Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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Et aujourd’hui, on ne fait pas grand chose de plus

Cette nuit, j’ai rêvé que Frodon partait chercher le poumon de la princesse Leïa, pendant que Madmartigan escortait cette dernière pour rejoindre Belgarath et Polgara. Moi, je les aidais à prendre par surprise l’armée qui les attendait en embuscade. Comme on avait beaucoup de grenades avec nous et de Kamikazes, le plan était simple : envoyer les kamikazes lardés de grenades pour se faire exploser au milieu de l’armée ennemie, puis ensuite, utiliser des catapultes pour envoyer les grenades restantes. En fait, je me souviens plus très bien. Peut être que c’était pour envoyer les kamikazes et les grenades en même temps. Après tout, on s’attend pas vraiment à voir des kamikazes tombés du ciel. Enfin si, s’ils sont en avion. Mais pas sans avion.

Bref, j’ai super bien dormi, je me suis réveillé en pleine forme, et je continue à chercher le psychologue qui va analyser mes rêves, parce que là, sur le coup, j’en suis fier de celui là !

Le garagiste m’avait dit de repasser vers 9h du matin. J’ai pas voulu mettre ma montre pour me réveiller. Faut pas exagérer, je suis en voyage quand même. D’ailleurs, je sais même plus où est ma montre, donc ça a réglé la question… mais je me suis sagement réveillé à 9h, ce qui me convient parfaitement, même si ça veut dire « pas de balade sur la plage à matin ». Tant pis, ça sera pour une autre fois.

J’abandonne Pourquoi Pas ? aux bons soins du garagiste, et part avec mon ordinateur, mon appareil photo, et mon linge sale, à l’assaut de la ville. J’en ai déjà fait deux fois le tour hier, par contre, donc je me demande un peu ce que je vais faire. La réponse vient d’elle même : un mini contrat urgent, tout petit, juste comme il faut. Je le ferais en regardant la laveuse tourner. Enfin non. La laveuse ne tourne pas. C’est juste le contenu qui tourne. Je me permets de préciser pour ne pas que mes lecteurs (s’il en reste rendu aussi loin dans le voyage) se mettent à penser que les laveuses fonctionnent bizarrement dans l’Oregon.

Je me suis réveillé avec le moral pas mal revenu à son niveau habituel des derniers mois (soit « très haut » depuis que je suis sur la route) ; le fait d’avoir bien dormi, d’avoir un grand soleil chaud dans le ciel comme si c’était l’été, ça joue sûrement. C’est un peu perturbant d’être l’été le vendredi, l’automne le samedi-dimanche-lundi, le « on sait pas trop » le mardi, et à nouveau l’été le mercredi. Que m’apportera demain, c’est une bonne question !

Je retourne récupérer Pourquoi Pas ?, et discute un bon moment avec le garagiste. Je lui raconte un peu mes aventures ; il note même l’adresse de mon blog, disant qu’il va y faire un tour pour voir ça (monsieur le garagiste, si vous lisez ces mots, je vous salue et vous remercie d’avoir pris grand soin de mon van !). Je l’avais briefé sur le fait que moins les réparations me coûtent chères, plus heureux je suis. Il m’explique que pour réduire les coûts, il a réparé, mais n’a pas fait quelque chose que je n’ai pas compris, et que mes freins reviendront tranquillement à leur état normal d’ici deux trois jours. Ils vont, en effet, un tout petit mieux. En attendant, je resterais calme sur la route (comme si je n’étais pas sage de toutes façons !). Il a aussi jeté un coup d’oeil sur l’ensemble, et m’assure que tout est en bon état, que je ne devrais pas avoir de mauvaises surprises, et que j’ai un moteur d’enfer qui va durer encore un bon moment. Ça, c’est chouette à savoir !

L’une de mes conclusions, hier au soir, face à ma chute de moral, était que ça fait un peu trop longtemps que je me « prive » au niveau de la bouffe. Non, je me laisse pas mourir de faim, ne vous inquiétez pas. C’est juste que je me contente de choses simples, et économiques. Je n’ai finalement jamais mangé le steak dont je rêvais en quittant Yosemite (d’ailleurs l’envie m’est passé tranquillement) et je ne rêve pas trop souvent de fromages, même si quand même, il faudra que je me laisse aller là dessus à un moment. Bref, pour ce genre de chose, je me suis souvent rendu compte que les buffets chinois faisaient des miracles. Mangez tout ce que vous voulez, sans payer trop, ça me paraît un bon plan. Internet me dirige sagement vers le buffet le plus proche. Mon analyse était juste : j’en avais besoin. Vous ne voulez pas savoir quelle quantité de nourriture j’ai mangé. Mais oui, je le reconnais (Brigitte sera contente !) j’ai trop mangé ! Mais ça a fait du bien, et ça m’a recalé le moral à un bon niveau.

