Mieux vaut un placard chaleureux qu’un salon froid
Ne voulant pas non plus nous laisser complètement tomber, Catherine nous avait proposé de nous payer une nuit en auberge de jeunesse pour le 24 au soir. Mais vous comprendrez facilement, je pense, qu’une nuit en dortoir pour le réveillon de Noël n’est pas ce que l’on peut trouver de plus attirant. À la place, on s’est donc tourné vers couchsurfing, envoyant quelques demandes de dernière minute. On était prêt à se payer, au besoin, une ou deux nuits d’hôtel, mais passer noël avec des vrais gens sonnaient beaucoup plus inspirant. Et c’est donc très heureux que nous avons trouvé l’invitation de Natasha à passer le 23 et le 24 avec elle.
À la base, elle nous proposait de venir que le 23. Nous avions aussi Pete, qui devait nous héberger le 25-26, qui pouvait aussi nous héberger le 24. Sauf que comme on l’a dit à Natasha, on n’aime pas trop ne passer qu’une soirée chez des gens. Du coup, on s’orientait sur un hôtel le 23… jusqu’à ce que Natasha insiste pour que l’on passe 23 et 24 avec eux.
Invitation qu’au final, on regrettera. Malgré un profil très sympa et énormément de références positives, Natasha est froide; on n’arrive pas à entrer en contact avec elle, et on ne se sent pas les bienvenus. Elle semble nous héberger non pas parce que ça lui fait envie, mais juste pour nous dépanner. Ce que nous ne souhaitions absolument pas. Elle insiste pour que le 24 nous nous joignons à un pique nique couchsurfing. Une cinquantaine de personnes, dans un parc, avec comme mot d’ordre, semble-t’il, de célébrer Noël en se saoulant. Pas vraiment notre trip. On préfère une petite promenade en ville, tranquille de notre côté. Avec un réveillon en tête à tête dans un restaurant grec des plus agréables.
On rentrera vers 22h45, le dernier message reçu de Natasha nous indiquant qu’ils sortaient jusqu’à environ 22h. On a acheté quelques chocolats, on a une bouteille de baileys, et bien envie de partager tout ça avec eux. Quand ils rentreront finalement à 00h30, alors que ça fait presque deux heures que l’on poireaute devant la porte, elle se contentera de dire « bin là, on avait convenu de se retrouver au pique nique cet après midi; mon téléphone est mort, on n’a pas pu vous prévenir ». Pas d’excuse. Rien. Elle montera se coucher sans ajouter un mot. On échange quelques mots avec son copain, échange de numéro de téléphone avec Victoria que l’on espère recroiser comme on reste sur Melbourne quelques temps, et on se couche finalement, bien frustrés et énervés. On se lève tôt le lendemain matin, complètement claqué, on prépare nos affaires en dix minutes, et on s’en va aussi rapidement que possible.
Le 25 décembre, tout est un peu – beaucoup – mort, mais les trams sont gratuits. On va dans le quartier de Pete, on se pose à la terrasse d’une petite épicerie/dépanneur/café. Ça fait du bien. On rejoint Pete un peu après. Il nous accueille avec un grand sourire. On discute un peu. Ça fait plaisir. Nous dormirons dans une petite pièce où il y a juste la place pour deux matelas posés par terre. C’est pas grave. Au moins, l’échange avec Pete est vraiment agréable. On se sent bien et bienvenue. Après s’être fait plus ou moins mettre à la porte par Catherine et Bob, et l’expérience des plus désagréables avec Natasha, on anticipait un peu avec inquiétude la suite du programme. On explique un peu la situation à Pete. On s’excuse, et on va faire une petite sieste. Bien mérité ! Cet après midi, nous rejoindrons, comme prévu, un petit groupe de couchsurfer, pour un 25 décembre bien tranquille !
