Archive for the ‘Pictures instead of words’ Category
Le ciel chez Sarah
C’est quand même l’un des gros avantages de ces régions complètement perdues au milieu de nul part… l’absence de lumière parasite, et les ciels magnifiques que ça permet de voir. Bon, d’accord… de lumière parasite, il y en avait une énorme. Presque la pleine lune… mais ça ne m’a pas empêché de me faire plaisir !
Et un dimanche tranquille
Après un samedi bien tranquille, on enchaîne sur un dimanche tout aussi tranquille. On attache le canoe sur le toit de la voiture de Sarah, et on va pique-niquer sur le bord d’un lac de barrage assez sympathique. Journée plutôt farniente, mais où je finirais par avoir pas mal pagayer. Ça garde en forme, c’est bien !
Dove Lake, dans les Cradle Mountains
La vie chez Sarah, si on omet l’italienne, est quand même assez agréable. On serait juste vraiment super bien si nous étions les seuls helpers… mais bon… Jeudi, Sarah nous a prévenu que le lendemain, son petit ami venait nous rendre visite. Il s’appelle David, et vient d’Hobart. C’est amusant, parce qu’elle se transforme en petite fille toute excitée, qui attend son petit ami avec impatience. Le vendredi se déroule assez tranquillement, au rythme de Sarah qui se prépare pour l’accueillir. Quand il arrivera finalement, directement à la sortie du travail à Hobart, tout le monde est dans la cuisine en train de finaliser le repas. Il est enthousiasme, souriant, des plus sympathiques. Le premier contact se passe super bien. De même que le deuxième.
Nous aurons notre fin de semaine tranquille, pour que tout le monde profite de la présence de David, et d’une deuxième voiture. Et oui, c’est bien beau d’accueillir tout ce beau monde, mais à six, on ne peut pas se contenter d’une seule voiture. Au programme du samedi, donc, une promenade dans les Cradle Mountains, autour du lac Dove. Si vous cherchez Cradle Mountains dans google image, à peu prêt tout les résultats vous montreront la même chose :

Y’a pas à dire, c’est quand même assez joli. En voiture, ça prend une quarantaine de minutes pour se rendre. Il y a un parking à l’accueil, et un parking tout au début de la balade, mais celui-ci est pas mal souvent plein. La solution rationnelle me paraissait de s’arrêter à l’accueil et de sauter dans la navette gratuite qui passe très régulièrement. Mais Sarah préfère que l’on aille se garer en voiture le plus proche possible. Les écolos continuent de me fasciner dans certains de leurs comportements…
Un groupe de sept personnes, ça ne devient pas très évident à faire bouger. Entre ceux qui ont froid et qui veulent aller vite, ceux qui veulent faire leur photo, et l’italienne que l’on aimerait bien voir marcher 150 mètres devant… c’est d’ailleurs ce qu’on laisse faire tranquillement. On marche un peu plus lentement. On se laisse distancer. Une fois de plus, on se coupe du groupe, mais c’est ça ou avoir une noyade sur la conscience. Il ne faut pas noyer les vieilles italiennes frustrées de 37 ans. Ça ne se fait pas.On attrape quelques brides d’informations de temps en temps, à droite à gauche, quand on rattrape le groupe, qui profite d’un point de vue intéressant, ou parce que Sarah voulait absolument nous dire un truc. Je n’aime pas particulièrement marcher comme ça. Surtout quand au tout début Sarah nous explique qu’elle va nous montrer où elle aime faire des photos. J’avoue avoir énormément de mal avec le « mettez vous là, et faites la photo par là bas » « ah, et puis moi j’aime bien rajouter ce petit arbre là, au premier plan ». Il faut croire qu’elle vient souvent. Et qu’elle fait souvent des photos ! Bref, j’écoute d’un coin d’oreille pas attentif, et je fais les photos que j’ai envie de faire. Et ça, ça me plait, parce que le paysage s’y prête vraiment. À nouveau, le chemin est super bien aménagé. Confortable pour la marche, bien intégré dans le paysage, joli… un vrai plaisir de s’y promener. J’ai bien l’intention de vérifier autant que possible que c’est pareil dans tout les parcs de Tasmanie et du reste de l’Australie.
Le temps joue les capricieux. Couvert, dégagé, vent, chaud, froid. Ça alterne assez régulièrement. À priori, dans cet endroit étrange qu’est la Tasmanie, il peut y avoir de la neige n’importe quand dans l’année. C’est ça d’être en connexion directe avec le pôle sud j’imagine ! Quoi qu’il en soit, on profite d’un coin de ciel bleu pour grignoter les sandwichs que l’on avait bien évidemment penser à apporter. Sous l’oeil pas forcément très rassurant d’un oiseau magnifique. Vu le blanc, je n’oserais pas dire corbeau, mais ça ressemble quand même pas mal !
