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Le meilleur petit déjeuner de fast food que je n’ai jamais mangé !
Finalement, la journée ne commencera pas si tôt que ça. Liz ayant trop chaud dedans, est allée dormir dehors ; sauf qu’elle a raté le réveil. Enfin… on y gagne une heure de sommeil, c’est pas un mal ! Et puis Louise, de son côté, tarde un peu à arriver. Virginie prendra ça relaxe encore ce matin. On attendait tout le monde pour aller profiter du petit déjeuner gratuit, mais en fait, on est juste nous deux intéressés à y aller. On s’absente donc rapidement pour aller se nourrir. Je me dis que ça laissera le temps à tout le monde de finir de se préparer.
Un petit déjeuner gratuit chez Subway, ça ressemble à une sorte de pain bizarre avec une tranche de jambon, un morceau de fromage, pis des oeufs brouillés (ça donne vraiment l’impression qu’il n’y a que du blanc d’oeuf). J’ai récupéré le coupon de Liz, qui me permet d’avoir deux petits sandwichs. Et bien vous savez quoi ? C’est le meilleur petit déjeuner de fast food que je n’ai jamais mangé ! Certes, les mauvaises langues diront que c’est la première fois que je prends le petit déjeuner dans un fast food, et elles auront parfaitement raison. Mais je voulais tenter l’approche positive. L’approche honnête, c’est que je n’aurais pas payé plus de 25 sous pour ça. Comme c’est gratuit, c’est parfait, mais c’est insipide et sans le moindre intérêt. Et une chance que j’en ai pris deux, parce qu’un seul, je survivais pas.
J’abandonne Virginie une fois de plus, pour rejoindre Liz, Louise et Jeff. Finalement, j’aurais pu ne pas me presser, puisqu’il faut encore une bonne demi heure à Liz et Jeff pour se préparer. Je prends mon mal en patience. On a le concert de prévu ce soir, ça serait bien qu’on ne fasse pas tout à la course et qu’on ne parte pas trop tard. Enfin… on finira par se mettre en route, et à ne faire que deux arrêts sur le chemin. Le départ se fait du terrain de golf de Jasper. Liz confirme que la balade sera moins difficile que la veille. Tant mieux, parce que déjà là, je sens que j’ai les jambes raquées. Plus encore que la veille, je pars tranquillement. Liz et Jeff courent devant, Louise aussi, un peu en retrait.
Bonjour, ça serait pour un plein de propane !
On voulait prendre notre petit déjeuner au lac, mais il y a déjà beaucoup trop de monde. On reprendra donc la route et roulera un petit peu avant de s’arrêter sur un parking. Il y a plein d’arbres autour, mais on devine la vallée et le panorama qui l’accompagne. Au menu aujourd’hui : pain perdu. Ça faisait longtemps. J’en remangerais probablement pendant ce voyage. C’est amusant de redécouvrir toutes ces recettes simples, rapides, économiques et faciles à préparer. Je commence à cumuler un peu toutes ces choses, histoires de pouvoir quand même varier les repas.
Le ventre bien rempli, grand amateur de l’humour de répétition, on retourne à Lake Louise (la ville) faire le plein de propane. J’avoue que j’ai peine à croire la madame quand elle me dit « oui, pas de problème, on va s’en occuper ». C’est la première fois que je fais faire le plein de propane de Pourquoi Pas ?. Le réservoir fait environ 10 litres. Le coût ? 7,50$. Exactement le même prix que la bonbonne de 260 grammes achetée la veille. Je pense qu’on va continuer à tourner au propane en vrac aussi souvent que possible ! Je suis un peu surpris, pourtant. Ça me paraît tout petit, pas grand chose. Ça fait depuis mon départ de Montréal que j’utilise le frigo, la cuisinière et parfois le chauffage. Tout ça pour à peine plus que 7$ ? Difficile à croire ! Mais pourquoi pas… on verra bien !