Résumé des épisodes précédents
Vient un moment où ça devient dur à s’y retrouver ! Aux dernières nouvelles, nous devions quitter Balnnaring le 24. Ça, c’est ce que Catherine nous avait annoncé le 21. Le 22, on avait finalement trouvé une solution qui nous convenait. On passait le 24 en tête à tête à Balnnaring, avant de prendre le train le 25 au matin. On quittait donc un peu plus tôt, rejoignait un événement couchsurfing le 25 dans l’après midi, et tout était simple. C’était jusqu’à ce que, le 22 au soir, Catherine nous annonce que finalement, on devait partir le 24. Si le premier changement de plan a été un peu surprenant, le deuxième a été carrément déstabilisant. Après une longue discussion avec Iris, on a décidé d’essayer de partir dès le 23 si possible, la situation devenant vraiment très bizarre.
On a été vraiment super bien accueilli, et les échanges avec Catherine étaient vraiment sympas. On a eut plusieurs longues discussions, un verre à la main, d’excellents repas ensemble, et à chaque fois que des commentaires extrêmement positifs sur les différents travaux que l’on a fait (un peu de terrassement, beaucoup de ménage, environ quatre heure par jour). Du coup, ce changement de dernière minute a été des plus surprenants. Si l’accueil n’avait pas été aussi agréable, ou si on avait fait n’importe quoi… mais à priori, non. Comme je l’ai dit à Catherine, ce genre de choses est d’autant plus désagréable venant de personne que l’on apprécie. Nous devions en rediscuter le 23 au matin, mais le départ c’est fait dans la précipitation la plus complète, alors que Catherine a reçu des mauvaises nouvelles de sa mère, en Angleterre, et a donc décidé de prendre l’avion le soir même. J’espère quand même réussir à avoir quelques échanges avec elle par email dans les jours qui viennent, histoire de comprendre un peu mieux ce qu’il s’est passé. J’en profite quand même pour vous laisser quelques photos de l’extérieure de la maison.
Nous avons essayé à deux reprises de voir le koala qui passe par là de temps en temps, mais sans succès malheureusement.
La suite du programme
Ce qui n’est pas évident avec les gens extrêmement sympathiques et chaleureux, c’est qu’il n’est pas évident de leur en vouloir, même quand ils vous mettent dans des situations pas forcément pratique. Bob et Catherine ont donc deux maisons. Une à St Kilda, banlieue très sympa de Melbourne, et une autre à Balnaring, pas mal plus perdu au milieu de nul part. Au début, on devait être moitié à l’une, moitié à l’autre. Rentrer à St Kilda pour Noël, et essayer de rejoindre des événements couchsurfing par là bas. On devait également rester chez eux jusqu’au 30. Finalement, nous passerons tout notre temps à Balnaring… et surtout, nous devrons partir le 27… situation un peu galère à gérer. Parce que la suite de notre programme est bien rempli !
- – on récupère le 30 décembre un van qui doit être ramené à Sydney pour le 2 janvier
- – on arrive à Sydney le 31 décembre en fin de matinée. On installe le van dans un coin tranquille, et on va s’installer à un bon endroit pour admirer les feux d’artifices. Oui, finalement, après quelques hésitations et changements d’avis, on a décidé d’aller les voir. Pour moi, les feux d’artifices dans le port de Sydney pour le nouvel an, ça fait parti des choses à voir une fois dans sa vie. Un incontournable qu’il aurait été dommage de raté alors que l’on était « juste à côté ».
- – le 2 janvier, nous rendons le van… pour en récupérer un autre qui doit être ramené à Melbourne.
- – le 3 janvier, nous sommes de retour à Melbourne.
- – le 7 janvier au matin, nous récupérons un van qui doit être amené à Hobart, en Tasmanie. Le 7 au soir, nous sommes sur le ferry.
- – le 8 au matin, nous arrivons à Devenport dans le nord de la Tasmanie.
- – le 10 en début d’après midi, nous rendons le van à Hobart, dans le sud de la Tasmanie. Puis nous prenons le bus pour les Craddle Mountains, où nous repartons pour un trois semaines d’expériences helpx, chez Sarah cette fois.
