Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Le parking habituel


Et maintenant, il faut redescendre. Je pourrais prendre le même chemin, éventuellement, mais je préfère essayer de trouver le sentier. Je n’ai aucune idée de où il part, mais il y a un couple au sommet du dôme. Je les rejoins ; on discute un peu pendant la descente. Ils sont de Los Angeles, et sont bien sympa. Oui, ils ont des prénoms, mais je bas un record. À peine le gars me les dit que je les ai déjà oublié. Même pas le temps de répéter. C’est grave docteur ?

Le chemin bifurque à un moment. Ils partent à droite, je pars à gauche. Je finis sagement la descente, dans le noir, dans les bois, en chantant à tue tête pour traumatiser les ours. Et au cas où je tombe sur un ours sourd, je ramasse une énorme branche sur le bord du chemin.

Je reviens au Pourquoi Pas ? sans encombre. Une fois de plus, je quitte le parc, pour retourner sur mon petit parking habituel. J’y suis bien, on y dort bien, et j’ai des toilettes juste à portée ! En plus, j’ai eut une idée pendant ma descente nocturne. Si j’ai le début et la fin de mon livre, un peu de milieu aussi, je n’avais pas encore réussi à ce que mon personnage quitte Montréal. Ça y’est, c’est fait, avec l’aide d’une bibliothécaire des plus charmantes. Comme quoi, on trouve toujours de l’aide dans des endroits inattendus ! Et puis j’en profite aussi pour ajouter Névé, petite boule de poils blanche qui m’avait traversé l’esprit il y a quelques jours. J’écris dans un désordre le plus complet, mais j’aime ça. Et peut être même qu’à la fin ça tiendra la route !

Lembert Dome


Je finis mon livre. Je regarde l’heure. Le soleil devrait se coucher dans 45 minutes. À 5 minutes d’ici, il y a le départ d’une balade pour Lambert Dome. Mon guide le présente comme un endroit parfait pour admirer un coucher de soleil. Deux heures et demi l’aller retour. J’aurais 40 minutes pour monter, je suis sûr que ça se fait.

Je me gare au pied du dôme. En fait, j’ai deux options. Soit je prends le chemin pour les touristes, qui montent par la forêt en prenant tout son temps, soit je vais tout droit : Lambert est un magnifique dôme de granite, comme il y en a temps à Yosemite. Le côté n’est pas trop raide ; c’est définitivement moins pire que la Cable Route du Half Dome. Je pars donc avec un énorme enthousiasme, en surveillant le soleil. Le bon point, c’est que plus je monte, plus je vois le soleil longtemps. Bon, en même temps je vais juste monter 300 mètres ; ça doit être à peine une minute de gagnée sur le coucher de soleil. C’est juste exactement la minute qu’il me fallait. J’arrive au sommet du dôme juste à temps pour dire au revoir au soleil. Pas mal essoufflé quand même. Je suis monté en 25 minutes !

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Les joies de la technologie


Et puis je me pose avec mon livre, et mon logiciel qui est une vraie catastrophe… sauf que toutes mes dernières journées y sont enregistrées, ainsi que pas mal de jours sur lesquelles j’avais du retard… bref… chaque opération demande des heures d’attentes que je ne comprends pas. Ça me permet d’avancer dans ma lecture. En fait, je laisse complètement tomber le blog. Dès que je peux, j’uploade tout ce que j’ai, et je désinstalle ce logiciel au plus vite !

Le jour de repos


Aujourd’hui, c’est jour de repos. Pour de vrai cette fois ! Je commence la journée tranquillement, puis me dirige vers les Meadows. Je gare le van sur le bord de la route, mets l’ordinateur dans mon sac à dos, et emporte ma chaise. Oui, j’ai récupéré une chaise pliante au moment de quitter Burning Man. Ça peut toujours servir, et je m’en sers. Je m’installe tranquillement, sur le bord d’un petit ruisseau. J’écris, je mets à jour mon blog, grâce à un logiciel qui permet de faire ça sans être connecté… pratique pour économiser du temps ! Sauf que plus le temps passe, plus le logiciel bug… enfin… j’avance quand même dans mes affaires.

