Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Archive for the ‘A few words on the road’ Category

Un petit morceau de côte est : Bicheno, Frecynet et la Wineglass Bay

La nuit a été très tranquille et très reposante. Le van est horriblement confortable, et on s’y attache horriblement vite ! On va finir par avoir des goûts de luxe. J’ai été réveillé à un moment par les fameux cris d’un diable de Tasmanie. C’est vrai que c’est assez impressionnant, et que ça mérite bien son nom. J’imagine bien le pauvre petit colon sans expérience tasmanienne se faire réveiller par des appels pareils… de quoi décider de rentrer en Angleterre. Ce n’est pas peu dire ! Par contre, j’ai eut beau regarder un peu partout autour du van, je ne l’ai malheureusement pas vu. Ce sera donc pour une autre fois.

Au matin, la baie est tout aussi magnifique, et on aurait bien aimé en profiter un peu plus. C’est le genre d’endroit où, quand on ne compte pas le temps, on peut facilement rester poser 3 jours sans vraiment bouger. Ah, que le Pourquoi Pas ? me manque parfois…

On reprend la route, direction le Parc Frecynet (B), et Bicheno (C). Frecynet, c’est pour la Wine Glass Bay, Bicheno, c’est pour les petits pingouins qui se promènent sur les plages à l’aube et à la tombée de la nuit.

La route vers le sud est tranquille. On longe des plages magnifiques ; sable blanc, eau turquoise. Désertes. On comprend facilement pourquoi après avoir mis un orteil dedans. Elles ont beau êtres très invitantes, l’eau est malheureusement glacée. On n’arrivera pas à se baigner si ça continue !

À un moment, la route se divise. Vous avez alors deux possibilités : prendre la branche ouest, à droite, qui vous fait passer pour un magnifique point de vue, ou la branche est, qui continue à suivre la côte, et passe par une charmante brasserie. Bien évidemment, vous nous connaissez, nous sommes passés par le point de vue.

Avouez que ça laisse rêveur un point de vue pareil ! Ça donne des envies de déguster une bière sur la terrasse. On fera la dégustation au comptoir. Iris aurait bien aimé prolonger la dégustation sur la dite terrasse, mais le chauffeur, un peu raisonnable, ne peut pas vraiment participer. En passant, si jamais vous avez l’occasion d’acheter de la Iron House, allez y sur la Wheat (blanche). Ou bien la Porter. Quoi que. La Pale Ale était pas mal non plus. La lager ? Sans grand intérêt de son côté. Et puis ils ont aussi une pilsener. Que vous pouvez carrément oublier pour l’occasion. Je mets le van en pilote automatique pour éviter de trop zigzaguer, et nous voilà de retour sur la route, les plages de sable blanc, et l’eau froide.

On arrive finalement à Bicheno, où on fait un peu de repérage pour les pingouins. L’office du tourisme nous indique l’endroit où tenter notre chance. On essaie aussi de faire le plein d’eau, mais c’est compliqué. On tourne plusieurs fois en ville, ce qui permet de repérer que tout les endroits sympas sont très clairement indiqués interdits au camping. On verra si on a plus de chance plus loin. Pour le moment, on continue en direction de Frecynet.

Frecynet, c’est une trentaine de kilomètres plus au sud. Deux baies magnifiques et particulièrement célèbres, quelques superbes montagnes. Une petite péninsule des plus inspirantes. Toujours un peu serré par le temps, on ne fait qu’une petite balade aller retour jusqu’à un point de vue qui permet d’admirer la Wineglass Baie. Qui mérite largement sa réputation. Le parc aussi offre un sentier de randonnée sur plusieurs jours. En compter trois. Ou quatre si on veut vraiment prendre son temps. Personnellement, ça m’inspire énormément. J’y repasserais peut être plus tard. On verra.

La balade nous a vraiment plus ; on s’en offre une deuxième, toute petite, pour aller voir Honeymoon Bay, puis une troisième, le temps de faire le tour d’un phare. Et d’avoir un point de vue complètement différent des lieux. On scrute à s’user les yeux dans l’espoir de voir des dauphins. Il y en a dans le coin. Souvent. Mais pas aujourd’hui malheureusement.

