Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Archive for the ‘Gastronomie’ Category

Gaufres matinales

Y’a pas à dire, le quasi centre-ville de Eugene, c’est beaucoup plus tranquille qu’une aire de repos sur le bord de l’autoroute. J’ai peut être bien entendu passer deux ou trois voitures à plusieurs moments dans la nuit, mais très clairement pas plus que trois.

Je me réveille en prenant mon temps. Il est neuf heure passé. Je range deux trois petites choses, réorganise encore un peu l’intérieur du van à cause de toute la nourriture que j’y ajouté hier. C’est clair, je peux survivre à un siège maintenant. Et puis finalement, je me dirige vers la porte de la maison. Celle-ci est ouverte. Je frappe, pas de réponse. J’hésite un peu. Je me sens quand même un peu timide à matin. Mais j’entends des pas, j’entends une voix. Sarah m’accueille avec un grand sourire. Alex, son fils qui va à Burning Man, est là également. On discute un peu pendant que Sarah fait cuire des gaufres. Étrangement, ce petit déjeuner dominical me fait penser à un petit déjeuner, pris bien longtemps au paravent, à Kamloops, chez Carly, une couchsurfeuse qui m’avait alors hébergé. Ambiance bon enfant, sur le thème « y’a plein de bonnes choses, prend donc ce que tu veux ». Les gaufres au yaourt et sirop de fruit (unkleberry, il va me falloir la traduction) au petit déjeuner, c’est que du bonheur. Surtout quand on prend le dit petit déjeuner à l’arrière de la maison. Je fais remarquer à Gretchen que je trouve leur jardin magnifique. Genre de jungle contrôlée ; je suis sûr que mon père adorerait.

_MG_2552.jpg _MG_2554.jpg _MG_2555.jpg _MG_2550.jpg

Évidemment, la rencontre Orégon-Charbinat ne sera pas simple à organiser. Pourtant, les atomes crochus sont là :

_MG_2548.jpg

« Si vous avez un jardin et une bibliothèque, vous avez tout ce qu’il vous faut ».

Je trouve magnifique la relation entre Sarah et Alex. Ils sont très proches, et il y a une belle complicité. La relation entre Gretchen et Alex semble aller très bien également. Je n’ose pas poser de questions, mais si j’ai bien compris, ça fait un bon moment que Sarah et Gretchen sont ensemble. D’ailleurs, Sarah a présenté Gretchen comme sa femme. J’ai hésité, à ce moment là, à demander si le mariage gay était légal en Oregon, et depuis quand. En tout cas, ça ne me surprendrait pas plus que ça. Les gens ici ont l’air non seulement accueillant, mais également ouvert d’esprit. En même temps, difficile d’être l’un sans l’autre, non ?

_MG_2558.jpg _MG_2560.jpg _MG_2566.jpg _MG_2559.jpg

Nincassi

À nouveau de retour au van. L’invitation de Sarah est toujours là, et j’ai bien l’intention de passer chez eux, au moins pour les remercier de l’invitation ; peut être pas encore pour l’accepter, je ne sais pas. Et puis il y a cette bière, de la brasserie Nincassi, qui m’a vraiment beaucoup plus. La brasserie n’est vraiment pas loin, et ils ont l’air de vendre des bouteilles. Pourquoi ne pas commencer par la brasserie, puis décider ensuite ?

Petite balade rapide en voiture, me voilà devant le bar. La serveuse m’explique que leur permis d’alcool ne leur permet de vendre les bouteilles que par pack de trois. Donc 18 bouteilles minimum ? Ah non, ce sont des packs de 12. 36 bouteilles minimum, pour 180$. Ça fait un peu trop pour moi. Par contre, le magasin à 100 mètres d’ici a une bonne sélection. Parfait. Dans ce cas, je vais opter pour un petit échantillonnage de dégustation.

– Vous venez d’où ?

– De Montréal. J’adore la bière, et comme je voyage en van, j’essaie de m’arrêter dans le plus grand nombre de place possibles, pour ramener plein de bières différentes.

– Vous voyagez et vous aimez la bière ? Alors si c’est ça, je peux vous donner une bouteille.

