En route pour le bout du bout du monde
Je gardais un magnifique souvenir de mon voyage aux Îles de la Madeleine. Cette impression d’être rendu au bout du bout du monde. Une douzaine d’heures de voiture depuis Montréal, suivi d’une demi douzaine sur le bateau. Un sentiment d’éternité pour se rendre à un endroit qui semble inaccessible.
Pour se rendre en Tasmanie, il y a deux options. L’avion vous prendra une heure et demi, et vous amènera à Launceston (dans le nord) ou à Hobart (dans le sud). Petit saut de puce, que l’on a à peine le temps de ressentir. Ou bien vous pouvez prendre le ferry, qui vous amènera à Devenport en une dizaine d’heures. Iris aurait quand même bien voulu prendre l’avion. Comme je lui ai expliqué pendant la traversée, pour moi il y a un côté « triche ». La Tasmanie, c’est le bout du bout du monde. On n’est pas pressé, on a tout notre temps. Faire le saut en avion nous fait sentir beaucoup plus proche du continent. Le bateau permet de plus ressentir la distance. Prendre son temps, se poser, regarder les gens évoluer à bord. Marcher sans raison, au hasard, pour le plaisir.
La récupération du van et les préparatifs du départ auront été un peu rocambolesque. Nous sommes chez Katherine, nous devons aller récupérer le van, puis une partie des bagages chez Jordan, et l’autre partie chez Jesse. Il faut, évidemment, synchroniser tout ça avec les emplois du temps de tout le monde, et le fait que l’on doit prendre le bateau à l’arrivée. Quelques galères, un gros moment de panique alors que Jordan ne répond pas à la porte quand on sonne chez lui, que l’on se perd en allant chez Jesse, mais on se rend finalement à destination, avec le van et tout nos bagages.
Il est gros le Spirit of Tasmania. Mais ça vaut mieux. Parce qu’il est gros notre véhicule aussi. On s’est longuement posé la question. Savoir si, avec un aussi gros van, on pouvait cacher des passagers clandestins. On a vite eut la réponse : le van est fouillé méticuleusement avant de monter à bord. Par contre, l’embarquement est super rapide. Tout est déjà payé, et comme ils ont la plaque d’immatriculation du véhicule, on est identifié immédiatement. Simple, propre, efficace. On est rapidement à bord, dans la grande soute tout au fond, garé à côté des énormes camions. On se sent un peu petit quand même.
Le bateau est confortable, bien aménagé, avec de quoi s’occuper pour la traversée. En même temps, on fera le passage de nuit, afin d’optimiser le temps de location du van. On regrette quand même un peu l’interdiction d’accéder à la soute pendant le trajet. Dormir dans le van aurait quand même été pas mal plus confortable que dans une grande salle pleine de gens allongés sur des fauteuils, mais bon…
On profite un peu de la vue depuis le bateau, mais le soleil se couche rapidement. Alors on ne s’éternise pas dehors. En plus il ne fait pas très chaud. On se regarde un film, et puis on va finalement dormir. Demain, on se réveillera en Tasmanie.
En route pour le bout du bout du monde
Je gardais un magnifique souvenir de mon voyage aux Îles de la Madeleine. Cette impression d’être rendu au bout du bout du monde. Une douzaine d’heures de voiture depuis Montréal, suivi d’une demi douzaine sur le bateau. Un sentiment d’éternité pour se rendre à un endroit qui semble inaccessible.
Pour se rendre en Tasmanie, il y a deux options. L’avion vous prendra une heure et demi, et vous amènera à Launceston (dans le nord) ou à Hobart (dans le sud). Petit saut de puce, que l’on a à peine le temps de ressentir. Ou bien vous pouvez prendre le ferry, qui vous amènera à Devenport en une dizaine d’heures. Iris aurait quand même bien voulu prendre l’avion. Comme je lui ai expliqué pendant la traversée, pour moi il y a un côté « triche ». La Tasmanie, c’est le bout du bout du monde. On n’est pas pressé, on a tout notre temps. Faire le saut en avion nous fait sentir beaucoup plus proche du continent. Le bateau permet de plus ressentir la distance. Prendre son temps, se poser, regarder les gens évoluer à bord. Marcher sans raison, au hasard, pour le plaisir.
