi. Mais la madame de la boutique me dit que non, malheureusement, ils n’ont pas d’imprimante. Je peux peut être tenté ma chance aux comptoirs de locations. Je ressors. Me dirige vers les comptoirs de location. En prend un au hasard. La madame est adorable. Un gigantesque sourire, gentille comme tout. Toute désolée de ne pas pouvoir m’aider : ils ont des vieilles imprimantes à aiguille à papier perforé. J’en ai marre. Je vais pas faire les 42 agences de location, en espérant en trouver une qui marche. Je retourne chez Britz. Oui, je les nomme, parce qu’ils ont vraiment un service à la clientèle catastrophique. À chaque fois. Je rentre en gueulant à la madame qu’il n’y a pas d’aéroport dans son imprimante. Ou le contraire. J’emplois des gros mots que, même s’ils sont en anglais, ma maman comprendrait et serait choquée. Quoi que… ça reste à voir. Je m’engueule encore un peu avec la madame. Qui, bien évidemment, doit finir les autres nouveaux clients dont elle s’occupe. Moi, ça fait juste une heure et demi que je suis là. Rien de prioritaire donc. Elle me dit finalement qu’elle peut me rembourser le montant correspondant à l’essence, et complètera le reste quand elle recevra mon email… de toutes façons, j’ai pas le choix. Je reçois un texto de plus en plus impatient de Sarah. On devait être au centre ville il y a 30 minutes déjà…

Et puis finalement, c’est réglé. Je n’ai récupéré qu’une partie de mon argent, je suis supposé récupéré le reste dès qu’elle a mon email. La chance tourne un peu : la navette pour le centre ville est là juste quand on arrive. On ne comprend pas pourquoi, mais on nous demande que 10$ par personne au lieu de 16. On prend. Quinze minutes, on est au centre ville, à l’endroit indiqué par Sarah. Qui n’est pas là. On s’inquiète. On regarde à droite, à gauche. J’envoie un autre SMS… et puis finalement, elle arrive. On s’excuse, on discute un peu, on fait la connaissance de Missi, une jeune japonaise, qu’elle présente comme son amie. On monte dans la voiture. On discute un peu en route. Pas trop. Pas pratique le contexte voiture. Et finalement, quatre bonnes heures plus tard, on arrive dans un endroit perdu au milieu de nul part. Une magnifique petite maison de campagne, avec un grand terrain au tour. Ça sent le hippie, mais ça devrait nous plaire ! On s’installe, on mange, on discute. Le séjour ici s’annonce agréable !

Un petit morceau de côte est : Bicheno, Frecynet et la Wineglass Bay

La nuit a été très tranquille et très reposante. Le van est horriblement confortable, et on s’y attache horriblement vite ! On va finir par avoir des goûts de luxe. J’ai été réveillé à un moment par les fameux cris d’un diable de Tasmanie. C’est vrai que c’est assez impressionnant, et que ça mérite bien son nom. J’imagine bien le pauvre petit colon sans expérience tasmanienne se faire réveiller par des appels pareils… de quoi décider de rentrer en Angleterre. Ce n’est pas peu dire ! Par contre, j’ai eut beau regarder un peu partout autour du van, je ne l’ai malheureusement pas vu. Ce sera donc pour une autre fois.

Au matin, la baie est tout aussi magnifique, et on aurait bien aimé en profiter un peu plus. C’est le genre d’endroit où, quand on ne compte pas le temps, on peut facilement rester poser 3 jours sans vraiment bouger. Ah, que le Pourquoi Pas ? me manque parfois…

On reprend la route, direction le Parc Frecynet (B), et Bicheno (C). Frecynet, c’est pour la Wine Glass Bay, Bicheno, c’est pour les petits pingouins qui se promènent sur les plages à l’aube et à la tombée de la nuit.

La route vers le sud est tranquille. On longe des plages magnifiques ; sable blanc, eau turquoise. Désertes. On comprend facilement pourquoi après avoir mis un orteil dedans. Elles ont beau êtres très invitantes, l’eau est malheureusement glacée. On n’arrivera pas à se baigner si ça continue !

À un moment, la route se divise. Vous avez alors deux possibilités : prendre la branche ouest, à droite, qui vous fait passer pour un magnifique point de vue, ou la branche est, qui continue à suivre la côte, et passe par une charmante brasserie. Bien évidemment, vous nous connaissez, nous sommes passés par le point de vue.

Avouez que ça laisse rêveur un point de vue pareil ! Ça donne des envies de déguster une bière sur la terrasse. On fera la dégustation au comptoir. Iris aurait bien aimé prolonger la dégustation sur la dite terrasse, mais le chauffeur, un peu raisonnable, ne peut pas vraiment participer. En passant, si jamais vous avez l’occasion d’acheter de la Iron House, allez y sur la Wheat (blanche). Ou bien la Porter. Quoi que. La Pale Ale était pas mal non plus. La lager ? Sans grand intérêt de son côté. Et puis ils ont aussi une pilsener. Que vous pouvez carrément oublier pour l’occasion. Je mets le van en pilote automatique pour éviter de trop zigzaguer, et nous voilà de retour sur la route, les plages de sable blanc, et l’eau froide.

