Garfield Peak panoramique et portrait complet.
D’un côté :
Avec tout à gauche, l’incendie qui se moque de moi, et juste devant, le Mont Scott. La fumée sort bien de derrière, c’est pas Scott qui nous prépare une petite irruption. Tiens, en passant, Scott c’est le plus haut sommet du parc. Évidemment, vous avez deviné, ça veut dire que je dois le monter demain ! Tout de suite à droite, donnant sur le lac, c’est « Cloudcap Overlook » là où, à priori, j’ai prévu de passer la soirée. Le sommet d’après, c’est Dutton Cliff, qui lui, à priori, n’est pas accessible à pied. Dommage, ça aurait fait une chouette petite balade toute en pente douce. Et presque tout à droite, au fond, perdu un peu dans la brume, avez vous reconnu le Mont Mcloughlin ?
Et puis quand on regarde de l’autre côté, on peut contempler le lac dans toute sa splendeur.
Je crois que l’une des choses qui me perturbait, c’est que je pensais avoir une chaîne de montagnes, avec un lac au milieu. Je n’avais pas compris que « Crater Lake » ça voulait bien dire ce que ça voulait dire. Ici, avant, il y avait une seule et unique montagne. Le Mont Mazama, qui culminait à environ 12000 pieds (3600 mètres). Aujourd’hui, le lac est à 1880m. Je pensais que c’était un gros boom formidable qui avait complètement désintégré ça, envoyant des morceaux aux quatre coins du globe. Assez intense comme explosion. J’apprendrais la vérité en redescendant de Garfield. Il y a une mini exposition, très bien faite, extrêmement bien documentée, qui explique ce qu’il s’est passé. Pour faire ça simple : il y avait sous Mazama une gigantesque chambre magmatique. Ça a commencé à sortir à droite, à gauche. Les volcans se sont fait plaisir, la chambre magmatique s’est vidée petit à petit, fragilisant le sol. Et puis il y a quand même eut un grand boom, pour compléter tout ça. Une irruption volcanique 150 fois plus puissantes que celle du proche voisin, le Mont St Hélène en 1980. La chambre magmatique s’est retrouvée toute vide ; la montagne reposant dorénavant sur un grand trou, a décidé de s’effondrer. Pour perdre prêt de 1800 mètres d’un coup, ça devait être quand même un gros trou. Le volume de cendre éjectée par l’irruption suffirait à recouvrir l’état de l’Oregon d’une couche de cendre de 20 cm…
Sinon, l’exposition m’apprend également que Crater Lake fait parti des points géologiques les plus intéressants de l’Amérique du Nord, avec le Grand Canyon, Yosemite et Niagara Falls. Je suis surpris que Yellowstone ne soit pas dans la liste, mais pourquoi pas. Ce qui me plaît, c’est qu’en principe, je les aurais tous fait dans le même voyage. Si mon prof de géologie, qui sait à quel point je n’aimais pas la géologie, savait ça !
Pour terminer le portrait de ce lac fascinant, sachez qu’il est le lac le plus profond des États Unis (-592 m à son endroit le plus creux, -350m en moyenne, ça fait ça de plus à rajouter à l’effondrement de la chambre magmatique). Son eau est reconnue comme étant l’une des plus pures au monde, et offrant une visibilité sans pareil. C’est un écosystème fermé : pas de rivières entrantes ou sortantes. En plus de tout cela, c’est un endroit qui aime la neige : 13,4 mètres de neige, en moyenne, par année. D’ailleurs, c’est amusant : il y a des panneaux indicateurs qui sont accrochés à deux ou trois mètres de haut dans les arbres. Bin oui, c’est la signalisation pour les motoneiges, en hiver !
Garfield Peak
Un petit dénivelé de 300 mètres environ, pour atteindre 2455m (là haut à droite)

Le lac lui même étant (en moyenne) à 1882m d’altitude. En moyenne, non pas parce qu’il penche, mais parce qu’il y a plus d’eau à certains moments de l’année qu’à d’autres. Enfin j’imagine. Six kilomètres aller-retour, ça monte tranquille, c’est agréable, et les points de vue sur le lac (mais aussi sur les montagnes environnantes) se multiplient.