La récupération du van et les préparatifs du départ auront été un peu rocambolesque. Nous sommes chez Katherine, nous devons aller récupérer le van, puis une partie des bagages chez Jordan, et l’autre partie chez Jesse. Il faut, évidemment, synchroniser tout ça avec les emplois du temps de tout le monde, et le fait que l’on doit prendre le bateau à l’arrivée. Quelques galères, un gros moment de panique alors que Jordan ne répond pas à la porte quand on sonne chez lui, que l’on se perd en allant chez Jesse, mais on se rend finalement à destination, avec le van et tout nos bagages.
Il est gros le Spirit of Tasmania. Mais ça vaut mieux. Parce qu’il est gros notre véhicule aussi. On s’est longuement posé la question. Savoir si, avec un aussi gros van, on pouvait cacher des passagers clandestins. On a vite eut la réponse : le van est fouillé méticuleusement avant de monter à bord. Par contre, l’embarquement est super rapide. Tout est déjà payé, et comme ils ont la plaque d’immatriculation du véhicule, on est identifié immédiatement. Simple, propre, efficace. On est rapidement à bord, dans la grande soute tout au fond, garé à côté des énormes camions. On se sent un peu petit quand même.
Le bateau est confortable, bien aménagé, avec de quoi s’occuper pour la traversée. En même temps, on fera le passage de nuit, afin d’optimiser le temps de location du van. On regrette quand même un peu l’interdiction d’accéder à la soute pendant le trajet. Dormir dans le van aurait quand même été pas mal plus confortable que dans une grande salle pleine de gens allongés sur des fauteuils, mais bon…
On profite un peu de la vue depuis le bateau, mais le soleil se couche rapidement. Alors on ne s’éternise pas dehors. En plus il ne fait pas très chaud. On se regarde un film, et puis on va finalement dormir. Demain, on se réveillera en Tasmanie.
Inutile de vous inquiéter !
Je sais, ça fait un petit moment que je n’ai pas donné de nouvelles. Ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas parce que nous sommes allés chercher le van, qu’il n’était pas disponible, que j’ai tué trois personnes, et que je suis enfermé dans une prison de Melbourne depuis plusieurs jours sans accès internet.
Nous sommes allés récupérés le van, et il était là. D’ailleurs, il faudra que j’apprenne à arrêter de dire « le van », parce qu’un camping car de 7,5m de long, ce n’est pas vraiment comparable avec le Pourquoi Pas ? dans lequel j’ai vécu quatre mois. On avait limite plus de place dans ce camping car que dans notre appartement à Sydney. Même compagnie de location, super confortable, bien équipé. Un vrai bonheur. Et pas mal de déception d’avoir du le laisser. On a envisagé, à un moment, de le voler et partir avec. Sauf que bon… un camping car blanc et orange fluo de 7,5 mètres de long, c’est pas évident à cacher sur une île de la taille de la Tasmanie ! Pas évident non plus à faire quitter l’île en restant inaperçu.
Bref, je vous raconterais tout ça très prochainement. Pour le moment -histoire de faire durer un peu le suspens- sachez simplement que l’on a roulé de Devenport jusqu’à Hobart en suivant la côte est. Puis que l’on a remonté jusqu’au Craddle Mountain par le milieu. La suite très bientôt. C’est promis !
