Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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La route jusqu’à Astoria

– Toc toc toc ! Park Ranger !

Oups…

Bon, en même temps elles sont très sympathiques ces deux madames, et si je m’excuse d’avoir dormi là où je n’avais pas le droit, j’ai l’impression qu’elles s’excusent encore plus de me demander de quitter l’endroit où je suis. Je leur promets donc de partir très rapidement, et en effet, deux minutes après, le Pourquoi Pas ? est sur la route. En même temps, il est 8h30, c’est une heure parfaite pour se faire réveiller. Je n’irais quand même pas jusqu’à les remercier… je me demande comment elles le prendraient !

Je reviens donc deux kilomètres en arrière, à « Anderson Viewpoint » histoire d’avoir un petit point de vue matinale sur les environs. Les deux hollandaises d’hier disaient qu’ils annonçaient un temps couvert et de la pluie pour aujourd’hui. Elles peuvent commencer à regarder une autre chaîne météo !

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Ensuite, et bien je reprends une fois de plus la route, qui me fait aller de plus en plus vers le nord, sans que ça paraisse nullement au niveau des températures ou de la météo. Avec tout ça, j’ai oublié de préciser que j’ai franchit le 45e parallèle hier en milieu d’après midi.

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Dans mon livre à moi, un phare c’est comme une valeur sûre de paysage magnifique et donc, en règle générale, je m’arrête quand il y en a un d’annoncé. Et comme à chaque fois, je ne regrette absolument pas. Celui de Cape Meares, même s’il est le plus petit de l’Oregon, est situé dans un endroit tout simplement superbe. Les falaises tombent dans une mer avec des vagues magnifiques, et la brume ne s’est pas encore tout à fait levée. C’est juste parfait.

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À Cape Meares, on trouve aussi « Octopus Tree ». Personne ne sait si c’est naturel, ou si des indiens lui aurait forcé un peu la main. Moi je le trouve bien joli cet arbre pas de tronc (de la famille des Sitka Spruce).

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Bref, l’endroit me plaît tellement beaucoup que même s’il est seulement 10h30, je décide de faire mon petit déjeuner. Ou mon repas de midi. À moins que ce soit un brunch. En même temps, sandwich de Cornedbeef, en brunch, c’est un peu décevant… Après, il n’est pas si pire que ça mon Cornedbeef. Et puis manger avec un paysage comme ça devant soit, comment dire…

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Peu de temps après, la route rejoint l’estuaire de la rivière Tillamook qui, si j’ai bien compris, se la joue aussi « baie » en même temps. Ce que la quatrième photo montre (un peu) c’est que l’endroit semble extrêmement populaire au niveau des pêcheurs. C’est assez impressionnant, à vrai dire, de voir tout ces bateaux, les uns sur les autres (ça paraît un peu moins sur la photo que j’ai prise, dans un endroit moins peuplé, que dans la réalité).

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Et tout cela nous amène dans la magnifique ville de Tillamook, où je retrouve la 101 (que j’avais quittée pour prendre l’itinéraire touristique le long de la côte). Tillamook, je lis le nom depuis un bon moment. Parce qu’à Tillamook, il y a une fromagerie, et ils font aussi de la crème glacée qui voyage pas mal en Oregon à ce que j’ai compris. Ma première pause sera pourtant à une autre fromagerie. Celle de « blue heron ». Quelques fromages en dégustation. Du brie. Du brie fumée. Du brie aux piments. Et un fromage bleu. J’essaie le brie classique, extrêmement gras et épais, et le bleu, qui me fait penser à un bleu danois. Je ne m’éterniserais donc pas plus. Je m’arrête à nouveau, deux kilomètres plus loin, devant l’immense fromagerie de Tillamook. Quand je dis immense, ça n’est pas exagéré. Je ne me souviens plus du tonnage quotidien de fromages produit. Beaucoup trop probablement. Surtout quand je découvre qu’ils ne produisent que du Cheddar. J’avais un petit espoir que peut être ils auraient un ou deux fromages intéressants. Je les goûte tous, histoire d’être sûr que je peux confirmer que ça ne présente absolument aucun intérêt. L’autre partie « amusante » de la fromagerie, c’est la visite auto-guidée. En gros, il y a un certains nombre de panneaux d’informations, et surtout, on peut admirer les employés à l’oeuvre par des fenêtres. Tout cela me rappelle de lointains souvenirs de découpeurs de jambons à la chaîne… quoi que… j’ai l’impression que ma job aux jambons d’Aoste étaient plus intéressantes ! Toujours est il que je me demande comment j’aurais réagis si j’avais vu des touristes me faire des « tatas » pendant que je travaille…

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Je me paie une crème glacée chocolat-mûres pour me remonter le moral. Bin en fait, mon moral va parfaitement bien, mais on va dire que c’était à titre préventif, juste au cas où !

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Et je reprends la route à nouveau. J’avoue que je n’aime pas vraiment la région. On a perdu les falaises, les montagnes et la forêt. C’est juste un très grand estuaire, avec des villes pas très belles, pis des vaches. Heureusement, ça ne dure pas trop longtemps !

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Nouvelle pause, un peu plus loin, pour aller jeter un oeil à une plage en principe jolie. Je me gare à côté d’une voiture blanche d’où sort une fille avec un magnifique manteau rose, et un chapeau encore plus magnifique. Elle me sourit et me dit bonjour. Moi j’aime les gens qui me sourient et me disent bonjour, alors je lui rends sourire et salutations, avant d’aller faire un petit tour sur la plage.