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Je passe la fin de la matinée et le début de l’après midi sur le bord du ruisseau. C’est le reflet du soleil dans l’écran, mais aussi la fin de batterie de l’ordinateur, qui me font retourner au van. Je m’installe confortablement, et me fait des courgettes sautées. Pour moi, c’est vraiment un plat grand luxe ! J’ajoute même un peu d’emmenthal. Que du bonheur !

Le bout de la route


A force de descendre de lac en lac, à force de contourner des petites collines, on finit par arriver au dessus de la vallée suivante ; la vallée de Lundy. Je pourrais continuer, aller jusqu’au lac, où se trouve une route. Faire du stop puis… non, une fois, ça suffira je pense. La prochaine fois que je veux faire ça, je me préparerais à l’avance, et éventuellement, je trouverais quelqu’un pour m’accompagner.

À la place, rassasié de paysages magnifiques, j’attaque le chemin du retour. C’est une boucle et ça me convient parfaitement. J’ai les jambes un peu lourde. Finalement, la promenade n’aura pas été si reposante que ça. Promis, demain, je prends ça relaxe.

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Un dernier tour autour du premier lac me fait finalement revenir au Pourquoi Pas ?. Je n’ai pas spécialement faim, mais j’ai des envies de sucres. Je mange quelques bonbons, puis fait démarrer le moteur. Je reprends la route qui me ramène à l’entrée du parc. Je m’arrête juste avant, sur un parking. Je fais la vaisselle. Je me fais aussi des pattes au fromage. Ce matin, je me suis acheté un morceau d’emmenthal. C’est bien la première fois que je trouve de l’emmenthal aussi délicieux ! Je donnerais mon empire pour me faire des pattes au conté !

Il est 20h30 ; je n’ai pas mangé grand chose, je n’avais pas spécialement faim en fait. Étrange comment se comporte mon estomac. Enfin… il est encore tôt. J’envisage d’écrire un peu, je change vite d’avis. Je suis épuisé. La nuit précédente a quand même été courte ; peut être qu’un peu de repos me ferait du bien ? Il n’est pas encore 21h que je dors déjà.

20 lacs, 2 panoramiques


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Les 20 lacs


À partir de là, la balade redescend un peu. Je me retrouve dans un premier temps au fond d’un lac (bin du moins, d’un lac qui existe au printemps). Pendant un moment, il n’y a pas de sentiers. Je déambule au hasard, de pierre en pierre, suivant l’inspiration.

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À partir de là, le paysage est grandiose. On marche d’un lac à l’autre, descendant petit à petit vers une autre vallée. Chaque lac est plus beau que le précédent. Chaque nouvelle étape à quelque chose de nouveau. Je marche sans me poser de questions, admirant tout ça, heureux d’être ici.

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La petite balade relaxe


Voilà… c’est décidé, aujourd’hui, je me repose. J’ai repéré une petite randonnée tranquille, pour me dégourdir un peu les jambes. Parce que oui, je l’admets, je grince un peu aujourd’hui ! La balade se trouve juste avant l’entrée du parc, et s’appelle « 20 lakes basin ». Elle fait un 8 des plus inspirants, slalomant de lac en lac, sans jamais descendre sous les 10000 pieds (3000 m). Parfait, non ? Très peu de dénivelé, et à peine 15 kilomètres. Oui, je sais, mes visions des promenades relaxes ne sont plus les mêmes maintenant qu’au début de l’été !

Je n’ai mangé qu’une pomme en guise de petit déjeuner. Il n’y a donc que ça et 6 barres de céréales qui me séparent de la polenta d’hier matin. Me semble que c’est pas grand chose. Me semble, d’ailleurs, que j’ai faim. Je me laisse aller. En fait, j’aime ça manger en fonction de mes envies, et non de la logique. Je n’ai quasiment rien manger hier, aujourd’hui je me fais une overdose de pattes qui me convient parfaitement. Et puis je pars tranquillement.

