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Kelly
Et puis tout à fait par hasard, je tombe sur Kelly. Dans cette foule, c’est vraiment un coup de chance de retrouver quelqu’un. En même temps, je suis content, parce que Kelly est l’une des personnes avec qui je m’entends le mieux. J’aime son énergie, son enthousiasme. D’ailleurs, elle est tellement magnifique à admirer le feu, que je m’offre quelques petites photos supplémentaires. Je la trouve vraiment belle. Comme je lui explique, elle fait partie de ces gens qui, même les cheveux complètement défaits, plein de poussière, fatiguée, restent très beaux. Contrairement à moi, elle ne semble pas avoir pris 40 ans depuis le début de la semaine ! On passe un moment à admirer le feu tout en discutant. On a tout les deux envies d’aller danser. On doit tout les deux repasser par le camp. Elle n’a plus d’eau, moi plus beaucoup, et surtout je veux retrouver mes bottes. J’ai vraiment pris l’habitude : je suis mieux avec pour danser !
Dance baby, dance !
Et puis soudain, tout s’écroule. Un magnifique hurlement de joie remplit l’air tout autour. Tout le monde se lève dans un seul mouvement. Je ne comprends pas tout de suite. En fait, je comprends quand je vois tout le monde se précipiter vers le brasier. Le mouvement de foule est magnifique. Tout ce monde qui s’en va, en courant, en dansant, en hurlant, au prêt de cette immense brasier. Je me joins au groupe après un mini temps de réaction. Je perds de vue les gens que je connais, trop occupé à prendre des photos. C’est pas bien grave après tout. On se rapproche de plus en plus. Il fait de plus en plus chaud. Les moins téméraires s’arrêtent, les autres s’approchent encore. Je réalise soudainement que sans l’avoir prévu, j’ai été extrêmement prévoyant : le manteau offre une protection parfaite contre le feu. Ajoutez le masque et les lunettes, je ne crains pas grand chose. Je suis d’ailleurs impressionné par la protection dont je dispose. Note pour plus tard : si vous vous retrouvez pris dans un incendie, essayez de vous habiller en gothique, c’est une protection très efficace !
Il y a un groupe de pompiers, déguisés en extraterrestres, qui est là pour s’assurer que tout se passe bien. Mais si les gens ici sont là pour faire la fête, personne ne fait rien de stupide. À ma grande surprise. Car des bouteilles d’alcool, il y en a. Des gens saouls, il y en a sûrement. Les gens dansent ou tournent tout simplement autour des derniers restes de Man. La fête est magnifique. Je ne m’attendais pas à ça, et je suis saisi par une armée d’émotions, toutes plus positives les unes que les autres. Ce moment de communion, d’une foule aussi énorme et du feu est indescriptible. Je tourne avec tout le monde. Prend photo après photo. Je regrette juste de ne pas avoir mes bottes, finalement, parce que les sandales sont un peu limites. Mais pour le reste, je suis parfaitement protégé. Il y a beaucoup de vêtements qui volent pour finir dans le feu. Beaucoup de gens qui dansent entièrement nus. À mon avis, plusieurs se réveilleront avec des cloques magnifiques. Mais en même temps, je comprends qu’il soit difficile de résister.
Et puis personnellement, j’adore cette ambiance/sensation/sentiment d’apocalypse. Entre le feu, le désert, et les costumes, c’est grandiose !
[Burn] – Burn baby, burn !
Le feu de la veille était très comparable à la Fallah. Ce soir, c’est très clairement différent. Pas dans la façon dont ça se passe : les feux d’artifices explosent dans tout les sens, les flammes sont de plus en plus grandes. Non, la différence est au niveau des spectateurs. Ça fait une semaine que nous sommes cinquante milles personnes à attendre ça. Alors les gens hurlent, deviennent fous (positivement fous, rassurez vous). Une énorme boule de feu fini d’embraser complètement la structure. Des morceaux tombent, chaque fois accompagné de grands cris. Mais la structure tient toujours. Et Man, tout là haut, tient le coup, même s’il brûle depuis un moment maintenant.