On a donc retrouvé l’usage de notre frigo, mais au final, on n’a plus de produits frais. Et vus les tarifs de l’épicerie, on attendra encore un peu avant de faire les courses. On vivra en autarcie pendant deux trois jours sur nos dernières courses à Banff. Ça sera parfait.
On prend encore quelques minutes pour regarder nos mails et rassurer rapidement tout le monde. Le temps passe horriblement vite. Il est midi passé quand on monte finalement en voiture pour le parc Yoho, et Wapta Falls. Le plan est simple : on va jusqu’à Wapta, on admire les chutes, puis on fait demi tour, et on revient sur Lake Louise le lendemain soir. Une journée et demi pour le parc Yoho, c’est un bon début.
Un thé au lac Agnès
L’accès à la maison de thé et au lac Agnès est beaucoup plus agréable sans la neige, et les pieds au sec. Je me rappelle nos conversations avec le touriste allemand que j’avais rencontré, de même que les deux texans qui ne savaient pas placer Montréal sur une carte. Le chalet est magnifique. Beaucoup plus peuplé par contre. La tranquillité des lieux me manque. En même temps, le chalet a l’avantage d’être ouvert. Je m’attendais à payer une fortune, mais les tarifs sont tout à fait correct (en fait, le thé est à un prix très raisonnable, tout le reste est horriblement cher, ça me convient parfaitement) et on se retrouve donc à boire un Pai Mu Tan, confortablement assis au soleil, la vallée s’étendant à l’infini devant nous. Il y a pas mal de monde sur le bord du lac, mais c’est compréhensible, et pas si désagréable que ça, puisque l’on n’est plus dans un contexte randonnée, mais boire un thé. Étrangement, le monde est moins dérangeant à ce moment là.
Le petit déjeuner sera froid
Petite surprise au réveil. Il n’y a plus de propane. On prévoyait justement de faire le plein en fin de semaine ; comme quoi, on avait visé juste. C’est bien ; ça me donne une bonne idée de l’autonomie de Pourquoi Pas ? à ce niveau là. Après tout, je n’avais pas encore fait le plein depuis Montréal ; le frigo tourne souvent sur le propane, j’utilise régulièrement la gazinnière, et on a fait marcher le chauffage deux trois fois. C’est parfait !
On voulait se faire des bagels avec des oeufs et du fromage au petit déjeuner, il nous faudra attendre un tit peu donc. On se prépare rapidement pour se rendre en ville. À l’information touristique, ils me disent « probablement juste à Canmore. Sinon peut être à la station Shell ». Canmore, ça ne nous arrange pas du tout. C’est un peu plus d’une demi heure de route, dans la mauvaise direction. On tente notre chance au Shell. « Seulement Canmore ou Lake Louise ». Bon, Lake Louise c’est notre prochaine étape, ça nous arrange beaucoup plus. On se passera donc de gaz aujourd’hui. Le frigo tournera autant que possible à l’électricité, il devrait réussir à rester froid de toutes façons. On s’achète un pot de fromage à la crème pour mettre sur les bagels pour le petit déjeuner. C’est parfait, c’est délicieux, c’est nourrissant. Et puis on peut prendre la direction des Upper Hot Springs, les sources chaudes de Banff.
L’inconnu du Mac Donald
On reste un bon moment à discuter. Certaines demoiselles ayant faim, et la fin de soirée approchant, on se dirige tous vers le Mc Do. Personnellement, je ne veux rien. Un gars très sympa (et sans doute pas mal saoul) me demande si j’attends pour commander. Je lui explique que je suis juste là pour être avec mes amis. Il ne me croit pas quand je lui dis que j’ai pas faim. Il me commande et m’offre un cheeseburger. Je me sens très bête ; je n’ai pas vraiment le choix d’accepter. Je le remercie. Il s’en va, heureux. Ce genre de rencontre m’amuse toujours autant.