Et puis on peut tranquillement attaquer le chemin du retour. Quelques arbres magnifiques à escalader en route, une rencontre imprévue, et un magnifique caillou sur lequel profiter un peu du soleil. Ah, pis en passant, si Sarah vous fait penser à quelqu’un, moi aussi.
Et le repos du combattant, après une balade d’une durée normale de deux heures faite en quatre ? Il suffit d’aller le chercher.
Chez Sarah
Après notre première expérience qui a fini un peu en queue de poisson, on ne savait plus trop à quoi s’attendre du côté de chez Sarah. Missi semble assez froide et distante, mais Sarah, par contre, est pleine d’enthousiasme, et son rire est vraiment des plus agréables à entendre. Par contre, il y a quelque chose que l’on ne comprend pas. À plusieurs reprises, pendant le trajet retour, Missi et elle ont fait référence à d’autres personnes qui devaient arriver plus tard. D’autres helper qui s’en viennent ? On ne sait pas trop à quoi s’attendre. On anticipe un peu, avec une petite touche de déception. On avait envie d’être juste nous, apporter notre propre dynamique… on verra.
Quand on arrive chez Sarah le premier soir, il y a un ami à elle. Kevin. Il est vraiment sympa, enthousiasme, et on s’entend bien avec lui. Musicien accompli, il est fasciné par mon didgeridoo (oui, c’est ma façon de vous apprendre que j’en ai acheté un, à Melbourne, et qu’il a quelque chose de fascinant, mais que vous saurez pas quoi pour le moment ; vous pouvez toujours essayer les suppositions) et en joue magnifiquement bien. On s’offre même un petit jam de percussions sur les congas de Sarah. Et puis il y a aussi ce petit truc qui me fait tilter à l’heure du repas : Kevin est né en Afrique du Sud. Missi est japonaise. Sarah est né à Bornéo. Iris et moi, en France. Mais je rajoute une citoyenneté canadienne d’adoption. Cinq personnes autour de la table ; cinq continents. Je fais la remarque. Je suis le seul, semble-t’il, à trouver ça fascinant. On change de sujet.
Le lendemain, Sarah nous offre une visite complète de la maison. Avec historique de chacun des arbres. Elle fait son jardin en permaculture, avec trois poules et deux moutons. Non, quatre poules et trois moutons. Bref. Petit truc simple et sympa. Elle nous explique quelles sont les fleurs comestibles, quoi planter où et comment, nous montre un peu les choses à faire. Nous raconte les histoires de chacun des arbres… ça pourrait être sympa et agréable, et ça l’est au début, si à chaque fois son histoire ne se finissait pas avec la même conclusion « tout est en train de changer, l’industrie forestière a complètement pourri l’écosystème tasmanien, les arbres meurent tous, c’est triste ». Je ne peux qu’être d’accord avec elle, mais entendre la même litanie répétée trente fois de suite donne une certaine lourdeur à l’ensemble… elle nous explique qu’elle s’était beaucoup impliqué dans les mouvements écolos de la région, sur un mode protestataire. Suffisamment pour que des personnes tentent de mettre le feu à sa maison à trois reprises. Plus on lui parle, plus on comprend que l’on est quand même chez une légende locale, même si elle s’est calmée ces dernières années. On aura d’ailleurs la confirmation quelques jours plus tard quand, après une petite balade à pied, on décide de se la jouer fenian en rentrant en stop. La personne qui nous dépose chez Sarah conclura par un « je me doutais que c’est là que vous alliez ».
On accumule des informations pendant prêt de trois heures. J’essaie d’en retenir le plus possible. Je fais une liste, mais ce n’est pas suffisant. Bon, c’est pas grave, on s’en sortira.
Un peu plus tard dans l’après midi, elle reçoit un coup de téléphone. Ce sont deux autres helpers. À priori, ils devaient arriver plus tard, mais ce sont mal compris. Sarah se retrouvent un peu obligé d’aller les chercher. On se retrouve abandonné à nous même. On pourra toujours s’occuper du repas. Et puis prendre ça relaxe.