Nouvelle convergence
Ce soir, c’est soir de fête. Alors tout le monde s’habille en conséquence. Costumes variés, nous formons un très joli groupe. Formé par plusieurs sous groupes au début, nous nous sommes bien trouvés. Évidemment, dans un contexte d’ouverture d’esprit et de rencontres, c’était prévisible, mais ça fait du bien quand même. On se met finalement tous en route. Personnellement, mon accoutrement préféré pour me promener dans le désert est très clairement mon manteau. Il vole dans tout les sens, il est magnifique, et m’attire plein de compliments. Seul exception à la règle : je n’ai pas envie de porter les bottes ce soir. Je resterais donc en sandale. J’amène le masque et les lunettes, au cas où, on sait jamais. Je me suis fait avoir une fois ; pas deux.
Je me retrouve à nouveau pris dans ce mouvement de convergence. De partout, les gens se lèvent pour converger vers Man. Il est là, dans toute sa grandeur, dans toute sa splendeur, qui nous attend. Il est grand, il est beau, il est fier. Tout le monde l’admire et le respecte. Un immense cercle s’est formé tout autour. À distance très raisonnable. À l’intérieur de ce cercle d’admirateurs, un deuxième cercle : le conclave. Le conclave, ce sont tout ces artistes de feux, qui rendront un dernier hommage à Man. Je m’attendais à une quarantaine de personnes maximum, réparties un peu partout dans l’espace. Je suis incapable d’en évaluer le nombre, mais ils sont au moins deux cents. Dans le camp, on m’a demandé si j’allais en faire partie, vu que je sais cracher du feu, et faire un peu des poïs. Mais je me considère pas assez bon. J’ai un regret, quand je vois tout ce beau monde commencer à danser. Les artistes se relaient les uns après les autres. Virginie, Laurie, Fannie et les autres m’ont donné l’habitude de voir des personnes vraiment douées. Je suis déçu de voir que beaucoup ne sont que des débutants, qui se contentent d’avoir un bâton enflammé et à jouer avec. Dans ce contexte, j’aurais en effet largement eut ma place. Dommage… peut être l’année prochaine, qui sait ?
Il y a quand même quelques belles performances. Et puis la quantité est quand même vraiment impressionnante. Les gens applaudissent, cris, hurlent. L’ambiance est à la fête, mais on sent bien que tout le monde attend la même chose. Une chose qui va arrive finalement. Le conclave s’assoie. Une première flamme apparaît, puis une autre, et encore une autre.
La journée à végéter
En ce sympathique samedi matin, j’avais un peu dans l’idée de dormir tard, et de prendre ça relaxe. J’avais décrété, sans prévenir personne, que ça serait un samedi sans préparation de petit déjeuner, en me doutant bien que ça ne serait vraiment pas un problème. Finalement, je me ferais réveiller assez tôt : Nicole avait prévu de partir aujourd’hui, et vient tout juste de trouver un lift pour l’emmener à Réno. J’ai donc tout juste le temps de me précipiter hors du van pour lui dire au revoir. Il fait déjà chaud ; j’aurais pu dormir encore un peu, mais je sais que je n’arriverais pas à me rendormir. Je me pose donc dans un fauteuil avec tout le monde, et commence à végéter tranquillement. En fait, végéter sera un très bon résumé du programme de ma journée. Aujourd’hui, je suis fatigué, et la chaleur n’aide pas. Je commence à me rendre compte qu’une semaine dans le désert, c’est pas mal parfait comme timing. Il me semble que devoir passer encore trois jours sous un soleil aussi intense sera pas mal mon maximum. Je commence à être fatigué d’avoir chaud, de boire quasiment que de l’eau chaude (maudit frigo qui ne marche plus !) et d’avoir de la poussière absolument partout. Bref… tout cela passera lentement, en discutant et en en faisant le moins possible. J’emmagasine de l’énergie pour le soir. Mon programme est fort simple : regarder Man brûler, puis danser, chanter, faire la fête jusqu’aux premières lueurs de l’aube. J’ai décidé de modifier mon « offrande » dans le temple : une photo par jour, en format panoramique. J’ai également décidé que pour dimanche, la photo en sera une du soleil en train de se lever sur le temple. Tout cela devrait, en principe, être magnifique.