Et puis on n’est jamais aussi heureux que dans une société de consommation, alors je me suis promené un peu dans un centre commercial, pour regarder toutes ces choses inutiles dont je n’ai pas besoin, et dont je me passe très bien. J’ai eut un souvenir ému pour ma combinaison de plongée et mes palmes (cambriolées y a un moment maintenant) en visitant un magasin de sport. J’avoue que j’aimerais bien les avoir avec moi, là là, parce que la mer est magnifique, mais glaglaglacée.

Pire encore, j’ai craqué, et me suis acheté un starter et un booster de Magic ! Le truc que je n’avais pas fait depuis 12 ans environ. Faut dire qu’il y avait plusieurs joueurs de Magic parmi les gens avec qui j’étais en fin de semaine, et les voir jouer m’a donné envie. Alors bon, évidemment, je peux pas jouer tout seul, mais au moins je suis prêt. Chose amusante, j’ai trouvé les cartes vraiment pas chères. Et puis j’ai fait la conversion… en fait, je les ai payé aujourd’hui le même prix que je les aurais payées en francs il y a 12 ans. Donc on peut considérer, en effet, que les prix ont baissé puisqu’il n’ont pas monté. Mais en même temps, il y a un phénomène monétaire que je trouve très amusant : les prix en francs sont toujours plus élevés pour moi. 100 francs, ça reste beaucoup, alors que 22 dollars canadiens, c’est pas tant que ça. La raison est fort simple, je pense : je n’ai jamais eut un pouvoir d’achat si conséquent que ça quand j’étais en France. Donc forcément, les prix paraissent plus « impressionnants ».

La journée est pas mal avancée quand je reprends enfin finalement la route. Belle petite route, super agréable à conduire, et aux jolis paysages. La carte me montre un endroit qui me paraît prometteur : «Cape Blanco ». Un petit parc provincial, assez loin de la route, et un petit phare sur le bord de la mer. Ça sera ma destination. Une petite pause très rapide pour voir une maison historique, mais il est trop tard pour la visiter. Demain, peut être. Ça me tenterait bien. Je suis de plus en plus intéressé par l’histoire des lieux, et j’ai vraiment envie de lire les récits de Lewis et Clark !

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Je suis un peu déçu quand je vois qu’il y a un hôte au camping pour s’assurer que tout le monde paie, mais rassuré de voir que finalement, je peux trouver un peu plus loin un endroit très discret et bien tranquille, où je devrais très bien dormir.

Je m’offre une petite balade de fin de journée, attrape encore un magnifique couché de soleil, puis revient au van, où je fais un gros rangement. J’ai acheté deux petites boîtes aujourd’hui, exactement ce dont j’avais besoin. Je me suis débarrassé des trois grosses boîtes vides qui commençaient vraiment à m’énerver. Les gens du schoolbus m’ont dit qu’ils leur trouveraient une utilité. Bref, l’intérieur du Pourquoi Pas ? s’optimise encore et toujours. Je pense avoir quasiment atteint ce que je voudrais. Il ne me reste plus qu’à me débarrasser du vélo, qui en fait me dérange plus qu’autre chose. Ensuite, peut être que je répondrais aux demandes répétées de montrer des photos de l’intérieur de ma maison !

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Bien envie de prendre le temps de reregarder tout ça demain matin moi !

Ah et puis tiens, pour fêter ça, et pour recommencer à prendre un peu plus soin de moi, je me suis fait un petit thé ! C’est toujours agréable. Mais il est temps que je me rachète de quoi faire du chocolat chaud.

Pourquoi Pas ? de retour sur le billard

Je ne me suis pas réveillé trop tard. C’est agréable d’ouvrir les yeux sur le bord de la mer, et une balade sur la plage commence définitivement bien une journée. En plus, le Ranger venu vérifier que tout allait bien a eut la gentillesse d’attendre que Pourquoi Pas ? soit en mode « incognito » (tout les rideaux ouverts, et moi qui ne me promène plus en pyjama) pour venir faire son inspection. Au moins, si jamais je n’avais pas le droit (et le panneau « camping interdit » est quand même assez explicite), il est trop tard pour me dire quoi que ce soit.

[À moitié réveillé, et déjà en train de faire des panoramiques]

[Et j’ai même le droit à un aperçu de la faune locale]

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Mon objectif pour la journée est assez simple. Trouver un garage et une laverie. À priori, j’ai deux semaines d’autonomie en linge, ce qui est pas mal pratique, mais il n’empêche que des fois, c’est nécessaire. Je reprends donc la route en direction de North Bend, qui est la ville la plus importante dans les environs. J’aurais plus de choix de garages, et plus de quoi à faire pour m’occuper en attendant. En fait, la première chose que je ferais en arrivant en ville, c’est de me jeter sur une station service. J’ai continué à surveiller le compteur kilométrique, mais la petite aiguille descendait moins vite que d’habitude. Du coup, j’ai battu un record en faisait 698 kilomètres sur un seul plein, mais en gardant une consommation d’environ 10 litres au 100. C’est donc bien le réservoir qui est plus grand que je pensais : un peu plus de 72 litres semble-t’il.