Melbourne et la Yarra River
« Melbourne is a cool city. I lived there for a month, but it’s more of a river city and I’m more of an ocean girl which is why I ended up coming up this way [Sydney] »
Petit extrait d’un échange que j’avais eut avec une couchsurfeuse à Sydney. C’est vrai qu’il n’y a pas à regarder bien longtemps avant de découvrir que Melbourne était une ville de rivière. On a bien le sentiment surfer/bord de mer/plage à la mode quand on est à St Kilda, mais quand on s’en éloigne, l’ambiance change. Et il semblerait que, contrairement à cette couchsurfeuse, je sois plutôt quelqu’un fait pour les villes de rivière. Ce n’est pas une coïncidence, j’imagine, si j’ai vécu à Montréal pendant dix ans. À Montréal, la ville est que d’un seul coté de la rivière. De l’autre côté du fleuve, au sud, c’est Longueuil et les banlieues sans fin. Melbourne, de son côté, est bien traversée par la rivière. Celle-ci est suffisamment étroite pour que ce soit possible et rationnel.
Tout comme Sydney, Melbourne est un peu américaine, un peu européenne. Si le centre ville est relativement orthogonal, les angles droits ne tiennent pas très longtemps. La rivière traverse la ville selon un axe à peu prêt est-ouest. C’est le seul axe vraiment diviseur de la ville. Je veux dire par là la seule séparation vraiment tangible. Il y a un Melbourne nord et un Melbourne sud. Il n’y a pas vraiment de Melbourne est ou de Melbourne ouest, à part sur le papier, pour désigner certains quartier.
Nous ne nous sommes pas trop aventurés dans le sud. Si vous partez un peu trop à l’ouest, vous arrivez très rapidement dans une zone portuaire et industrielle laide et sans intérêt. La partie sud a l’air un peu plus tourné vers l’océan. Le nord de Melbourne, par contre, semble en ignorer complètement l’existence. La ville s’étale en suivant joyeusement les grandes lignes de tram. Sont-ce les artères commerciales qui ont créés les circuits de trams ou les circuits de trams qui ont créés les artères commerciales ? Je suis persuadé que les deux sont intimement liés. Tout comme je reste persuadé que le tram est le meilleur moyen de transport qui soit pour une ville. Une station de métro va faire apparaître quelques commerces autour d’elle. Un tram, c’est toute le long de la ligne qui va en profiter. À plusieurs reprises, regardant par la fenêtre d’un tram, j’ai vu un magasin qui me donnait envie de descendre à l’arrêt suivant, de venir jeter un oeil. Je maîtrise relativement bien le réseau de tram de Melbourne. Il me plait énormément. Centré sur une grille de trois rues par deux (du nord au sud : Bourke, Collins, Flinders, d’ouest en est Elizabeth et Swanston) tout est inter relié. C’est simple, rapide, efficace. Puis il y a ces grandes rues qui s’éloignent à l’infini. J’ai marché longuement sur Bridge Road vers l’est, sur Brunswick, Nicholson et Sydney Road dans le nord. Le tram est un élément structural fondamental de la ville. Ça permet de me rendre compte que c’est l’une des choses que je n’aime pas à Sydney : sa non structure.
Mais revenons en à la rivière. Et au génie de certaines personnes, dont j’ai malheureusement oublié le nom, alors que je pensais l’avoir noté.

Voilà Melbourne en 1971. C’est la période où certains habitants ont décidé qu’il était temps de faire quelque chose. Deux ministres de l’époque se sont attelés à la tache. Dans la catégorie « magnifique réussite urbaine », j’espère que la revitalisation des berges de la Yara River est souvent citée en exemple dans les écoles d’urbanisme ! Parce qu’aujourd’hui, se promener sur les rives de la rivière est un vrai moment de bonheur. Les bâtiments sont magnifiques, qu’ils soient privés ou public. La Eureka Tower (j’en reparlerais après la Tasmanie, quand j’aurais enfin eut l’occasion d’aller jeter un oeil du sommet de son 88 étages) et sans contredit mon gratte-ciel préféré à Melbourne.