Tout commence au lac Saddlebag, beau petit lac de barrage, avec sa petite armée de pêcheurs tout autour. Je commencerais par la berge ouest ; le retour se fera par le côté est.

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Tout cela est bien calme, et bien reposant. J’avance lentement, laissant à mes jambes le temps de se remettre en place. Et puis finalement, on finit par faire le tour, et arriver dans la belle petite vallée cachée en arrière.

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Comme le dit mon guide, le fait de déjà partir en altitude fait que l’on se sent tout de suite à l’écart, tranquille. Le paysage est grandiose, les montagnes autour de toute beauté. Et puis ça commence à monter un petit peu. À peu prêt la seule grimpette au programme. Tant mieux. Je monte lentement. Ça fait un moment, déjà, que j’ai repéré une personne qui me suit, et qui va finir par me rattraper. Je décide de m’arrêter un peu.

Elle me rattrape, et on commence à discuter un peu. Elle s’appelle Diana, et vient du Lac Tahoe. Elle est toute contente d’apprendre que je viens de Montréal et que je parle français. Elle connaît un peu la langue elle aussi, et elle en profite pour pratiquer un tout petit peu, glissant une phrase, un mot, de temps à autre. Je trouve ça assez amusant.

Elle travaille comme violoniste. La plus part du temps, dans des mariages. Du coup, elle a beaucoup de temps pour voyager. Elle adore la randonnée, et me donne quelques conseils, qui ne sont malheureusement pas sur mon chemin. Du moins pas sur celui prévu pour le moment… On continue de marcher tout en discutant.

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Et puis finalement, on se sépare, elle allant d’un côté, moi de l’autre. On échange nos coordonnées au cas où. En principe mon chemin ne repasse pas par le lac Tahoe, mais qui sait ? Et puis elle parlait de peut être venir à Montréal un jour, alors pourquoi pas ?

J’en étais venu à me demander si j’allais y arriver


Je me réveille bien reposé ; faut dire qu’après la randonnée d’hier, je m’attendais à bien dormir ! Comme bien souvent, j’étais content d’avoir de la compagnie hier au soir, mais à matin, j’ai envie d’être tranquille. J’hésite entre plusieurs options pour mon programme de la journée, avant de finir par me décider. Je discute encore 5 minutes avec Rodger, qui hésite sur la route à prendre par la suite. Je lui recommande très fortement la 395, pour l’avoir faite moi même.

Et puis je prends la route de Lee Vining à nouveau. En fait, je veux juste compléter mon ravitaillement, en vue de pouvoir rester indéfiniment dans Yosemite. Côté nourriture, ça va. J’ai juste envie de me racheter quelques barres de céréales. Vous l’avez compris, quand je suis en randonnée, c’est ce que je préfère. J’en profiterais aussi pour faire le plein d’essence, une petite connexion internet pour vérifier si j’ai des nouvelles du contrat que je dois faire, prévenir Jane que finalement j’arriverias « un jour », et surtout… oui ! Je l’ai fait ! J’ai pris une douche ! Tanné de la petite barbe ridicule, de la petite moustache pas mieux, j’ai aussi rasé tout ça. Dire que c’était, au début, juste un petit délire pour la pendaison de crémaillère ! Il était plus que temps que tout cela disparaisse. Enfin maintenant, je me reconnais plus ! C’est malin !