Ils sont de retour un peu plus d’une heure plus tard. Et c’est là que ça commence à virer en n’importe quoi. Je suis persuadé que l’on aurait pu avoir une très belle dynamique, Sarah, Missi, Iris et moi. Mais le couple qui débarque va foutre le bordel au milieu de tout ça. La fille arrive avec une voix insupportable, un accent à rendre les français fier de leur façon de parler. Ma première impression est catastrophique. C’est le genre de personne qui a besoin de prendre toute la place. D’avoir tout les regards tournés vers elle. La suite le confirmera. Elle s’appelle Elisa, est italienne, et mériterait des baffes. Encore de la violence réfrénée à cause de mon éducation ! Son copain, Yohan est français. Il faut croire que tout les Yohan ne sont pas des gens biens… bon, le courant passe quand même un peu plus avec lui, mais ce n’est pas non plus l’amour fou. Elisa a un niveau d’anglais catastrophique, mais commente tout à très haute voix à coup de « goood, niiiiiiice » qui sonnent horriblement destiné uniquement à flatter Sarah et à lui faire plaisir. Yohan a un meilleur niveau en anglais, mais il comprend vite que je me débrouille très bien, et se retourne vers moi toutes les 2 minutes pour demander une traduction. Désolé, je n’ai pas envie de jouer les traducteurs ambulants. L’habitude lui passera un peu, mais pas tant que ça.
Bref, Elisa et Yohan se mettent à prendre de plus en plus de place. Et ce n’est pas dans les habitudes d’Iris, ni dans les miennes, de se mettre de l’avant. Alors au contraire, plus le temps passera, plus on se retirera. Perdant le contact avec Sarah, et se retrouvant dans une situation qui ne nous convient pas du tout… on aimerait bien les noyer, se débarrasser d’eux, mais ça non plus, il paraît que ça ne se fait pas…
Aller et retour en Tasmanie
Je me demande combien de temps je garderais le souvenir des coups frappés à la fenêtre de mon van pour me dire que je n’ai pas le droit d’être où je suis. J’imagine que ça restera encore longtemps, et que ça continuera de m’accompagner à chaque fois que je dormirais dans un van en n’étant pas tout à fait sûr d’avoir le droit d’être où je suis. Mais une fois de plus, droit ou pas droit, personne ne nous réveille. Juste la sonnerie de mon iPod, qui nous rappelle qu’on a une dernière journée bien pleine aujourd’hui. Nous devons rendre le van avant 15h à l’aéroport d’Hobart, avant de retrouver Sarah au centre-ville pour retourner chez elle. Sur une carte, ça donne un trajet qui ressemble à ça :
Et oui, on mange encore un peu du kilomètre. Tout ça pour revenir juste à côté de notre point de départ. Mais bon, c’est aussi ça le tourisme, c’est tourner en rond pour en voir le plus possible (d’aucun trouveront sans doute cette formulation un peu étrange).
La route est superbe, comme d’habitude, et avance bien. Histoire de profiter au maximum du confort du van, on va jusqu’à se faire un pizza + bière pour le lunch. Bière fraiche sortie du frigo, et pizza cuite dans le four à gaz. J’ai parfois l’impression que l’on a plus de luxe quand on déplace les vans que quand on est chez des couchsurfers !
Et puis nous arrivons finalement à l’agence pour rendre le van. Et c’est là que tout commence.
Juste avant l’arrivée à l’aéroport, il y a une station service, où je me suis bien évidemment empressé de faire le plein. Après avoir fait trois fois le tour des pompes avec un camping car gigantesque pour voir où je pouvais trouver une place. On arrive, on vide le van, on nettoie. On fait l’inspection pour rendre le van. « Le réservoir n’est pas plein ». Quoi ? Je regarde… en effet, je n’ai pas tout rempli… je ne comprends pas… je remonte dans le van, abandonnant Iris à l’entrée de l’agence, avec une pile de bagages plus haute qu’elle. Je retourne à la station service, recommence à tourner dans tout les sens et à manoeuvrer comme je peux pour trouver une place. Refait le plein, m’assure que ça déborde bien, m’en fout sur les doigts, sur le pantalon. Je pue l’essence, mais au moins je suis sûr que c’est plein. Je retourne à l’agence. On revérifie. Cette fois c’est bon. Évidemment, comme je suis sur une relocation, je ne suis pas dans les plus prioritaires, et j’attends donc toujours sagement que l’on s’occupe de moi. « Est-ce que vous avez les reçus pour vous faire rembourser » ? Je sors les tickets d’essence, puis