La deuxième étape consiste à trouver une connexion internet. Je commence à être lassé de chercher des connexions internet. J’ai hâte d’arrêter d’en chercher en fait. Mais ça me paraît un bon moyen de repérer un garage facilement. En même temps, je me fais la promesse qu’après San Francisco, je disparais de la toile pendant un moment, parce que là, quand même, ça commence à bien faire, non mais oh, hein, bon !

Une recherche de garage dans les environs me permet d’en trouver un qui s’appelle « Paul Autopart ». Déjà, à la base, le nom m’inspire confiance. Et puis en plus, c’est le seul qui a un commentaire, et il est positif. Je m’y dirige donc tranquillement. Autant la conduite sur les routes de campagne avec des freins fonctionnants moyennement bien, ça reste tout à fait gérable, autant en ville, j’aime pour ainsi dire pas vraiment ça. Mais bon, j’ai pas trop le choix non plus… je discute un peu avec le garagiste, lui explique le problème. Il me dit de repasser en début d’après midi. Je vais donc me garer en « centre ville », et me promène un peu pour faire passer le temps. Je suis à nouveau en mode « chemise blanche, veston et haut de forme blanc ». J’aime toujours ça. À ma grande surprise, je me fais demander à deux reprises si je peux être pris en photo. J’accepte volontiers, tout en trouvant ça très sympa.

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Pour dire la vérité, je ne suis pas exactement à North Bend. Je suis à Coos Bay. Il y a plusieurs agglomérations qui se touchent les unes aux autres, et je me suis arrêté à la première. L’ensemble de ces petites villes portent le doux nom de « Oregon Bay Area ». Oui, sont mieux de préciser « Oregon », parce que la Bay Area, c’est déjà pris plus au sud. Le tour des 3 rues du centre ville de Coos Bay est très vite fait, donc je me pose tranquillement sur l’ordinateur pour faire passer le temps.

Et puis retour au garage à l’heure dite. Le garagiste jette un oeil, regard le niveau de liquide de freins, quasiment vide. Il en remet. Je me sens un peu bête. Si c’est juste ça… en même temps, ça m’arrangerait ! Mais non, on admire juste après la magnifique flaque à côté de la roue arrière gauche. C’est donc au tour de l’autre… à priori, même symptôme, même problème. La bonne nouvelle, c’est donc que la première réparation avait été bien faite (mais le garagiste aurait du en profiter pour faire l’autre roue). L’autre bonne nouvelle, c’est que les roues avant ne me feront pas le même coup (j’ai demandé confirmation, un peu inquiet). Ça devrait prendre une paire d’heures. Je prépare quelques affaires pour emmener avec moi, hésite pour le linge sale. Ça sera une autre fois. À la place, je prends mes rollers, dans l’intention d’aller voir North Bend. Je ferais vite demi tour. Rouler sur un bord de route nationale 4 voies avec des graviers et un revêtement mauvais ne me fait pas plus envie que ça.

Je retourne donc m’installer sur mon banc où je capte internet, et attend tranquillement. Je fais également un petit arrêt au pub du coin (très sympathique) pour boire une bière à la santé de Virginie (bonne fête m’selle 🙂 ).

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Et puis je reviens au garage, pour trouver un garagiste qui m’explique qu’il va devoir changer une pièce, mais qu’il ne l’a pas. Il faut que je revienne demain matin. Je lui demande le prix. Une centaine de dollars. Ça semble inclure la main d’oeuvre. Si c’est ça, ça me va. Mais j’avais pas vraiment envie de rester dans le coin ce soir. Enfin… tant pis. Une fois de plus, en tout cas, il est très sympa, et sait me mettre en confiance

Je reprends donc le volant, et fait un petit détour complètement inutile par North Bend, où le centre ville ne semble même pas exister. Je me dirige donc en direction de la côte, dans l’espoir de trouver un petit endroit tranquille pour passer la nuit. La ville s’étale ; plein de petites maisons, éparpillées, pas vraiment belles. Le paysage ne présente aucun intérêt, et ça me déprime un peu. Je trouve finalement une route qui me mène vers la plage. Il y a plusieurs parkings avec des panneaux « no overnight camping » mais si on continue un peu plus loin, les panneaux ne sont plus là. Si c’est pas interdit, c’est que c’est autorisé, non ?