Oui… ça a été un peu compliqué de mettre en place tout ces allers-retours. Une synchronisation efficace, une optimisation difficile à battre, et un début d’année bien rempli !
Ne reste plus qu’à nous trouver des couchsurfers pour nous héberger du 27 au 30 et du 3 au 7 à Melbourne. Ça faisait longtemps que l’on n’avait pas envoyé de demande de couch !
Ah oui, la Tasmanie, c’est là (avec un clic, c’est plus grand) :
Juste pour vous placer, Hobart, c’est 42 degrés de latitude sud. Perpignan est à 42 degrés nord. Chicago, 41,5.
Fascinant, parce que rendu en Tasmanie, on a l’impression d’être au bout du monde. Après, il n’y a plus rien. Que de l’eau. Jusqu’à l’Antarctique.
La vie est dure ici bas…
Tellement que je me suis surpris à midi de penser « des pâtes au fromage, ça va faire du bien ; ça va changer du saumon fumée ». Parce que voilà. Bob, il est végétarien. Il ne mange pas de viande, mais mange quand même du poisson. Et le saumon de Tasmanie, non seulement il est à un prix tout à fait correct, mais en plus il est particulièrement délicieux. Alors on en profite. On en mange régulièrement. Tiens, par exemple, pas plus tard qu’hier au soir, comme Catherine et Bob aiment bien que l’on fasse à manger et comme, justement, j’avais vu ces jolis filets de saumon dans le frigo, je me suis lancé dans une impro qui avait comme thème « saumon, courges et betteraves » avec comme contrainte « pas de fromage ». Parce que Bob ne mange pas non plus de fromage.
Du coup, j’ai décidé de faire une variation d’un classique. Les galettes de pomme de terre, que j’avais déjà décliné en galettes de boulgoures ou de quinoa, sont devenus des galettes betteraves, pommes de terre et courges. Comment ça marche ? Très simple. D’abord, on râpe tout ça.
C’est joli, et ça fait plein de couleurs en plus ! La pomme de terre râpée à la mauvaise habitude de rendre beaucoup d’eau. Il est important d’en enlever le plus possible. Alors on prend une poignée de pomme de terre râpée, on la sert très fort au dessus de l’évier pour que le jus sorte, et on recommence jusqu’à ce que l’on ait plus que des patates râpées pressées. Ensuite, on rajoute quelques oeufs, et un peu de crème.
On rajoute des épices (sel, poivre, paprika, ce qui vous tombe sous la main) et on mélange tout ça.
On met un fond d’huile dans une poêle bien chaude, et on fait des galettes de la taille et de la forme que l’on veut. Pour l’épaisseur, je recommande « plutôt mince ». Ça cuit mieux et plus vite.
Après un moment, on retourne.
Et voilà… aussi simple que ça. Ça rend les végétariens heureux, et si vous avez un végétarien qui n’a pas peur du fromage, un peu de fromage râpé dedans, ça se fait bien.
Pour accompagner, vous réunissez les éléments suivants :
Soit encore tomates séchées en petit morceau, gousse d’ail réduite en mini bout, et filets de saumon de Tasmanie. Bon, d’accord, si votre saumon vient d’ailleurs, j’imagine que ça marche également.
Ensuite, vous faîtes revenir ail et tomates dans l’huile qui a servi à conserver ces dernières.
Quand tout cela a bien grillé, vous arrosez d’un fond de vin blanc, avant d’ajouter le saumon.
Dans un sens, puis dans l’autre.
En fin de cuisson, j’ai ajouté quelques goûtes d’huile de sésame sur le saumon. Pour un tout petit et discret parfum. Ensuite, il ne reste plus qu’à présenter comme il faut.
Le saumon est saupoudré d’un peu de graines de sésame, et de quelques noix de pins. La roquette est produite au jardin de Bob et Catherine, avec un assaisonnement tout simple huile d’olive + balsamique. Le petit pot, quand à lui, contient une sauce huile d’olive + sirop d’érable + huile de sésame, pour accompagner les asperges, discrètement cachées sous les galettes.