Bref, le parc Frecynet est tout simplement magnifique. Avec des petits airs de pointe Forillon en Gaspésie, ce qui ne le rend que plus agréable. Les sentiers de randonnées sont vraiment bien aménagés, confortables et, comme tout le reste en Australie, un peu cher. Enfin ça dépend… cher pour une journée. Sinon, il existe des passes individuels d’une durée de deux mois qui sont quand même un peu plus abordables. Pas grave. On ne regrette pas. Ça valait vraiment la peine ! Et moi, je reste avec l’idée de venir passer un trois jours tout seul ici avec mon sac à dos et ma future tente spéciale randonnée toute neuve !

Et nous voilà, encore, de retour sur la route. On rentre à Bicheno, pour se nourrir, et pour essayer de voir quelques pingouins. La ville de Bicheno est vraiment très belle, et les environs des plus inspirants. On refait encore deux fois le tour à essayer de remplir le réservoir d’eau. On le fera finalement avec de l’eau non potable. On boira la bière que l’on n’a pas pu s’empêcher d’acheter un peu plus tôt…

Et puis commence l’attente des pingouins. Il y a cette gigantesque plage sans fin, sur laquelle on peut espérer en voir. À priori, à la tombée du jour, ils reviennent de la pêche, traverse le sable, et vont se coucher. Alors on s’assoie, et on attend. On attend. On attend. On n’est pas les seuls. Il y a quelques autres personnes un peu plus loin. On attend d’abord dans notre coin avant de finalement revenir vers là où se trouve les gens. Il fait désormais noirs, et ils ont des lampes. Ça peut aider. Et puis soudainement, on voit notre premier pingouins sortir de l’eau. On essaie d’approcher discrètement, mais c’est sans compter la dizaine de personnes qui se précipitent dessus, prenant des photos avec flash, alors qu’il ne faut pas. Le pingouin ne demande pas son reste et est de retour dans la flotte en moins de deux. On hallucine un peu devant le comportement des gens. Et on plaint le pauvre pingouin qui voulait juste rentrer tranquillement chez lui. Le deuxième que l’on voit, on se fait discret, on ne dit rien. Moi je fais mes photos sans flash. Ça vaut ce que ça vaut. Mais au moins, on laisse la petite bête rentrer chez lui. On reste encore un bon moment, mais sans en voir d’autre. On rentre donc au camping car, qui nous attend juste à côté d’ici, à un endroit où il n’y a aucun panneau d’interdiction. Pas besoin de rouler ce soir, donc. Et puis au moment où on arrive sur le parking, on voit trois personnes qui regardent le petit pingouins qui semblent tout perdu sur la route. Mais non, il fait juste se balader. Avant de rejoindre deux autres amis à lui. On les regarde un peu, jusqu’à ce que deux enfants arrivent. Évidemment, enfant et pingouins, c’est pas vraiment compatibles, et nos nouveaux amis à deux pattes disparaissent vite dans les buissons.

Et nous de pouvoir aller nous coucher contents.

Bay of Fires

Forcément, juste pour le nom, je n’avais pas le choix d’y aller. Bon, évidemment, je ne m’attendais pas à des incendies et des flammes partout. Mais ça me plaisait bien quand même. Après St Helens, il suffit de rouler une dizaine de kilomètres vers le nord. On peut voir la plage un peu en retrait de la route. On voit aussi les véhicules garés le long des chemins. Pas mal de camping-car dans le lot. On prend un chemin un peu au hasard. Chemin de terre, avec un véhicule de location, évidemment on n’a pas le droit. Mais on le dira à personne. Ça secoue un peu dans tout les sens, mais c’est quand même carrossable. On finit par installer le camping-car à un endroit où il y a assez de place pour nous. Ça semble parfaitement autorisé. Et surtout totalement gratuit. On dormira donc ici. Le van garé confortablement, on part un peu exploré la rive. Les rochers offrent des couleurs magnifiques oscillants entre le gris et le orange. Le soleil couchant participe en rajoutant un éclairage très doux sur l’ensemble.

C’est à ce moment là que je vois mon deuxième arc-en-ciel de la journée. La Tasmanie semble un peu le paradis des arc-en-ciel. Je me mets à courir dans les rochers, pour avoir une meilleure vue. Il y a, loin là bas, un rocher en forme de doigt. Si je me débrouille bien, je pourrais avoir un alignement parfait avant qu’il disparaisse. Je m’expose un tibia, mais c’est pas grave. C’est pour une photo, vous comprenez !