Mais les bâtiments publics sont aussi à l’honneur. Le centre d’exposition :



Les nombreuses passerelles piétonnes :



Et un certains nombre d’oeuvres d’art en tout genre (les passerelles piétonnes ayant d’ailleurs tendance à compter dans les deux catégories) :



Ça fait du bien de se promener dans ce genre de lieux, d’avoir ce genre de ressenti. La tête en bas, Montréal me paraît quand même un peu moins lointaine soudainement. Alors si vous passez un jour par Melbourne, prenez le temps de longer la rivière. Dans un sens, puis dans l’autre. Échappez vous. Suivez la. Je suis persuadé qu’elle a de très nombreuses histoires à raconter.
Le Victoria Market, le mercredi soir
Pendant tout l’été (vous savez, décembre, janvier, février, ces mois où il fait vraiment chaud) le Victoria Market ouvre le mercredi soir. Il devient alors marché d’artisans locaux. Lieux de promenade, de rassemblement, dans une ambiance des plus agréables. Certes un peu beaucoup bobo, mais oh combien agréable quand même ! Quand aux étales de nourriture, je me suis dit qu’Anissa apprécierait particulièrement que je prenne le temps de lui faire une ou deux photos ! Juste un peu décevant à un niveau : les tarifs ne sont pas particulièrement intéressants. Au final, donc, on circule, on regarde, mais c’est tout. Bon, faut dire aussi que pour le repas du soir je devais faire un satay de crevettes et tomates séchés servi sur un lit de légumes lui même présenté dans un nid de nouilles de riz. Alors évidemment, on n’était pas obligé de manger juste avant !
Le Victoria Market
Si le petit trésor pas du tout caché de Sydney c’est son jardin botanique, je pense que le trésor pas du tout caché de Melbourne, c’est le Victoria Market. Évidemment, comme je l’ai déjà dit/montré, le jardin botanique de Melbourne est magnifique aussi. Et c’est vrai qu’un marché et un jardin botanique, ça ne joue pas du tout dans la même catégorie. Quoi qu’il en soit, l’idée d’avoir un marché du genre pas trop loin me paraît une très bonne motivation quand viendra le temps de trouver un appartement quelque part à Melbourne.
Pourquoi cela ? Imaginez le marché Jean Talon. Avec plus de gens, plus de monde, plus de choix, mais des prix aussi attractif. Ajoutez-y les halles intérieures du marché Atwater, avec ses étalages de viandes et de poissons qui n’en finissent plus. Mais en gardant les prix du marché Jean Talon. Complétez avec un petit côté quartier chinois, une ambiance comme on retrouve sur les marchés en France. Ajoutez encore quelques étales touristiques en tout genre, et vous obtenez un ensemble vraiment superbe. Du genre où on a plaisir à déambuler, juste pour le plaisir de déambuler. Du genre où l’on se dit que rien que pour le marché, rien que pour essayer tous ces fruits que l’on ne connaît pas, ça peut valoir la peine d’habiter à Melbourne.
De ce que l’on a essayé jusqu’à présent, la qualité est au rendez-vous. Comme je le disais précédemment, de toutes façons, aussi bien pour la viande que pour les fruits et légumes, j’ai en règle générale trouvé la qualité vraiment bonne. On n’a pas encore assez vagabondé, mais j’ai très clairement l’impression que l’on peut trouver absolument tout ce dont on a besoin dans ce sympathique endroit. Bref, on continuera d’y retourner régulièrement je pense. Histoire de continuer de nous régaler avec de bons repas, et de vous régalez avec de belles photos de bouffe !
Bonne année 2012 :) !
Je vous souhaite qu’elle soit joyeuse, renversante, éblouissante, et pleine de nouveautés ! Je nous la souhaite un peu moins désorganisée que ces derniers temps, avec des gens un peu plus fiable ! Peut être un peu plus fraiche aussi, puisque +34 un premier janvier, ça fait quand même un peu chaud !
