Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Archive for the ‘People we meet’ Category

Freycinet jour 1 : Wineglass Bay

Le réveil s’est fait plus tard que je l’avais initialement planifié, mais c’était prévu. La nuit a été courte, mais je suis quand même en forme. Je finalise mon sac assez rapidement, finalement prêt à partir vers 10h15. Bernd me dit que si je patiente un tout petit peu, il me donne un lift vers la sortie de la ville, car il a une course à faire là bas. C’est parfait pour moi.

À 10h30, je suis donc sur le bord de la route, avec mon petit carton mal orthographié. Freycinet s’écrit Freycinet. Non pas Frecinet comme je l’ai cru à un moment. Ça ne semble pas empêcher les voitures de s’arrêter. Le profil des gens qui s’arrête est relativement le même que d’habitude : généralement, des hommes seuls dans les 40-50 ans. Ou un couple d’âge plus ou moins avancé. Les vans, eux, ne s’arrêtent pas. Une rencontre assez sympathique, avec ce couple qui a des enfants un peu partout dans le monde. Petit bout de trajet agréable avec eux. J’aime bien la conclusion du gars « je te souhaite d’apprécier de continuer d’aimer autant la vie, ce qui me fait aucun doute ». Je me retrouve perdu au milieu de nul part. Puis encore plus au milieu de nul part après un petit lift de quelques kilomètres seulement. Une autre voiture s’arrête. Petite. Genre Clio. Ou Echo. Ils sont trois dedans. Un allemand et deux suédois. Steph, Elin et Robert. Ils vont à Freycinet. Ils vont faire Wineglass Bay. On s’entend bien. Je me demandais dans quel sens attaquer la boucle, j’ai la réponse à ma question.

Je prends quelques informations à l’entrée du parc, notamment sur l’état des réserves d’eau un peu partout. Un ou deux ruisseaux buvables (après ébullition) et des réserves d’eau de pluie correct dans un des campings. J’ai donc une journée complète à tenir. Je partirais avec 3 litres.

Sur le parking, je retrouve un des vans qui ne s’étaient pas arrêter pour m’emarquer. Je suis toujours curieux sur le profil des gens qui voyagent en van. Deux filles françaises. Je reconnais à leur décharge qu’il n’y avait pas de places pour moi. J’arriverais à échanger deux trois mots avec elle à un moment, elles ne sont pas sympathique du tout. Je préfère largement mon allemand et mes deux suédois.

Inspection des douanes obligatoires avant le départ.

On attaque la marche. Eux voyagent léger ; moi j’ai 15 kilos sur le dos.

Jour 1 : 
Altitude départ : 14 – altitude arrivée : 5 ; point culminant 220
Dénivelé : + 206, -215 

Distance : 4.2 km ; Temps de marche : 2 heures. 

La montée jusqu’au point de vue, je l’ai déjà faite, mais la refaire est bien agréable. Certes, je suis un peu plus chargé, mais ça monte quand même bien. Juste plus lentement. On croise aussi ces deux américains qui viennent juste de tomber en panne de batterie. Je les prends donc en photo, avec la promesse de leur envoyer par email par la suite. Ça ne coûte rien, et ça leur fait plaisir. Ce n’est pas la première fois que je le fais ; et je me souviens à Bali le gars qui avait fait une photo de nous sous l’eau avec son appareil étanche. Échange de bons procédés j’imagine.

La descente sur Wineglass Bay se fait elle aussi sans problème. Le sac commence à peser un peu, mais j’ai désormais un bâton de marche en plus avec moi, et c’est vrai que ça aide aussi. La baie est magnifique… mais comme disait Iris à Tasman « prend ça Wineglass Bay » ; je suis d’accord avec elle. Si la baie est belle, ce n’est pas la plus belle de Tasmanie. Elle mérite quand même une petite marche, mais le point de vue que l’on avait en hauteur valait déjà bien la peine. Au loin, au bout de la plage, un peu sur la droite, on devine Mount Freycinet. Le point culminant de la péninsule. J’ai rendez-vous avec lui demain. Je l’attends avec impatience. Mes collègues de marche sont plus courageux que moi. Il faudra, un jour, que j’apprenne à me mettre à l’eau froide. Je ne comprends juste pas pourquoi je n’y arrive pas. J’aime l’eau, les vagues sont superbes et font rêver, mais je sais bien que ce n’est pas la peine d’essayer.

Mes compagnons de marche font finalement demi tour après leur baignade. Et je finis la marche le long de la baie tout seul comme un grand. Le camping m’attend juste après. Je m’installe tranquillement. Il y a pas mal de monde, ce qui est assez logique pour un samedi soir. Je monte ma tente sous le regard curieux des kangourous du coin. Kangourous qui doivent bien se moquer de moi. Je n’ai pas le mode d’emploi. C’est la première fois que je la monte ; ça n’a rien d’intuitif. Jusqu’à ce comprenne finalement que les crochets ne servent pas à faire tenir les machins mais les bidules, et qu’il n’y aucun truc pour accrocher le chose. À partir de là, je me retrouve finalement avec une vraie maison. Et oui, le bâton de marche devient le pilier central de la tente. Astucieux. Et pas mal pour gagner du poids !