J’ai fait mes photos. Je suis bien content. Je peux prendre mon temps désormais… mais l’arc-en-ciel ne s’en va pas. Il est toujours là. Un genre d’arc-en-ciel quasi-permanent. Je retourne au van, retrouver Iris, que j’ai lâchement abandonné en crapahutant dans mes rochers.

Le soleil se couche finalement. On s’offre un petit repas bien mérité. Et aussi une petite douche bien agréable. Je décide de tenter ma chance. Je ne me suis toujours pas baigner dans la mer depuis que l’on est en Australie ! Alors je m’essaie. J’enfile la combinaison, je descends sur la plage. L’idée de nager un peu dans le crépuscule me fait super envie. Mais un petit doigt de pied trempé dans l’eau me dit que la baignade devra encore attendre. Je rentre me mettre au chaud dans le van. La nuit est magnifique. Le ciel est entièrement dégagé. La lune pas trop dérangeante. Voilà bien longtemps que je n’ai pas abandonné mon appareil photo dehors pour quelques poses longues (ne vous trompez pas, il s’agit bien de photos de nuit) !

Après ça, je peux aller me coucher. La journée avait commencé de façon un peu bancale, mais se décide quand même pas mal mieux !

 

La route de Devenport à St Helens

La traversée a été assez tranquille. L’arrivée se fait aux environs de 6h du matin. Le soleil n’est pas encore levé ; et même s’il l’était, on ne pourrait pas vraiment le savoir. Il fait gris et pluvieux. Dommage… l’arrivée à Devenport aurait sinon pu être assez impressionnante. Le traversier et gigantesque et remonte un petit canal relativement étroit. Avec bien peu de place à droite comme à gauche.

L’accostage se fait tout en douceur. Nous, on est bien confortablement assis dans le van, prêt à décoller. Le départ se fait rapidement et sans encombre. Une dernière petite inspection des douanes et des services de quarantaines. Interdiction d’amener fruits frais et légumes sur l’île. Entre autre. Si l’Australie est un écosystème assez fermé, la Tasmanie est encore plus fragile.

La nuit a été courte. Sur le bord de la route, tout les cafés sont ouverts, et annoncent des superbes petits déjeuners. Nous n’en profiterons pas. On a ce qu’il faut dans le van. On va plutôt avancé un peu. Après quelques kilomètres, on arrive à une fromagerie. On avait besoin de lait, et de fromage. Ça tombe bien. Tout à l’air fermé. Assez normal pour un dimanche à 6h45 du matin. On décide quand même de s’arrêter pour vérifier les horaires d’ouverture. Sans succès. Au moment de repartir, quand je décide de redémarrer le van, j’appuie par curiosité sur le petit bouton à côté de la clé. Ça allume un bidule qui fait bip bip quand je passe la marche arrière. Un détecteur de contact ! Ça pourrait être pratique sur un énorme engin comme ça, si je n’avais pas déjà une caméra de recule. En fait, une double caméra de recul. Le premier mode d’affichage remplace le rétro central. Le deuxième donne une vue verticale de l’arrière du van. Parfait pour éviter de rentrer dans les murs et d’écraser les petits enfants. Avec tout ce luxe, donc, je n’ai pas vraiment besoin du bidule qui fait bip bip. J’essaie de l’éteindre. Sans succès. Quand j’essaie de reculer, il se met à hurler encore plus. Et au lieu de reculer, le van avance. Je comprends pas. Je réessaie. Pareil. J’éteins le moteur. Je redémarre. Le van continue d’avancer. Sauf que devant, j’ai un talus, et que je vais devoir arrêter d’avancer à un moment. J’essaie plusieurs choses, je regarde le manuel pour voir comment arrêter le détecteur de contact qui raconte n’importe quoi. Je le vois bien, moi, que j’ai 8 mètres de libre derrière moi. Ça n’apparaît nul part dans la manuel.