Je regarde l’océan. Il est 17h30. Il est tôt, encore. Je n’ai pas vraiment envie de rester des heures ici à ne rien faire. Je ressens encore le vide d’avoir quitté tout le monde hier, et rester assis sur le sable à regarder les vagues n’est assurément pas la meilleure façon de reremplir tout ça. Alors à la place, je reprends la route, et continue un peu sur le bord de la côte. Celle-ci devient soudainement magnifique, même si j’ai du mal à en prendre conscience, perdu dans mes pensées que je suis. Je me gare à un moment. Ce qui devait être juste quelques pas pour aller voir un point de vue se transforme en une petite balade qui me fait le plus grand bien. La machine à sourires redémarre, tranquillement pas vite. Je retrouve, amusé, les théories que j’avais formulé sur l’âme il y a quelques temps maintenant. Tout n’est pas fonctionnel à 100%, mais ça se remet en place, petit à petit, et c’est tout ce dont j’ai besoin.

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Sur le retour à mon parking, je fais une autre petite pause à « Sunset Bay » la bien nommée, dans un timing parfait pour souhaiter bonne nuit au soleil.

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Et puis je reviens m’installer tranquillement, sur mon bord de plage. Le vide a diminué. Si je peux reprendre la route demain, encore un ou deux jours, et le problème devrait être réglé.

Une fin de semaine dans les sources chaudes.

Je viens de retrouver, le temps d’une longue fin de semaine, une partie des sentiments qui m’avaient habité au cours de Burning Man. Pendant ces quelques jours, Tassa, Clam, Mowglie, Joseph, Cassy, Pixi, Forest, et tout les autres, m’ont à nouveau donné un exemple magnifique du sens de la communauté. Installés sur le bord de la rivière, au pied d’une cascade magnifique, juste en face des Sources Chaudes d’Umquat. Il suffit de traverser le cour d’eau pour les rejoindre.

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Quiconque passe à portée de voix se voie invité ; à prendre un café, fumer une cigarette, manger quelque chose… je me suis joins à la communauté tout naturellement le vendredi soir. J’ai apporté mes quelques talents, beaucoup d’essence, et j’ai été accueilli avec énormément de générosité, d’amitié, et de nourriture. La différence, c’est que cette communauté, temporaire et aléatoire (un bus scolaire réaménagé en provenance du Vermont, un autre bus scolaire réaménagé, pour une famille de 7 enfants, et quelques amis de passage), se forme, se déforme, et se transforme. Elle se déplace sans jamais s’arrêter. Ce sont des descendants directs du mouvement hippie, version bohème. Ils boycottent Burning Man pour la plupart, parce que c’est payant, et que c’est cher. À la place, la plupart participe à des Rainbows Gathering. Des rassemblements gratuits, d’envergure changeante, et ayant lieu un peu partout aux États Unis. Il paraît qu’il y en a un dans l’état de Washington, en novembre…

Tassa a 21 ans. Originaire de l’Ohio, elle a passé toute sa jeunesse en Alaska. Elle fugue a 16 ans pour aller rejoindre sa mère, dans la région des grands lacs. À 17 ans, elle a pris la route. Ça fait 4 ans qu’elle voyage, qu’elle mène une vie de nomade. Elle me fascine au plus haut point. J’ai besoin de la comprendre, j’ai besoin de saisir ses motivations. Mais elle partira toute seule de son côté, moi du miens. Ma vie est trop rapide pour elle, et elle se revendique hautement indépendante. Elle va passer quelques temps dans le nord de la Californie ; j’aurais peut être l’occasion de la recroiser. Son rêve, c’est d’avoir son propre « school bus » à elle, pour emmener des enfants avec elle, et leurs apprendre les arts du cirque. Les vieux autobus jaunes sont rachetés, réparés, aménagés. Ils sillonnent les routes de l’Amérique du Nord. On les retrouve surtout sur la côte ouest, tellement ouverte à ce niveau. Nous sommes dans une forêt nationale, le camping sauvage est donc autorisé. En plus des deux autobus, il y a beaucoup de groupes, installés un peu partout, dans la forêt, qui profitent gratuitement des sources chaudes. Tout le monde cohabite sans le moindre problème.

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Deux jours complets à découvrir ces gens et leur mode de vie. La journée à discuter, à relaxer dans les sources chaudes, à se pratiquer à jongler. Le soir, au coin du feu, guitares, tamtams, chants. Un accordéon, aussi, qui passait par là. Comme presque à chaque fois, je me demande ce que serait ma vie aujourd’hui si à la place de « piano classique » j’avais choisi la guitare a 10 ans… je n’ai aucun regret : je continue à préférer le piano ; il s’agit simplement de curiosité. Et d’un (tout petit) peu de jalousie.