Beau petit point de vue sur « Phantom ship », un petit pic qui déborde sagement du lac. Je retrouve aussi la fumée de l’incendie repéré hier. Je m’en rapproche, et ça m’intrigue de plus en plus !
Et puis au sommet, il y a un arbre qui attend, plein de sagesse et de tranquillité.
Premier point de vue sur le lac, et premier panoramique
[Clic, plus grand, tout ça tout ça]
Donc ça, c’est le point de vue que l’on a juste après Crater Lake Lodge. L’hôtel grand luxe tout plein d’étoiles, inévitable évidemment. Pas nécessairement laid, pas horriblement dérangeant. Quand au lac, il est magnifique ! Ça va être dur de rendre le bleu de l’eau, qui est vraiment d’une pureté magnifique !
L’arrivée au lac
En tout cas, c’est ce que l’on m’a dit à son sujet. J’ai vu quelques photos, sans être jamais complètement convaincu. À chaque fois, j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose pour que je l’apprécie vraiment. Je sais pas… le fait qu’il soit juste en photo, peut être…
J’arrive à l’entrée du parc et montre patte blanche. Je suis content de pouvoir enfin me resservir de ma passe achetée à Yosemite ! Je m’arrête pour faire le plein d’essence, puisque c’est le seul endroit où il y a de l’essence dans le parc, et que je suis tanné de jouer à me faire le coup du « pis là, est-ce que je tiens jusqu’à la prochaine pompe ». Je fais une petite pause pique nique sur le parking, et en profite pour regarder les informations que j’ai récupérées sur le parc. Quelques petites randonnées, courtes, mais qui semble sympathique en terme de point de vue. Parfait. Je fais du repérage, je planifie les deux jours que je passerais ici. Mon objectif étant d’être à Eugène samedi, quitter le parc vendredi en début de l’après midi me semble parfait. En plus, on m’a recommandé une source chaude dans les environs, me semble que ça fait longtemps. Trèèèèès longtemps !
Le prix de l’essence me surprend un peu. Elle est un petit poil plus chère que dans la plaine, mais pas tant que ça. En fait, j’avais déjà eut l’impression que les prix étaient vraiment pas élevés en Oregon, comparé à la Californie voisine. Encore un petit détail qui vient renforcer cette impression.
J’ai un téléphone à passer, avec une heure plus ou moins précise pour le faire. Je finis donc tranquillement mon livre (je savais que j’aurais du en acheter plus, j’ai déjà plus rien à lire !), passe un petit moment au téléphone, et me dirige, enfin, pour de vrai, vers le lac. Cette fois, je vais le voir !
La souche vivante
Continuons avec les phénomènes bizarres du coin. En plus des ponts et des gorges qui se construisent pas comme ils devraient, je vous propose la souche qui est toujours en vie :

Ça aussi ça surprend, non ? Là encore, le procédé est expliqué : en grandissant, la souche (qui à cette époque, était un arbre en pleine forme) a mêlé/fusionné certaines de ses racines avec un voisin accommodant. Un jour, des gens sont venus, et ont coupé l’arbre. Grâce aux racines communes, la souche a continué à être alimentée. L’écorce a tout simplement cicatrisé, pour éviter la pourriture et les maladies. Et beh !
Natural Bridge et Rogue Gorges
Une autre nuit un peu bizarre, où je me réveille de temps à autre. Non pas à cause des ours qui se baladent dans le coin (s’il y en a, ils sont discrets, et ne m’empêchent pas de dormir) ; simplement à cause des idées qui tournent dans ma tête et me font faire des rêves bizarres. La nuit, en altitude, sur le bord d’un lac, il ne fait pas très chaud. Mais j’ai tout ce qu’il faut pour ne pas avoir froid. Je me réveille comme d’habitude vers 10h, et je reprends la route tranquillement. Cette fois, en principe, je devrais arriver à Crater Lake !