La maison construite, je profite de la lumière de fin de journée, qui est tout simplement superbe. L’eau change de couleur toutes les deux minutes, selon la couverture des nuages et l’angle du soleil. Rien qui ne rende bien en photo, malheureusement… mais un souvenir d’une couleur jamais vue jusqu’à présent.

Je rentre à la tente me faire à manger. Sur le regard tout aussi attentif des kangourous. Sans doute pense-t’il que vu mon incompétence à monter la tente, je serais aussi incompétent à cuisiner, et j’en renverserais partout. Malheureusement pour eux, je me débrouille plutôt bien avec ma petite casserole et mon mini brûleur. Je ne sais pas si j’ai fait pitié au couple là bas, où s’ils trouvent juste mignon mes interactions avec mon voisin kangourou, mais à un moment, la femme vient me voir et me demande si je veux un peu de poissons qu’ils viennent juste de pêcher. J’imagine qu’ils ont trop pour deux, peut être pas assez pour quatre. Toujours est il que je me retrouve avec ce magnifique morceau de poisson, et qu’il est délicieux. Et puis les cadeaux spontanés, gratuits, sans rien demander en retour, j’ai toujours aimé ça. Ma journée semble se placer sous le signe de la générosité. Entre ces gens qui m’ont offert généreusement une place dans leur voiture, Elyn qui m’a offert des biscuits, et ce couple qui m’offrent un saumon. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir une crise de nostalgie en repensant à Burning Man.

Est-ce que c’est la nostalgie de Burning Man, qui est aussi un lieu de rencontre, qui me pousse ? Je ne sais pas. Il n’y a que des couples qui voyagent ensemble. Pas vraiment facile de me joindre sans avoir l’impression de déranger… et puis il y a ces trois personnes qui viennent juste d’arriver. Tout sourires et bonne humeur. Oserais-je dire que c’est inhabituel pour des français ? Toujours est il que j’ai une occasion d’échanger quelques mots avec eux, et que je décide de pousser un peu. Je demande si ça dérange que je passe la soirée avec eux, ils m’accueillent tout sourire. Comme bien souvent, ne me demandez pas de me rappeler leurs noms. Il y a un couple, qui vient de Toulouse. Ils voyagent avec une fille de Perpignan, qu’ils ont rencontré en faisant du fruit picking à Mornington. Ils me parlent du fruit picking avec le même enthousiasme que tout les autres. « On s’est fait 1300$ en 10 jours ». C’est vrai que la somme est alléchante. Quelques mathématiques ramènent ça à 130$ par jours, probablement aux environs de 15$ de l’heure. Juste un peu au dessus du salaire minimum, donc, impôts déduis… par contre, il est vrai que le gros avantage est que tu arrives, tu es engagé sans condition, et que tu restes le temps que tu veux. Très pratique pour pouvoir remettre un peu d’essence dans le van quand on est perdu au milieu de nul part. Les restaurants et autres classiques de backpackers attendent que l’on reste plus longtemps évident. La discussion s’étire un peu dans la soirée. Les échanges sont agréables. Ma dernière nuit a été très courte, mais je ne ressens pas trop de fatigue quand je vais finalement me coucher.

S’il y a des kangourous dans les environs du camping, il y a aussi des opossums. C’est un peu le bordel dans ma tente, avec les sachets explosés. La bonne nouvelle, c’est qu’ils n’ont à peu prêt rien ouvert de ma bouffe. À part les crumpets que j’avais prévu pour mes petits déjeuners. Bon, bin je ferais les prochains jours sans petit déjeuner j’imagine. On verra comment arranger tout ça. Et je m’endors finalement, tout heureux, dans ma petite tente au milieu de nul part.

Remarkable Cave, Cape Raoul et les navigateurs suisses

Il y a beaucoup trop de choses à faire dans Tasman National Park. On veut toujours aller rendre visite à Raoul et son cap, mais comme la journée n’est pas encore trop avancée, on en profite pour faire un autre détour par Remarkable Cave en faisant une pause en chemin sur l’une des nombreuses magnifiques plages de la région pour manger.

Remarkable Cave est encore sur le même principe. Un caillou tombe, la mer creuse une grotte, la grotte s’effondre. Une fois de plus, c’est assez impressionnant. Mais ce qui m’impressionne le plus, personnellement, c’est la vue que l’on a depuis cet endroit !

Et puis finalement, après tout ces détours, nous voilà enfin au début de la randonnée pour Cape Raoul (que mes correctrices habituelles ne s’y trompent pas, en anglais, cap s’écrit cape). La balade annoncée est de 5 heures. 14 kilomètres aller-retour. Je regrette juste de ne pas avoir d’informations concernant le dénivelé. Enfin… il est 14h30 quand nous partons ; le soleil se couche vers 20h. On a donc de la marge, mais pas tant que ça. Alors une fois n’est pas coutume, on emmène nos lampes frontales. Juste au cas.