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Et puis j’ai l’idée d’un plan machiavélique. Enfin non, l’idée je l’avais déjà eut avant, mais je n’avais pas encore pu la mettre à exécution. La plus part du temps, ce sont les gens qui viennent me parler, et ça serait bien que de temps en temps, ce soit moi qui aille vers les gens je trouve. Et franchement, la demoiselle avec son chapeau, elle a l’air full sympathique et charmante. Alors quand je repasse à côté d’elle après mon petit tour sur la plage, je lui dis que j’ai l’intention de me préparer un thé, et lui demande si elle en veut. Évidemment, ça n’est qu’un demi mensonge, puisque partager un thé avec quelqu’un me tente bien, mais le boire tout seul m’intéresse moins. Elle accepte l’invitation, et on se retrouve à discuter pendant une bonne heure, surtout de tout, un petit peu de rien.

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Elle s’appelle Anya et habite Portland en ce moment. Quand je lui ai demandé d’où elle vient, elle m’a répondu « d’un peu partout ». Par la suite, j’ai compris qu’elle a grandi en Europe (notamment en Angleterre) et en Afrique, avant de se retrouver coincée dans l’Oklahoma pendant plusieurs années, et que ça ne fait pas longtemps du tout qu’elle a pu venir s’installer dans l’Oregon. Elle aime l’océan, ça lui manquait, et elle est heureuse d’habiter pas loin de la côte. Elle a travaillé dans un truck stop, comme monitrice de tir à l’arc, comme vendeuse dans un magasin d’outils, comme secrétaire dans un cabinet de comptabilité, et en ce moment elle travaille dans un restaurant rapide sur le campus universitaire de Portland. Je continue à aimer ces petites rencontres aléatoires. J’aime « voler » des petits bouts d’histoire à ces inconnus que je croise sur la route. Je ne sais pas ce que j’en ferais. Peut être rien. Après tout, c’est avant tout le plaisir de parler à ces inconnus qui me plaît. Évidemment, j’ai du lui redemander son prénom quand on s’est dit au revoir, vu que je l’avais oublié. Elle m’a dit que par contre, pour elle, c’était facile de se souvenir du mien. Elle a appelé son piano « Sébastien ». Moi je trouve que c’est un joli nom pour un piano ! Comme je lui dis, je suis très fier de savoir que quelque part dans le monde il y a un piano qui porte mon nom !

Et puis elle doit rentrer à Portland. Elle travaille ce soir. On se dit « au revoir » ; on se dit « peut être à bientôt ». Et la voiture blanche disparaît. Pourquoi Pas ? démarre un peu après, direction Astoria, avec une pause « gros rocher » un peu avant d’arriver.

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La dune de sable en silice cristalisée et en vidéo !

La dune de sable en silice cristalisée

La grosse dune au bout de la plage, ça fait un moment que je l’ai repérée. Elle est suffisamment grosse pour se voir de loin. Et ça fait depuis que je l’ai repéré dans le lointain que je me demande si on peut faire de la ramasse sur du sable. Et évidemment, il n’y a qu’une seule façon de le savoir. Ça promet d’être un magnifique n’importe quoi ; mais j’ai beau avoir trente ans, j’ai décrété que j’avais encore le droit de faire n’importe quoi. Franchement, qui ne se laisserait pas tenter devant une dune si invitante ?

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Encore un tout petit mini peu raisonnable, je laisse le gros appareil photo dans le Pourquoi Pas ?. À la place, j’amène le petit, qui est « dust proof » et qui peut supporter une chute de 2 mètres. Bon, d’accord, certains me diront que la dune fait plus de deux mètres.

En fait, la première expérience, c’est de monter. Plutôt que de monter tout droit, je fais un petit détour par le côté, qui me permet de découvrir la partie cachée, qui est tout simplement magnifique.

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D’en haut, c’est moins impressionnant que d’en bas, mais ça reste quand même plein de promesses.

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Et comme j’ai avec moi mon appareil photo qui fait des panoramiques tout seul sans que je n’ai rien à faire, j’en profite avant de descendre :

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Si le résultat n’est pas si pire, je ne regrette quand même pas d’avoir un appareil photo qui coûte très cher et un logiciel qui coûte très cher aussi (mais lui, je l’ai pas payé, mais faut pas le dire) pour faire la plupart de mes panoramiques.

Et puis j’ai aussi fait une vidéo bien amusante, mais c’est juste un peu plus complexe au niveau de la mise en ligne… je vais essayer de voir à réussir bientôt.

Le Pélican et les Hollandaises

La brasserie du Pélican est annoncée depuis un moment sur la route. J’ai vu plusieurs panneaux publicitaires, et bien évidemment, ils en parlent aussi dans mon petit livret du parfait amateur de bières perdu dans l’Oregon. J’ai hésité, j’ai hésité, j’ai hésité. Et puis je me suis dit que ça fait un moment, quand même. Alors j’ai arrêté d’hésiter. J’ai sans doute fini d’être convaincu par la magnifique terrasse donnant sur la plage…

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Me semble que c’est inspirant, et que ça donne soif. Au moment où le serveur m’invite à m’installer à la dernière table libre, deux vieilles madame avec chienchiens ridicules demandent si elles peuvent s’asseoir. Les pauvres tites madame, je ne veux pas qu’elles soient tristes. Et puis la table permet d’accomoder au moins 8 personnes. Je les invite donc à partager. Elles acceptent en me remerciant. Si j’ai tout suivi, elles sont originaires de Hollande, mais habite désormais à Portland. La brasserie du Pélican est une brasserie intelligente : ils servent des carrousels de dégustation. Chose qui, à ma grande surprise, est encore relativement rare dans le monde des microbrasseries. C’est pourtant au moins aussi inspirant que le paysage !