Bon appétit !
Premiers pas en Victoria
Ou plutôt premiers kilomètres. Voir même premières centaines de kilomètres, vu que nous avons 500 kilomètres à rouler aujourd’hui. Je pensais avoir bien calculé mon affaire… je me suis quand même relativement bien planté ! Nous devions arriver à Melbourne à 13h. Nous y serons à 15h… route plus longue que prévue, égarement à l’arrivée… mais encore quelques beaux paysages en chemin ! Si la « frontière » entre le New South Wales et le Victoria est une gigantesque forêt qui rappelle fortement la Gaspésie pendant une bonne centaine de kilomètres (à cela prêt que les arbres sont quand même plus gros) la suite de la route offre quelques prairies à perte de vue avec peu de choses à voir. Puis on arrive à Lake Entrance, une ville qui porte très bien son nom, vu la présence de plusieurs grands lacs dans les environs. Nous en profitons aussi pour retrouver la mer pendant quelques temps. Le paysage reste joli encore un peu, puis on se pose finalement sur une autoroute sans intérêt pour les 150 derniers kilomètres.
Mais bon… nous arrivons finalement. Je suis pas mal gêné du retard conséquent. Surtout que Catherine et Bob avaient déjà pas mal de plan pour la journée. J’aime pas raté mes premières impressions… mais tout semble bien se passer. Les échanges par mail avec Catherine étaient super agréables, et elle est tout aussi sympathique malgré notre retard. Ils nous font donc entrer et visiter une maison gigantesque, transformé en B&B. Je vous reviendrais plus tard avec des petites morceaux d’histoires et d’anecdotes, et surtout une quantité de photos !
On discute encore un petit moment. Le courant passe bien, les échanges sont agréables, ça fait du bien. Comme on arrive un peu tard, on a notre journée de libre. Eux vont dans leur maison de campagne, où nous les retrouverons demain, et où le travail commencera pour de vrai. Pour ce soir, ils nous invitent à nous reposer. On en profitera pour découvrir St Kilda. Et puis demain matin, à la première heure, on rend le van, avant de prendre le train. Le programme nous convient très bien !
Princes Highway
Voilà bien longtemps que je n’avais pas dormi dans un van, et ma nuit et relativement agitée. De nombreux souvenirs qui reviennent, les uns après les autres. Transporté un peu plus d’un an en arrière (le temps passe horriblement vite !) à quelques milliers de kilomètres à l’est d’ici. Je m’interroge sur ces nouveaux bruits, sur qui va nous réveiller demain matin, comment, et pourquoi…
Finalement, je me réveillerais tout seul, d’avoir assez dormi. Iris dort encore, alors j’en profite pour faire un peu de rangement dans le van. On a déjà eut le droit à plusieurs visites sur l’air de repos, y compris une personne en charge de l’entretient, mais personne n’est venu frapper à la porte. Et nos voisins en Westfalia sont toujours là également. Je continue mon rangement en prenant mon temps, jusqu’à ce que finalement une voiture de police arrive. Petit soupir. Ça devait finir par arriver j’imagine. J’ai mon discours prêt. Je regarde la voiture s’arrêter à côté du van. Le policier en sortir, et se diriger vers les toilettes. Il revient quelques instants plus tard, remonte, et repart. Bon… peut être bien que finalement on avait le droit de dormir ici.
Iris se réveille un peu après. On se fait un petit déjeuner rapide, avant de reprendre la route. Tout cela me rappelle tant de souvenirs… c’est un mode de vie, un type de voyage, que j’aime énormément. Se lever, manger, et partir… surtout qu’aujourd’hui encore, les paysages qui nous attendent sont superbes. L’idéal, ça serait de dormir à 300 kilomètres de Melbourne pour pas que l’on ai trop de route à faire le lendemain. Ça voudrait dire conduire 500 ou 600 kilomètres aujourd’hui. La journée s’annonce donc chargé ! Ce n’est pourtant pas une raison pour se presser et aller trop vite. On veut encore prendre le temps de profiter du paysage, en s’arrêtant aussi souvent que nécessaire.