Steve
On est de retour au van, où l’on s’installe cinq minutes pour discuter. Je suis sur le fauteuil passager, tourné vers l’arrière, la porte fermée. Virginie est assise à l’arrière, la porte ouverte. Un gars passe juste à côté du van et lance un « Pourquoi Pas ? », invitation très claire à commencer la discussion. J’ouvre la porte pour lui dire bonjour. Il me regarde. « On se connaît ». La phrase que je déteste. Il est très clairement québécois, très clairement francophone. Mais j’ai juste aucune mémoire des visages. Alors reconnaître quelqu’un au beau milieu des rocheuses, je vois juste pas comment y arriver. J’essaie, sans succès. Il sait que je suis de Montréal ; il décide à faire durer le jeu, de voir si je suis capable de le replacer. Un indice de temps en temps, mais c’est tout. On passe un bon moment à discuter tout les trois. Il est sympa, mais en même temps, il y a quelque chose qui me met mal à l’aise. Incapable de dire quoi. On en parlera avec Virginie le lendemain pour découvrir qu’on partage exactement les mêmes impressions. Il pourrait être tout à fait normal. Son jeu d’essayer de me laisser le replacer peut être tout à fait anodin, mais me laisse perplexe. Son visage, pourtant, me donne l’impression que je l’ai en effet peut être déjà vu.
On échange sur pas mal de sujets, notamment nos voyages en cours. Ce que l’on fait ici, pourquoi… malgré la petite appréhension, je le trouve sympa. Et je me dis que passer la soirée avec lui pourrait être agréable. Je pose une ou deux questions anodines ; il fait du camping, ce qui est parfait. Étrangement, je n’aurais pas envie qu’il dorme dans le van alors que je serais prêt à passer la soirée avec lui. J’hésite un peu ; théoriquement, je devrais consulter Virginie avant de proposer, mais je vois pas comment lui demander son avis… je prends donc une chance et lui propose de passer la soirée avec nous. Lui va vers le sud, nous vers le nord, mais si on trouve un emplacement discret, pas loin, ça pourrait le faire. Je regarde Virginie après avoir posé la question, ne voit aucun mouvement de panique, aucune tentative de me faire changer d’avis. Steve, puisque c’est son nom, accepte l’invitation. Par curiosité, je lui demande où est sa voiture. Car sur le parking, il n’y a plus qu’un gros camion blanc pas de remorques, et une vieille voiture un peu délabrée. Mon petit doigt me fait penser qu’il se déplace en camion. Il confirme. Sa tente est pas mal plus grosse que la notre ! Je me dis que ça peut être être un peu difficile de trouver un petit chemin tranquille, mais il n’a pas l’air de s’en faire. Comme il n’a pas vu le canyon, et qu’on lui a dit que ça valait la peine, il demande si ça nous tente de le refaire rapidement. Je décide d’accepter, histoire de pouvoir parler un peu plus avec lui, me sentir plus à l’aise. L’ambiguïté de ce que je ressens me perturbe énormément. D’habitude, j’arrive à me faire assez rapidement une première idée générale. Je suis déstabilisé par cette impossibilité.
On refait la balade, donc, beaucoup plus rapidement. En une vingtaine de minutes. Il est toujours aussi agréable de discuter avec lui, mais il n’arrive toujours pas à me convaincre. Je lui pose quelques questions, histoire de réussir à le replacer. Il continue à jouer à me donner des indices, très légers, sans conséquence. On se connaît grâce à une personne que ni lui, ni moi, ne connaissons vraiment, mais couchsurfing a à voir là dedans. On ne s’est vu qu’une seule fois, à la mi saison (le printemps ou l’automne, lui même ne le sait plus) ; c’était dans le centre ville, à l’extérieur. Tout cela ne m’aide pas.