La balade commence tranquillement, dans une forêt aux arbres assez imposants. On n’en a pas encore vu beaucoup des gros en Tasmanie, une bonne partie ayant été rasée au cours des dernières décennies. Pour l’occasion, on admire et on profite de la douceur et de la quiétude des lieux. Et puis après une toute petite heure de marche, on débarque sur le bord de la falaise. L’océan se fait entendre, loin au dessous. Et là bas, tout là bas, on voit Cape Raoul qui nous attend. Une grande étendue verte et plate, qui semble annonciateur d’une promenade agréable dans la prairie.

On s’éloigne de la falaise le temps de perdre un peu d’altitude. De prairie, il n’y en aura aucune. De loin, ça ressemble beaucoup à de l’herbe. De prêt, se sont des arbustes plus ou moins haut. Le chemin n’est pas particulièrement bien entretenu. Il ne doit pas y avoir beaucoup de monde qui font ce circuit. On se frotte régulièrement sur des branches et sur des herbes. Avoir su, j’aurais plutôt mis un pantalon. Ça fini par irriter les jambes à la longue !

Les paysages sont magnifiques une fois de plus. Les points de vue sur les falaises changent régulièrement, offrant à chaque fois de nouvelles choses à découvrir. Il paraissait beaucoup moins loin le cap du sommet de la falaise. Mais il nous faudra un peu plus de deux heures et demi pour le rejoindre. On passe un moment à regarder, à prendre des photos. On n’a croisé personne. L’humain le plus proche, si on omet le bateau en contrebas, est relativement loin. Je jalouse d’ailleurs le gars (ou la madame) sur le bateau. La vue sur les falaises doit aussi être superbe. J’aimerais trouver une solution pour revenir ici en voilier. Admirer les falaises depuis en bas.

Le soleil commence à décliner, mais nous avons tout notre temps pour rentrer. En fait, la lumière est juste parfaite. Un léger brouillard, quelques nuages, un soleil couchant. Lumière parfaite, photo parfaite. Une bonne occasion pour changer la photo d’entête du blog tiens !

Le retour est un peu long est pénible. Ni Iris ni moi n’aimons les randonnées aller-retour. On préfère les boucles. On les allers simples. La dernière heure est relativement lourde sur les jambes. Il y a quand même un certains dénivelé, et on a une matinée quand même assez active derrière nous, ce qui n’aide pas non plus ! Mais on arrive finalement à la voiture. Heureux de ce que l’on a vu. On a mis exactement cinq heures. Ce sont des heures très bien investies !

On hésite un tout petit peu sur la suite du programme, mais Iris a très envie de dormir sur le bord de l’eau. Il y a un gars, tout seul avec son van, en train de s’installer pour la nuit sur le parking. Je me dis que ça pourrait être sympa de passer la soirée avec lui. On le regarde tout les deux avec un grand sourire. Il ne sourit même pas en retour. Bon, finalement il n’est peut être pas si sympa que ça. On prendra l’option sur le bord de l’eau. Je me rappelle le petit chemin que l’on avait repéré pour la veille. Ça ira très bien pour ce soir. On remonte dans la voiture. Je pense aux diables de Tasmanie et aux kangourous qui, alors que le soleil commence à se coucher, m’attendent sûrement à la sortie d’un virage. Je roule donc assez tranquillement.

Quand on arrive finalement sur notre petit chemin, il y a déjà un van de garé. En même temps, il y a largement la place pour une voiture et une tente supplémentaire. Mais bon, la moindre des corrections, c’est quand même de demandé. Il y a un couple, dans la soixantaine, en train de discuter. Ils ont l’air sympathiques et parlent français. On commence à discuter un peu. On accroche tout de suite. Le plus dur, en fait, au début, c’est surtout de gérer la discussion en profitant au maximum du spectacle que nous offre le soleil. Il s’en donne à coeur joie !

Ils ‘appellent Michel et Marie-Anne, et sont suisses. Quand ils nous expliquent qu’ils voyagent en bateau, je n’ose pas leur demander comment ils ont quitté le Lac Léman… on discute pendant plusieurs heures. Iris a eut la bonne idée d’acheter quelques bières en début d’après midi, on a donc ce qu’il faut pour partager. En retour, on a le droit à un peu de vin et de fromage.

On écoute Michel parler ; on l’interrompt un tout petit peu de temps en temps, mais c’est rarement nécessaire. Il nous parle de leurs voyages en bateau. De partout où ils sont allés. Du plaisir qu’ils ont eut à découvrir Vanuatu. Leurs échanges avec les gens. Ils sont enseignants à la retraite. Mais voyage depuis une bonne vingtaine d’années, toujours en bateau. Michel nous explique qu’à l’époque, un mois de salaire suisse leur permettait de vivre une année à bord. De quoi rêver un peu.