On a fait une petite virée en van le samedi, pour aller faire le plein. Il n’y avait plus rien à boire. Le magasin le plus proche, tout comme le téléphone le plus proche, sont à 30 kilomètres de route. Tout est partagé sans que l’on se pose de questions. De temps en temps, quelqu’un fait à manger. Il y en a une certaine quantité, imprécise, aléatoire. Des gens ont des cigarettes, d’autres non. Ce ne sont pas toujours les mêmes. Le tabac se passe d’une main à une autre sans soucis.

J’ai perdu le décompte du temps horriblement vite. J’ai déconnecté de beaucoup de choses, je me suis retrouvé à un niveau de vie des plus simples. Manger du gruau avec une capsule de bière, dans un couvercle en plastique, ça marche parfaitement et un morceau de boîte en carton convient parfaitement pour faire une assiette. On fait avec ce que l’on a, on se débrouille, et ça fait du bien. On ne se complique pas. On vit, on est heureux, et c’est tout. Ça fait plaisir d’entendre Tassa répéter à plusieurs reprises “I love my life”. J’aime ce mode de vie où, contrairement à Burning Man, il n’y a rien à faire. L’animation, c’est nous qui la faisons, quand on en a envie. Sinon, on peut aller aux sources chaudes, jongler, ou se promener dans les environs.

Là où je suis sincèrement impressionné, c’est l’état du campement. Le soir, c’est une vingtaine de personnes au coin du feu. Dans la journée, il y a toujours des gens qui se promènent, qui font à manger, du thé, du café… le samedi, quand je me suis couché, c’était un chaos relativement impressionnant. Le lendemain, quand je me suis levé, le ménage avait été fait. J’ai fait ma part, le dimanche après midi. Je me suis promené pour ramasser ce qui traînait. Faire du « MOOPING ». Le terme me plaît et est resté. L’ensemble était relativement propre. Définitivement plus propre que ce que j’aurais attendu d’un groupe identique mettons… en France, par exemple.

En fait, l’une des rares choses qui me dérangent, même si c’est un peu bête, c’est qu’ils ont quasiment tous le même look. Et en même temps, ça semble parfaitement normal… les dreads, ça évite de se laver les cheveux. La barbe, pas besoin de la raser. Les vêtements sombres, ça se voit moins quand c’est tâché. L’équipement provenant des surplus militaires ? C’est ce qu’il y a de moins cher. Le tatouage et les piercings marquent leur volonté d’être marginaux… je n’aurais pas assez de temps pour les connaître, pour comprendre leur mode de vie. J’aurais sans doute dû poser des questions… après tout, les 70$ de bières ont été payé avec une carte bancaire. Et quand vient le temps de noter un numéro de téléphone, c’est dans leur cellulaire qu’ils le font. Débrouillardise et musique/mendicité ? C’est tout à fait possible. Tassa m’explique qu’ils ne paient quasiment jamais l’essence pour le bus. Ils arrivent toujours à négocier un peu de diesel au prêt des stations. Comment ? Je n’en ai pas la moindre idée. Et puis il y a aussi les chiens, quasiment omniprésents. Je ne comprends pas. Mais le fait que je n’aime pas les chiens y est sûrement pour beaucoup. Il y a 5 ou 6 chiens en permanence, ça fait du bruit, et jusqu’à trois chats.

Je fais une deuxième petite virée le dimanche, pour rejoindre le téléphone cette fois. Il fallait que j’appelle Amtrak, pour annuler mon billet de train. C’est fait. C’est confirmé. Je ne fêterais pas mes 30 ans à Montréal. San Francisco semble finalement l’emporter. Enfin, pour en être sûr, j’attendrais quand même dimanche prochain. Pourquoi Pas ? me refait le coup des freins qui ne marchent plus, et ça ça m’interpelle beaucoup. Angoissé, pas vraiment. Si c’est à nouveau la roue arrière droite, est-ce que ça veut dire que ça a été mal réparé ? Ou que ça va se reproduire tout les 5000 kilomètres ? Et si c’est une autre roue, est-ce que ça veut dire que ça va se reproduire pour les deux restantes ? Encore, et encore, et encore des questions qui viennent tout compliquer dans ma tête. Un sac à dos et un pouce, c’est bien rare que ça tombe en panne.

Je me déconnecte de plus en plus en ce moment, et je sens bien que j’en ai besoin. Demain, je pars, quelque part. Je sais pas trop où. À priori, l’océan… je n’ai pas le goût de reconnecter. Bien sûr que j’envie la liberté de Tassa. Tout comme j’envie ces gens, dans leur lofts Ikea du centre ville. Ces nouveaux parents, heureux un enfant dans les bras. Ces gens qui travaillent sur la route. Trop d’incompatibilité dans trop d’avenirs possibles et fascinants. Comme j’essaie d’expliquer à Tassa, je suis à un carrefour, et je n’ai aucune idée de la direction à prendre pour le moment. J’essaie de lui expliquer, parce que j’ai beau parler anglais sans aucun problème maintenant, il y a encore, des fois, des concepts qui me bloquent. En fait, j’aimerais tenter la même expérience en France ou dans un endroit francophone, où je pourrais, en plus, partager mes histoires. Un conteur qui ne peut conter, ça sonne triste à mes oreilles.