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Le petit caché en arrière dans son coin, c’est du cidre. Ils n’avaient plus de la deuxième bière de saison, alors ils ont remplacé. C’est pratique, le cidre ça aide à désaltérer. Oui, certains diront que j’avais aussi un verre d’eau, mais bon…

Devant mon magnifique plateau, les madame me demandent si je suis un amateur. Je me permets de répondre que oui, et que j’aime beaucoup les bières de micro brasseries. Elles font l’erreur de me demander si on trouve de bonnes bières au Québec. Je réponds que pour moi, c’est le paradis pour les amateurs de bières. Évidemment, l’une des deux commencent à dire que oui, mais quand même, la Belgique, tout ça tout ça. Puis elle enchaîne en me disant que je devrais aller visiter la brasserie Heineken, où ils font de la très bonne bière. Je me demande si je l’ai vexée pour qu’elle devienne soudainement si méchante. Non mais, franchement… Heineken… je préfère encore la Molson, tient ! Et en plus, c’est vrai ! J’ai limite envie de lui mettre du ketchup sur ses frites pour me venger. Mais je me dis que vu son âge, la tite madame pourrait bien faire une crise cardiaque, alors je me contente poliment de réorienter la conversation.

Si un jour vous passez sur la côte, faîtes une pause à la brasserie du Pélican. Leurs bières ne sont pas à se rouler par terre, ne sont pas phénoménalement révolutionnaire, mais elles sont quand même bien bonne, et j’aime bien les noms. La Kiwanda (une crème ale) a été, je pense, ma plus belle surprise. J’ai eut grand plaisir à la boire, moi qui habituellement ne suis pas un grand fan de ces bières légères. Elle a une très belle personnalité, et a mérité que je reparte avec une version en bouteille, parce que c’est comme ça. La Mac Pelican’s (bière d’inspiration écossaise) personnellement le nom suffit à plaire à mon humour un peu simple. Ma référence personnelle, en terme d’écossaise, c’est l’Adel Scott. Bière industrielle, certes, mais légèrement tourbée et assez sucrée qui me plaît particulièrement. Il n’y a absolument rien de l’Adel dans la Mac Pelican, sauf peut être un petit côté tourbé, en effet, en tout début. Très légère, là encore, pas trop sucrée, mais fortement sympathique. Comme je sais que je vais souvent vers les IPA et les stout, la Mac Pelican sera la 32e bière du Pourquoi Pas ? (enfin il me semble ; je suis à nouveau mélangé dans le calcul). J’ai continué avec la Indian Pelican Ale (oui, évidemment, une IPA). Toujours aussi facile de me séduire, on dirait. Elle sera, ma deuxième préférée de la dégustation, mais je la trouve quand même décevante pour une IPA. Le goût manquait un peu de tonus. Par contre, je dois lui reconnaître une odeur des plus agréables (teintée, accessoirement, d’une légère odeur de chanvre, du genre de celui qu’on fume). La Doryman (Dark Ale) passera relativement inaperçue. Je ne saurais déjà plus vous en parler. La Tsunami (stout) arrivera à la première place du palmarès. Avec une entrée en bouche des plus légères, elle se dévoile dans une gradation qui fait qu’elle mérite parfaitement son nom, laissant après son passage une très agréable amertume à tendance café. Je garde également un très bon souvenir de la bière de saison que j’ai goûté, je me souviens l’avoir bien apprécié, mais là aussi, sa description m’échappe déjà. Peut être que je pourrais me mettre à faire mes dégustations avec un papier et un stylo ?

Remerciements

Un dimanche à la mer

Un saturday market, le samedi après midi, à Eugène

La nuit, ici, il fait froid. Et c’est vrai que le van a perdu un peu au niveau de l’isolation quand des braves inconnus m’ont permis d’avoir un air conditionné intégré au pare brise arrière. Air conditionné éco friendly, en plus ! Mais que malheureusement, on ne peut pas couper la nuit. Bref… ça reste tout à fait supportable, j’ai supporté, et j’ai survécu. Une bonne petite nuit de sommeil, dans un quartier parfaitement tranquille et sans voiture, on aime ça !

Caroline est occupée toute la journée (les joies d’être encore aux études !) ; on se donne donc rendez-vous en fin d’après midi. De mon côté, mes intentions sont assez simples : aller au centre ville, trouver mon vendeur de flûtes. Parce que franchement, cette flûte, plus j’y pense, et plus je la veux. À pied, le centre ville est à 30 minutes environ, mais j’ai bien envie de sortir un peu mes roulettes. Ça fait longtemps que mes rollers n’ont pas pris un peu d’exercice, ça ne peut leur faire que du bien. À priori, à Eugène, tout le monde fait du vélo. Le réseau de pistes cyclables et d’ailleurs assez impressionnants. J’en viens assez rapidement à comparer Eugène à Grenoble. Faut dire qu’une ville de 350 000 habitants, avec énormément d’étudiants, et un petit centre ville tout petit et sympathique, ça a un petit côté « déjà vu ».

Je suis dans un secteur complètement différent de celui de Sarah et Gretchen, et sans savoir pourquoi, j’ai du mal à me repérer dans Eugène. Pourtant, les rues suivent bien un quadrillage régulier, la plupart étant numérotées de 1 à… aucune idée. Je me retrouve quand même au centre ville sans le moindre problème, repérant immédiatement là où j’ai garé le Pourquoi Pas ? la première fois. De là, le Saturday Market est à deux coins de rues.