La fromagerie a fini par ouvrir. Ça fait une bonne demi heure que l’on est planté dans le parking, a essayé de reculer, et je perds un peu patience. Je vais à la fromagerie, j’emprunte un téléphone, j’appelle le service d’urgence du loueur. Qui est incapable de me dire quoi que ce soit au téléphone. Il va me rappeler sur le portable dans une trentaine de minutes, quand il aura trouver un dépanneur qui pourra venir nous chercher… la Tasmanie s’annonce bien…

Retour au van pour attendre. Le portable n’a plus de batterie, je le mets donc à charger. En attendant que le téléphone sonne (en même temps, il est déchargé, donc il ne peut pas…) je feuillette à nouveau le mode d’emploi. Cherchant l’emplacement des détecteurs. Je finis par le trouver. Ils sont derrière le pare choc. À priori, la pluie pourrait les dérégler et les perturber. D’accord, mais au point d’empêcher le van de reculer, ça me paraît un peu énorme ! Enfin… j’attrape un torchon. Je sors nettoyer le pare choc. Je recentre. J’essaie. Le van continue à faire bip bip, mais cette fois il recule sans hésitation. Je retourne dans la fromagerie. Rappelle le service à la clientèle. Dis que tout est correct. Remercie tout le monde. Achète un morceau de fromage et du lait. Monte dans le van et repart.

Le détecteurs de recule du van continuera de biler pendant tout le trajet. Je pense que j’ai finalement compris le refus d’avancer. Le détecteur n’y est pour rien. Simplement la pente. Malgré la boîte automatique, le van étant un peu penché commence par avancer, même en position reculons. Je n’accélérais pas assez courageusement. En même temps, c’était compréhensible de ne pas vouloir accélérer trop alors que je n’allais pas dans la bonne direction. Est-ce que je suis arrivé sur une zone plus plate quand il est reparti, ou est-ce simplement que j’ai accéléré avec plus d’enthousiasme, l’histoire ne le dit pas, et je vous laisse donc imaginer par vous même.

Il n’empêche que l’on a perdu pas mal de temps. Et moi une bonne dose de patience sur ce coup là… on reprend la route, mais je suis pas mal crevé. On s’arrête donc un peu plus loin, le temps du sieste. On s’endort bercé par le son de la pluie sur le van. Nos premiers pas en Tasmanie sont plutôt déprimants…

… Et on se réveille avec un agréable soleil, beaucoup plus motivant.

La suite de la journée se déroule tranquillement. La route est belle, sans être époustouflante, ce qui permet quand même d’avancer assez vite. On profite de quelques points de vue, mais il n’y a rien de bien exceptionnel. Le ciel reste couvert, mais il ne pleut plus. Le van ne fait plus de caprice, et est très agréable à conduire. En fait, ça se conduit comme une voiture, et j’oublie facilement que je suis gros, large et haut. Il attaque les montées sans se plaindre et sans ralentir.

On arrive finalement à St Helens. On a rejoint la côte. Sur le traversier, on a repéré une couverture de magazine sur la Tasmanie qui nous a plus. On a demandé ou c’était, on nous a dit que c’était la « Bay of Fire ». On a décidé d’aller dormir là bas. Il nous reste une dizaine de kilomètres à faire, avant de trouver un endroit où garer notre lit géant à roulettes.

En route pour le bout du bout du monde

Je gardais un magnifique souvenir de mon voyage aux Îles de la Madeleine. Cette impression d’être rendu au bout du bout du monde. Une douzaine d’heures de voiture depuis Montréal, suivi d’une demi douzaine sur le bateau. Un sentiment d’éternité pour se rendre à un endroit qui semble inaccessible.

Pour se rendre en Tasmanie, il y a deux options. L’avion vous prendra une heure et demi, et vous amènera à Launceston (dans le nord) ou à Hobart (dans le sud). Petit saut de puce, que l’on a à peine le temps de ressentir. Ou bien vous pouvez prendre le ferry, qui vous amènera à Devenport en une dizaine d’heures. Iris aurait quand même bien voulu prendre l’avion. Comme je lui ai expliqué pendant la traversée, pour moi il y a un côté « triche ». La Tasmanie, c’est le bout du bout du monde. On n’est pas pressé, on a tout notre temps. Faire le saut en avion nous fait sentir beaucoup plus proche du continent. Le bateau permet de plus ressentir la distance. Prendre son temps, se poser, regarder les gens évoluer à bord. Marcher sans raison, au hasard, pour le plaisir.

La récupération du van et les préparatifs du départ auront été un peu rocambolesque. Nous sommes chez Katherine, nous devons aller récupérer le van, puis une partie des bagages chez Jordan, et l’autre partie chez Jesse. Il faut, évidemment, synchroniser tout ça avec les emplois du temps de tout le monde, et le fait que l’on doit prendre le bateau à l’arrivée. Quelques galères, un gros moment de panique alors que Jordan ne répond pas à la porte quand on sonne chez lui, que l’on se perd en allant chez Jesse, mais on se rend finalement à destination, avec le van et tout nos bagages.