En ce moment, leur bateau est à Brisbane. Ils ont décidé qu’ils voulaient voir la Tasmanie, mais ne pouvaient pas descendre aussi au sud, bien que je n’ai pas compris pourquoi. Ils sont là pour deux semaines, avant de retourner à Brisbane. Ensuite ? En avril, ils continuent vers Darwin, en faisant un détour par la grande barrière de corail, puis monte vers Bali et Komodo. Tout cela nous fait rêver. Comme on s’entend super bien avec eux, on propose de garder contact. L’invitation à garder contact semble aussi une invitation à venir passer quelques jours à bord. Deux semaines avec eux dans le coin de Brisbane et de la grande barrière, ça fait un peu beaucoup rêver. On imagine, on se projette…

Quand on partira le lendemain matin, ils dorment encore. On leur laisse donc nos coordonnées sur une feuille de papier, bien protégé du vent sur une pierre. On espère qu’ils nous recontacteront. Parce que je n’hésiterais pas une seconde à avoir l’audace d’essayer de m’inviter quelques temps sur le bateau. On peut toujours rêver, non ?

Mes petits chinois…

Aujourd’hui, j’ai traumatisé mes deux petits chinois, en préparant des nouilles instantanées. C’est que eux, ils les mangent en soupe. Honnêtement, en soupe je trouve ça horriblement moyen. Du coup, quand les nouilles ont fini de cuire, j’ai jeté l’eau de cuisson dans l’évier, comme je fais d’habitude. Ils ont été horriblement surpris les pauvres. Du coup, on a mangé des nouilles sèches à la place. Et bin je continue à trouver ça meilleur. D’ailleurs, soit dit en passant, les nouilles instantanés (ramen) sont bien meilleures en Australie qu’en France ou au Québec !

C’est assez amusant de vivre au quotidien avec deux chinois. Je me sens à la limite dépaysé. Quand Bernt n’est pas là, Fanfan s’occupe des repas. Karvin, lui, ne fait pas grand chose. Un peu le rôle du mâle qui se fait dorloter. À table, c’est très clairement du chacun pour soit. Vous vous servez, les portions que vous voulez, sans vous poser de question sur ce que veulent ou ne veulent pas les autres. J’ai proposé à plusieurs reprises de faire le service, mais à chaque fois ça semble les gêner plus qu’autre chose. Surtout Fanfan, une fois de plus, qui préfère baisser les yeux, et dire non merci puis se servir elle même. Pas qu’elle soit timide avec moi ou particulièrement gênée. On rigole bien, on discute, on échange… elle a un bon niveau en français (meilleur qu’en anglais) et veut continuer à pratiquer. C’est bien agréable. Par contre, il y a toujours une certaine retenue dans les échanges. Et puis Bernt me l’a confirmé : ils sont extrêmement polis ; ils ne demandent pas quand ils ont besoin de quelque chose, ils attendent. Ils ne disent pas quand ils n’ont pas compris, se contentant de hocher la tête. Et ils ne disent jamais non… un peu problématique aussi, vu que je travaille souvent avec Karvin, et que j’ai l’impression qu’il se sent obliger d’aller au même rythme que moi. À priori, il était bien moins efficace avant que j’arrive.

Grâce à Fanfan, j’ai réussi à apprendre deux mots en chinois. Pas trois. Juste deux. Merci et de rien. C’est un bon début. Je prononce ça un peu n’importe comment (c’était prévisible !) mais ça semble quand même compréhensible.

Et puis entre le moment où j’ai commencé à écrire ce post et le moment où je le termine, plusieurs jours se sont passés. Je me suis beaucoup rapproché d’eux deux. En discutant un peu plus avec eux, j’ai compris qu’il fallait que j’arrête de les considérer comme chinois. Elle vient de Taïwan et revendique très clairement l’indépendance de l’île ; lui vient de Hong Kong et refuse de se considérer comme faisant parti de la grande république populaire.

Travailler avec quelqu’un, ça rapproche forcément. J’ai surtout travaillé un peu avec Karvin, mais j’ai quand même fait deux trois petites choses avec Fanfan aussi. Elle adore faire du pain par exemple. Sauf que faire du pain, c’est utiliser la machine de Bernt qui fait tout tout seul. Comme elle n’a jamais fait de pain à la main, on s’est fait une soirée pizza, qu’elle est l’occasion de s’essayer au pétrissage !

Du coup, quand ils sont partis, ça m’a quand même fait un petit quelque chose. J’avais discuté un peu avec Fanfan des contacts physiques entre les gens. À Taïwan, les gens ne sont pas du tout démonstratif, et pas vraiment tactile. Les couples ne se touchent pas tant que ça ; les filles se promènent parfois bras dessus bras dessous… mais c’est à peu prêt tout. Il n’empêche que j’ai eut le droit à deux gros câlins quand ils sont partis, et que ça m’a fait du bien !

Iris m’a rejoint à Hobart. Pendant que Fanfan et Karvin louent une voiture pour une dizaine de jours pour faire le tour de la Tasmanie (j’ai donc bon espoir de les revoir quand ils repasseront à Hobart), nous on loue une voiture pour deux jours, pour aller découvrir Tasman National Park.