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J’ai dormi avec Rodger


Il ne me reste plus qu’un dernier sujet d’inquiétude : il est 19h30, la nuit commence à tomber, Pourquoi Pas ? est à 30 kilomètres de marche derrière moi… il faut vraiment qu’il y ait une navette… j’espère avoir bien compris ce que disais le guide… il me restera l’option de faire du pouce, mais c’est pas comme si j’allais juste à côté… c’est prêt de 90 kilomètres en voiture ; on est vendredi soir, les gens arrivent au parc, ils n’en partent pas… je commence à me demander si je n’ai pas fait n’importe quoi…
Il y a deux navettes différentes à Yosemite. Celles qui circulent uniquement dans la vallée, et qui sont gratuites, et celles qui traversent le parc. C’est de celle là dont j’ai besoin. Je marche deux kilomètres avant de finalement trouver l’arrêt. Les horaires sont indiqués. Enfin les horaires pour l’une des deux navettes. Celle qui va dans la mauvaise direction. La prochaine est dans 20 minutes. Mais pas d’horaire pour celle qui m’intéresse… moment de stress… bon, j’ai mon portefeuille, je suis au milieu de Yosemite, au pire je me paie une nuit à l’hôtel, ça me donnera l’occasion de prendre une douche ET un bain. Mais franchement, ça me tente pas. Et puis je suis pas sûr que j’ai envie d’abandonner Pourquoi Pas ? toute la nuit… deux personnes arrivent à me renseigner sur les horaires de la navette que je veux prendre. Elle passe juste une fois par jour. À 17h. Merde. Raté… ne me reste plus que le stop… je prends la navette de la vallée, pour aller au début de la route qui en sort. Il fait nuit.

Je m’installe sur le bord de la route. Il y a encore un peu de trafic. Je fais un grand sourire aux voitures qui passent, mais personne ne semble motivé à s’arrêter. Je continue à penser que j’ai été stupide, que j’aurais du prévoir un peu plus… et puis finalement, un camion s’arrête. Pas de chance, le gars ne va pas dans la bonne direction. Ça me redonne espoir, tout en m’en enlevant aussi : donc les voitures s’arrêtent de temps en temps, mais en même temps, je vais dans un endroit vraiment moins fréquenté…

Je reprends ma place sur le bord de la route. Un autre véhicule s’arrête. Un gars dans la cinquantaine, qui me demande si j’ai beaucoup de stock. Non, j’ai juste mon sac à dos tout petit. Sa voiture, par contre, déborde de tout les côtés. On discute un peu. En fait, lui ne sait pas où aller. Il n’a pas d’endroit où dormir ce soir, et prévoit juste sortir du parc pour trouver un endroit confortable en dehors. Il n’avait pas nécessairement prévu d’aller dans ma direction, mais pourquoi pas après tout. Il accepte de m’embarquer. Je pousse un soupir de soulagement. J’ai beau débordé d’optimisme et de positivisme, sur ce coup là, j’en ai peut être un peu trop fait… ou peut être pas. J’aurais attendu juste 15 minutes.

Il s’appelle Rodger. Avec un « d » qu’il tient de son père. Sa mère ne voulait pas, mais son père à insister. Il est originaire de Seattle, mais déménage avec sa soeur en Arizona. La voiture est pleine de choses à déménager. Il a une petite tente, qu’il prévoie installer quelque part. Il est sympa, et me rend un peu un service énorme en me ramenant jusqu’au Pourquoi Pas ?. Du coup, en échange, je lui propose de l’héberger pour la nuit. Ça sera plus confortable et plus simple que la tente. Il accepte. L’idée est simple : sortir du parc, se garer sur le premier parking venu, et dormir.

Je n’avais pas réalisé la distance qui me séparait du van. Il faudra un peu plus d’une heure pour le retrouver. Rodger est sympa, un peu bizarre, mais ça va. Par contre, pas toujours très attentif quand il conduit. Comme il le dit lui même « je suis conduit moins bien quand j’ai quelqu’un avec moi, ça me déconcentre souvent un peu ». Mouais, bon… enfin… on arrivera finalement au van, et je rembarquerais avec grand plaisir dans le Pourquoi Pas ?. Rodger me suit. On sort du parc. Cent mètres après, il y a un parking. On s’arrête. Je fais de la place pour tout le monde. Je grignote deux barres de céréales rapidement, mais la faim est partie…

On discute encore cinq minutes, puis je monte me coucher. Je lis quelques pages de mon guide, à la recherche d’autres randonnées aussi magnifiques que celle ci. J’en ai repéré une qui semble assez tranquille, pour demain. Parce que demain, c’est jour de repos. J’ai bien marché aujourd’hui !