L’automne s’est installé en une fin de semaine. C’est impressionnant comme tout a tourné instantanément…

Willow Lake

Un autre coup d’oeil à la carte avant de repartir. La route que je prends passe par Willow Lake. Petite recherche internet. Oui, la vue sur le sommet peut être sympa de là bas. La nuit tombe, et je vais donc faire un peu de conduite nocturne, mais ça n’est pas bien grave. Ce soir, je fais une photo longue exposition de la montagne se reflétant dans le lac.

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Voilà. Ça c’est fait. Sauf que je pensais dormir sur le bord du lac, mais que le camping est fermé pour la saison. Dommage, j’arrive un peu trop tard, et il y a quelques humains vivants dans le coin, donc je peux pas vraiment squatter. Je me contenterais donc d’une photo sur le bord de l’eau. J’aurais fait une exposition plus longue si je n’étais pas tombé en panne de batterie au milieu de la prise de vue. Pas grave. On se contentera de ça, ça me plaît bien.

À défaut de dormir sur le bord de l’eau, je roule un tout petit peu, trouve un petit bout de chemin qui mène nul part, et m’y installe.

Tantôt, après le départ des deux autostoppeuses, j’ai démonté la roue arrière du vélo. Il n’a plus de roue. Il prend beaucoup moins de place. Et puis j’installe de façon semi permanente la grosse boîte qui était dans le coffre, et que je déplaçais tout les soirs. Elle sera désormais sur le siège avant. Parfait. Il était donc encore possible d’optimiser le rangement du van ! Désormais, je n’ai plus rien à bouger quand je vais dormir. Certes, je partage le lit avec le djembé, mais il ne prend pas trop de place, et ne ronfle pas, alors c’est pas trop grave !

Pour son 150 000e kilomètres, Pourquoi Pas ? rentre dans un arbre !

Pourquoi Pas ? trouve l’endroit magnifique lui aussi. Il décide d’ailleurs que c’est l’emplacement parfait pour fêter son 150000e kilomètre !

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Toujours aussi fiable, toujours aussi bon rouleur, même si la route des derniers jours le fait slalomer, monter, descendre, très souvent. Pour le remercier, je décide donc quelques kilomètres plus loin de lui offrir un cadeau d’anniversaire digne de lui !

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Un peu inquiet, malgré l’assurance du gars à l’entrée. Mais oui, en effet, il y a bien la place pour faire passer un Dodge Cargovan 1990 aménagé en campeur dans un arbre. Expérience hors du commun, je confirme, mais extrêmement amusante. Je me suis retrouvé à rire tout seul en traversant mon arbre tunnel. On commence à avancer. On s’arrête. On rentre les rétroviseurs. On lève les yeux. On recommence à avancer. Et puis à l’intérieur, il y a même la place pour qu’on se glisse en dehors de la voiture, histoire de prendre quelques photos. Particulier, mais vraiment amusant donc !

Berkeley

Le centre ville de Berkeley m’ayant bien plu, j’ai décidé d’aller y jeter un dernier petit coup d’oeil pour la route. Et puis le campus universitaire avait l’air sympa aussi. Je me gare, et mets seulement de l’argent pour une heure dans le parcomètre ; ça m’incitera à ne pas m’éterniser. Je me promènerais finalement pendant une heure et vingt, découvrant un campus à l’américaine, sympathique sans être exceptionnel. Les rues avoisinantes me plaisent bien. Il y a beaucoup de petits restaurants, de petits bars, qui donnent envie de les essayer. N’ayant plus rien à lire, je m’arrête dans une bouquinerie, histoire de refaire un peu les réserves. J’achète deux livres, qui ne me mèneront pas au bout du monde, mais qui devraient quand même me faire tenir un peu. Au moment de sortir, je vois deux très belles éditions de Anne Mc Caffrey. Livres que je n’ai jamais lus, et qui en plus sont dédicacés par l’auteur ! Ça me fait terriblement envie, mais une fois de plus, je réussi l’effort suprême de résister à la tentation. Ils sont quand même un peu chers, il faut le dire.

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Une dernière petite pause avant de partir, parce que ça fait longtemps que Pourquoi Pas ? n’a pas eut son changement d’huile. Ce sera chose faite assez rapidement. Un petit plein d’essence avec ça, et hop, on reprend la route.