Un « Saturday Market » qu’est-ce que c’est que ça peut donc bien manger en hiver ? À vrai dire, c’est très simple : c’est un rassemblement de producteurs et d’artisans locaux. Le maître mot est là : « local ». Les artisans doivent être originaires de la région, les produits doivent avoir poussé dans la région, etc… ça ressemble comme deux goûtes d’eau aux marchés traditionnels français, et j’avoue que personnellement, j’aime bien ça. Pour la petite histoire, c’est à Eugène qu’a eut lieu le tout premier Saturday Market aux États Unis. En 1905, si je ne me trompe pas. En fait, la ville d’Eugène est extrêmement intéressante et mérite d’être regardée d’un peu plus prêt. Contrairement à mon idée première il y a un mois et demi (le temps passe vite, c’est impressionnant !) ce n’est pas juste une ville où on trouve des laveries automatiques à cause des étudiants ! C’est très clairement une capitale culturelle et intellectuelle. C’est également une ville très ouverte à un certains nombre d’idéaux qui, personnellement, me plaisent beaucoup. La ville a fait parler d’elle notamment lors du sommet qui a eut lieu à Seattle il y a quelques années, en fournissant une grosse partie des détracteurs. Il y a aussi eut une histoire de personnes enchaînées à des arbres, pour les empêcher d’être coupés (et sauf erreur, ils ont bien mieux réussi qu’à Grenoble). En fait, si je voulais être quelqu’un de bien qui s’intéresse à la culture de ses lecteurs, je pourrais faire un exposé un peu plus poussé sur la question. Qui sait, peut être le ferais-je ! Toujours est il que le maire d’Eugène a affirmé, il y a quelques années qu’Eugène était la capitale de l’anarchisme aux États Unis. Chose intéressante, le brave homme n’avait pas l’air de s’en plaindre. Limite, il en était même content. Bref… cette ville n’a pas fini de m’intriguer, et il est très clair que, si je pars demain, ce ne sera qu’un au-revoir et pas un adieu.

Tout ça pour dire que mon vendeur de flûtes, je l’ai retrouvé, à la même place, avec la même barbe magnifique, le même sourire engageant, et le même plaisir à discuter avec lui. À priori, il m’a reconnu. On a rediscuté un bon moment, mais il m’a tout de suite mis une flûte entre les mains, et elle m’a tout de suite plu. J’ai quand même voulu en essayer d’autres, pour être sûr. Et puis j’ai hésité un peu. Comme je lui ai dit « j’hésite, parce que je suis un fainéant, et que j’arrive déjà à souffler comme il faut dans l’autre, alors que j’ai du mal à souffler dans celle-ci ». Il m’a quand même garanti que je m’y ferais vite. Et puis il est vrai que celle qu’il m’a présenté est un peu plus grave, et j’adore le son qu’elle fait. Elle a une façon de vibrer qui me plaît bien. Il m’a aussi fait remarquer un petit détail, qui m’a définitivement convaincu. Chaque petite flûte, en haut, à un petit dessin gravé.

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Avouez le : pareil dessin, je ne peux pas ne pas me sentir interpellé ! C’est pas comme si je marchais pas dans les montagnes, sous le soleil, depuis… ouf ! Depuis un bon moment maintenant ! Et donc, finalement, j’ai craqué. Je suis heureux. J’ai une flûte en bambou magnifique, et elle a un son superbe. C’est mon cadeau d’anniversaire, de moi à moi, et je l’aime. Bon, c’est dit. Tiens, en parlant de cadeau d’anniversaire, je m’en étais fait un autre, que j’ai finalement annulé. Il me fallait encore aller dans une vraie gare pour voir une vraie personne pour avoir le droit à un vrai remboursement. Ce que je ne comprends pas tout à fait, c’est que mon vrai remboursement me sera envoyé dans une vraie lettre par la poste. L’intérêt de me déplacer ? Pas sûr, mais bon. La gare d’Eugène est bien belle. Il y a même un panneau qui explique qu’à l’époque les gares étaient très souvent construites sur des modèles identiques, et que s’est un parfait exemple de gare « pas originale du tout ».

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Il n’empêche que tout cela, parler à un monsieur dans une gare, voir les panneaux d’affichage, regarder ce couple acheter un billet de train, ça me donne des envies de voyages. Oui, je sais, c’est un concept très particulier d’avoir des envies de voyages quand on est en voyage. Mais même si j’adore mon voyage actuel, même si j’adore mon van, je reste encore convaincu qu’il n’existe pas de meilleur moyen de transport, de façon plus agréable de se déplacer, que le train. J’ai envie d’en choisir un au hasard, et de sauter dedans. J’ai envie de discuter avec Mowgly et Tassa de leurs aventures à bord de trains de marchandises. J’ai envie de traverser ce continent gigantesque de la vraie façon qu’il soit. Parce que les États Unis, tout comme le Canada, c’est les trains qui les ont construit. Et il me semble, parfois, qu’on devrait les découvrir comme ça. La chose est claire, je n’oublierais pas les passes de train Amtrak, et j’en ferais usage bientôt. Très bientôt…

Ces petites formalités administratives réglées, il ne me reste plus qu’à profiter de la ville. Je retombe sur une baguette de pain piégée et délicieuse, que je mangerais tranquillement, en écoutant une jeune demoiselle réinterpréter l’intégrale des Beattles au Hukulele. Et puis je tourne en rond, je vadrouille, je regarde, j’écoute, je sens. J’adore cette ambiance ; je m’y sens parfaitement bien, parfaitement à mon aise. Les djembés sont à nouveau au rendez-vous ; je reste un petit moment à observer tout ce petit monde. Un magnifique mélange. Des hippies, des « Kids », des jeunes, tous se retrouvent à la même place. Je regarde, à priori je ne connais personne. Mais j’ai plaisir à simplement écouter.