La fin de journée approche. Aujourd’hui, on mangera tôt. On ne veut pas arriver trop tard. Je ne ressens pas le stress et la tension que je ressens d’habitude avant ce genre d’événements. Non, je suis tranquille, tout se passera bien. Je ne cherche pas à contrôler quoi que ce soit, à faire accélérer les gens. On ira, on verra le feu, et la soirée sera magnifique.
Première tempête de sable
Et puis tous se termine ; trop rapidement. Les bâtiments s’effondrent les uns après les autres, les flammes diminuent, le brasier se calme tranquillement. Je n’attendrais pas la fin complète. J’en ai assez pour aujourd’hui. Je remonte sur mon petit vélo, et tente de rentrer au camp.
Tente, parce que le vent se lève tranquillement. De plus en plus. Des nuages de poussière remplissent le ciel nocturne. C’est con : je m’étais habillé léger ce soir. Je n’ai ni le masque, ni les lunettes, alors que je me retrouve dans ma première vraie tempête de sable. En fait, c’est exactement la même chose qu’une tempête de neige, sauf qu’on ne risque pas de mourir de froid, et qu’après, on ne peut pas faire de bataille de boules de neiges. Il y a des gens un peu partout, mais ils disparaissent rapidement dans le sable. C’est comme la musique : on l’entend, mais comme il y a de la musique absolument partout, difficile de savoir où l’on va. Bref, il n’y a pas vraiment de points de repères. La plus part des lumières, se sont des véhicules qui se déplacent, donc…
J’avance au hasard, suivant la masse de gens dans un premier temps, puis me retrouvant de plus en plus tout seul. Je pense que la plupart du monde s’est arrêté pour attendre que ça passe. Moi je continue bravement (bêtement ?). Je me dirige au jugé, essayant de garder la direction que je pense être la bonne. Man, qui pourtant est un repère extrêmement efficace, est invisible. J’en ai plein les yeux, c’est pas agréable. En même temps, j’ai aucune inquiétude : je me dirige vers un demi cercle ; les chances que je rate la ville sont à peu prêt nulles. Et une fois que j’aurais rejoint les bâtiments, je retrouverais le camp sans problème. L’expérience n’en reste pas moins intense, et je suis très content quand Man réapparaît. Je me suis pas complètement planté au niveau de l’orientation, mais je ne pensais pas arriver ici quand même. Avec mon nouveau point de repère, je retrouve la ville puis le camp assez rapidement. Celui-ci est vide. Je passe devant un miroir, me regarde. Explose de rire. Je prends quelques photos pour immortaliser mes 75 ans.
Metropolis, la fin est proche
Et puis Drew nous parle d’une rumeur qu’il a entendu. Il se passerait quelque chose au temple, ce soir, à la tombée de la nuit, puis ensuite quelque chose d’énorme, plus tard, à Métropolis. Personnellement, ce genre de rumeurs suffit à faire mon plan de soirée. Je prends mon petit vélo et me dirige vers le temple. La rumeur ne semble pas trop s’être répandu. Il n’y a pas vraiment de mouvement de foules. En même temps, pour le moment, il n’y a rien à voir. À chaque fois que je suis allé au temple, il y avait au moins une personne en train de jouer de la musique. Je regrette fortement l’absence de piano en ces lieux d’ailleurs. Ce soir, c’est un gars qui joue de la guitare ; j’aime énormément ce qu’il fait ; ça convient parfaitement à l’endroit.
Et puis il y a un gars qui passe avec un mégaphone, et qui confirme que ce soir, à Métropolis, il va y avoir quelque chose à ne pas manquer. Le mouvement de foule commence à se créer.
Métropolis, je n’y suis pas allé. Ça fait parti des énormes constructions que l’on retrouve, passé Man et le temple. Ça, ça veut dire pas mal loin. Il s’agit de 4 immeubles (relativement haut si l’on considère qu’ils ont été construits juste pour l’occasion) référence directe aux bâtiments de San Francisco. Un gigantesque cercle de sécurité entoure tout ça, et une équipe de surveillance s’assure que personne ne rentre. On est vraiment très loin. Vue l’allure des bâtiments, vu le programme, je m’attends à priori à une magnifique mise à feu. Après tout, il faut bien compenser la Fallah que j’ai ratée ! Je m’assoie, prépare mon matériel photo, et attend sagement. Tout le monde converge, petit à petit. Contrairement à la Tohu, la place ne manque pas vraiment. Les gens s’étalent à n’en plus finir. L’ambiance est bon enfant, la tension monte petit à petit.
