Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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10000

Je roule, je roule, je roule… depuis Jasper, les étapes sont longues. Il me fallait avancer vite pour arriver à temps à Burning Man. Du coup, je fais poper le 10000e kilomètre depuis mon départ ! Le Pourquoi Pas ? a toujours aussi fier allure !

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La route jusqu’à Klamath Falls

Juste après les chutes, on franchit un col. À partir de là, la route devient plutôt inintéressante. En fait, c’est un immense plateau, dans les 1000 mètres d’altitude. Ça avance tout droit, pendant longtemps. Je dois faire 4 virages en 30 ou 40 kilomètres. Certes, j’ai l’habitude avec les prairies, et puis là, au moins, il y a des arbres, mais quand même ! Je me serais attendu à un peu mieux. Enfin… au moins, ça à le mérite d’avancer vite. Après tout, j’ai pas loin de dix heures de route à faire sur deux jours, et j’ai commencé à rouler pas mal plus tard que prévu aujourd’hui.

J’avais dans l’idée de m’arrêter à Klamath Falls. Aucun rapport avec la présence de deux brasseries à cet endroit… mais finalement, juste au moment d’arriver, l’envie de bières me passe. J’ai juste envie d’avancer encore un peu. En principe, je repasserais par ici plus tard. Je prendrais ma bière à ce moment là, quand j’aurais plus le temps.

Du coup, je continue sans m’arrêter. Les arbres ont commencé à disparaître. Le sol paraît très sableux. L’herbe est pas mal jaune. Tout cela se désertifie tranquillement pas vite on dirait bien… la nuit tombe tôt ; comme d’habitude, je veux éviter de rouler dans le noir. Je continue quand même encore un peu, et je rentre en Californie. Ça faisait longtemps que j’étais pas venu ! Je roule encore un peu, avant de prendre un départ de route au hasard. La route devient rapidement chemin de terre, qui se dirige vers un groupe d’arbre. C’est juste parfait. C’est calme, tranquille, un peu caché de la route principale. Exactement ce dont j’ai besoin.

Je m’arrête, je m’installe rapidement. Mauvaise surprise au moment où j’essaie de basculer le radiateur de l’électricité au propane. Ça ne semble plus marcher… je n’ai pas trop de produits frais, mais j’en ai quand même quelques uns… j’aimerais bien que le frigo ne me lâche pas. Je me dis que peut être c’est juste temporaire, que ça ira mieux plus tard. Il peut continuer à fonctionner à l’électricité pour le moment… mais même avec une batterie toute neuve, je ne pense pas qu’il ait une autonomie d’une semaine ! Surtout qu’à la base, la batterie auxiliaire, c’était pour recharger l’ordinateur et faire fonctionner l’imprimante. Enfin… je regarderais tout ça de plus prêt quand il fera jour. Avec un peu de chance, ça se réparera tout seul !

Une dernière grande descente

On peut ensuite enchaîner sur l’immense descente vers Pimberton. Pentes raides, entre 7 et 13%, sur plus d’une dizaine de kilomètres, avec des vraies épingles à cheveux à nouveau. Le frein moteur de Pourquoi Pas ? fait ce qu’il peut, mais il y a des limites à ce qu’on peut lui demander. Alors le frein à pied fonctionne aussi. Beaucoup. Trop ? Peut être… difficile à dire si c’est psychologique ou pas, mais j’ai l’impression que vers la fin, ils sont quand même pas mal moins efficace. Ça freine toujours, mais sans doute un peu plus lentement. Dans le doute, je bloque Pourquoi Pas ? en première pour les deux derniers lacets. La voiture en arrière s’impatiente sans doute un peu, tant pis pour elle. Arrivée en bas, on laisse un cinq minutes de repos bien mérité au van.

De retour dans les lacets

On arrive tout les deux pas mal fatigués à la voiture. Je suis un peu inquiet, vu que le lendemain, je suis sensé faire une longue randonnée avec Liz et une amie à elle. Virginie, de son côté, n’est pas tout à fait sûre. Elle verra le lendemain. On remonte dans le van, direction Banff. On retourne faire les lacets. À la deuxième reprise, je comprends qu’en fait le panneau signifie que les véhicules de 7 mètres et plus doivent faire le milieu en marche arrière. Ils n’ont pas la place nécessaire pour un demi tour ! Moi je fais moins de 7 mètres. J’ai la place. Pourtant, j’évalue un tout petit peu mal la longueur de Pourquoi Pas ? qui hérite d’une petite grafigne sur le pare choc avant droit. Heureusement, il ne semble pas trop m’en tenir rigueur.

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En route vers Takakkaw

On se fait un petit gruau histoire d’avoir le ventre un peu rempli. C’est définitivement pas mon truc. Vivement que la boîte soit finie et que je trouve autre chose pour remplacer ! Le pain perdu, ça c’est du vrai déjeuner !

Pourquoi Pas ? démarre toujours au quart de tour. Comme presque chaque fois, je me dis qu’il faudra que je me décide à enregistrer le son du moteur. Pour moi, c’est devenu un son extrêmement symbolique !

On embarque sur la route pour aller voir Takakkaw Falls. Encore un nom pas mal winner au scrabble ! Un panneau au début de la route indique qu’il est interdit d’aller plus loin avec une caravane. On comprendra plus tard un peu pourquoi. Les routes en lacets sont extrêmement rares au Canada, même dans les Rocheuses. Pourtant, pour une fois, ils ont mis quatre lacets à la suite. Il y a même un panneau explicatif au début pour nous expliquer de quoi il s’agit ! Ça monte raide ; Pourquoi Pas ? est complètement indifférent. Il grimpe ça sans la moindre inquiétude, sans s’essouffler. Les anciens propriétaires m’avaient rassuré en disant qu’il avait un bon moteur. J’en ai déjà eut la preuve à plusieurs reprises.

5000

Je m’arrêterais quand même à un moment, au milieu de nul part (il n’y a que ça par ici de toutes façons) pour célébrer le 5000e kilomètre depuis le début de mon voyage. En fait, les kilomètres s’accumulent vraiment très rapidement depuis que j’ai quitté Chicago.

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