Elle se penche, me sort une bouteille de 75cl, et me la donne. Comme ça, gratuitement, avec le sourire. Elle ne me la vend pas. C’est un cadeau de la maison.

– Merci beaucoup ! J’ai vraiment l’impression que l’Oregon c’est une belle place pour les gens qui aiment la bière.

– Oui, en effet. Est-ce que vous avez la carte des brasseries ?

– Euh… non !

– Attendez une seconde.

Et voilà. Me voilà avec une carte donnant les adresses d’un peu plus de 150 places pour amateurs de bières. La vie est décidément magnifique dans l’Oregon !

Je m’installe dehors, confortablement, et attaque tranquillement ma dégustation. Coup de coeur pour les deux premières, agréable découverte avec la troisième (leur meilleure vendeuse, celle dont j’ai maintenant une bouteille gratuite avec moi), coup de coeur pour la quatrième, résultat mitigé pour la cinquième. Une stout. Ne pas trop généralisé pour le moment, mais à date, les stouts et autres noirs dans l’Oregon ne me convainque pas du tout !

Et puis j’ai soudain un éclair. Nincassi, le nom me dit quelque chose depuis le début. J’essaie désespérément de m’en rappeler. Ça me revient soudainement : le nom d’un bar très sympa à Québec. Ça me fait penser à Janne, mon amie de Québec, qui aime et connaît la bière encore plus que moi.

Mes dégustations terminées, je fais un petit détour par le magasin indiqué, et m’offre deux autres bouteilles que je n’ai pas goûtées. J’ai perdu le compte, mais je crois bien être rendu à 16 ou 17. Mon cellier se remplit tranquillement. En fait, mon cellier va très bientôt débordé. Il va me falloir ouvrir un deuxième cellier dans le van !

_MG_2541.jpg _MG_2542.jpg _MG_2543.jpg _MG_2544.jpg _MG_2545.jpg _MG_2547.jpg _MG_2546.jpg

Pizza au bleu, oignons caramélisés, et bière

Je marche au hasard. À droite, à gauche, d’un stand à l’autre. Une partie marché, une partie artisans. Une partie marché biologique même. L’ambiance est délicieuse, les odeurs me font saliver, je résiste. Et puis je me retrouve à côté d’un stand de pizzas, où ils promettent une pizza « fromage bleu + oignons caramélisés ». Leur voisin ? La brasserie Nincasi, qui propose une IPA double. J’ai beau faire tout les efforts du monde, je succombe. Je repère une petite place à une table où deux dames dans la quarantaine discutent. Elles répondent d’un sourire quand je demande si je peux m’installer avec elle. La bière est excellente, la pizza magnifique. Je commence à discuter. Les questions classiques. D’où je viens, où je m’en vais. Burning Man ? Oui, bien sûr on connaît. J’ai une amie dont la fille y va. Évidemment, Burning Man c’est juste à côté d’ici (en terme nord américain : moins de 10h de route).

– Est-ce que ça fait longtemps que vous êtes à Eugène ?

– Je viens juste d’arriver. Au départ, je pensais juste faire ma lessive.

– Et vous avez un endroit où rester ce soir ?

– Bin je sais pas encore si je vais rester ici ce soir où reprend la route. Mais c’est sûr que je repasserais.

– Bon, bah tenez : voilà mon numéro de téléphone, si vous avez besoin de quoi que ce soit. C’est toujours pratique de connaître des gens dans les endroits où l’on voyage. N’hésitez pas à m’appeler ! Et puis ma fille adorerait vous rencontrer. Elle a étudié en France pendant deux ans.

– Bin.. euh… merci !

– On doit y aller, on a rendez-vous pour notre pédicure.

On dit quoi dans ce temps là ? Bonne pédicure ? Dans le doute, je me contente d’un « bonne journée ». Ça fait à peine trois heures que je suis là, j’ai déjà deux personnes qui sont prêtes à m’acommoder côté hébergement. Je suis tombé dans une ville de fous on dirait bien. Et en plus, j’aime ça !