On arrive finalement à Bicheno, où on fait un peu de repérage pour les pingouins. L’office du tourisme nous indique l’endroit où tenter notre chance. On essaie aussi de faire le plein d’eau, mais c’est compliqué. On tourne plusieurs fois en ville, ce qui permet de repérer que tout les endroits sympas sont très clairement indiqués interdits au camping. On verra si on a plus de chance plus loin. Pour le moment, on continue en direction de Frecynet.

Frecynet, c’est une trentaine de kilomètres plus au sud. Deux baies magnifiques et particulièrement célèbres, quelques superbes montagnes. Une petite péninsule des plus inspirantes. Toujours un peu serré par le temps, on ne fait qu’une petite balade aller retour jusqu’à un point de vue qui permet d’admirer la Wineglass Baie. Qui mérite largement sa réputation. Le parc aussi offre un sentier de randonnée sur plusieurs jours. En compter trois. Ou quatre si on veut vraiment prendre son temps. Personnellement, ça m’inspire énormément. J’y repasserais peut être plus tard. On verra.

La balade nous a vraiment plus ; on s’en offre une deuxième, toute petite, pour aller voir Honeymoon Bay, puis une troisième, le temps de faire le tour d’un phare. Et d’avoir un point de vue complètement différent des lieux. On scrute à s’user les yeux dans l’espoir de voir des dauphins. Il y en a dans le coin. Souvent. Mais pas aujourd’hui malheureusement.

Bref, le parc Frecynet est tout simplement magnifique. Avec des petits airs de pointe Forillon en Gaspésie, ce qui ne le rend que plus agréable. Les sentiers de randonnées sont vraiment bien aménagés, confortables et, comme tout le reste en Australie, un peu cher. Enfin ça dépend… cher pour une journée. Sinon, il existe des passes individuels d’une durée de deux mois qui sont quand même un peu plus abordables. Pas grave. On ne regrette pas. Ça valait vraiment la peine ! Et moi, je reste avec l’idée de venir passer un trois jours tout seul ici avec mon sac à dos et ma future tente spéciale randonnée toute neuve !

Et nous voilà, encore, de retour sur la route. On rentre à Bicheno, pour se nourrir, et pour essayer de voir quelques pingouins. La ville de Bicheno est vraiment très belle, et les environs des plus inspirants. On refait encore deux fois le tour à essayer de remplir le réservoir d’eau. On le fera finalement avec de l’eau non potable. On boira la bière que l’on n’a pas pu s’empêcher d’acheter un peu plus tôt…

Et puis commence l’attente des pingouins. Il y a cette gigantesque plage sans fin, sur laquelle on peut espérer en voir. À priori, à la tombée du jour, ils reviennent de la pêche, traverse le sable, et vont se coucher. Alors on s’assoie, et on attend. On attend. On attend. On n’est pas les seuls. Il y a quelques autres personnes un peu plus loin. On attend d’abord dans notre coin avant de finalement revenir vers là où se trouve les gens. Il fait désormais noirs, et ils ont des lampes. Ça peut aider. Et puis soudainement, on voit notre premier pingouins sortir de l’eau. On essaie d’approcher discrètement, mais c’est sans compter la dizaine de personnes qui se précipitent dessus, prenant des photos avec flash, alors qu’il ne faut pas. Le pingouin ne demande pas son reste et est de retour dans la flotte en moins de deux. On hallucine un peu devant le comportement des gens. Et on plaint le pauvre pingouin qui voulait juste rentrer tranquillement chez lui. Le deuxième que l’on voit, on se fait discret, on ne dit rien. Moi je fais mes photos sans flash. Ça vaut ce que ça vaut. Mais au moins, on laisse la petite bête rentrer chez lui. On reste encore un bon moment, mais sans en voir d’autre. On rentre donc au camping car, qui nous attend juste à côté d’ici, à un endroit où il n’y a aucun panneau d’interdiction. Pas besoin de rouler ce soir, donc. Et puis au moment où on arrive sur le parking, on voit trois personnes qui regardent le petit pingouins qui semblent tout perdu sur la route. Mais non, il fait juste se balader. Avant de rejoindre deux autres amis à lui. On les regarde un peu, jusqu’à ce que deux enfants arrivent. Évidemment, enfant et pingouins, c’est pas vraiment compatibles, et nos nouveaux amis à deux pattes disparaissent vite dans les buissons.

Et nous de pouvoir aller nous coucher contents.