Il est gros le Spirit of Tasmania. Mais ça vaut mieux. Parce qu’il est gros notre véhicule aussi. On s’est longuement posé la question. Savoir si, avec un aussi gros van, on pouvait cacher des passagers clandestins. On a vite eut la réponse : le van est fouillé méticuleusement avant de monter à bord. Par contre, l’embarquement est super rapide. Tout est déjà payé, et comme ils ont la plaque d’immatriculation du véhicule, on est identifié immédiatement. Simple, propre, efficace. On est rapidement à bord, dans la grande soute tout au fond, garé à côté des énormes camions. On se sent un peu petit quand même.

Le bateau est confortable, bien aménagé, avec de quoi s’occuper pour la traversée. En même temps, on fera le passage de nuit, afin d’optimiser le temps de location du van. On regrette quand même un peu l’interdiction d’accéder à la soute pendant le trajet. Dormir dans le van aurait quand même été pas mal plus confortable que dans une grande salle pleine de gens allongés sur des fauteuils, mais bon…

On profite un peu de la vue depuis le bateau, mais le soleil se couche rapidement. Alors on ne s’éternise pas dehors. En plus il ne fait pas très chaud. On se regarde un film, et puis on va finalement dormir. Demain, on se réveillera en Tasmanie.

Inutile de vous inquiéter !

Je sais, ça fait un petit moment que je n’ai pas donné de nouvelles. Ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas parce que nous sommes allés chercher le van, qu’il n’était pas disponible, que j’ai tué trois personnes, et que je suis enfermé dans une prison de Melbourne depuis plusieurs jours sans accès internet.

Nous sommes allés récupérés le van, et il était là. D’ailleurs, il faudra que j’apprenne à arrêter de dire « le van », parce qu’un camping car de 7,5m de long, ce n’est pas vraiment comparable avec le Pourquoi Pas ? dans lequel j’ai vécu quatre mois. On avait limite plus de place dans ce camping car que dans notre appartement à Sydney. Même compagnie de location, super confortable, bien équipé. Un vrai bonheur. Et pas mal de déception d’avoir du le laisser. On a envisagé, à un moment, de le voler et partir avec. Sauf que bon… un camping car blanc et orange fluo de 7,5 mètres de long, c’est pas évident à cacher sur une île de la taille de la Tasmanie ! Pas évident non plus à faire quitter l’île en restant inaperçu.

Bref, je vous raconterais tout ça très prochainement. Pour le moment -histoire de faire durer un peu le suspens- sachez simplement que l’on a roulé de Devenport jusqu’à Hobart en suivant la côte est. Puis que l’on a remonté jusqu’au Craddle Mountain par le milieu. La suite très bientôt. C’est promis !

Melbourne et la Yarra River

« Melbourne is a cool city. I lived there for a month, but it’s more of a river city and I’m more of an ocean girl which is why I ended up coming up this way [Sydney] »

Petit extrait d’un échange que j’avais eut avec une couchsurfeuse à Sydney. C’est vrai qu’il n’y a pas à regarder bien longtemps avant de découvrir que Melbourne était une ville de rivière. On a bien le sentiment surfer/bord de mer/plage à la mode quand on est à St Kilda, mais quand on s’en éloigne, l’ambiance change. Et il semblerait que, contrairement à cette couchsurfeuse, je sois plutôt quelqu’un fait pour les villes de rivière. Ce n’est pas une coïncidence, j’imagine, si j’ai vécu à Montréal pendant dix ans. À Montréal, la ville est que d’un seul coté de la rivière. De l’autre côté du fleuve, au sud, c’est Longueuil et les banlieues sans fin. Melbourne, de son côté, est bien traversée par la rivière. Celle-ci est suffisamment étroite pour que ce soit possible et rationnel.

Tout comme Sydney, Melbourne est un peu américaine, un peu européenne. Si le centre ville est relativement orthogonal, les angles droits ne tiennent pas très longtemps. La rivière traverse la ville selon un axe à peu prêt est-ouest. C’est le seul axe vraiment diviseur de la ville. Je veux dire par là la seule séparation vraiment tangible. Il y a un Melbourne nord et un Melbourne sud. Il n’y a pas vraiment de Melbourne est ou de Melbourne ouest, à part sur le papier, pour désigner certains quartier.