Mon premier arrêt se fera sur le bord de la rivière Rogue, pour aller voir un pont naturel. À vrai dire, en m’arrêtant, je m’attends à quelque chose du même genre que dans le parc Yoho en Colombie Britannique, ou à une autre déclinaison sur le principe du rocher Percé. La première chose que j’apprends en arrivant, c’est l’origine du nom de la rivière. En fait, ce beau petit cours d’eau (qui se trouve accessoirement être un fleuve côtier) a dans un premier temps été nommé « La rivière Coquine ». Oui, encore une bande de joyeux francophones qui se promenaient par là et qui, arrivés les premiers, ont commencé à nommer un peu tout. D’ailleurs, si « Portland » est assurément un nom anglophone, j’aurais plutôt tendance à penser que « Eugène » doit également son existence à des colons français. Comme chaque fois que je vois des traces de la colonisation francophone, je suis impressionné et surpris. Les colons français sont très clairement allés partout, et ils ont laissé des traces. Après tout, la piste de l’Oregon, que suit Jacques Poulin dans Volkswagen Blues, qui passe aux miles îles, puis par Saint Louis, avant de rejoindre la côte ouest, c’est bien ici qu’elle vient. Tout cela me donne envie de lire les aventures de Lewis et Clark tient ! Accessoirement, mon passage par St Louis sur le chemin du retour, est programmé depuis un bon moment déjà. Oui, j’ai envie de voir l’Arche !
Le deuxième panneau que je lirais m’explique la formation du pont naturel. Et en fait, ça n’était pas du tout ce à quoi je pensais. Résumons : il y a bien bien bien longtemps, le coin n’était pas fréquentable du tout. Ça explosait dans tout les coins, ça envoyait des coulées de laves à droite à gauche. Bref, c’était pas la joie. Il se trouve que les coulées de laves, en refroidissant, créent parfois de longs « tubes » souterrains. Oui, exactement comme ça :
Ce que l’on pourrait assez aisément prendre pour les ruines d’un système d’égout de l’Empire Romain (à cela prêt que les romains n’ont, à priori, jamais construits de villes en Amérique du Nord) est en réalité les restes d’un conduit magmatique. La suite est simple : une rivière se promène, elle passe par là, elle voit un magnifique conduit, et elle se précipite dedans. Le pont, au final, n’est pas tout à fait un pont au sens strict du terme, mais bien une zone de trente mètres pendant laquelle la rivière disparaît. La partie visible de la rivière, c’est simplement là où le conduit s’est écroulé.
Un tout petit peu après, la route s’arrête à nouveau, pour des jolies petites gorges toutes simples. Là encore, pourtant, ce n’est pas la méthode classique qui a été employée pour creuser les gorges (de l’eau pendant des milliers d’années). On retrouve simplement un autre conduit souterrain, plus profond, qui s’est écroulé. C’est facile et rapide, des fois, de se faire des jolies gorges.
Et on dort près du lac
De retour au van, j’hésite un peu. Il est encore un peu tôt. Je pourrais reprendre la route, histoire d’avancer un peu. En même temps, ce lac était magnifique vu d’en haut, il le sera sûrement aussi vu d’en bas. Ma journée se terminera un peu tôt, c’est pas plus mal.
Je prends donc la route du lac. J’en ai pour 5 kilomètres environ. À mi chemin, je vois un magnifique ours traverser la route en courant. C’est le premier ours que je vois depuis le début du voyage ; il serait temps ! En même temps, quand je vois à quelle vitesse il court, je comprends pourquoi on dit que ça sert à rien d’essayer de courir plus vite que lui… enfin, moi je dors dans une grosse cage en métal, et dans ce contexte, les ours ne m’inquiètent pas trop. À vrai dire, je suis toujours garé « prêt à partir » : le fauteuil du conducteur est toujours dégagé, la clé est toujours sur le contact. Si Pourquoi Pas ? est pris d’assaut, ma solution est simple et efficace : « courage, fuyons ! ». Donc non, en effet, je n’ai pas trop d’inquiétude. Même si, c’est clair, j’aimerais éviter d’en arriver là !
Le lac, comme prévu, est magnifique. [Et il s’agrandira pour se faire encore plus admirer, sur un simple clic].
Il y a bien un terrain de camping. Sur le panneau à l’accueil, là où on trouve habituellement les instructions, tout est vide. Je pense pas vraiment qu’on vienne taper à ma fenêtre pour la petite enveloppe demain matin… je m’installe confortablement. Il y a une autre voiture, un peu plus loin, mais c’est tout. Ça devrait être calme et tranquille cette nuit.