mon ordinateur, j’affiche le reçu sur mon écran. « Vous ne l’avez pas imprimé ? » Le contrat spécifie « sur présentation des reçus ». Je ne voyais pas l’intérêt de l’imprimer. « A priori, vous n’avez pas d’imprimante ». La madame, en plus, n’est pas sympathique. « Est-ce que vous pouvez l’envoyer par email ? » « Est-ce que je peux utiliser votre réseau wi-fi ? » « Ah bin non ! C’est trop dangereux pour la sécurité. ». Oui, c’est vrai, je vais tout pirater le système informatique en 14 secondes devant ces yeux. « Est-ce que je peux vous le copier sur une clé usb » ? « Ou lala non, c’est encore plus dangereux pour la sécurité ça ». Ah, merde, ils sont sur PCs. J’essaie de leur expliquer que j’ai un mac, qu’ils ne craignent rien, que je peux formater la clé 8 fois avant. La madame me fait la morale comme quoi ce n’est pas moi qui paierait le réparateur informatique qui viendra après que j’aurais tout cassé. Rendu là, j’ai envie de lui foutre quelques baffes, qu’elle arrête de me regarder de haut. Mais ma maman m’a dit que ça ne se faisait pas. Pinaise de foutu bonne éducation. Je regrette des fois. « Mais si vous voulez, il y a une imprimante à l’aéroport ». Mon dieu ! Enfin quelque chose de constructif de sa part ! Je prends mon ordinateur, direction l’aéroport. Ça fait déjà une heure que l’on est arrivé. On était juste dans les temps pour retrouver Sarah. On commence à être pas mal en retard. Je rentre dans l’aéroport. Demande à une madame de la sécurité où je peux trouver une imprimante. « Je ne pense pas qu’il y en ai. Le seul endroit où vous pouvez peut être en trouver, ça sera au centre de presse, mais vous devez passer la sécurité ». Au moins, ça, je maîtrise. C’était pas prévu pour aujourd’hui, mais me voilà qui passe la sécurité pour essayer de trouver une imprimante. On me demande pas de passeport. Pas de carte d’identité. Faut dire qu’il ne doit pas y avoir trop de terrorisme en Tasmanie. Tant mieux pour moi. Mais la madame de la boutique me dit que non, malheureusement, ils n’ont pas d’imprimante. Je peux peut être tenté ma chance aux comptoirs de locations. Je ressors. Me dirige vers les comptoirs de location. En prend un au hasard. La madame est adorable. Un gigantesque sourire, gentille comme tout. Toute désolée de ne pas pouvoir m’aider : ils ont des vieilles imprimantes à aiguille à papier perforé. J’en ai marre. Je vais pas faire les 42 agences de location, en espérant en trouver une qui marche. Je retourne chez Britz. Oui, je les nomme, parce qu’ils ont vraiment un service à la clientèle catastrophique. À chaque fois. Je rentre en gueulant à la madame qu’il n’y a pas d’aéroport dans son imprimante. Ou le contraire. J’emplois des gros mots que, même s’ils sont en anglais, ma maman comprendrait et serait choquée. Quoi que… ça reste à voir. Je m’engueule encore un peu avec la madame. Qui, bien évidemment, doit finir les autres nouveaux clients dont elle s’occupe. Moi, ça fait juste une heure et demi que je suis là. Rien de prioritaire donc. Elle me dit finalement qu’elle peut me rembourser le montant correspondant à l’essence, et complètera le reste quand elle recevra mon email… de toutes façons, j’ai pas le choix. Je reçois un texto de plus en plus impatient de Sarah. On devait être au centre ville il y a 30 minutes déjà…
Et puis finalement, c’est réglé. Je n’ai récupéré qu’une partie de mon argent, je suis supposé récupéré le reste dès qu’elle a mon email. La chance tourne un peu : la navette pour le centre ville est là juste quand on arrive. On ne comprend pas pourquoi, mais on nous demande que 10$ par personne au lieu de 16. On prend. Quinze minutes, on est au centre ville, à l’endroit indiqué par Sarah. Qui n’est pas là. On s’inquiète. On regarde à droite, à gauche. J’envoie un autre SMS… et puis finalement, elle arrive. On s’excuse, on discute un peu, on fait la connaissance de Missi, une jeune japonaise, qu’elle présente comme son amie. On monte dans la voiture. On discute un peu en route. Pas trop. Pas pratique le contexte voiture. Et finalement, quatre bonnes heures plus tard, on arrive dans un endroit perdu au milieu de nul part. Une magnifique petite maison de campagne, avec un grand terrain au tour. Ça sent le hippie, mais ça devrait nous plaire ! On s’installe, on mange, on discute. Le séjour ici s’annonce agréable !