Nous ne nous sommes pas trop aventurés dans le sud. Si vous partez un peu trop à l’ouest, vous arrivez très rapidement dans une zone portuaire et industrielle laide et sans intérêt. La partie sud a l’air un peu plus tourné vers l’océan. Le nord de Melbourne, par contre, semble en ignorer complètement l’existence. La ville s’étale en suivant joyeusement les grandes lignes de tram. Sont-ce les artères commerciales qui ont créés les circuits de trams ou les circuits de trams qui ont créés les artères commerciales ? Je suis persuadé que les deux sont intimement liés. Tout comme je reste persuadé que le tram est le meilleur moyen de transport qui soit pour une ville. Une station de métro va faire apparaître quelques commerces autour d’elle. Un tram, c’est toute le long de la ligne qui va en profiter. À plusieurs reprises, regardant par la fenêtre d’un tram, j’ai vu un magasin qui me donnait envie de descendre à l’arrêt suivant, de venir jeter un oeil. Je maîtrise relativement bien le réseau de tram de Melbourne. Il me plait énormément. Centré sur une grille de trois rues par deux (du nord au sud : Bourke, Collins, Flinders, d’ouest en est Elizabeth et Swanston) tout est inter relié. C’est simple, rapide, efficace. Puis il y a ces grandes rues qui s’éloignent à l’infini. J’ai marché longuement sur Bridge Road vers l’est, sur Brunswick, Nicholson et Sydney Road dans le nord. Le tram est un élément structural fondamental de la ville. Ça permet de me rendre compte que c’est l’une des choses que je n’aime pas à Sydney : sa non structure.

Mais revenons en à la rivière. Et au génie de certaines personnes, dont j’ai malheureusement oublié le nom, alors que je pensais l’avoir noté.

Voilà Melbourne en 1971. C’est la période où certains habitants ont décidé qu’il était temps de faire quelque chose. Deux ministres de l’époque se sont attelés à la tache. Dans la catégorie « magnifique réussite urbaine », j’espère que la revitalisation des berges de la Yara River est souvent citée en exemple dans les écoles d’urbanisme ! Parce qu’aujourd’hui, se promener sur les rives de la rivière est un vrai moment de bonheur. Les bâtiments sont magnifiques, qu’ils soient privés ou public. La Eureka Tower (j’en reparlerais après la Tasmanie, quand j’aurais enfin eut l’occasion d’aller jeter un oeil du sommet de son 88 étages) et sans contredit mon gratte-ciel préféré à Melbourne.

 

 

 

Mais les bâtiments publics sont aussi à l’honneur. Le centre d’exposition :

 

 

 

Les nombreuses passerelles piétonnes :

 

 

 

 

Et un certains nombre d’oeuvres d’art en tout genre (les passerelles piétonnes ayant d’ailleurs tendance à compter dans les deux catégories) :

 

 

 

Ça fait du bien de se promener dans ce genre de lieux, d’avoir ce genre de ressenti. La tête en bas, Montréal me paraît quand même un peu moins lointaine soudainement. Alors si vous passez un jour par Melbourne, prenez le temps de longer la rivière. Dans un sens, puis dans l’autre. Échappez vous. Suivez la. Je suis persuadé qu’elle a de très nombreuses histoires à raconter.

Bonne année 2012 :) !

Je vous souhaite qu’elle soit joyeuse, renversante, éblouissante, et pleine de nouveautés ! Je nous la souhaite un peu moins désorganisée que ces derniers temps, avec des gens un peu plus fiable ! Peut être un peu plus fraiche aussi, puisque +34 un premier janvier, ça fait quand même un peu chaud !

Si les derniers jours ont été un peu chaotique, 2011 c’est quand même très bien terminée. Nous nous sommes joins aux couchsurfers de Melbourne pour fêter ça en grand, dans la joie et la bonne humeur. L’organisatrice avait affirmé avoir de son toit une vue magnifique sur les feux d’artifices, et elle n’a pas menti ! Le photographe, lui, ne comprend toujours pas comment il a réussi à rater ses photos. Quoi qu’il en soit, c’est mon premier feu d’artifice urbain, et j’ai trouvé ça particulièrement beau. Voir les explosions au milieu des immeubles, en plusieurs points de la ville, s’était vraiment superbe. Des regrets vis à vis de Sydney ? Oui et non. Quand on voit la température qu’il a fait dimanche après midi, je me dis qu’attendre jusqu’au soir pour voir les feux aurait sûrement été extrêmement pénible.