Ne dîtes pas à ma maman ce que je mange !

Je remets mes rollers, et me redirige vers le Pourquoi Pas ?. J’ai un téléphone à passer ; besoin de discuter, parler. Ça fait du bien ! Le temps aura passé rapidement. Étrangement, j’avais hâte de découvrir Portland. J’ai toujours hâte de découvrir Portland, mais plus tard. L’impression que là il était juste un peu trop tôt en fait. Je me prépare à reprendre la route, mais avant je m’arrête à l’épicerie. Je dois acheter pour dix jours de nourriture. J’achèterais largement plus. Je peux vivre enfermé dans le van pour un bon moment maintenant, sans vraiment de crainte. À part, peut être, celle de mourir d’un manque de vitamines. Parce que quand on part une dizaine de jours dans le désert, et que notre frigo ressemble à un cube de 30 centimètres de côté, il n’y a pas beaucoup de place pour le frais. Alors je remercie les boîtes de conserve, les pâtes, et le lait en poudre. Si ma maman savait ce que je mange !

Je remonte dans le van et me retrouve très rapidement et facilement sur l’autoroute. Je roule un peu, jusqu’à arriver à une aire de repos. Voilà. Ça sera parfait comme journée pour aujourd’hui. Simple, relaxe, pas trop remplie. Ça me convient parfaitement. D’ailleurs, je m’attends à la même chose pour demain !

Deschutes Brewery

Je rentre donc dans un endroit des plus sympathiques. La rangée d’appareil pression est des plus prometteuses. Je m’installe au bar, regarde la carte. Beau programme en perspective. Ils font des petits carrousels de dégustation. C’est parfait pour moi. Je suis plus d’humeur à déguster qu’à boire. Un petit échantillonnage de 6 sera parfait. Connaissant plutôt bien mes goûts en terme de bières, je me dirige vers celles qui semblent avoir un peu plus de personnalité ; je m’offre une petite gradation, même si au final je me retrouve avec trois noires (plus une IPA, une ambrée biologique et une blonde allemande). Je suis assis au bar. À côté de moi, un vieil homme (dans la soixantaine, on peut tu dire « vieil homme ? ») regarde mon appareil photo. On se met à parler photographie. Il se dit photographe. Il a son appareil avec lui, il me montre quelques échantillons de ce qu’il fait. Mouais… j’arrive à trouver quelques photos qui me plaisent, mais je trouve l’ensemble plutôt sans intérêt. Difficile de commenter et meubler la discussion en se basant là dessus. En fait, je suis un peu fatigué, et déçu par les différentes bières que je viens de goûter. La rousse allemande était correcte ; la blonde biologique ne présentait pas vraiment d’intérêt ; l’IPA, pour moi c’est une valeur sûre, donc elle est passée, mais loin d’être exceptionnel. Quand aux trois noires, étrangement, je n’ai pas supporté leur amertume, sans vraiment savoir pourquoi. Enfin, il me restera quad même 23 autres brasseries pour me rattraper au besoin.

Le vieil homme finit par s’en aller. Il me dit au revoir et me souhaite un bon voyage en français. Une fois de plus, j’en ai confirmation : les gens sont fières de connaître un mini peu la langue de Molière.

_MG_2469.jpg _MG_2468.jpg _MG_2466.jpg _MG_2463.jpg

Chocolat chaud et aires d’autoroute

Les aires d’autoroute de l’État de Washington ont une autre qualité : on y sert des cafés chauds gratuits. Ça n’aurait pas été très intéressant, n’étant pas caféinomane, si l’on y trouvait également thés et chocolats chauds au même prix. Je m’arrêterais donc rapidement sur l’heure du midi, histoire de manger des pâtes et de boire un bon petit chocolat chaud. Ensuite, c’est le retour de l’autoroute plate et sans intérêt, qui m’amènera jusqu’à Portland.  

Sushis à volonté

J’abandonne Virginie dans un Starbuck. Moi, je pars en quête d’un sushi à volonté. C’est l’un des rares trucs à prix raisonnable à Vancouver, et j’ai envie de me payer un petit plaisir. Petit plaisir un peu décevant. Les prix, en effet, sont très bas, mais la qualité, très moyenne. J’en avais goûté des meilleurs à Vancouver, mais à d’autres places. Tant pis.