Un petit morceau de côte est : Bicheno, Frecynet et la Wineglass Bay
La nuit a été très tranquille et très reposante. Le van est horriblement confortable, et on s’y attache horriblement vite ! On va finir par avoir des goûts de luxe. J’ai été réveillé à un moment par les fameux cris d’un diable de Tasmanie. C’est vrai que c’est assez impressionnant, et que ça mérite bien son nom. J’imagine bien le pauvre petit colon sans expérience tasmanienne se faire réveiller par des appels pareils… de quoi décider de rentrer en Angleterre. Ce n’est pas peu dire ! Par contre, j’ai eut beau regarder un peu partout autour du van, je ne l’ai malheureusement pas vu. Ce sera donc pour une autre fois.
Au matin, la baie est tout aussi magnifique, et on aurait bien aimé en profiter un peu plus. C’est le genre d’endroit où, quand on ne compte pas le temps, on peut facilement rester poser 3 jours sans vraiment bouger. Ah, que le Pourquoi Pas ? me manque parfois…
On reprend la route, direction le Parc Frecynet (B), et Bicheno (C). Frecynet, c’est pour la Wine Glass Bay, Bicheno, c’est pour les petits pingouins qui se promènent sur les plages à l’aube et à la tombée de la nuit.
La route vers le sud est tranquille. On longe des plages magnifiques ; sable blanc, eau turquoise. Désertes. On comprend facilement pourquoi après avoir mis un orteil dedans. Elles ont beau êtres très invitantes, l’eau est malheureusement glacée. On n’arrivera pas à se baigner si ça continue !
À un moment, la route se divise. Vous avez alors deux possibilités : prendre la branche ouest, à droite, qui vous fait passer pour un magnifique point de vue, ou la branche est, qui continue à suivre la côte, et passe par une charmante brasserie. Bien évidemment, vous nous connaissez, nous sommes passés par le point de vue.
Avouez que ça laisse rêveur un point de vue pareil ! Ça donne des envies de déguster une bière sur la terrasse. On fera la dégustation au comptoir. Iris aurait bien aimé prolonger la dégustation sur la dite terrasse, mais le chauffeur, un peu raisonnable, ne peut pas vraiment participer. En passant, si jamais vous avez l’occasion d’acheter de la Iron House, allez y sur la Wheat (blanche). Ou bien la Porter. Quoi que. La Pale Ale était pas mal non plus. La lager ? Sans grand intérêt de son côté. Et puis ils ont aussi une pilsener. Que vous pouvez carrément oublier pour l’occasion. Je mets le van en pilote automatique pour éviter de trop zigzaguer, et nous voilà de retour sur la route, les plages de sable blanc, et l’eau froide.
On arrive finalement à Bicheno, où on fait un peu de repérage pour les pingouins. L’office du tourisme nous indique l’endroit où tenter notre chance. On essaie aussi de faire le plein d’eau, mais c’est compliqué. On tourne plusieurs fois en ville, ce qui permet de repérer que tout les endroits sympas sont très clairement indiqués interdits au camping. On verra si on a plus de chance plus loin. Pour le moment, on continue en direction de Frecynet.
Frecynet, c’est une trentaine de kilomètres plus au sud. Deux baies magnifiques et particulièrement célèbres, quelques superbes montagnes. Une petite péninsule des plus inspirantes. Toujours un peu serré par le temps, on ne fait qu’une petite balade aller retour jusqu’à un point de vue qui permet d’admirer la Wineglass Baie. Qui mérite largement sa réputation. Le parc aussi offre un sentier de randonnée sur plusieurs jours. En compter trois. Ou quatre si on veut vraiment prendre son temps. Personnellement, ça m’inspire énormément. J’y repasserais peut être plus tard. On verra.
La balade nous a vraiment plus ; on s’en offre une deuxième, toute petite, pour aller voir Honeymoon Bay, puis une troisième, le temps de faire le tour d’un phare. Et d’avoir un point de vue complètement différent des lieux. On scrute à s’user les yeux dans l’espoir de voir des dauphins. Il y en a dans le coin. Souvent. Mais pas aujourd’hui malheureusement.
Bref, le parc Frecynet est tout simplement magnifique. Avec des petits airs de pointe Forillon en Gaspésie, ce qui ne le rend que plus agréable. Les sentiers de randonnées sont vraiment bien aménagés, confortables et, comme tout le reste en Australie, un peu cher. Enfin ça dépend… cher pour une journée. Sinon, il existe des passes individuels d’une durée de deux mois qui sont quand même un peu plus abordables. Pas grave. On ne regrette pas. Ça valait vraiment la peine ! Et moi, je reste avec l’idée de venir passer un trois jours tout seul ici avec mon sac à dos et ma future tente spéciale randonnée toute neuve !