Mon appareil photo est sorti, mais je n’ai pas envie de prendre des photos. Je sais que je pourrais en profiter pour voler quelques portraits intéressants, mais pas aujourd’hui. J’ai déjà fait des photos du Saturday Market, j’ai juste envie de déambuler au hasard, sans jouer les photographes.

J’ai repéré un magasin de musique grâce à mon ami Google Map. Je m’arrête pour acheter un Gazoo. La bonne nouvelle, c’est que le nom est le même en anglais, ce qui aide beaucoup. Cet achat est intentionnel. Peut être connaîtrez-vous, un jour, la raison (après avoir mis de la violence, je me dis que rajouter un peu de suspens pourrait m’aider à garder mes innombrables lecteurs).

Je m’arrête de temps en temps pour jouer de la flûte. J’aime le son qu’elle fait. Je m’en sors déjà mieux. Je suis capable !

Et puis finalement, je décide de prendre le chemin du retour. Je me rappelle parfaitement où je dois aller, sauf que quand j’y arrive, ce n’est très clairement pas là. Moment de doute. 17e avenue est ou ouest ? Évidemment, mon ordinateur n’a plus de batterie pour que je puisse vérifier. Peut être que c’était de l’autre côté. Je remonte toute la 17e avenue dans l’autre sens. Si faire du vélo dans Eugène semble agréable, le roller c’est autre chose : comme d’habitude, la qualité du revêtement, le monde s’en fout un peu beaucoup complètement. Après une bonne balade, mes deux neurones se connectent. J’étais très clairement au bon endroit la première fois. Là, je pars dans la mauvaise direction. En même temps, je suis dans le coin de chez Sarah et Gretchen ; je pourrais tenter de retrouver leur maison ! Parce que malheureusement, je n’ai pas pensé à garder leur adresse… je tourne un peu au hasard sans succès, et me retrouve au centre-ville. Bon, deuxième essai, en sachant où je vais : je vise l’université, beaucoup plus facile à trouver. J’en profite pour m’arrêter dans le cimetière. Il est bien joli, il est bien calme, et c’est un bel endroit pour jouer de la flûte je trouve. Je comprends aussi la raison de mon erreur : la 17e avenue s’interrompt à un moment à cause d’une mini colline ; il aurait fallut que je persévère un minipeu plus, pour contourner la colline qui cachait l’Université. Enfin… je suis de retour au van, et toujours en vie.

Caroline n’est pas encore rentrée ; je m’installe confortablement avec un livre en attendant son retour. Quand elle revient, on discute un tit peu, elle m’explique qu’elle a passé une partie de l’après midi à faire de la sculpture de citrouilles. Ce soir, donc, soupe aux citrouilles. Très bonne en l’occurrence ! Et puis pour le programme de la soirée, elle propose de regarder un film, simplement. Je serais éventuellement bien sortie faire la fête avec plein de gens, mais à priori, elle ne connaît pas encore grand monde (ça fait seulement un mois qu’elle habite ici). En même temps, une petite soirée tranquille devant un film, ça m’est pas arrivé depuis… oui, plus d’un mois et demi. Pas mal, non ?

Le film terminé, on discute encore un petit peu ; elle a encore quelques lectures à faire. Je lui souhaite donc bonne nuit, et m’en vais jouer un peu de flûte avant de dormir. Ça vient vite : je souffle quasiment parfaitement dès le premier coup maintenant.

Je suis heureux, et j’aime ma flûte ! Dommage que je ne puisse pas en jouer en dormant ; ça pourrait me bercer d’une façon des plus agréables.

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Comme vous pouvez le constater, à Eugène c’est l’automne, et ils ont eux aussi des jolies couleurs. Les cyclistes portent un casque même quand ils sont juste des dessins sur le sol (et franchement, je trouve ça très intelligent comme méthode de sensibilisation). Halloween s’en vient. Et on trouve aussi des « arts cars » à Eugène.

La journée des autostoppeurs

Bonne nouvelle : cette nuit j’ai bien dormi. Très bien même. J’étais en effet dans un coin très tranquille, et le fait de ne pas entendre beaucoup de voitures est un plus agréable en ce moment !

Le programme du jour est simple : rouler jusqu’à Eugène. Ça représente un peu plus de 500 kilomètres, que j’ai bien l’intention de parcourir tranquillement, en admirant le paysage et en prenant mon temps.

Sauf qu’en même temps, le paysage dans les environs du lac Trinity n’est pas aussi beau que ce que j’imaginais. En fait, la route se contente de circuler entre les arbres, et on ne voit quasiment pas le lac. L’avantage, c,est que je ne m’arrête pas, je me contente d’avancer sans trop me poser de questions. J’arrive finalement à l’endroit où la route monte assez raide, et qui est annoncé depuis une trentaine de kilomètres, pour prévenir les véhicules avec remorque d’éviter de s’aventurer. Ça monte, en effet, rapidement, pour nous amener dans une nouvelle vallée, cette fois beaucoup plus intéressante.

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Cette nouvelle vallée, plus habitée, est également plus sèche. Mais le relief est très clairement plus intéressant, et le paysage typique de certaines zones de la Californie. Et puis la route offre, à quelques reprises, des points de vue magnifique sur le mont Shasta ; une nouvelle montagne dans la liste des montagnes que je trouve magnifique. Et que j’espère bien monter un jour !