Et on redescend

Je remonte dans le Pourquoi Pas ? avec un grand sourire. Il est 15h30, j’attaque la redescente jusqu’à Lee Vining. Mon enthousiasme est peut être un peu trop grand. J’oublie d’utiliser le frein moteur, et je laisse le van prendre beaucoup de vitesse. Du coup, je me retrouve à beaucoup utiliser les freins. Une odeur de caoutchouc brûlé me rappelle que je pèse une tonne et demi, et que je viens de perdre plus de 1000 mètres d’altitude, une deuxième fois. Je calme le jeu, histoire d’arriver sain et sauf dans la vallée.

Le retour à Mono Lake

Je quitte finalement la ville fantôme, pour revenir là d’où je viens. La route est toujours aussi agréable, et comme je viens d’imposer dix kilomètres de plus de route engravillonnée à Pourquoi Pas ?, je le laisse une fois de plus faire tout ce qu’il veut. Du coup, la grande descente sur le lac se fait relativement rapidement. Enfin… pas si rapidement que ça si on considère la distance dont j’ai besoin pour dépasser un vélo. Il semble avoir du plaisir le monsieur sur ses deux petites roues ! Ça me rappelle de bons vieux souvenirs, dans la descente de Voiron, à l’époque où on pouvait foncer tout droit jusque dans les parvis d’église. Que voulez-vous… les choses changent !

Lee Vining -la plus « grosse » ville sur le bord du lac- n’a pas changé elle. Toujours pas grand chose. Je m’y arrête le temps d’acheter des barres de céréales pour demain. J’envisage toujours de faire le Half Dome, même si j’ai l’impression que je risque d’être serré par le temps… enfin, on verra bien. Peut être que ça sera pour une autre fois sinon… un restaurant familial avec ses odeurs de fritures me fait de l’oeil ; ou plutôt du nez. Ou de l’estomac, rendu là, je ne sais plus trop. En tout cas, je sais que j’ai faim. Je résiste pourtant magnifiquement bien, en me forçant à penser à ma purée en flocon qui s’en vient. Avec du lait en poudre. Un vrai moment de bonheur en perspective.

D’abord, il me faut repérer où est l’est dans le coin. J’ai quelques projets de levé de soleil pour demain matin. De toutes façons, il faudra que ma journée commence tôt… alors autant en profiter ! Et puis je me dis que depuis le temps que j’en ai envie, tremper les pieds dans le lac me fera un bien fou, malgré l’odeur de souffre. L’eau était à une température relativement agréable en juin (j’avais réussi à rentrer à moitié dedans) donc je me dis que début septembre, après un été à chauffer, ça doit être que du bonheur. Je reprends la route jusqu’à la petite plage où on s’était arrêté avec Fannie. J’avais oublié le chemin de graviers pour y aller… décidément, c’est vraiment la journée où je fais souffrir Pourquoi Pas ? aujourd’hui. Mais malgré toutes les vibrations, il reste parfaitement imperturbable. Tant mieux !

Je mets un doigt dans l’eau. Elle est horriblement froide. Comment ça se fait, alors qu’elle était si chaude en juin, et qu’en théorie elle aurait du passer l’été à chauffer, je n’en ai pas la moindre idée. En tout cas, c’est raté pour le bain de souffre de ce soir. Passage au plan B : le parking des tufas, ces grosses constructions en calcaire 100% naturel. J’ai fait pas mal de photos en juin dernier, je ne vois pas l’intérêt de refaire les mêmes. Alors à la place, je me prépare ma purée, et mange tranquillement, en attendant que la nuit tombe. Une fois qu’il fait bien noir, je me force à oublier que je suis un citadin qui panique quand il n’a pas son lampadaire, et je me dirige sur le bord du lac, avec mon appareil photo. Disons que ça valait la peine de combattre un peu ma peur du noir. En fait, j’y passerais des heures quand je vois le résultat… mais au bout d’un moment, le noir finit par prendre trop de place, alors je rentre au van. Avec quand même quelques magnifiques photos coup de coeur, et quelques souvenirs de la grande ourse.

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Petits cours pratiques

Comme prévu, je trouve une laverie assez rapidement. Et en plus, j’arrive à pirater une connexion internet dans les environs. C’est parfait. Pour compléter, il y a une épicerie où je vais pouvoir acheter du produit à lessive et un coupe ongles (oui, ça aussi ça devient nécessaire). Je prépare donc mon sac de linge sale, change de pantalon pour laver celui que je porte présentement, prends mon porte feuille pour aller faire les courses, faire la porte, et regarde mon pantalon à l’intérieur. Oui, celui dans lequel j’ai mis mes clés en sortant de la voiture. « Seb embarré en dehors du Pourquoi Pas ?, deuxième prise ». Bon, en même temps, j’ai mon portefeuille et une épicerie juste à côté, ça ne devrait pas poser trop de problèmes. Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un cintre. La suite, je maîtrise parfaitement.