Et nous voilà, encore, de retour sur la route. On rentre à Bicheno, pour se nourrir, et pour essayer de voir quelques pingouins. La ville de Bicheno est vraiment très belle, et les environs des plus inspirants. On refait encore deux fois le tour à essayer de remplir le réservoir d’eau. On le fera finalement avec de l’eau non potable. On boira la bière que l’on n’a pas pu s’empêcher d’acheter un peu plus tôt…
Et puis commence l’attente des pingouins. Il y a cette gigantesque plage sans fin, sur laquelle on peut espérer en voir. À priori, à la tombée du jour, ils reviennent de la pêche, traverse le sable, et vont se coucher. Alors on s’assoie, et on attend. On attend. On attend. On n’est pas les seuls. Il y a quelques autres personnes un peu plus loin. On attend d’abord dans notre coin avant de finalement revenir vers là où se trouve les gens. Il fait désormais noirs, et ils ont des lampes. Ça peut aider. Et puis soudainement, on voit notre premier pingouins sortir de l’eau. On essaie d’approcher discrètement, mais c’est sans compter la dizaine de personnes qui se précipitent dessus, prenant des photos avec flash, alors qu’il ne faut pas. Le pingouin ne demande pas son reste et est de retour dans la flotte en moins de deux. On hallucine un peu devant le comportement des gens. Et on plaint le pauvre pingouin qui voulait juste rentrer tranquillement chez lui. Le deuxième que l’on voit, on se fait discret, on ne dit rien. Moi je fais mes photos sans flash. Ça vaut ce que ça vaut. Mais au moins, on laisse la petite bête rentrer chez lui. On reste encore un bon moment, mais sans en voir d’autre. On rentre donc au camping car, qui nous attend juste à côté d’ici, à un endroit où il n’y a aucun panneau d’interdiction. Pas besoin de rouler ce soir, donc. Et puis au moment où on arrive sur le parking, on voit trois personnes qui regardent le petit pingouins qui semblent tout perdu sur la route. Mais non, il fait juste se balader. Avant de rejoindre deux autres amis à lui. On les regarde un peu, jusqu’à ce que deux enfants arrivent. Évidemment, enfant et pingouins, c’est pas vraiment compatibles, et nos nouveaux amis à deux pattes disparaissent vite dans les buissons.
Et nous de pouvoir aller nous coucher contents.
La route de Devenport à St Helens
La traversée a été assez tranquille. L’arrivée se fait aux environs de 6h du matin. Le soleil n’est pas encore levé ; et même s’il l’était, on ne pourrait pas vraiment le savoir. Il fait gris et pluvieux. Dommage… l’arrivée à Devenport aurait sinon pu être assez impressionnante. Le traversier et gigantesque et remonte un petit canal relativement étroit. Avec bien peu de place à droite comme à gauche.
L’accostage se fait tout en douceur. Nous, on est bien confortablement assis dans le van, prêt à décoller. Le départ se fait rapidement et sans encombre. Une dernière petite inspection des douanes et des services de quarantaines. Interdiction d’amener fruits frais et légumes sur l’île. Entre autre. Si l’Australie est un écosystème assez fermé, la Tasmanie est encore plus fragile.
La nuit a été courte. Sur le bord de la route, tout les cafés sont ouverts, et annoncent des superbes petits déjeuners. Nous n’en profiterons pas. On a ce qu’il faut dans le van. On va plutôt avancé un peu. Après quelques kilomètres, on arrive à une fromagerie. On avait besoin de lait, et de fromage. Ça tombe bien. Tout à l’air fermé. Assez normal pour un dimanche à 6h45 du matin. On décide quand même de s’arrêter pour vérifier les horaires d’ouverture. Sans succès. Au moment de repartir, quand je décide de redémarrer le van, j’appuie par curiosité sur le petit bouton à côté de la clé. Ça allume un bidule qui fait bip bip quand je passe la marche arrière. Un détecteur de contact ! Ça pourrait être pratique sur un énorme engin comme ça, si je n’avais pas déjà une caméra de recule. En fait, une double caméra de recul. Le premier mode d’affichage remplace le rétro central. Le deuxième donne une vue verticale de l’arrière du van. Parfait pour éviter de rentrer dans les murs et d’écraser les petits enfants. Avec tout ce luxe, donc, je n’ai pas vraiment besoin du bidule qui fait bip bip. J’essaie de l’éteindre. Sans succès. Quand j’essaie de reculer, il se met à hurler encore plus. Et au lieu de reculer, le van avance. Je comprends pas. Je réessaie. Pareil. J’éteins le moteur. Je redémarre. Le van continue d’avancer. Sauf que devant, j’ai un talus, et que je vais devoir arrêter d’avancer à un moment. J’essaie plusieurs choses, je regarde le manuel pour voir comment arrêter le détecteur de contact qui raconte n’importe quoi. Je le vois bien, moi, que j’ai 8 mètres de libre derrière moi. Ça n’apparaît nul part dans la manuel.