J’ai un petit creux. Justifié, j’imagine, par mon ascension du jour. Je me la joue donc grand luxe, avec un « bière et fromage » détonnant.

Non. Pas de « S », ni à l’un, ni à l’autre. Je dois me contenter, pour tout fromage, d’un cheddar fort acheté la veille, alors que je rêvais de mordre à pleines dents dans un brie crémeux. Par contre, j’ai décidé de recommencer à utiliser le frigo. Oui, juste pour garder la bière au frais. Et alors, c’est bien suffisant comme raison, non ?
Et puis je m’offre une petite séance de jonglerie. Après avoir pratiqué à une puis deux massues, sans trop mal m’en sortir, j’en rajoute une troisième. C’est pas encore ça, mais ça rentre, tranquillement pas vite. Je passe un peu aux balles, pour changer. Ça, ça marche vraiment bien maintenant. En fait, le principal « hic » c’est qu’à priori, les balles de débutants que j’ai achetées sont trop légères. J’avais essayé avec des balles un peu plus lourdes, et j’avais encore mieux réussi.
La nuit tombant, je m’installe ensuite confortablement avec mon livre et mon ordinateur. Le temps de monter mes deux photos panoramiques, et d’écrire mes aventures du jour. Pendant ce temps là, mon appareil photo travaille tout seul, bien sagement.
Pour la première photo, il restait encore un tout petit peu de lumière du jour, et j’ai donc baissé l’ouverture, pour pouvoir quand même faire une exposition longue (40 minutes).

Du coup, j’ai oublié de réaugmenter l’ouverture pour la deuxième. Dommage, parce que j’étais à nouveau plein nord. L’exposition est de 47 minutes. À cette taille, ça donne un résultat intéressant, mais en plus grand, on voit beaucoup de bruits. Je pense que c’est le fait de faire deux expositions longues de suite, qui fait chauffer le capteur. J’essaierais de me contenter d’une seule plus longue à l’avenir. Une exposition d’une heure et demi me paraît pas mal. Fait amusant : mon appareil photo me confirme quelque chose que je suis incapable de voir à l’oeil. Mais le petit rougeoiement, en bas à gauche de l’image, semble confirmer un incendie.

Aujourd’hui, donc, on monte la montagne
Voilà. Le plan de match a été décidé la veille, la montagne est repérée ; la montagne est magnifique, c’est parfait. Je me suis réveillé un peu tard. Oui, encore plongé dans mon livre pendant un bon moment hier soir. Que voulez-vous, j’aime ça !
Petit déjeuner simple et rapide. J’ai fini le lait en poudre, mais je ne suis pas encore passé au travers de l’énorme boîte de céréales. Mais j’y travaille assidûment ! Je suis sur la route peu de temps après, et à nouveau peu de temps après, je suis au point de départ de la randonnée qui va m’amener au sommet du Mont Mcloughlin. Comme d’habitude, il y a plein de panneau rappelant que c’est une longue marche difficile, et qu’il faut faire attention. Je partirais avec deux litres d’eau et six barres de céréales. Bien assez pour monter deux montagnes de même ! Une carte avant le départ du sentier annonce un endroit où il est facile de se perdre. Je prends note de l’endroit. Un panneau annonce également que le sommet est à 8 kilomètres. C’est pas ce que j’avais lu, mais bon, je suis pas à quelques kilomètres prêt !
Le début se fait sans problème. Ça monte tranquillement au travers des arbres, pente régulière et agréable. Au début, on ne voit pas grand chose, mais petit à petit, au gré des percées entre les arbres, on peut commencer à apprécier le paysage environnant.
C’est un classique en montagne : plus on monte, plus ça monte ; mais j’arrive à continuer à un bon rythme, en me demandant dans quel état je vais arriver. Essoufflé ? Un tout petit peu. Ça fait dix jours que je suis rendu au niveau de la mer ou presque, j’ai aucune idée du temps que ça prend pour perdre l’aclimatation à l’altitude. Même si je ne vais pas si haut que ça, je termine à 2800… et puis aussi, plus on monte, moins y a d’arbres. Et plus on a le droit à des spécimens intéressants et magnifiques. J’ai toujours aimé ces arbres de montagnes, tout tordus, qui ne savent pas trop ce qu’ils veulent.