Bon, évidemment, ils en ont des cintres, mais juste en plastique. Les vieux modèles pour voleur de voitures, ils ont arrêté de les faire. Pas grave, je trouve mon bonheur au rayon « barbecue ». Et oui, je vais devenir le premier voleur de voitures qui débarre les portes de l’extérieur avec des piques à brochettes ! Je fais donc mes petites emplettes, et m’installe avec mes piques. Échec critique avec le premier : je le laisse tomber dans la porte. Celle-ci fera sans doute « gling gling » à l’avenir… Je recommence donc avec un deuxième, en faisant plus attention. Je n’en ai que trois, je n’ai pas trop le droit à l’erreur !

Je me rends malheureusement compte que les piques à brochettes vendus chez Safeway sont trop courts pour pratiquer du crochetage de serrure. Je me bas pendant un moment, espère, attends un miracle, sans succès. En même temps, je suis au milieu d’un parking. Je me dis que peut être quelqu’un appellera la police, et que je pourrais demander un coup de main. La seule personne qui s’intéresse à ce que je fais discute un peu avec moi, me dis qu’il n’a pas vraiment ce qu’il faut pour m’aider. Je lui demande s’il y a un poste de police pas trop loin ; il me répond en rigolant qu’ils ne pourront pas faire grand chose pour moi, à part m’arrêter parce que je suis allé à Burning Man. Mouais, bon… en tout cas, la chose est claire : très prochainement, je laisse une clé cachée à l’extérieur du van !

Tiens, en parlant de police, j’en vois une de l’autre côté de la rue. Je vais donc lui demander de l’aide ; il me confirme ce que je pensais : comme à Montréal, les policiers n’ont plus le droit d’intervenir pour ouvrir les voitures barrées de l’intérieur. J’oublie de demander la raison à l’agent qui se trouve devant moi. Tout ce qu’il peut faire, c’est appeler une dépanneuse. Eux ont le droit de le faire. Il se renseigne : ça coûte 90$. Pour ce prix là, je dois pouvoir en acheter pas mal des cintres !

Je remercie monsieur l’agent, retourne faire un tour dans l’épicerie, sans succès. Je ne vois rien de mieux. Je tente ma chance dans une boutique de linge, mais comme me dit la madame, maintenant ils n’ont plus que des cintres en plastique. Les cintres en métal, c’est vieux. Vieux ? Mon regarde se porte de l’autre côté de la rue. Un motel. Rien de tel, il me semble, pour trouver des vieilleries miteuses et crasseuses ! Je demande donc de l’aide à la madame de l’accueil, qui me revient gentiment avec trois cintres en plastique. Ok, donc mon accent est toujours aussi mauvais. Je la remercie, lui réexplique. Ah ! Non, elle n’a pas de cintres en métal. Pas grave ; des motels, ça ne manque pas. Je m’essaie dans un deuxième. La madame, ici, comprends tout de suite. Bon, mon accent n’est quand même pas si mauvais alors. Elle revient rapidement avec un vrai cintre en métal. Yé ! Je suis persuadé d’être sauvé.

Je m’en reviens au van. Démonte le cintre, le tord, le pli. Trente secondes après, la porte est ouverte. Okay, ça y’est, me voilà rendu grand maître de l’ouverture de portes par l’extérieur avec un cintre en métal. Bon, par contre ça me prendra un bon 5 minutes à ressortir le cintre de la porte, mais j’y arrive quand même ! Tout cela s’est fait en plein milieu d’un parking très achalandé. Comme quoi, j’en ai confirmation une fois de plus : ayez l’air naturel, et vous pouvez voler tout ce que vous voulez !

Petit tour de cadran

Je me réveille avec l’impression d’avoir quand même assez bien dormi. Pourtant, ce matin je ne suis pas motivé plus que ça. En même temps, je ne suis pas pressé. J’ai même tout mon temps. Je rêvasse, je traînasse, je me rendors comme une masse.

Il sera finalement 10h légèrement passé quand je me réveillerais pour de vrai et me déciderait à descendre du lit. J’ai envie de faire un peu de ménage et de rangement. J’essaie d’enlever un peu de poussière sur les objets à l’intérieur du van ; j’essaie d’en faire sortir un peu aussi. J’enlève la poussière sur les vitres, histoires de voir un peu mieux ; celle sur la carrosserie, je la laisse. De toute façon, ce n’est pas de la poussière :

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Je range un peu tout, donc, et prépare mon linge sale (et surtout poussiéreux). C’est amusant à quel point mes vêtements gothiques, théoriquement noirs, sont rendus d’un gris sable des plus caractéristiques de tout ce qui a été à Burning Man ! Enfin… dans cet endroit de maisons de locations et de résidences touristiques, je ne pense pas que trouver une laverie soit bien difficile.