De retour au van, et au camion, on commence à discuter de la démarche à suivre pour trouver un endroit sympa où s’installer pour la nuit. Du coin de la tête, j’indique le petit chemin qui s’éloigne du parking principal, avec le panneau « camping interdit » à l’entrée. « Dommage qu’on ne puisse pas camper ». On se regarde, on regarde le panneau. Il est vraiment petit, discret. Le petit chemin va vers un deuxième parking, caché depuis la route. Si on se parque là, on ne sera pas visible pendant la nuit. De jour, on ne sera visible que depuis le parking. Ça semble plutôt parfait. Dans le pire des cas, si un garde nous repère, on s’excusera disant que, de nuit, on n’avait pas vu le tout petit panneau.
On a donc juste 100 mètres à faire, ce qui convient parfaitement à tous. Virginie a même le droit à une promenade en camion. On rigole à plusieurs reprises avec Steve sur le fait qu’on ne le connaît pas, et qu’il pourrait très bien être un fou psychopathe. Après tout, comme je lui ai dit en rigolant -et pourtant en le pensant un peu en même temps- il aurait très bien pu prendre une chance en disant que je venais de Montréal. Il m’a expliqué que les camions sont barrés à 105 kilomètres heures, au Québec, pour des raisons de sécurité. Je lui dis donc, toujours sur le ton de la plaisanterie (et en ne le pensant pas vraiment cette fois) que ça ne sert à rien qu’il essaie d’enlever Virginie, le van montant à 110.
On gare les deux véhicules côte à côte, 100 mètres plus loin. Il nous offre une petite visite de sa maison à lui. C’est franchement grand et impressionnant à l’intérieur. Là aussi, tout est optimisé pour économiser la place. Mais de la place, il en a sans doute au moins autant que nous. Et puis lui peut se tenir debout à peu prêt partout. Il m’explique un peu les 13 vitesses du camion. On jase un peu technique. J’ai toujours un restant de passion pour les camions qui n’est jamais parti. Et puis après tout, chauffeur routier en Amérique du Nord, ça fait parti des métiers que j’aimerais faire. Pendant six mois. Pas plus. Comme pilote de train. Par contre, il n’a ni cuisinière ni eau courante. Et les fauteuils ne se retournent pas. On se retrouvent donc tout les trois dans le van, autour d’un plat de pâtes aux tomates, que l’on dévore avec plaisir. Il ne boit pas d’alcool ; ça ne nous empêchera pas, avec Virginie, de nous faire une tite vodka pomme en accompagnement. Et puis un petit morceau de fudge de Mackinac en désert, ça ne se refuse pas. Il ne m’en reste plus beaucoup, mais j’en ai encore un peu. Plaisir sans cesse renouveler. Un vrai délice. Il mérite largement sa réputation.
On discute jusque tard dans la nuit ; et puis à un moment, dans la soirée, mes deux neurones se connectent enfin. J’ai toujours adoré ce sentiment de savoir que la mémoire travaille en tache de fond, pendant que le cerveau continue à fonctionner normalement. J’imagine tout les neurones paniqués, courant à toute vitesse, dans tout les sens, essayant de retracer l’information. Je sors soudain « on a tout les deux accompagné Chelsea, une couchsurfeuse américaine qui cherchait quelqu’un pour lui faire découvrir Montréal. C’était au métro Mc Gill, on a mangé ensemble là bas, puis vous êtes partis de votre côté ». Bingo ! Mon ordi se rappelle de tout. J’ajoute donc : « c’était le 6 mars 2010 ».
Une partie de moi se trouve rassurée. Ce n’était pas du bluff ; il était exactement ce qu’il prétend. Je suis tout simplement impressionné qu’il m’ait reconnu, alors que l’on a passé juste quelques heures ensemble. Mais maintenant que je l’ai replacé, je reconnais son visage sans le moindre problème. Je me souviens même que, quand je l’avais vu à Montréal, il ne m’avait pas vraiment inspiré confiance. Comme quoi ! Certaines impressions ne changent pas. Il n’en reste pas moins que croiser dans un parking du parc Kootenay un montréalais que je n’ai vu que quelques heures… ça ne fait que confirmer une fois de plus la micropetitesse du monde.