Retour à Hobart… en stop.

« Tu verras, le stop en Tasmanie, c’est facile ». La dernière fois que l’on m’a dit que le stop était facile quelque part, je me suis retrouvé à faire du camping à côté d’une station de pompiers, incapable de traverser l’île de Vancouver en une journée. Du coup, je me méfiais à l’idée de traverser la Tasmanie en stop.

Hold on ! C’est quoi cette histoire de traverser la Tasmanie en stop… aux dernières nouvelles, j’étais chez Sarah avec Iris. Je ne m’éterniserais pas sur les raisons en arrière de mon départ plus rapide que prévu. Elles sont nombreuses et complexes. Bref ; changement de mission Helpx, je rejoins Bernt, à Hobart. Lui aussi m’a garanti que le stop fonctionnait super ben en Tasmanie, qu’on pouvait aller n’importe où en l’espace d’une journée. Je me suis méfié quand même. Je lui ai dit que j’arriverais sans doute en fin d’après midi ou en début de soirée.

Sarah m’a déposé vers 9h50 à la sortie de Hobart. C’est peut être une hippie, mais à priori, elle n’aime pas le stop. Elle voulait rester jusqu’à ce qu’une voiture s’arrête pour noter la plaque d’immatriculation pour des raisons de sécurité… je lui ai dit que ce n’était pas la peine. Je lui ai promis de texter à Bernt les plaques de toutes les voitures qui s’arrêteraient. J’ai menti. Je ne l’ai pas fait. Ça me tentait juste pas. J’ai plus de chances de survivre à la traversée de la Tasmanie en stop qu’à un vol Lombok-Bali je pense.

Armé de mon pessimisme mais de mon plus beau sourire, j’attends tranquillement et compte les voitures. Il se passera une quinzaine de minutes avant que la première s’arrête. Le conducteur s’excusera de ne pouvoir m’avancer que d’une dizaine de kilomètres, mais personnellement, ça ne me dérange pas. Chaque petit bout de grapillé un et bout en moins à faire. Deux minutes après qu’il m’ait déposé, j’ai à peine eut le temps de me remettre sur le bord de la route, une autre voiture s’arrête. Un grand père en descend, et me demande si je n’ai pas de fusil ni de couteau, ou si j’ai l’intention de l’attaquer. Je le rassure sur mes bonnes intentions et embarque. C’est un couple de personnes âgées, tout mignon, agréable et sympathique. Eux me font aussi faire un petit saut de puce. Un autre dix minutes d’attente avant de me faire embarquer pour une demi heure. Jeune chauffeur, avec qui l’échange se fait bien ; je n’ai aucun problème de compréhension, et on discute de tout et de rien. Il me dépose à l’embranchement qui, selon moi, sera la partie la plus difficile du trajet. À gauche, la route va à Launceston, la deuxième plus grande ville de Tasmanie. À droite, à Perth, une petite ville sur la route entre Launceston et Hobart. J’hésitais un peu à aller jusqu’à Launceston et repartir vers le sud. Détour, certes, mais route plus fréquentée. Et puis finalement, j’ai décidé de prendre le chemin le plus court. J’attendrais une bonne quinzaine de minutes, je pense, avant qu’une voiture m’amène jusqu’à Perth. Le chauffeur me dépose à un endroit parfait. Sur la route principale, juste en face d’une station service. Le temps passe… j’ai découvert sur l’île de Vancouver que restait statique en faisant du stop ne fait que donner l’impression que le temps passe plus lentement. Alors je souris, je fais des signes aux gens, je discute avec les passants, et je tente même ma chance avec les voitures venant de l’autre direction. La prochaine fois, je pense que je ferais une pancarte « c’est pas beau par là bas, faites demi tour » ou un truc du genre. Et puis finalement, après une attente particulièrement longue (que je chiffrerais à 30-40 minutes, ce qui est donc quand même très raisonnable) une petite voiture rouge s’arrête. Une maman et sa fille. Adorables.

Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas et qui me rend perplexe. Toutes les voitures qui s’arrêtent, toutes les personnes qui m’embarquent, s’excusent. De ne pas aller jusqu’au bout, de ne pas avoir une voiture très rangé, de ne pouvoir m’avancer que de dix minutes. Pourtant, chaque voiture qui s’arrête, je suis extrêmement reconnaissant ! Et je leur fais savoir. J’ai plaisir à discuter avec tout ces gens, à leur sourire, à être enthouisaste. C’est vrai que faire du stop, ça donne l’impression de faire tout de suite partie de la communauté des stopeurs. Et dans ce contexte, l’idéal c’est de donner la meilleure image possible. Pour donner aux gens qui s’arrêtent des raisons de continuer à s’arrêter.

La charmante maman et la fille vont jusqu’à Hobart. Longue ballade donc. Et longues discussions vraiment agréables tout au long de la route. Sur des banalités au début (combien de temps je suis en Australie, qu’est-ce que je fais en Tasmanie, etc…). Avant de dériver tranquillement pas vite. Elle m’a expliqué qu’elle faisait une thèse de journalisme sur « comment les médias australiens perçoivent-ils le Rwanda comparé à comment le Rwanda aimerait être vu ». Ses explications et tout le reste rendent la chose encore plus intéressantes.