La fromagerie a fini par ouvrir. Ça fait une bonne demi heure que l’on est planté dans le parking, a essayé de reculer, et je perds un peu patience. Je vais à la fromagerie, j’emprunte un téléphone, j’appelle le service d’urgence du loueur. Qui est incapable de me dire quoi que ce soit au téléphone. Il va me rappeler sur le portable dans une trentaine de minutes, quand il aura trouver un dépanneur qui pourra venir nous chercher… la Tasmanie s’annonce bien…
Retour au van pour attendre. Le portable n’a plus de batterie, je le mets donc à charger. En attendant que le téléphone sonne (en même temps, il est déchargé, donc il ne peut pas…) je feuillette à nouveau le mode d’emploi. Cherchant l’emplacement des détecteurs. Je finis par le trouver. Ils sont derrière le pare choc. À priori, la pluie pourrait les dérégler et les perturber. D’accord, mais au point d’empêcher le van de reculer, ça me paraît un peu énorme ! Enfin… j’attrape un torchon. Je sors nettoyer le pare choc. Je recentre. J’essaie. Le van continue à faire bip bip, mais cette fois il recule sans hésitation. Je retourne dans la fromagerie. Rappelle le service à la clientèle. Dis que tout est correct. Remercie tout le monde. Achète un morceau de fromage et du lait. Monte dans le van et repart.
Le détecteurs de recule du van continuera de biler pendant tout le trajet. Je pense que j’ai finalement compris le refus d’avancer. Le détecteur n’y est pour rien. Simplement la pente. Malgré la boîte automatique, le van étant un peu penché commence par avancer, même en position reculons. Je n’accélérais pas assez courageusement. En même temps, c’était compréhensible de ne pas vouloir accélérer trop alors que je n’allais pas dans la bonne direction. Est-ce que je suis arrivé sur une zone plus plate quand il est reparti, ou est-ce simplement que j’ai accéléré avec plus d’enthousiasme, l’histoire ne le dit pas, et je vous laisse donc imaginer par vous même.
Il n’empêche que l’on a perdu pas mal de temps. Et moi une bonne dose de patience sur ce coup là… on reprend la route, mais je suis pas mal crevé. On s’arrête donc un peu plus loin, le temps du sieste. On s’endort bercé par le son de la pluie sur le van. Nos premiers pas en Tasmanie sont plutôt déprimants…
… Et on se réveille avec un agréable soleil, beaucoup plus motivant.
La suite de la journée se déroule tranquillement. La route est belle, sans être époustouflante, ce qui permet quand même d’avancer assez vite. On profite de quelques points de vue, mais il n’y a rien de bien exceptionnel. Le ciel reste couvert, mais il ne pleut plus. Le van ne fait plus de caprice, et est très agréable à conduire. En fait, ça se conduit comme une voiture, et j’oublie facilement que je suis gros, large et haut. Il attaque les montées sans se plaindre et sans ralentir.
On arrive finalement à St Helens. On a rejoint la côte. Sur le traversier, on a repéré une couverture de magazine sur la Tasmanie qui nous a plus. On a demandé ou c’était, on nous a dit que c’était la « Bay of Fire ». On a décidé d’aller dormir là bas. Il nous reste une dizaine de kilomètres à faire, avant de trouver un endroit où garer notre lit géant à roulettes.
Le Victoria Market, le mercredi soir
Pendant tout l’été (vous savez, décembre, janvier, février, ces mois où il fait vraiment chaud) le Victoria Market ouvre le mercredi soir. Il devient alors marché d’artisans locaux. Lieux de promenade, de rassemblement, dans une ambiance des plus agréables. Certes un peu beaucoup bobo, mais oh combien agréable quand même ! Quand aux étales de nourriture, je me suis dit qu’Anissa apprécierait particulièrement que je prenne le temps de lui faire une ou deux photos ! Juste un peu décevant à un niveau : les tarifs ne sont pas particulièrement intéressants. Au final, donc, on circule, on regarde, mais c’est tout. Bon, faut dire aussi que pour le repas du soir je devais faire un satay de crevettes et tomates séchés servi sur un lit de légumes lui même présenté dans un nid de nouilles de riz. Alors évidemment, on n’était pas obligé de manger juste avant !