Et puis finalement, on décide de se coucher. Il rebondit pourtant sur une remarque pour prolonger un peu la discussion encore, donnant l’impression qu’il n’a pas souvent l’occasion de rencontrer du monde et de discuter. Pour être routier, après tout, il faut quand même pas mal aimer la solitude !
On discute encore un petit dix minutes avec Virginie, histoire de réviser nos plans. Finalement, on n’aura même pas traversé le parc Kootenay. C’est la beauté des rencontres imprévues, et de voyager en prenant son temps. On se couche finalement, Pourquoi Pas ? tranquillement à l’abris du gros camion blanc.
Petite soirée entre amis
J’arrive finalement au camping. Je recherche une Pontiac G5 grise avec un drapeau québécois. Je fais un tour complet, sans succès. Je me dirige vers l’accueil, où un petit mot m’attend. Emplacement 58. Parfait. J’y vais, il n’y a pas de voiture ; juste deux tentes. Les demoiselles doivent être en train de marcher. Je m’arrête, m’installe dans mes petites affaires. Espérant que le mot m’était bien destiné ; qu’il n’y a pas deux Karine attendant quelqu’un dans ce camping. Ça ne semble pas le cas. Je reconnais la personne qui vient finalement frapper à ma fenêtre !
Passer la soirée avec des gens me tentaient beaucoup. Ça faisait un moment que je roulais seul, et un peu de compagnie de temps en temps, c’est agréable. En fait, j’aime bien cette alternance de « je suis un sauvage » et « je suis un homme civilisé ». En parlant de « je suis un sauvage », le camping a une douche. Ça, c’est une très bonne nouvelle. Parce que ma dernière douche remonte à… en fait, vous ne voulez sans doute pas savoir !
Il fait froid, il pleut, mais il y a un abris pour les campeurs. Heureusement, parce que cinq dans Pourquoi Pas ? on aurait sans doute été un peu à l’étroit ! Pâtes saucisses et sauces tomates, bières et vodka pomme. On parle, on discute, on jase, on rigole. Le couvre feu est à 23 heures. Deux des demoiselles s’en vont dormir. Je propose une fin de soirée confortablement installée dans le van. Il fait froid. Occasion de tester le chauffage pour la première fois. Ça marche bien, c’est efficace, c’est parfait. On parle voyage, philosophie personnelle, découverte de soit, rencontres et autres petits plaisirs de la vie jusqu’à 2h du matin environ.
Bushwakker
Ma bière finalement terminée et mon blog un peu mis à jour, je suis les indications du serveur. Elles me permettent de m’éloigner un peu du centre ville de Regina. J’ai donc la confirmation que celui-ci est tout petit petit petit. Je passe à côté du Casino, traverse le tunnel sous le chemin de fer, tourne à gauche dans une rue où je serais jamais allé si on ne me l’avait pas dit, et franchit une énorme porte gravée Bushwakker.
L’intérieur me plaît beaucoup. Ambiance festive, sans être trop bruyante ou débordante. Je m’approche du comptoir, et demande quelques renseignements sur les bières qu’ils ont à vendre. Le vendeur connaît parfaitement la question, et me prépare un certains nombre de verres de dégustations. On passe un bon moment à commenter chacune. Je sais pas… quand je fais une dégustation, surtout quand c’est gratuit, j’essaie de commenter le plus possible. Je veux montrer que j’aime ça, que je connais quand même un peu le sujet, et que je fais pas juste semblant pour avoir le droit à quelques gorgées gratuites. En général, c’est une méthode qui marche bien. Après les deux premières dégustations, la personne en face est plus ouverte, plus enthousiaste. Elle parle plus, fait plus de suggestions, et accessoirement cerne mieux mes goûts. Ce qui lui permet de m’en faire essayer deux autres. Si je vide les deux premiers verres (de dégustation, hein ! pas des pintes) je reste raisonnable sur les suivants. J’ai déjà une autre bière derrière moi, je conduis dans pas long, et habituellement, les dégustations me montent vite à la tête. Quelques découvertes très intéressantes, dont une stout à la vanille. Comme je dis au serveur « je l’aime pas ; elle a de quoi qui me dérange, mais elle est définitivement très originale et mérite donc que je la ramène avec moi ». Je lui explique ensuite ma quête. Faire le tour de l’Amérique du Nord, et ramener le plus de bières différentes avec moi. Oui, mon objectif semble évoluer un peu : j’achète trois autres bouteilles. Je suis déjà rendu à 11 ou 12, si je compte bien. Je pense que je ferais poper les 30 assez rapidement et facilement si je continue comme ça. Au moment de partir, le vendeur me demande si je suis là pour le festival et si je passe la soirée ici. Je lui explique que je passais par hasard, et qu’à priori, je quitte Regina ce soir. D’après lui, pourtant, la musique reprend en soirée, et le festival continue.