Bref, une magnifique petite dernière balade. Quand elle me demande dans quel quartier je vais à Hobart, comme ce n’est pas très loin de chez elle, elle propose même de me déposer devant la porte. Difficile de faire plus sympathique je trouve !

J’arriverais finalement chez Bernt à 15h. 5h10 de route, pour un trajet qui prend 3h30 en voiture. 280 kms. Ça fait quand même une belle moyenne je trouve. Ça me confirme dans mon intention d’utiliser le stop le plus possible dans nos prochains déplacement intra-tasmanien.

Il n’y a personne chez Bernt pour le moment. Je cache mon sac à dos sous un arbre, comme convenu, et part faire mes premiers pas aléatoires dans Hobart. Enfin presque aléatoire ; la charmante demoiselle m’a indiqué comment me rendre sur Elizabeth Street, une rue assez vivante pas très loin d’ici.

Dove Lake, dans les Cradle Mountains

La vie chez Sarah, si on omet l’italienne, est quand même assez agréable. On serait juste vraiment super bien si nous étions les seuls helpers… mais bon… Jeudi, Sarah nous a prévenu que le lendemain, son petit ami venait nous rendre visite. Il s’appelle David, et vient d’Hobart. C’est amusant, parce qu’elle se transforme en petite fille toute excitée, qui attend son petit ami avec impatience. Le vendredi se déroule assez tranquillement, au rythme de Sarah qui se prépare pour l’accueillir. Quand il arrivera finalement, directement à la sortie du travail à Hobart, tout le monde est dans la cuisine en train de finaliser le repas. Il est enthousiasme, souriant, des plus sympathiques. Le premier contact se passe super bien. De même que le deuxième.

Nous aurons notre fin de semaine tranquille, pour que tout le monde profite de la présence de David, et d’une deuxième voiture. Et oui, c’est bien beau d’accueillir tout ce beau monde, mais à six, on ne peut pas se contenter d’une seule voiture. Au programme du samedi, donc, une promenade dans les Cradle Mountains, autour du lac Dove. Si vous cherchez Cradle Mountains dans google image, à peu prêt tout les résultats vous montreront la même chose :

Y’a pas à dire, c’est quand même assez joli. En voiture, ça prend une quarantaine de minutes pour se rendre. Il y a un parking à l’accueil, et un parking tout au début de la balade, mais celui-ci est pas mal souvent plein. La solution rationnelle me paraissait de s’arrêter à l’accueil et de sauter dans la navette gratuite qui passe très régulièrement. Mais Sarah préfère que l’on aille se garer en voiture le plus proche possible. Les écolos continuent de me fasciner dans certains de leurs comportements…

Un groupe de sept personnes, ça ne devient pas très évident à faire bouger. Entre ceux qui ont froid et qui veulent aller vite, ceux qui veulent faire leur photo, et l’italienne que l’on aimerait bien voir marcher 150 mètres devant… c’est d’ailleurs ce qu’on laisse faire tranquillement. On marche un peu plus lentement. On se laisse distancer. Une fois de plus, on se coupe du groupe, mais c’est ça ou avoir une noyade sur la conscience. Il ne faut pas noyer les vieilles italiennes frustrées de 37 ans. Ça ne se fait pas.On attrape quelques brides d’informations de temps en temps, à droite à gauche, quand on rattrape le groupe, qui profite d’un point de vue intéressant, ou parce que Sarah voulait absolument nous dire un truc. Je n’aime pas particulièrement marcher comme ça. Surtout quand au tout début Sarah nous explique qu’elle va nous montrer où elle aime faire des photos. J’avoue avoir énormément de mal avec le « mettez vous là, et faites la photo par là bas » « ah, et puis moi j’aime bien rajouter ce petit arbre là, au premier plan ». Il faut croire qu’elle vient souvent. Et qu’elle fait souvent des photos ! Bref, j’écoute d’un coin d’oreille pas attentif, et je fais les photos que j’ai envie de faire. Et ça, ça me plait, parce que le paysage s’y prête vraiment. À nouveau, le chemin est super bien aménagé. Confortable pour la marche, bien intégré dans le paysage, joli… un vrai plaisir de s’y promener. J’ai bien l’intention de vérifier autant que possible que c’est pareil dans tout les parcs de Tasmanie et du reste de l’Australie.

Le temps joue les capricieux. Couvert, dégagé, vent, chaud, froid. Ça alterne assez régulièrement. À priori, dans cet endroit étrange qu’est la Tasmanie, il peut y avoir de la neige n’importe quand dans l’année. C’est ça d’être en connexion directe avec le pôle sud j’imagine ! Quoi qu’il en soit, on profite d’un coin de ciel bleu pour grignoter les sandwichs que l’on avait bien évidemment penser à apporter. Sous l’oeil pas forcément très rassurant d’un oiseau magnifique. Vu le blanc, je n’oserais pas dire corbeau, mais ça ressemble quand même pas mal !