Le paysage est à nouveau un mélange de côtes californiennes et orégonaise, alternant plage de sable tranquille, et rochers pointus. Par endroit, la couleur de l’eau est simplement fascinante. Malheureusement, la température n’est pas au rendez-vous. À Sydney, déjà, l’eau n’était pas très chaude. Mais là on va de plus en plus vers le sud, ce qui n’aide pas. Il faut aller dans le nord, vers la grande barrière de corail, ou vers l’ouest, pour avoir vraiment de l’eau très chaude. Alors on se contente de se mouiller les pieds légèrement, et d’admirer. On dit aussi coucou à une otarie quand on en voit passer une, même si c’est de loin. On regarde désespérément pour des dauphins, mais sans succès.
L’eau a beau être froide, je me décide quand même à me mouiller plus que les pieds, en rejoignant un petit groupe de rochers pas très loin de la plage. J’ai quand même de l’eau jusqu’au haut des cuisses, et je peux confirmer qu’elle est froide. C’est pas grave. Il faut souffrir pour aller faire de belles photos et vidéos de ces vagues magnifiques que j’arrivais à voir dans le lointain.
Princes Highway, c’est le nom de la route principale qui relie Sydney à Melbourne par la mer. Il existe une route plus rapide et un peu plus direct qui passe juste au nord de Canberra. Peut être aura-t’on l’occasion de la faire elle aussi à un moment. Toujours est-il que le long de Princes Highway, il y a régulièrement des petits détours touristiques. Une petite boucle pour voir la côte de plus prêt ou pour entrer un peu plus dans les terres, voir un village à tendance ancien très bien conservé avec sa petite fromagerie. Évidemment, ce n’est pas pour le fromage que l’on a décidé de faire le détour.
Dans un paysage qui pour l’occasion fait assez campagne française, se cache le petit village de Tiba Tiba. Qui, pour une raison que nous ne connaissons pas, a gardé à peu prêt toutes ses vieilles maisons traditionnelles. C’est joli, c’est mignon, et ça valait bien un petit détour. Par contre, ça n’a plus d’authentique que l’architecture, car le village, lui, ne semble vivre plus que du tourisme. Nous ne sommes pas les seuls, à priori, à faire le détour. Toutes les maisons ont été converties en magasins de souvenirs et autres boutiques d’artisanat local. C’est simple, on aime, on s’attarde le temps d’apprécier un milkshake au chocolat particulièrement bon et de déguster quelques fromages. Encore une fois, l’influence anglaise est trop présente. Les cheddars sont bons, mais il n’y a que ça à goûter. Différents âges, différents arômes, mais ça tourne quand même un peu en rond. Il n’empêche que le plus vieux est quand même vraiment bon, et que puisque l’on a deux bières au frais dans le frigo, avoir de quoi pour aller avec serait une très bonne idée.
Le temps a filé bien plus vite que prévu. En même temps, on est content. On a réussi à aller à une vitesse assez correcte, prenant le temps d’apprécier ce que l’on voyait. Sauf qu’à partir de maintenant, il va falloir rouler. Je fais quelques calculs dans ma tête, je me fixe un objectif. Je suis prêt à conduire longtemps histoire d’avoir une petite étape tranquille le lendemain.
Mais c’est plus fort que nous. Le paysage est trop magnifique pour ne pas continuer à s’arrêter régulièrement. Même le pélican, sur le bord de la route, dans son petit lac, est tout mignon.