Bière et Poutine
Je fais une petite pause à un stand où, j’ai bien vu, ils vendent de la poutine. Me semble que dans ce contexte, j’en mérite une ! C’est décidé ! Je la savoure lentement, avant de me rediriger vers la scène où jouaient les différents artistes ; j’arrive malheureusement trop tard. Dommage… enfin… j’avais repéré un petit pub, avec sa petite terrasse juste à côté. Je vérifie : la connexion est encore meilleure ici. Parfait. Je commande une Howe Sound Rail (Ale Nut Brown) d’une micro de Colombie Britannique. J’en profite aussi pour demander au serveur s’il sait où je peux acheter quelques bonnes bouteilles. Il me fera un plan au moment de partir. La bière est légère, délicate. Ni trop amère, ni trop douce. Je la savoure en mettant mon blog à jour. Je viens de finaliser Chicago. J’ai juste une grosse semaine de retard… pas si pire !
Je reste plus longtemps que prévu en terrasse. L’ambiance me plaît bien. Ça fait du bien de se reposer, de ne pas conduire. Alors j’en profite. Je regarde l’heure passer, sans m’inquiéter. J’avais envisagé de rouler une paire d’heures après Regina ; c’est pas grave, je roulerais un peu moins. Mon emploi du temps me laisse la marge nécessaire, même si un nouveau rendez-vous s’est ajouté à mon calendrier. En principe, je retrouve toujours Virginie à Golden, le 10, à 15h25. Mais la veille, je dois retrouver Karine, en fin de journée, au camping de Johnston Canyon. Karine, j’ai fait sa connaissance la soirée où je fêtais mon départ. Elle est passée dire bonjour, comme ça, parce que ça lui tentait. On s’est bien entendu ; il se trouve qu’elle passe une semaine dans les rocheuses, avec trois amies à elle. Arrivée prévue à Calgary le 8 (oui, ça explique entre autre le besoin initial d’être dans le coin de Banff aux environs du 8). Mon emploi du temps s’optimisant pour retrouver Virginie, j’ai pu plus facilement coordonner un rendez-vous également avec Karine. Ça fait un moment que je voyage seul, je me rends compte que voir du monde me fera du bien !
La salade de boîtes
La salade de boîtes, c’est une bin bin bin vieille spécialité à mon frère et moi. Quand mes parents travaillaient le samedi matin, mais pas nous, ils nous demandaient souvent de préparer un petit quelque chose pour le repas. La grande majorité du temps, ce petit quelque chose, c’était une salade de boîtes : maïs, haricot rouge, pois chiche, thon… tout ce qu’on arrivait à trouver qui nécessitait simplement un ouvre boîte pour préparer. Du fait de la complexité de la chose, on commençait en général la préparation quand on entendait la voiture entrer dans la cour de la maison. Évidemment, le concept de sauce de salade était trop compliqué pour nous à l’époque. On laissait donc cette tâche aux parents. En général, mon père complétait avec du riz ou des pâtes, et un steak au fromage. C’était bon les steaks au fromage !