Et puis on peut tranquillement attaquer le chemin du retour. Quelques arbres magnifiques à escalader en route, une rencontre imprévue, et un magnifique caillou sur lequel profiter un peu du soleil. Ah, pis en passant, si Sarah vous fait penser à quelqu’un, moi aussi.

Et le repos du combattant, après une balade d’une durée normale de deux heures faite en quatre ? Il suffit d’aller le chercher.

Chez Sarah

Après notre première expérience qui a fini un peu en queue de poisson, on ne savait plus trop à quoi s’attendre du côté de chez Sarah. Missi semble assez froide et distante, mais Sarah, par contre, est pleine d’enthousiasme, et son rire est vraiment des plus agréables à entendre. Par contre, il y a quelque chose que l’on ne comprend pas. À plusieurs reprises, pendant le trajet retour, Missi et elle ont fait référence à d’autres personnes qui devaient arriver plus tard. D’autres helper qui s’en viennent ? On ne sait pas trop à quoi s’attendre. On anticipe un peu, avec une petite touche de déception. On avait envie d’être juste nous, apporter notre propre dynamique… on verra.

Quand on arrive chez Sarah le premier soir, il y a un ami à elle. Kevin. Il est vraiment sympa, enthousiasme, et on s’entend bien avec lui. Musicien accompli, il est fasciné par mon didgeridoo (oui, c’est ma façon de vous apprendre que j’en ai acheté un, à Melbourne, et qu’il a quelque chose de fascinant, mais que vous saurez pas quoi pour le moment ; vous pouvez toujours essayer les suppositions) et en joue magnifiquement bien. On s’offre même un petit jam de percussions sur les congas de Sarah. Et puis il y a aussi ce petit truc qui me fait tilter à l’heure du repas : Kevin est né en Afrique du Sud. Missi est japonaise. Sarah est né à Bornéo. Iris et moi, en France. Mais je rajoute une citoyenneté canadienne d’adoption. Cinq personnes autour de la table ; cinq continents. Je fais la remarque. Je suis le seul, semble-t’il, à trouver ça fascinant. On change de sujet.

Le lendemain, Sarah nous offre une visite complète de la maison. Avec historique de chacun des arbres. Elle fait son jardin en permaculture, avec trois poules et deux moutons. Non, quatre poules et trois moutons. Bref. Petit truc simple et sympa. Elle nous explique quelles sont les fleurs comestibles, quoi planter où et comment, nous montre un peu les choses à faire. Nous raconte les histoires de chacun des arbres… ça pourrait être sympa et agréable, et ça l’est au début, si à chaque fois son histoire ne se finissait pas avec la même conclusion « tout est en train de changer, l’industrie forestière a complètement pourri l’écosystème tasmanien, les arbres meurent tous, c’est triste ». Je ne peux qu’être d’accord avec elle, mais entendre la même litanie répétée trente fois de suite donne une certaine lourdeur à l’ensemble… elle nous explique qu’elle s’était beaucoup impliqué dans les mouvements écolos de la région, sur un mode protestataire. Suffisamment pour que des personnes tentent de mettre le feu à sa maison à trois reprises. Plus on lui parle, plus on comprend que l’on est quand même chez une légende locale, même si elle s’est calmée ces dernières années. On aura d’ailleurs la confirmation quelques jours plus tard quand, après une petite balade à pied, on décide de se la jouer fenian en rentrant en stop. La personne qui nous dépose chez Sarah conclura par un « je me doutais que c’est là que vous alliez ».

On accumule des informations pendant prêt de trois heures. J’essaie d’en retenir le plus possible. Je fais une liste, mais ce n’est pas suffisant. Bon, c’est pas grave, on s’en sortira.

Un peu plus tard dans l’après midi, elle reçoit un coup de téléphone. Ce sont deux autres helpers. À priori, ils devaient arriver plus tard, mais ce sont mal compris. Sarah se retrouvent un peu obligé d’aller les chercher. On se retrouve abandonné à nous même. On pourra toujours s’occuper du repas. Et puis prendre ça relaxe.

Ils sont de retour un peu plus d’une heure plus tard. Et c’est là que ça commence à virer en n’importe quoi. Je suis persuadé que l’on aurait pu avoir une très belle dynamique, Sarah, Missi, Iris et moi. Mais le couple qui débarque va foutre le bordel au milieu de tout ça. La fille arrive avec une voix insupportable, un accent à rendre les français fier de leur façon de parler. Ma première impression est catastrophique. C’est le genre de personne qui a besoin de prendre toute la place. D’avoir tout les regards tournés vers elle. La suite le confirmera. Elle s’appelle Elisa, est italienne, et mériterait des baffes. Encore de la violence réfrénée à cause de mon éducation ! Son copain, Yohan est français. Il faut croire que tout les Yohan ne sont pas des gens biens… bon, le courant passe quand même un peu plus avec lui, mais ce n’est pas non plus l’amour fou. Elisa a un niveau d’anglais catastrophique, mais commente tout à très haute voix à coup de « goood, niiiiiiice » qui sonnent horriblement destiné uniquement à flatter Sarah et à lui faire plaisir. Yohan a un meilleur niveau en anglais, mais il comprend vite que je me débrouille très bien, et se retourne vers moi toutes les 2 minutes pour demander une traduction. Désolé, je n’ai pas envie de jouer les traducteurs ambulants. L’habitude lui passera un peu, mais pas tant que ça.