Si les derniers jours ont été un peu chaotique, 2011 c’est quand même très bien terminée. Nous nous sommes joins aux couchsurfers de Melbourne pour fêter ça en grand, dans la joie et la bonne humeur. L’organisatrice avait affirmé avoir de son toit une vue magnifique sur les feux d’artifices, et elle n’a pas menti ! Le photographe, lui, ne comprend toujours pas comment il a réussi à rater ses photos. Quoi qu’il en soit, c’est mon premier feu d’artifice urbain, et j’ai trouvé ça particulièrement beau. Voir les explosions au milieu des immeubles, en plusieurs points de la ville, s’était vraiment superbe. Des regrets vis à vis de Sydney ? Oui et non. Quand on voit la température qu’il a fait dimanche après midi, je me dis qu’attendre jusqu’au soir pour voir les feux aurait sûrement été extrêmement pénible.
Notre feu d’artifice a sans doute été un peu plus modeste, mais vraiment très agréable. Avec des trams toute la nuit, et gratuit jusqu’à deux heures du matin, c’était en plus bien agréable pour rentrer. Surtout si l’on rajoute une rencontre tout simplement mémorable !
Jesse avait accepté de nous héberger deux jours de plus suite au changement de plan van. On avait accepté avec grand plaisir, mais on sentait bien qu’on commençait à déranger un peu, ses colocs étant de retour. Ça finissait par faire beaucoup de monde dans la maison. On hésitait entre louer une voiture et quitter la ville deux trois jours, ou se payer deux nuits d’hôtel; un peu tanné d’envoyer des requêtes sur couchsurfing. La solution est arrivée d’elle même alors que le soir du réveillon, nous avons croisé Jérémie, que l’on avait invité à manger chez nous quand on était à Sydney. Celui-ci étant installé en ce moment à Melbourne, il nous a dit qu’il était content de pouvoir héberger à nouveau. On a, à vrai dire, sauter sur l’occasion. Nous voilà donc pour deux jours chez Jérémie. On continue ensuite chez Jason, pour terminer chez Catherine et Daniel. Alors que l’on avait prévu un séjour à Melbourne stable et relaxe, on aura réussi à faire 6 couchsurfers différents en l’espace de 15 jours. Belle performance, non ?
En fait, il y a quand même quelque chose d’extrêmement positif dans tout ça. Oui, je sais, j’ai la manie de toujours voir les conséquences positives des choses négatives 😉 Contrairement à Sydney, où nous sommes arrivés en ne connaissant pas la ville, et en ne connaissant personne, nous avons cette fois fait une exploration préliminaire. On connait un peu les quartiers, on connait mieux la ville, on sait qu’il faut habiter à distance raisonnable du Victoria’s Market (oui, promis, je vous en parle bientôt de lui !). On a un meilleur aperçu des possibilités pour trouver un travail, mais aussi quelques contacts qui nous aideront. Donc en mars, quand nous reviendrons, ce sera le coeur léger, content de retrouver une ville que nous aimons, et des amis qui nous attendent. Et ça, franchement, ça va faire du bien !
Mars ? Oui. Deux mois en Tasmanie, ça paraît pas mal un minimum. Mais bon, la Tasmanie aussi je vous en reparle plus tard.
Une fois de plus donc, et maintenant que la terre entière a fini le passage à 2012, je vous souhaite à tous et à toutes une magnifique année 2012 ! Avec un remerciement sincère à tout les lecteurs et commentateurs du blog 🙂 Je vous promets que je continuerais à l’alimenter régulièrement dans cette année qui vient !
Recherche exorciste de toute urgence
Rendu là, je me pose une question… sommes-nous maudits, ou est-ce que l’air rend les gens en Australie tout sauf fiable ? Il y avait d’abord eut le gars qui voulait reprendre notre appartement, et qui a ensuite changé d’avis. Il y a ensuite eut le van que nous devions conduire de Sydney à Melbourne qui a eut deux heures de retard. Et puis Bob et Catherine, qui nous ont laissé tombé juste avant noël. Puis Natasha, qui nous oubliait devant la porte de sa maison le 24 décembre au soir. Hier, c’était le gars qui devait faire le voyager Melbourne-Sydney avec nous qui changeait d’avis à la dernière minute. Ça commençait à faire un peu trop à notre goût.