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La route me ramène finalement à Yreka, où je fais une petite pause rapide au Wallmart, à la recherche d’huile à lampe, mais sans succès. Je reprends l’autoroute à l’échangeur où j’ai rencontré Mowgly. Sauf que cette fois, je continue vers le nord.

La 5, dans la région, est tout simplement magnifique. Elle monte et descend, au hasard des cols et des montagnes, et j’en profite autant que possible.

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Si magnifique, d’ailleurs, qu’à un moment je décide de prendre une route secondaire, qui a la bonne idée de la longer, ce qui me permet de profiter d’autant plus du paysage. En fait, tout ça me permet de me rendre compte qu’une autoroute, ça n’est pas nécessairement horriblement laid dans un paysage. Certes, le paysage serait sans doute plus beau s’il n’y avait pas cet immense ruban de goudron. Mais en même temps, je trouve qu’elle s’intègre bien, et je viens même à me demander si elle est vraiment dérangeante.

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À partir de là, par contre, la paysage devient de moins en moins intéressant. J’essaie à plusieurs reprises de quitter l’autoroute, mais sans que ça change grand chose. Je passe à côté de la ville d’Ashland, qui était l’objectif de Pixi. On m’en a parlé en bien. J’envisageais de m’arrêter brièvement, mais ça me paraît sans intérêt, vu depuis l’autoroute. Juste après, je passe à côté de Medford, où se rendait Robert. Une autre tentative de prendre une route plus intéressante me fait retourner à Grand Pass, tout aussi inintéressante la deuxième fois. Je réintègre l’autoroute à l’endroit même où j’avais déposé Erika et Alice. Et puis encore un peu plus loin, le prix de l’essence et la vacuité récurrente de mon réservoir me fait arrêter à l’endroit où j’avais déposé Pixi. Je trouve amusant de repasser dans tout ces endroits, sans même que ce soit programmé. J’aime ces clins d’oeil à mes péripéties passées. Le plus amusant, c’est que je n’ai quasiment pas emprunter une route sur laquelle j’avais déjà roulé. En prenant des petites parallèles, en faisant des petites boucles, en allant au hasard, j’arrive à trouver des itinéraires alternatifs.

J’arriverais finalement à Eugène vers 18h30, une paire d’heures avant ce que j’imaginais. Je vais quand même directement chez Caroline, la couchsurfeuse qui me prête un coin de parking pour la fin de semaine. Elle est un peu surprise de me voir arriver aussi tôt, d’autant qu’elle n’a pas fini les choses qu’elle avait à faire. Ce n’est pas vraiment un problème. J’ai beaucoup roulé aujourd’hui ; je pars me promener au hasard dans le quartier de l’université, histoire de me changer les idées.

Un vrai campus à l’américaine, où on retrouve même des résidences aux noms étranges (phi delta teta, epsylon khi, etc…). Me semble que je savais ce que ça voulait dire à une époque, et que j’ai oublié. Le campus est assez sympa, et les bâtiments bien éclairés. Je reste un peu surpris par le cimetière en plein milieu du campus, mais pourquoi pas…

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Après une petite heure de balade, je retourne finalement chez Caroline. Petit souper rapide de macaronis au fromage, et puis on va prendre une bière, juste à côté, au Macminivil, ou quelque chose du genre. Les bières (je goûterais une stout et une IPA spéciale) ne sont pas mauvaise, mais reste très légère. On discute un peu ; on parle évidemment de voyages, de couchsurfings, de gens… c’est étrange… je n’avais pas fait de couchsurfing depuis Chicago. J’ai été hébergé chez plusieurs personnes depuis, mais c’était des rencontres par hasard, ou des amis d’amis. Ça fait bizarre de « redécouvrir » ce mode de voyage…

Il est un peu tard, on rentrera finalement se coucher. Ici, l’automne est très clairement installé, et la nuit est fraîche. Je découvre rassuré que le chauffage du Pourquoi Pas ?, qui semblait capricieux la dernière fois que j’avais tenté de l’utiliser, fonctionne très bien. Il n’empêche que je dormirais avec le gros sac de couchage ce soir !

De la suite du voyage

Monk aussi me donnait dans la vingtaine. C’est vrai que je suis en mode « chapeau blanc », qui me rajeunit quand même un peu. Ajoutez aussi que j’ai les cheveux propres et que je suis rasé récemment, c’est très clairement l’option qui me fait paraître le plus jeune. Pourtant, j’ai l’impression qu’il y a un truc en plus aujourd’hui, pour justifier les 4-5 ans que j’ai perdus, par rapport à l’habitude des gens de me donner dans les 25-26. Depuis hier, je pense avoir un sourire complètement et parfaitement détendu. Pas que je ne l’étais pas avant, mais j’ai réalisé, hier, que j’étais prêt à rentrer à Montréal. Pour m’autoparaphraser moi même, il y a une différence entre « mon voyage se terminera quand je rentrerais » et « je rentrerais quand mon voyage se terminera ». Or depuis hier, j’ai l’impression que mon voyage approche de sa fin. Bien évidemment, je suis loin d’avoir répondu à toutes les questions. J’ai trouvé quelques réponses, mais beaucoup plus de questions. Je risque donc très fortement de rentrer à Montréal avec un bilan « négatif ». Encore plus de questions à répondre. Mais j’ai récupéré beaucoup d’éléments de réponses en chemin, et je pense que j’ai besoin d’être à Montréal pour que la poussière retombe, et que je puisse commencer à finaliser le processus. J’en suis fort heureux. J’entretiens une correspondance à intensité et fréquence complètement et totalement aléatoire avec Olivier, et il n’y a pas si longtemps que ça, il m’a dit « ton voyage pourrait facilement durer éternellement, en rajoutant deux mois de plus à chaque fois » et j’avoue que c’était un peu l’impression que j’avais. Après avoir pris mes distances avec les sources chaudes d’Umquat, j’ai pu commencer à réfléchir à tout ça. Les deux heures à admirer des artistes de feu grandioses, le soir de mon anniversaire, m’a aussi permis de passer pas mal de temps dans ma tête, et il semblerait que tout ça soit enfin en place, ou presque. Mon voyage est à nouveau planifié de façon assez réglée (même si je m’autorise à modifier tout ça sans préavis) jusqu’à mes retrouvailles avec le bus école et peut être Tassa à Big Bend. Après ça, je parlais de l’Arizona. J’ai décidé de ne plus parler de l’après Big Bend (ou de l’après Oregon, si je décide de ne pas aller aux sources chaudes). On sera déjà le premier novembre, et un mois pour traverser les États Unis, c’est pas mal la bonne durée. Alors peut être qu’après Big Bend, je vais rentrer directement sur Montréal, et garder l’Arizona pour une prochaine fois. Parce que c’est très clair que plus j’en parle, plus on m’en parle, et plus ça me fait envie. Enfin… tout cela est une autre histoire ! Pour le moment, l’Oregon m’attend. Après, on verra donc bien !