C’est également devenu un point de convergence pour les véhicules mutants. Les véhicules équipés de lance flamme semblent s’être installés régulièrement, tout autour du cercle. Les flammes sortent donc d’un peu partout, de plus en plus souvent, au fur et à mesure que la tension monte. Et puis il y a une première lumière, quelques autres. Des feux d’artifices, des flammes qui commencent. Le tout prend feu, petit à petit. On nous a promis des grosses explosions ? On en aura trois. Embrasement complètement hallucinant, où de véritables boules de feux remplissent le ciel. Au jugé, les bâtiments font une trentaine de mètres de haut. Au jugé toujours, les boules de feu doivent faire dans les soixante mètres. C’est hallucinant ! J’adore. Tout comme j’aime mon appareil photo, que je maîtrise parfaitement. Je peux prendre quantité de photos, donc, et ajuster les réglages super rapidement, au fur et à mesure de la combustion. Je suis ravis. C’est un peu un cadeau bonus, vu que je m’attendais à ne voir que Man et le temple en grosse combustion. J’aurais donc eut ma Fallah moi aussi !
Essayer de préparer la suite
Les crêpes, c’était définitivement une bonne idée. Je fais halluciner un certains nombre de personnes quand je sors du van, à moitié endormi, une assiette remplie d’une quarantaine de crêpes à la main. Les gens se précipitent dessus tout en me remerciant. Laura me fait un câlin ; plusieurs autres personnes suivent. Je ne peux pas imaginer plus belle façon de commencer une journée. C’est agréable, ça fait du bien. Quelqu’un a amené un pot de nutella. La vie est belle.
Avec tout ça, je nai pas beaucoup dormi et j’ai du mal à me réveille. Depuis le début de la semaine, la température monte un peu plus à chaque jour. Je me demande jusqu’à où on va se rendre… en tout cas, c’est très clairement trop à mon goût. Le chaud semble être comme le froid : les 2 ou 3 degrés qui séparent la journée d’hier à celle d’aujourd’hui font vraiment toute la différence. Comme ceux qui font passer de -18 à -21. J’avoue que je serais curieux de savoir combien il fait. J’essaie de comparer avec mes souvenirs de la Death Valley, quand on a eut un +45, mais on avait la clim dans la voiture, on se cachait régulièrement, et on y restait qu’une journée. C’est très clair que la semaine sera un exercice d’endurance ; je le ressens de plus en plus. J’aime connaître mes limites pour plein de choses, je les connaitrais probablement bientôt pour le désert. J’ai l’impression que la journée de lundi sera de trop. Mais en même temps, j’ai bien envie de partir en fin de journée lundi. Pas envie de partir en même temps que tout le monde et rejouer le jeu du traffic une fois de plus. Et puis surtout, j’ai envie de voirl les lieux vides. Enfin… relativement vides. Tout ne disparaîtra pas lundi, c’est évident, mais il ne restera quansiment plus rien je pense.
Mon programme d’après Burning Man se précise. Remonter en Oregon me semble définitivement la chose à faire. En arrivant depuis Klamath Falls, j’ai traversé une très belle zone désertique, où je pensais m’arrêter à mon retour. Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que je referais des photos par la fenêtre, et que ça sera bien assez. Enfin, pour ça on verra lundi comment je me sens. Je me donne trois ou quatre semaines pour remonter la côte ouest. Oregon et Washington. J’en parle un peu autour de moi, et j’ai vraiment l’impression que c’est la chose à faire. Il semblerait en plus que ce soit la plus belle période pour découvrir la zone alors… pourquoi ne pas en profiter ? Et puis après, deux options : retour sur Montréal quasiment direct, via Yellowstone, le sud du Dakota et Chicago, ou retour sur Montréal un peu moins direct, via Yellowstone, le sud de l’Utah et ses canyons, Four Corners, St Louis et Chicago. La deuxième option me tente plus, mais est pas mal plus longue. Donc ça va dépendre de la tête de mon budget dans trois semaines. Ça dépendra aussi de deux ou trois événements plus ou moins hors de mon contrôle. Enfin, au moins je suis à nouveau décidé, et je sais où je m’en vais.