On dépasse finalement la limite des arbres. Ça, c’est le coin où il est facile de se perdre. Je note. En même temps, si on suit la crête, c’est facile de ne pas se perdre. Je prends note également.
Le chemin disparaît dans les cailloux. À plusieurs moments, je n’ai pas le choix de faire du « bouldering » (semi escalade, consistant à grimper un caillou plus gros que les autres). Ça fait du bien, ça détend les bras, ça change les idées, j’aime ça. Ça me confirme dans mes envies de recommencer l’escalade une fois rentré à Montréal (si si, le retour à Montréal aura lieu un jour !).
Alors que je monte, je vois apparaître au loin une véritable merveille. Au sud, malheureusement, et déjà enneigée. Mais qu’elle est belle, et qu’est-ce qu’elle me fait envie ! Elle aussi domine allègrement le monde autour. J’apprendrais grâce à un randonneur croisé en chemin que son petit nom c’est Shasta. 14 162 pieds. Un vrai de vrai à 4000 celui là. 4316 pour être exact. Enfin… il est déjà trop tard pour cette année. Dommage. Peut être lors d’une prochaine visite ?

En alternance avec les gros cailloux, il y a aussi des très petits cailloux. Ça glisse, et c’est pénible à monter. Mais j’anticipe la descente avec enthousiasme. J’y ai pris goût à la ramasse. J’en aurais presque envie de remonter le Mont Rundle pour le plaisir de le redescendre !


Je suis un peu perdu dans mes pensées quand je me rends compte soudainement que ça ne monte plus. Non, ça y’est, fini, plus rien, je suis rendu au sommet. Je regarde partout autour de moi. C’est tout simplement magnifique, comme d’habitude. Je mange deux barres de céréales. Ça sera les seules de la randonnée. Je suis de plus en plus efficace à ce niveau là également !
Et puis je regarde, à nouveau, tout autour de moi. Dominer le reste du monde de plus de 1000 mètres, ça donne un bel aperçu. Et c’est une invitation évidente à faire une photo panoramique. Et hop ! Un 360.
[Le panoramique s’agrandira si vous cliquez dessus gentiment]
Alors, si on résume : tout à gauche, en gros, c’est l’est. Le premier lac que l’on peut voir, c’est « Four miles Lake ». Il semblerait qu’il y ait un terrain de camping par là bas. Ça pourrait être une belle destination d’après descente. Ensuite, c’est le chemin par où je suis arrivé. Et par où je vais repartir également. Le lac que l’on voit tout au fond, dans l’axe du sommet, c’est « Klammath Lake ». Si vous vous souvenez, c’est par là que je suis passé en me rendant à Burning Man. Il y a plusieurs semaines déjà ! D’ailleurs, il me semble que je l’avais repéré, ce petit sommet triangulaire, alors que je passais dans le coin. L’autre lac que l’on voit après, c’est « Lake of the Woods », je crois. Je suis pas sûr de son nom, pis de toutes façons, je pense pas aller le voir. Quoi que… il y a dans le coin de magnifiques coulées magmatiques semblent ils… le lac suivant, c’est « Willow Lake » ; celui là même où j’ai dormi cette nuit même. Ensuite, c’est le prolongement de la crête, et dans l’axe (plein nord) un lac que je ne connais pas, et que je ne sais pas d’où il sort. À la même hauteur que le lac, mais un peu plus à droite, il y a ce qui ressemble à une coupe de bois, avec deux « L » imbriqués. En haut et un peu à gauche de ça, un nuage un peu bizarre. En fait, ça semble être un nuage de fumée, comme s’il avait un gros incendie. Et sauf erreur, c’est pas mal par là bas « Crater Lake ».