Alors j’avoue que quand je me suis présenté à l’agence de location pour récupérer le van qui devait nous amener à Sydney, et que l’on m’a répondu « Sébastien ? Non, aucune réservation à votre nom », j’ai commencé à envisager perdre patience. Le problème, c’est que le gars devant moi n’y était très clairement pour rien. Je ne pouvais pas l’engueuler. Le premier gars que j’ai eut au téléphone à renvoyer la balle rapidement à quelqu’un d’autre avant de racrocher. Puis l’agence avec qui j’avais fait la réservation m’a tout simplement dit qu’ils n’y pouvaient rien. Considérant que ma carte de crédit a été débité pour la réservation et que j’ai une confirmation, je pense que pour l’occasion je vais me renseigner sur les recours juridiques pour obtenir compensation, vu que ça ressemble très fortement à un bris de contrat, ou à un truc du genre. Je vois pas trop ce qu’il est possible de faire, en même temps, ni ce qu’il est possible d’avoir, mais je commence à en avoir un peu marre. Ensuite, comme c’est la compagnie pour qui ont fait aussi une relocation Melbourne-Hobart en janvier, il va falloir vérifier 45 fois que ça n’a pas été annulé.
Bref, tout ça pour dire qu’il nous est évidemment impossible de nous rendre à Sydney pour le feu d’artifice de demain soir, ce qui me frustre quand même pas mal, vu que je ne sais pas si il y aura d’autres occasions. Jesse, avec qui on s’entend super bien et qui est vraiment super sympa, nous a déjà confirmé que l’on pouvait rester ce soir. Sans doute demain aussi. Il n’empêche que l’on va devoir, pour la enième fois, recommencer à changer nos plans à la dernière minute. Ce qui commence à être plus que pénible ! Enfin… demain, si tout se passe bien, on devrait fêter le Nouvel An avec plein de couchsurfers sympathiques de Melbourne. On verra bien !
Le transport en commun à Melbourne
Ayant réussi à comprendre le système de transport en commun à Sydney, je suis persuadé que plus aucune ville ne sera capable de me résister. Je me demandais quand même si Melbourne serait aussi compliqué, et aussi cher. La réponse s’impose d’elle même : non ! Même s’il semble y avoir plusieurs compagnies différentes pour gérer un magnifique réseau de tram, les bus et les trains, les tickets sont valables partout. Pas de soucis de correspondances : vous avez les tickets valides deux heures (3,80$) et les tickets à la journée (7$). Vous validez dans un tram, continuez dans un bus et terminez dans un train si vous en avez envie. Il y a trois zones. « City Saver », qui correspond à un centre ville un peu élargi, et qui permet déjà d’aller en pas mal d’endroits. La zone 1 permet d’aller à peu prêt partout (les tarifs donnés juste avant sont ceux pour cette zone). La zone 2, enfin, correspond aux banlieues un peu lointaine et n’intéressera ni un touriste, ni quelqu’un qui aime vivre pas trop loin de là où la vie se déroule. Il existe aussi des abonnements hebdomadaires (30$) et mensuels (113$) ce qui est, là encore, tout à fait raisonnable.
Et en dehors de ces considérations purement monétaire ?
Voilà à quoi ressemble le plan de tram de Melbourne. Inspirant, non ? Le réseau et les correspondances sont particulièrement bien conçus. Jusqu’à présent, on n’a jamais eut à changer de tram plus d’une fois. Bref, déplacement facile, rapide, confortable (la clim dans le tram, on aime).