Retour dans le nord

Après avoir été cambriolé, je me suis presque demandé à chaque fois que je rentrais chez moi si j’allais retrouver la porte débarrée. Ça m’a finalement passé quand j’ai déménagé, un peu plus d’un an après.

Cette nuit, c’était la première nuit que je dormais à nouveau seul, et j’avoue que je n’ai pas vraiment bien dormi. Je pensais être à côté d’une petite route tranquille et déserte, mais il y a quand même eut du passage, et je me demandais à chaque voiture si elle allait s’arrêter. Le côté « amusant », c’est que des fois je me demandais si elle allait s’arrêter pour prendre une autre vitre comme cible, et d’autres fois je me disais qu’elle allait simplement me dire que je n’avais pas le droit de dormir ici. Bref, je me réveille encore bien fatigué, ce qui n’est jamais vraiment agréable. Je me demande juste combien de temps ça durera. En même temps, si on y pense bien, n’ayant plus de vitre arrière… enfin bon…

Le fait de se réveiller dans les bois, par contre, est vraiment super agréable. Même si c’est humide, froid, et encore sombre. Ces arbres géants aident à retrouver la sérénité.

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Je reprends la route assez rapidement, à nouveau sur un chemin inconnu, vu que lors de mon précédent passage, je m’étais offert un détour par la côte. Cette fois-ci, donc, je continuerais sur l’Avenue des Géants, histoire d’admirer encore quelques grands arbres. Toute bonne chose ayant une fin, je me retrouve à nouveau sur la 101. Après avoir délaissé une pub pour une brasserie (après tout, il est juste 11h du matin) je me laisse par contre tenter par une pub indiquant une fromagerie à Loleta, et je m’offre donc un petit détour par une mini ville tout mignonne et sympathique.

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Dans la fromagerie, il y a un gigantesque frigo, avec plein de fromages en dégustations. Que des produits maison. Le problème, c’est que les produits maisons, c’est « cheddar », « Monterey Jack », « Avarti », et tout plein d’autres trucs sans intérêt. Je les goûte tous, dans le doute, me disant que j’arriverais peut être à trouver quelque chose, mais non. Franchement, rien. Je me rabattrais donc sur un petit sac de fromage en grains. C’est toujours amusant à grignoter en roulant ! À un moment, la fromagère me demande d’où je viens. Du coup, on discute un peu, je lui explique un peu mon voyage. Elle me regarde un peu de travers et me demande « est-ce que vous avez le droit de voyager seul au moins » ? Sous-entendu, donc « est-ce que vous êtes majeur » ? La majorité, ici, est à 21 ans. Ça fait une différence avec 18, mais ça fait un moment que l’on ne m’a pas rajeunit d’autant. Comme je paie par carte de crédit, elle demande à voir ma carte d’identité. Je n’arrive pas à savoir si c’est juste par sécurité, ou si c’est parce qu’elle est persuadée que je mens, que je suis mineur en fugue, et qu’elle a envie de me dénoncer à la police. Elle semble très désappointé, et s’excuse même à plusieurs reprises en découvrant que je suis un vieillard sur qui les années sont clémentes. Dans cette même fromagerie, je vois une carte postale d’une maison complètement folle. Je retourne. C’est dans le centre ville d’Eureka. Je n’avais pas forcément prévu de m’y arrêter, mais c’est sur mon chemin, alors pourquoi pas ? Et puis à Loleta, il y a aussi une boulangerie. Je jette un oeil. Les baguettes m’inspirent énormément, et je partirais donc avec l’une d’elle. Contrairement aux fromages, c’est une parfaite réussite, et ça sera mon repas de midi : un sandwich croûtémie (ça change du croûtoumie).

Retour sur la 101, arrivée à Eureka, parking sans problème en centre-ville, et petite promenade aléatoire dans le vieux quartier, et ses quelques magnifiques spécimens de maisons victoriennes.