Bref, Elisa et Yohan se mettent à prendre de plus en plus de place. Et ce n’est pas dans les habitudes d’Iris, ni dans les miennes, de se mettre de l’avant. Alors au contraire, plus le temps passera, plus on se retirera. Perdant le contact avec Sarah, et se retrouvant dans une situation qui ne nous convient pas du tout… on aimerait bien les noyer, se débarrasser d’eux, mais ça non plus, il paraît que ça ne se fait pas…

Happy Christmas 2011

Christmas Potluck @ Katherine and Daniel, with lovely people. Here’s a few pict.

Yes… this year, Christmas includes rainbows and feet in the ocean.

Mieux vaut un placard chaleureux qu’un salon froid

Ne voulant pas non plus nous laisser complètement tomber, Catherine nous avait proposé de nous payer une nuit en auberge de jeunesse pour le 24 au soir. Mais vous comprendrez facilement, je pense, qu’une nuit en dortoir pour le réveillon de Noël n’est pas ce que l’on peut trouver de plus attirant. À la place, on s’est donc tourné vers couchsurfing, envoyant quelques demandes de dernière minute. On était prêt à se payer, au besoin, une ou deux nuits d’hôtel, mais passer noël avec des vrais gens sonnaient beaucoup plus inspirant. Et c’est donc très heureux que nous avons trouvé l’invitation de Natasha à passer le 23 et le 24 avec elle.

À la base, elle nous proposait de venir que le 23. Nous avions aussi Pete, qui devait nous héberger le 25-26, qui pouvait aussi nous héberger le 24. Sauf que comme on l’a dit à Natasha, on n’aime pas trop ne passer qu’une soirée chez des gens. Du coup, on s’orientait sur un hôtel le 23… jusqu’à ce que Natasha insiste pour que l’on passe 23 et 24 avec eux.

Invitation qu’au final, on regrettera. Malgré un profil très sympa et énormément de références positives, Natasha est froide; on n’arrive pas à entrer en contact avec elle, et on ne se sent pas les bienvenus. Elle semble nous héberger non pas parce que ça lui fait envie, mais juste pour nous dépanner. Ce que nous ne souhaitions absolument pas. Elle insiste pour que le 24 nous nous joignons à un pique nique couchsurfing. Une cinquantaine de personnes, dans un parc, avec comme mot d’ordre, semble-t’il, de célébrer Noël en se saoulant. Pas vraiment notre trip. On préfère une petite promenade en ville, tranquille de notre côté. Avec un réveillon en tête à tête dans un restaurant grec des plus agréables.

On rentrera vers 22h45, le dernier message reçu de Natasha nous indiquant qu’ils sortaient jusqu’à environ 22h. On a acheté quelques chocolats, on a une bouteille de baileys, et bien envie de partager tout ça avec eux. Quand ils rentreront finalement à 00h30, alors que ça fait presque deux heures que l’on poireaute devant la porte, elle se contentera de dire « bin là, on avait convenu de se retrouver au pique nique cet après midi; mon téléphone est mort, on n’a pas pu vous prévenir ». Pas d’excuse. Rien. Elle montera se coucher sans ajouter un mot. On échange quelques mots avec son copain, échange de numéro de téléphone avec Victoria que l’on espère recroiser comme on reste sur Melbourne quelques temps, et on se couche finalement, bien frustrés et énervés. On se lève tôt le lendemain matin, complètement claqué, on prépare nos affaires en dix minutes, et on s’en va aussi rapidement que possible.

Le 25 décembre, tout est un peu – beaucoup – mort, mais les trams sont gratuits. On va dans le quartier de Pete, on se pose à la terrasse d’une petite épicerie/dépanneur/café. Ça fait du bien. On rejoint Pete un peu après. Il nous accueille avec un grand sourire. On discute un peu. Ça fait plaisir. Nous dormirons dans une petite pièce où il y a juste la place pour deux matelas posés par terre. C’est pas grave. Au moins, l’échange avec Pete est vraiment agréable. On se sent bien et bienvenue. Après s’être fait plus ou moins mettre à la porte par Catherine et Bob, et l’expérience des plus désagréables avec Natasha, on anticipait un peu avec inquiétude la suite du programme. On explique un peu la situation à Pete. On s’excuse, et on va faire une petite sieste. Bien mérité ! Cet après midi, nous rejoindrons, comme prévu, un petit groupe de couchsurfer, pour un 25 décembre bien tranquille !