Juste un petit bémol : le plan est quand même un peu compliqué à saisir. Il n’est pas toujours évident de savoir où descendre pour une correspondance. De plus, tout les arrêts ne sont pas indiqués. Sur le plan général, il est facile de voir que quasiment aucun arrêt est indiqué. Il n’est pas toujours évident de savoir où l’on doit aller, et quand descendre. C’est la même chose sur les plans de lignes : les principaux arrêts sont indiqués, mais pas les intermédiaires. On a fait le coup une fois : « reste 4 arrêts ». On descend après 4. On est perdu. On fait l’erreur une fois, pas deux. Après, on attend 6-8 minutes le tram suivant (oui, c’est assez fréquent quand même) ou on marche 3 minutes pour les 2 arrêts trop tôt.
Autre petite subtilité : les voitures roulent à gauche. On s’y habitue vite. Les trams aussi. Et, étrangement, ça prend un peu plus de temps à s’y faire. Donc à plusieurs reprises, on a eut à traverser en voyant le tram arriver, vu que l’on n’était pas du bon côté. Bon, après, ça c’est pas la faute de Melbourne !
Dernière petite critique : les trams circulent en général au milieu des artères. Du coup, pour économiser la place, les arrêts sont souvent assez étroits, et ne sont pas rehaussés. Il faut donc être très attentif à la ligne blanche pour ne pas la dépasser, et rentrer la bedaine quand le tram arrive. Conséquence : la plupart des arrêts et des circuits ne sont pas accessibles aux fauteuils roulants, et sont assez complexes à prendre avec poussettes ou beaucoup de bagages. Mais là aussi, on s’y fait.
Bref, Sydney est loin de faire le poids au niveau des transports. Et Melbourne serait un très bel exemple pour Montréal au niveau du tram !
Le cricket
L’influence anglaise se ressent très fortement en Australie. Ce qui est assez intéressant, je trouve, c’est que malgré la différence de distance, elle se ressent beaucoup plus ici qu’au Canada. Peut être que la colonisation canadienne s’est faite de façon beaucoup plus large alors qu’elle était exclusivement anglaise en Australie, c’est une information que je ne connais pas… j’ai eut l’impression à plusieurs reprises, que ce soit à Melbourne ou à Sydney, de me retrouver dans des rues de Londres. Les petites maisonnettes à deux étages, avec balcon en fer forgé ouvragé en sont un exemple typique. Les puddings de Noël ont surgit dans toutes les épiceries. Chose que je n’avais jamais vu au Québec. Et dans toutes ces nombreuses influences « so british » que l’on retrouve ici, il y a le criquet. Ou cricket. Le correcteur orthographique semble être heureux avec les deux.
J’ai découvert le baseball et la balle molle (petite soeur plus tranquille du précédent) au Québec. Avec plusieurs personnes pour m’expliquer, j’ai fini par en comprendre le principe et même être capable d’apprécier. À petite dose. Mais c’est vrai que l’ambiance des petits matchs de quartier était sympa à vivre. Le match au stade olympique de Montréal était une autre histoire…
Juste après Noël avait lieu un match fort attendu à Melbourne entre l’équipe d’Australie et celle de l’Inde. Confronté à ce nouveau sport, intrigué, j’ai essayé de regarder un peu à la télé. Cela m’a laissé aussi perplexe que mon premier match de baseball. J’ai regardé un peu, en petite dose, à droite à gauche. Essayant de comprendre pourquoi des fois la foule criait, pourquoi elle restait parfaitement silencieuse. Sans succès. Mais je ne perds pas espoir.
Et puis le soir de ce grand match fort attendu, histoire de montrer mon intérêt pour les traditions autochtones, j’ai quand même demandé à Pete, notre hôte du moment, qui était le vainqueur. Après tout, ce sont des choses qui se font. Je suis resté un peu perplexe quand il m’a répondu « on ne sait pas ». Et devant ma perplexité, il s’est empressé d’ajouter « le match n’est pas terminé ». Ah… incident technique ? Révolution de dernière minute ? Grève des joueurs ? En fait, non. J’ai découvert qu’un match de criquet se déroule, en général, sur trois ou quatre jours. Ça doit demander une certaine patience ! Le premier jour, c’était l’Inde qui lançait. Le deuxième, l’Australie. J’imagine que par la suite, ils échangent à nouveau… Quoi qu’il en soit, je dois bien dire que je suis fasciné par ces gens qui sont capables de rester intéressé 5 jours de suite par un même match !