Après cette agréable petite pause au sommet, je redescends avec enthousiasme. Faut dire que ça descend pas mal vite quand on aime glisser. Et vous avez compris, maintenant, j’aime ça ! Je suis sagement la piste au début, puis m’en écarte un peu pour continuer à m’amuser en ramasse. Je m’en écarte un peu plus, mais je garde une belle idée d’ensemble de où je dois revenir ensuite. Mon sens de l’orientation, sur ce coup là, ne me fait pas défaut. Après m’être fait bien plaisir dans un magnifique éboulis, je rejoins finalement la piste, qui me ramène au Pourquoi Pas ?. Il est 17h. Je suis monté en 3h, 20 minutes de pause au sommet, 1h45 pour la descente. Pas pire, comme rythme je trouve.
Willow Lake
Un autre coup d’oeil à la carte avant de repartir. La route que je prends passe par Willow Lake. Petite recherche internet. Oui, la vue sur le sommet peut être sympa de là bas. La nuit tombe, et je vais donc faire un peu de conduite nocturne, mais ça n’est pas bien grave. Ce soir, je fais une photo longue exposition de la montagne se reflétant dans le lac.

Voilà. Ça c’est fait. Sauf que je pensais dormir sur le bord du lac, mais que le camping est fermé pour la saison. Dommage, j’arrive un peu trop tard, et il y a quelques humains vivants dans le coin, donc je peux pas vraiment squatter. Je me contenterais donc d’une photo sur le bord de l’eau. J’aurais fait une exposition plus longue si je n’étais pas tombé en panne de batterie au milieu de la prise de vue. Pas grave. On se contentera de ça, ça me plaît bien.
À défaut de dormir sur le bord de l’eau, je roule un tout petit peu, trouve un petit bout de chemin qui mène nul part, et m’y installe.
Tantôt, après le départ des deux autostoppeuses, j’ai démonté la roue arrière du vélo. Il n’a plus de roue. Il prend beaucoup moins de place. Et puis j’installe de façon semi permanente la grosse boîte qui était dans le coffre, et que je déplaçais tout les soirs. Elle sera désormais sur le siège avant. Parfait. Il était donc encore possible d’optimiser le rangement du van ! Désormais, je n’ai plus rien à bouger quand je vais dormir. Certes, je partage le lit avec le djembé, mais il ne prend pas trop de place, et ne ronfle pas, alors c’est pas trop grave !
La pointe qui change tout
Je dépose finalement Alice et Erika à la jonction avec la 5. Elles continuent vers le nord, moi vers le sud. Je roule une quinzaine de kilomètres, avant de m’arrêter un peu. Ça fait longtemps que je roule, quand même, et j’ai pas encore mangé aujourd’hui. Il est 3h de l’après midi, j’ai un peu faim, mais c’est normal.
Je fais durer un peu ma pause. Je replonge dans mon livre le temps de deux chapitres. À ce rythme là, il ne tiendra même pas jusqu’à Portland. Ça va me prendre une solution. Enfin… il y a toujours des solutions qui se présentent au bon moment, donc je m’inquiète pas.
Et puis soudainement, au détour d’un virage, je vois un triangle dans le ciel. Une pointe qui dépasse tout le reste.

Mon estimation, de (très) loin, c’est 1000 mètres plus haut que tout le reste autour. Sans doute un sommet de volcan ; il y en a pas mal dans les environs. Est-ce que c’est dans le coin de Crater Lake ? Je regarde la carte. Non. C’est plus au sud. Le Mont Mcloughlin culmine à 9495 pieds. 2894 mètres. C’est même pas un 3000. Pas très impressionnant par rapport à ce que je viens de faire à Yosemite. Sauf si on considère qu’à priori, ses voisins ne dépassent pas les 2000… la vue de là haut doit être grandiose. Je veux y aller !
Je trouve une connexion internet dans la ville voisine. Quelques recherches. La randonnée n’est pas très longue. 6.5 kilomètres. 13 aller-retour. Mais grimpe quand même 1200 mètres. Conseil : soyez en forme. Ça tombe bien, même si mon dernier sommet remonte un peu, je ne pense pas avoir tout perdu. Estimation personnelle : 5h30 de marche. Quelques recherches de plus me permettent de trouver le point de départ. Je fais demi tour. Ce n’est pas un gros détour, et je repasserais probablement dans les environs après la randonnée. Mais demain, je monte le Mont Mcloughlin !










