Notre feu d’artifice a sans doute été un peu plus modeste, mais vraiment très agréable. Avec des trams toute la nuit, et gratuit jusqu’à deux heures du matin, c’était en plus bien agréable pour rentrer. Surtout si l’on rajoute une rencontre tout simplement mémorable !

Jesse avait accepté de nous héberger deux jours de plus suite au changement de plan van. On avait accepté avec grand plaisir, mais on sentait bien qu’on commençait à déranger un peu, ses colocs étant de retour. Ça finissait par faire beaucoup de monde dans la maison. On hésitait entre louer une voiture et quitter la ville deux trois jours, ou se payer deux nuits d’hôtel; un peu tanné d’envoyer des requêtes sur couchsurfing. La solution est arrivée d’elle même alors que le soir du réveillon, nous avons croisé Jérémie, que l’on avait invité à manger chez nous quand on était à Sydney. Celui-ci étant installé en ce moment à Melbourne, il nous a dit qu’il était content de pouvoir héberger à nouveau. On a, à vrai dire, sauter sur l’occasion. Nous voilà donc pour deux jours chez Jérémie. On continue ensuite chez Jason, pour terminer chez Catherine et Daniel. Alors que l’on avait prévu un séjour à Melbourne stable et relaxe, on aura réussi à faire 6 couchsurfers différents en l’espace de 15 jours. Belle performance, non ?

En fait, il y a quand même quelque chose d’extrêmement positif dans tout ça. Oui, je sais, j’ai la manie de toujours voir les conséquences positives des choses négatives 😉 Contrairement à Sydney, où nous sommes arrivés en ne connaissant pas la ville, et en ne connaissant personne, nous avons cette fois fait une exploration préliminaire. On connait un peu les quartiers, on connait mieux la ville, on sait qu’il faut habiter à distance raisonnable du Victoria’s Market (oui, promis, je vous en parle bientôt de lui !). On a un meilleur aperçu des possibilités pour trouver un travail, mais aussi quelques contacts qui nous aideront. Donc en mars, quand nous reviendrons, ce sera le coeur léger, content de retrouver une ville que nous aimons, et des amis qui nous attendent. Et ça, franchement, ça va faire du bien !

Mars ? Oui. Deux mois en Tasmanie, ça paraît pas mal un minimum. Mais bon, la Tasmanie aussi je vous en reparle plus tard.

Une fois de plus donc, et maintenant que la terre entière a fini le passage à 2012, je vous souhaite à tous et à toutes une magnifique année 2012 ! Avec un remerciement sincère à tout les lecteurs et commentateurs du blog 🙂 Je vous promets que je continuerais à l’alimenter régulièrement dans cette année qui vient !

Recherche exorciste de toute urgence

Rendu là, je me pose une question… sommes-nous maudits, ou est-ce que l’air rend les gens en Australie tout sauf fiable ? Il y avait d’abord eut le gars qui voulait reprendre notre appartement, et qui a ensuite changé d’avis. Il y a ensuite eut le van que nous devions conduire de Sydney à Melbourne qui a eut deux heures de retard. Et puis Bob et Catherine, qui nous ont laissé tombé juste avant noël. Puis Natasha, qui nous oubliait devant la porte de sa maison le 24 décembre au soir. Hier, c’était le gars qui devait faire le voyager Melbourne-Sydney avec nous qui changeait d’avis à la dernière minute. Ça commençait à faire un peu trop à notre goût.

Alors j’avoue que quand je me suis présenté à l’agence de location pour récupérer le van qui devait nous amener à Sydney, et que l’on m’a répondu « Sébastien ? Non, aucune réservation à votre nom », j’ai commencé à envisager perdre patience. Le problème, c’est que le gars devant moi n’y était très clairement pour rien. Je ne pouvais pas l’engueuler. Le premier gars que j’ai eut au téléphone à renvoyer la balle rapidement à quelqu’un d’autre avant de racrocher. Puis l’agence avec qui j’avais fait la réservation m’a tout simplement dit qu’ils n’y pouvaient rien. Considérant que ma carte de crédit a été débité pour la réservation et que j’ai une confirmation, je pense que pour l’occasion je vais me renseigner sur les recours juridiques pour obtenir compensation, vu que ça ressemble très fortement à un bris de contrat, ou à un truc du genre. Je vois pas trop ce qu’il est possible de faire, en même temps, ni ce qu’il est possible d’avoir, mais je commence à en avoir un peu marre. Ensuite, comme c’est la compagnie pour qui ont fait aussi une relocation Melbourne-Hobart en janvier, il va falloir vérifier 45 fois que ça n’a pas été annulé.