La route présente régulièrement des panneaux nous annonçant quel genre d’animal on risque de voir soudainement traversé en courant. Wombats, Kangourous et Koalas sont les plus classiques. Koalas et sans doute le plus dangereux, vu que d’un seul coup, les touristes que nous sommes arrêtons de regarder la route pour regarder le sommet des arbres voir si l’on arrive pas à voir une boule de poils. Sans succès. On a beau scruté dans tout les sens, pas d’animaux bizarres en vue. Jusqu’à ce que finalement, quand même, un kangourou se décide à montrer le bout de son nez. Je me gare immédiatement sur le bas côté, on sort l’appareil photo, on approche discrètement. Puis je réalise que le un kangourou, il est en fait cinq. Ou six. Ou une petite dizaine.
C’est quand même plus joli que dans une assiette ! Et puis ça fait plaisir de voir des kangourous vivants avant de commencer à en voir des morts sur le bas côté. En fait, le kangourou est l’équivalent exact du chevreuil en Amérique. Il broute tranquillement sur le bord de la route à la tombée du jour, regardant passé les voitures, et jetant un coup d’oeil inquiet aux touristes. Et ils traversent la route la nuit, à la lumière des phares. Ce qui, il faudrait leur dire, n’est pas très prudent !
Vu l’inertie du véhicule que je conduis, je ralentie quand même un peu l’allure, pour éviter les mauvaises surprises. Le soleil se couche finalement alors que nous arrivons à Eden.
Il nous faut rouler encore pas mal. J’ai bien regardé la route tout le long, j’ai repéré les aires de repos, il y en a régulièrement. Trouver un endroit où dormir ne sera pas un problème. En même temps, rouler de nuit ne me tente pas plus que ça. Je fais encore quelques petits calculs. Si je roule encore une heure ce soir, et qu’on se lève tôt demain, on sera dans les temps. C’est parfait.
Nous quittons le New South Wales pour entrer dans le Victoria. On roule encore un peu, trouve une petite aire de repos qui semble être en fait un camping gratuit. C’est inhabituel de voir des tentes sur les aires de repos… mais pourquoi pas ! On s’installe à l’ombre d’un autre arbre magnifique. Le moteur s’arrête. On se prépare un petit repas, avant de déguster un petit morceau de fromages avec les deux bières qu’on s’est achetées plus tôt.
Le ciel est bien dégagé. Pas de nuages. Alors juste avant d’aller dormir, j’en profite quand même pour attraper quelques étoiles. Parce que ça faisait longtemps !
La Grand Pacific Drive
Bon, alors d’abord, le touriste fait un mea culpa. J’annonçais que nous allions faire la “Great Ocean Road”, qui se trouve être en fait entre Melbourne et Adelaide. En réalité, nous avons fait la “Grand Pacific Drive”. La subtile différence peut prêter à confusion, certes… mais voilà. La faute est corrigée. Je ne voudrais pas induire mes lecteurs en erreur !
Tout a commencé en quittant Sydney. La ville a quand même quelque chose de remarquable. C’est d’avoir autant d’espace naturelle juste à sa porte. Du coup, à peine quitter les petites villes de banlieue, on se retrouve dans des paysages magnifiques.
Le camping car se conduit très bien. La route zigzague pas mal, monte et descend. Mais il suit sans problème, sans même spécialement se traîner dans les montées. Et comme on a envie de prendre tout notre temps, même si on est pressé, je conduis très tranquillement. Si le paysage a des côtés un peu gaspésien au départ, l’arrivée sur la côte me fait immédiatement penser à la Californie. Un océan d’un bleu magnifique, une route qui longe la côte tranquillement, s’intégrant relativement bien dans le paysage. Il y a pas mal de vent, il ne fait pas particulièrement chaud. Et surtout, il n’y a presque personne sur la route. Conditions de conduite idéales.
Alors que je voyageais avec le Pourquoi Pas ? dans le nord de la Californie, j’expliquais à quel point je trouvais que parfois une route s’intégrait parfaitement dans un paysage. Quand un projet est bien mené, bien conçu, il peut même aller jusqu’à valoriser l’endroit. Je dois bien reconnaître que personnellement, ce pont qui longe la falaise est, pour moi, un très bel exemple de réussite. Le paysage serait il plus beau sans la route ? C’est possible. Mais sans la route, pourrions nous voir le paysage ? J’aime la façon dont la falaise et le pont se répondent, dont les courbes de l’un épousent les courbes de l’autre.