IMG_2432.jpg

Un petit déjeuner sur le bord du lac Pyramide

Note pour plus tard : on peut sans doute dormir à deux à l’étage, mais le rez de chaussée est définitivement trop étroit pour dormir à deux. J’ai dormi au dessus de l’aile de la voiture, il y a un trou à ce niveau là dans le matelas. Bref… nuit plutôt mauvaise. Enfin… au moins, personne ne nous a dérangé. On replie rapidement tout ça. La veille, on a repéré une boulangerie qui a l’air d’offrir pas mal de choses, ainsi qu’un accès internet. L’idée d’un pain au chocolat avec un chocolat chaud me tente au plus haut point. J’en profiterais pour regarder mes mails, et on se fera un début de journée tranquille.

On tourne un peu en rond avant de retrouver la place. Faut dire qu’avec ses deux rues, le plan de Jasper est pas mal compliqué ! Par contre, les lieux semblent très populaire en ce samedi matin. On n’aura très clairement aucune table de disponible. Dans ce contexte, autant aller manger du gruau sur le bord du lac Pyramide (douce vengeance !). Petite vérification avant : la veille, j’ai vu une dame assis dans la rue avec son ordinateur. On va vérifier. Oui, il y a bien un réseau ouvert ici. Parfait. On fait une petite vérification rapide habituelle. Tout le monde est en vie, tout le monde sait qu’on est en vie, parfait. Direction le lac.

Petit gruau rapide sur le parking, puis petite promenade pour se réveiller sur l’île. C’est amusant… tout cela à un petit goût de pèlerinage pour moi. Revoir les mêmes lieux, les mêmes paysages… enfin… presque les mêmes paysages : la fumée est toujours là, et c’est très dommage. Un paysage de montagne quand on ne voit pas les montagnes, ça perd beaucoup. Je propose à Virginie la possibilité de rester un jour de moins à Jasper, et de tracer tout de suite vers Mount Robson, mais ça ne l’enthousiasme pas trop. On verra comment le temps évolue.

La poutine de Jasper

La ville est toujours aussi amicale et sympathique. J’ai préféré mon deuxième passage à Banff ; le fait d’y être avec des gens, dans un esprit plus festif y est sans doute pour beaucoup. Mais Jasper fait quand même beaucoup plus naturel. On trouve une petite place confortable pour Pourquoi Pas ?, et on va marcher un peu en ville. Lentement, pas pressé. On fait quelques visites de magasins de souvenirs, on repère où on peut avoir des accès internet. L’idée d’un restaurant nous tente bien tout les deux, mais on reste le plus low profil possible au niveau du budget. Virginie a des envies de frites. Comme bien souvent, les envies des autres sont contagieuses. Après avoir fait un tour complet du centre ville et de tout les restaurants (c’est l’avantage des petites villes), on s’installe pour quelques minutes dans un simili fast food. Virginie devant sa fritte, et moi devant ma poutine, avec du vrai fromage en grain ! Je trouve très amusant de voir que l’on trouve maintenant de la poutine partout au Canada. Une fois de plus, la culture Québécoise s’impose discrètement, sans que personne n’en ai vraiment conscience. Un jour, la poutine conquérera le monde !

IMG_1647.jpg

Vokda, jus de pomme, guitare et djembé.

La suite du programme ? On pourrait évidemment aller dormir ! Ou bien on pourrait finalement se faire notre petit jam djembé + guitare que l’on a déjà raté deux fois ! Direction chez Liz, donc. On gare le Pourquoi Pas ? dans le parking de la maison. On y dormira cette nuit. On l’installe donc, prêt à l’emploi, avant d’aller au chaud à l’intérieur, pour une soirée toute simple et toute belle. Jus de pomme, vodka, djembé, guitare, rires et sourires. On se couchera à point d’heure (le bonheur du van juste à côté et déjà prêt) heureux et repus de bonne humeur !