Et puis la bonne nouvelle, c’est que depuis, j’ai trouvé une affiche expliquant les règles. Le prochain match, je pourrais suivre !

Le criquet tel qu’expliqué à un visiteur étranger (en traduction approximative)
Vous avez deux équipes. Une dehors sur le terrain, une à l’intérieur.
Chaque homme qui fait partie de l’équipe qui est dedans va dehors. Et quand il est dehors, il revient dedans, et le prochain rentre en attendant d’être à nouveau dehors.
Quand ils sont tous dehors, l’équipe qui est dehors, rentre à l’intérieur, et l’équipe qui était dedans sort, en essayer de faire ressortir ceux qui viennent de rentrer.
De temps en temps, vous avez des joueurs qui sont encore dedans, et pas dehors. Quand les deux équipes ont été dedans et dehors, incluant ceux qui n’ont pas été sortis, c’est la fin de la partie.
Le jardin botanique de Melbourne
J’ai déjà exprimé à diverses reprises lors de différentes excursions urbaines, à quel point j’appréciais les grands parcs urbains que l’on trouve en Amérique du Nord et qui, je trouve, manque quand même beaucoup en Europe (enfin dans le petit bout d’Europe que je connais). Ces grands parcs se retrouvent dans les grandes villes australiennes. À Sydney, mais aussi à Melbourne, se sont de magnifiques jardins botaniques, gratuits, et entièrement ouvert au public. De vrais petits lieux de bonheur. Après avoir passé beaucoup de temps à admirer celui de Sydney, il n’était que justice d’aller faire quelques pas dans celui de Melbourne. Mon petit doigt me dit que nous aurons l’occasion d’y retourner, car si Melbourne est un arrêt temporaire pour le moment dans notre programme bien chargé, il est fort probable que nous y ferons un séjour longue durée à notre retour de Tasmanie.
Installer (planter ? construire ? planifier ? ) un jardin botanique, semble être une activité assez prisée en Australie. Il semblerait que l’on en trouve en de très nombreux endroits. Ce qui est assez compréhensible quand on y pense. On a parlé météo avec Bob, un petit peu. On a parlé de l’hiver. Il nous avait dit « ah mais ici, l’hiver il peut faire très froid ». Son insistance sur le « très » m’ayant profondément surpris, j’ai cherché à en savoir plus. « Est-ce qu’il gèle ? ». « Oulala non ! Mais ça descend quand même à 10 degrés ». Oui, forcément, c’est sûr que c’est froid. On se demande bien comment font les australiens pour survivre à des températures pareilles. Ça complète, par contre, une observation que j’avais déjà faite : il n’y a aucun système de chauffage dans les maisons. Aucun radiateur dans l’appartement que nous avions à Sydney. Aucun radiateur dans les divers endroits où nous sommes allés. Chez Bob et Catherine, seule une cheminée à bois permet de réguler la température quand il fait « très froid ». Ce n’est pas un détail qui saute aux yeux, mais quand on fait attention, ça a quand même un petit côté surprenant quand on est habitué à la météo montréalaise…
Pour en revenir à cette histoire de jardin botanique, celui de Melbourne est assez différent de celui de Sydney. Plus de reliefs, un grand lac au milieu, une végétation peut être un peu plus dense et plus variée, mais en même temps des animaux beaucoup plus discrets. Ce qui me paraît d’ailleurs général dans toute la ville. Moins de cris d’oiseaux qui font que l’on se retourne en se demandant ce qui nous arrive et qui est en train de se faire égorger ! Quoi qu’il en soit, on retrouve à Melbourne comme à Sydney des endroits particulièrement magnifiques, où l’on a juste envie de se poser dans l’herbe pour ne rien faire.