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Et puis il y a surtout celle que j’ai repéré sur la carte postale, et que franchement, je trouve magnifique dans son style. Depuis que j’ai déménagé dans un manoir victorien (notez bien que j’ai dit « depuis que j’ai déménagé » plutôt que « depuis que j’habite dans », qui n’est pas vraiment encore tout à fait le cas), je fais de plus en plus attention à tout ce qui est victorien. Et je me rends compte que j’aime bien ça. Même si je l’associerais plus facilement à la région de Boston et de Providence à cause des écrits de ce cher Howard Philipp, j’ai vu quelques modèles intéressants à Santa Cruze et à San Francisco. Celui-ci, en tout cas, est très clairement un lieu de rassemblement d’adepte du mythe.

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L’heure passant, je m’en retourne tranquillement vers la voiture. J’avais prévu de reprendre la route, mais une micro brasserie m’a fait un croche pied, et j’ai donc été obligé de passer un peu de temps à déguster une « 8 balls », une brune sans grand intérêt.

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Et puis cette fois, pour de vrai, je remonte en voiture, direction Arcata. Je sais bien que ma démarche est irrationnelle, et que je ne retrouverais pas Tassa. Même si elle est à Arcata présentement, je n’ai pas l’intention d’arpenter toutes les rues au hasard pour la retrouver. De toutes façons, d’après Mowgly, elle avait prévu d’être à Big Bend elle aussi… c’est sans doute parce que je n’y crois pas, et que je n’ai pas vraiment envie d’y croire, que je le hasard ne me fait pas croiser Tassa. De toutes façons, le hasard est un truc bizarre qui fait que quand tu essaies de faire qu’un truc arrive par hasard, c’est plus du hasard, et par conséquent, ça ne peut pas arriver par hasard.

Je reprends le volant, pour prendre la 299 en direction de Redding. Mais je ne prévois pas me rendre jusque là, je tourne un peu avant, à Weaverville, pour prendre une petite route parallèle à l’autoroute 5 (la 3) qui me ramènera à Yreka. Ça commence à être dur de trouver des routes que je ne connais pas dans le coin, mais ça continue à marcher encore !

La route commence assez jolie, et ne fais que s’améliorer. L’automne, c’est très clairement la saison où les auto-stoppeurs poussent sur le bord des chemins. Je m’arrête pour en ramasser deux.

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Le gars s’appelle Monk, la fille, je ne suis même pas sûr qu’elle a pensé à dire son nom. Les deux sont… disons bien fatigués. Je discute quand même un peu avec Monk, pendant que la fille, un sourire gigantesque aux lèvres, regarde défiler le paysage, en rigolant toute seule de temps en temps. Monk à 20 ans, originaire de l’Illinois (dans le coin de Chicago donc) ; sur la route depuis 3 ans, parce qu’il aime la liberté. L’hiver, il le passe dans sa maison (chez ses parents, j’imagine). Il économise de l’argent, en but d’acheter un bateau, et de faire le tour du monde. Ce qui est assez amusant, c’est qu’il est à la fois très fatigué, et probablement un peu gelé, mais qu’il se rappelle des bonnes manières de l’auto-stoppeurs. Donc il parle, il pose des questions, mais souvent il oublie d’écouter la réponse, et passe à autre chose. Bref, ça fait un peu de compagnie, mais pas trop longtemps, c’est parfait. Je les dépose à la sortie de Weaverville, et je prends sagement la route numéro 3. J’ai même pu faire des photos, parce que franchement, la route était grandiose, et ça le justifiait. Plutôt trois fois qu’une !

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Je roule encore un peu, parce que demain je dois être à Eugène. J’ai même une couchsurfeuse qui m’attend. Ça faisait longtemps ! Eugène, c’est encore pas mal loin d’ici, mais rendu à Yreka, c’est que de l’autoroute. J’ai déjà fait les routes panoramiques alternatives, et depuis le temps que je veux découvre Eugène, Portland et le nord de l’Oregon, il faut que je me décide. Et ça implique de me bouger un peu, bon !

Je regarde à gauche et à droite de la route. À priori, je suis de retour dans le pays de Big Foot, version sud est (alors que Happy Camp est au nord ouest avant). Mais personnellement, je n’ai aucun problème avec lui, donc tout va bien. J’hésite, à un moment, à rouler jusqu’à Yreka, et à me trouver une aire de repos, mais je n’ai pas envie de m’arrêter trop tard ce soir. J’ai envie de jongler un peu et puis j’ai toujours un contrat à avancer. J’aurais la matinée de demain pour la route panoramique et magnifique, et ensuite le début d’après midi pour l’autoroute.

Je trouve finalement un endroit qui me convient. Un petit chemin qui n’en est pas vraiment un, et qui s’éloigne de la route principale. De jour, je suis un peu visible, mais de nuit et la lumière éteinte, on ne me verra pas de la route. Et comme ça n’est pas un chemin, aucun risque, en principe, que quelqu’un passe à côté du van. Ça devrait donc être parfaitement tranquille. Je jongle un peu pendant qu’il fait encore jour. J’ai quasiment pris le truc avec les trois massues, mais c’est pas tout à fait ça. Si je continue régulièrement, par contre, ça ne devrait bientôt plus être un problème. Avec trois balles, par contre, ça marche tout seul, et j’envisage de plus en plus d’en rajouter une quatrième.

Quand la nuit tombe, je réintègre tranquillement le Pourquoi Pas ?. Je finis ma baguette de pain, que j’accompagne de quelques crottes de fromage. En guise de légumes, j’ai acheté deux avocats un peu plus tôt. J’en jette un des deux complètement pourri, et l’autre ne goûte pas grand chose. Enfin… c’est toujours ça ! Installé bien confortablement, il ne me reste plus qu’à me plonger dans mon livre pour quelques heures, avant d’éteindre sagement la lumière, et de m’offrir une longue et belle nuit de sommeil !