Il fait chaud, je n’ai pas vraiment d’énergie. Pas plus le goût de bouger que ça. Je passerais donc l’après midi au camp, comme pas mal de gens en fait, à simplement discuter, et rien faire. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle je suis là après tout : rien faire, me reposer, relaxer. Certes, par cette température, le repos n’est pas des plus agréables, mais c’est toujours ça. Tout le monde a apporté des trucs à grignoter. Du coup, l’après midi à relaxer à un petit côté « après-midi grignotage sans fin (et sans faim d’ailleurs) ». Enfin, une fois de temps en temps, pourquoi pas j’imagine ?
De retour au temple
Il y a un petit feu ; un groupe de personnes est assis autour. Je prends ma place. Les gens se parlent naturellement, spontanément, et je me retrouve à discuter pendant quelques temps avec une fille de Colombie Britannique. Échange d’impressions, de sentiments. Elle me confirme un autre ressenti : Burning Man, c’est tout ce que l’on veut. Burning Man, c’est ce que l’on en fait. On trouve tout ce qu’il nous faut, et ça vient répondre exactement à nos besoins. Elle me dit que si je reviens l’année prochaine, je verrais très probablement quelque chose de complètement différent. Je la crois sans problème. Je lui dis, à moitié en rigolant, que c’est une excellente thérapie.
Le temple est un endroit extrêmement serein, qui déborde de témoignages en tout genre. La plupart sont pour des personnes décédées. Il y a également beaucoup de preuves d’amour. L’ensemble est extrêmement touchant. Tout cela partira en flamme dans quelques jours à peine. Je reste un long moment à réfléchir/méditer, sur beaucoup de choses. Je suis dans un état d’esprit très particulier. Le temple me met à chaque fois dans un état d’esprit étrange. Je ne serais même pas surpris quand, à un moment, perdu dans mes réflexions, perdu dans la musique qui joue autour, je verserais quelques larmes. Sans raison apparente.
J’apprendrais à un moment qu’il est 4h du matin.
Je finis par reprendre la route du camp. Une dernière chose à faire avant d’aller me coucher : faire cuire des crêpes pour tout le monde. Pour le plaisir de voir leur tête demain matin. J’en ferais une quarantaine, pendant que le soleil se lève. Je peux me coucher, en paix avec moi même.
Une autre soirée à danser
De retour au camp, il y a un groupe de gens qui se prépare tous à aller à la même place, à l’autre bout du monde, pour aller danser. Comme d’habitude, un groupe d’une dizaine de personnes, c’est dur à mettre en branle, mais on se retrouvera finalement à marcher tous ensemble dans la joie et la bonne humeur. Après seulement ces quelques jours, je sens que je suis totalement à ma place au milieu de tout le monde. J’ai fait mon trou, j’ai pris l’espace qui me fallait, et on m’a laissé exactement ce dont j’avais besoin. Tranquillité quand j’ai besoin d’être seul, amis quand j’ai envie de discuter… je m’intègre sans problème. C’est d’ailleurs, il me semble, la première fois que je réussi aussi bien et aussi rapidement une intégration dans un groupe. Quand je dis que Burning Man est un endroit fait pour moi…
La marche est longue, mais on finit par arriver à une scène avec de la musique sympa, et c’est reparti pour une soirée à danser. Je déborde d’énergie et d’enthousiasme. Je m’amuse comme un fou. Les gens partent, petit à petit, fatigué. Je me retrouve tout seul, à continuer pendant un moment encore. Il y a du feu un peu partout autour de nous. Régulièrement, une grande traînée de flamme illumine le ciel. Et puis finalement, lassé par la musique, je décide de continuer mon chemin. Je m’offre un détour par le temple.
























