Le Victoria Market
Si le petit trésor pas du tout caché de Sydney c’est son jardin botanique, je pense que le trésor pas du tout caché de Melbourne, c’est le Victoria Market. Évidemment, comme je l’ai déjà dit/montré, le jardin botanique de Melbourne est magnifique aussi. Et c’est vrai qu’un marché et un jardin botanique, ça ne joue pas du tout dans la même catégorie. Quoi qu’il en soit, l’idée d’avoir un marché du genre pas trop loin me paraît une très bonne motivation quand viendra le temps de trouver un appartement quelque part à Melbourne.
Pourquoi cela ? Imaginez le marché Jean Talon. Avec plus de gens, plus de monde, plus de choix, mais des prix aussi attractif. Ajoutez-y les halles intérieures du marché Atwater, avec ses étalages de viandes et de poissons qui n’en finissent plus. Mais en gardant les prix du marché Jean Talon. Complétez avec un petit côté quartier chinois, une ambiance comme on retrouve sur les marchés en France. Ajoutez encore quelques étales touristiques en tout genre, et vous obtenez un ensemble vraiment superbe. Du genre où on a plaisir à déambuler, juste pour le plaisir de déambuler. Du genre où l’on se dit que rien que pour le marché, rien que pour essayer tous ces fruits que l’on ne connaît pas, ça peut valoir la peine d’habiter à Melbourne.
De ce que l’on a essayé jusqu’à présent, la qualité est au rendez-vous. Comme je le disais précédemment, de toutes façons, aussi bien pour la viande que pour les fruits et légumes, j’ai en règle générale trouvé la qualité vraiment bonne. On n’a pas encore assez vagabondé, mais j’ai très clairement l’impression que l’on peut trouver absolument tout ce dont on a besoin dans ce sympathique endroit. Bref, on continuera d’y retourner régulièrement je pense. Histoire de continuer de nous régaler avec de bons repas, et de vous régalez avec de belles photos de bouffe !
Le jardin botanique de Melbourne
J’ai déjà exprimé à diverses reprises lors de différentes excursions urbaines, à quel point j’appréciais les grands parcs urbains que l’on trouve en Amérique du Nord et qui, je trouve, manque quand même beaucoup en Europe (enfin dans le petit bout d’Europe que je connais). Ces grands parcs se retrouvent dans les grandes villes australiennes. À Sydney, mais aussi à Melbourne, se sont de magnifiques jardins botaniques, gratuits, et entièrement ouvert au public. De vrais petits lieux de bonheur. Après avoir passé beaucoup de temps à admirer celui de Sydney, il n’était que justice d’aller faire quelques pas dans celui de Melbourne. Mon petit doigt me dit que nous aurons l’occasion d’y retourner, car si Melbourne est un arrêt temporaire pour le moment dans notre programme bien chargé, il est fort probable que nous y ferons un séjour longue durée à notre retour de Tasmanie.
Installer (planter ? construire ? planifier ? ) un jardin botanique, semble être une activité assez prisée en Australie. Il semblerait que l’on en trouve en de très nombreux endroits. Ce qui est assez compréhensible quand on y pense. On a parlé météo avec Bob, un petit peu. On a parlé de l’hiver. Il nous avait dit « ah mais ici, l’hiver il peut faire très froid ». Son insistance sur le « très » m’ayant profondément surpris, j’ai cherché à en savoir plus. « Est-ce qu’il gèle ? ». « Oulala non ! Mais ça descend quand même à 10 degrés ». Oui, forcément, c’est sûr que c’est froid. On se demande bien comment font les australiens pour survivre à des températures pareilles. Ça complète, par contre, une observation que j’avais déjà faite : il n’y a aucun système de chauffage dans les maisons. Aucun radiateur dans l’appartement que nous avions à Sydney. Aucun radiateur dans les divers endroits où nous sommes allés. Chez Bob et Catherine, seule une cheminée à bois permet de réguler la température quand il fait « très froid ». Ce n’est pas un détail qui saute aux yeux, mais quand on fait attention, ça a quand même un petit côté surprenant quand on est habitué à la météo montréalaise…
Pour en revenir à cette histoire de jardin botanique, celui de Melbourne est assez différent de celui de Sydney. Plus de reliefs, un grand lac au milieu, une végétation peut être un peu plus dense et plus variée, mais en même temps des animaux beaucoup plus discrets. Ce qui me paraît d’ailleurs général dans toute la ville. Moins de cris d’oiseaux qui font que l’on se retourne en se demandant ce qui nous arrive et qui est en train de se faire égorger ! Quoi qu’il en soit, on retrouve à Melbourne comme à Sydney des endroits particulièrement magnifiques, où l’on a juste envie de se poser dans l’herbe pour ne rien faire.