Et puis une petite marche sur le pont, en plus d’admirer le paysage plus tranquillement, permet de découvrir une forme de « tag » que je ne connaissais pas. Si j’aime beaucoup les témoignages écris sur les rambardes d’autoroute, je ne connaissais pas encore les cadenas gravés et accrochés aux barrières d’un pont. Sans doute moins spontané, le message est, en revanche, plus permanent !
Les plages se suivent, toutes plus magnifiques les unes que les autres. On avance tout doucement, s’arrêtant régulièrement, pour aller faire quelques pas, quelques photos. Prendre le temps d’apprécier le paysage. Dans ce contexte, la conduite est loin d’être pénible. Surtout qu’au final, on passe plus de temps à l’arrêt qu’à rouler !
Le temps passe vite, les kilomètres moins. On avance moins vite que prévu, sans que ce soit bien grave non plus. On se rattrapera sur les prochains jours. Pour le moment, on goute au bonheur de quitter enfin la ville, de se retrouver dans des paysages aussi beaux. En continuant vers le sud, le côté côte californienne laisse la place à un paysage plus typique de l’Oregon, avec une côte plus rugueuse, plus de rochers, des vagues encore plus impressionnante. Tout cela ressort un peu plus brut. Et ça me plait ! On fait une pause à la ville de Kiama pour admirer un « geyser ». Un trou dans le sol, relié à la mer. Les vagues vont parfois pression, et ça envoie des jets d’eau dans le ciel. On aime !
Et on en profite pour noter que si les gens, ici, on la tête en bas, les sapins, eux, ont leurs branches dans la bonne direction. Ce qui donne un résultat assez… différent ?
L’après midi approche de sa fin. Le soleil décline à l’horizon. On quitte l’Oregon pour l’Irlande. La lumière de fin de journée est superbe.
On a bien peu roulé contrairement à ce que je pensais quand on s’arrête finalement. Je me suis posé un peu la question du « où allons nous dormir », puisque je n’ai pour le moment aucune idée de la tolérance des autorités australiennes sur les vans garés n’importe où. Si la combinaison « je suis un touriste qui a l’air idiot » et « je conduis un van super sympathique » m’avait bien servi en Amérique du Nord, je me demande si la version « nous sommes un couple de touriste idiot » et « nous conduisons un énorme camping car grand luxe » aura le même effet. Et puis finalement, on voit une petite air de repos à l’entrée d’une petite ville. Il y a là un Westfalia, très clairement installé pour la nuit. C’est juste parfait pour nous. C’est tranquille, un peu en retrait d’une route qui, à la base, n’est pas passante. Le moteur s’arrête de tourner. Je ne me souviens plus du nom du village. On n’a fait guère plus de 200 kilomètres…
On a tout le confort à bord pour préparer le repas. Je me souviens le bordel que c’était avec le Pourquoi Pas ?, sans cesse à déplacer des choses d’un bout à l’autre. Ici, malgré l’énorme pile de bagages, on se déplace sans problème.
La Grand Pacific Drive est terminée. En fait, elle se termine à Nowra. La suite n’a pas de nom officiel, si ce n’est que depuis Sydney nous suivons « Princes Highway ». On s’endort crevé mais ravis, attendant avec impatience ce que nous réserve le lendemain.






















































































































































