Bref, tout ça pour dire qu’il nous est évidemment impossible de nous rendre à Sydney pour le feu d’artifice de demain soir, ce qui me frustre quand même pas mal, vu que je ne sais pas si il y aura d’autres occasions. Jesse, avec qui on s’entend super bien et qui est vraiment super sympa, nous a déjà confirmé que l’on pouvait rester ce soir. Sans doute demain aussi. Il n’empêche que l’on va devoir, pour la enième fois, recommencer à changer nos plans à la dernière minute. Ce qui commence à être plus que pénible ! Enfin… demain, si tout se passe bien, on devrait fêter le Nouvel An avec plein de couchsurfers sympathiques de Melbourne. On verra bien !

Le jardin botanique de Melbourne

J’ai déjà exprimé à diverses reprises lors de différentes excursions urbaines, à quel point j’appréciais les grands parcs urbains que l’on trouve en Amérique du Nord et qui, je trouve, manque quand même beaucoup en Europe (enfin dans le petit bout d’Europe que je connais). Ces grands parcs se retrouvent dans les grandes villes australiennes. À Sydney, mais aussi à Melbourne, se sont de magnifiques jardins botaniques, gratuits, et entièrement ouvert au public. De vrais petits lieux de bonheur. Après avoir passé beaucoup de temps à admirer celui de Sydney, il n’était que justice d’aller faire quelques pas dans celui de Melbourne. Mon petit doigt me dit que nous aurons l’occasion d’y retourner, car si Melbourne est un arrêt temporaire pour le moment dans notre programme bien chargé, il est fort probable que nous y ferons un séjour longue durée à notre retour de Tasmanie.

Installer (planter ? construire ? planifier ? ) un jardin botanique, semble être une activité assez prisée en Australie. Il semblerait que l’on en trouve en de très nombreux endroits. Ce qui est assez compréhensible quand on y pense. On a parlé météo avec Bob, un petit peu. On a parlé de l’hiver. Il nous avait dit « ah mais ici, l’hiver il peut faire très froid ». Son insistance sur le « très » m’ayant profondément surpris, j’ai cherché à en savoir plus. « Est-ce qu’il gèle ? ». « Oulala non ! Mais ça descend quand même à 10 degrés ». Oui, forcément, c’est sûr que c’est froid. On se demande bien comment font les australiens pour survivre à des températures pareilles. Ça complète, par contre, une observation que j’avais déjà faite : il n’y a aucun système de chauffage dans les maisons. Aucun radiateur dans l’appartement que nous avions à Sydney. Aucun radiateur dans les divers endroits où nous sommes allés. Chez Bob et Catherine, seule une cheminée à bois permet de réguler la température quand il fait « très froid ». Ce n’est pas un détail qui saute aux yeux, mais quand on fait attention, ça a quand même un petit côté surprenant quand on est habitué à la météo montréalaise…

Pour en revenir à cette histoire de jardin botanique, celui de Melbourne est assez différent de celui de Sydney. Plus de reliefs, un grand lac au milieu, une végétation peut être un peu plus dense et plus variée, mais en même temps des animaux beaucoup plus discrets. Ce qui me paraît d’ailleurs général dans toute la ville. Moins de cris d’oiseaux qui font que l’on se retourne en se demandant ce qui nous arrive et qui est en train de se faire égorger ! Quoi qu’il en soit, on retrouve à Melbourne comme à Sydney des endroits particulièrement magnifiques, où l’on a juste envie de se poser dans l’herbe pour ne rien faire.

 

Résumé des épisodes précédents

Vient un moment où ça devient dur à s’y retrouver ! Aux dernières nouvelles, nous devions quitter Balnnaring le 24. Ça, c’est ce que Catherine nous avait annoncé le 21. Le 22, on avait finalement trouvé une solution qui nous convenait. On passait le 24 en tête à tête à Balnnaring, avant de prendre le train le 25 au matin. On quittait donc un peu plus tôt, rejoignait un événement couchsurfing le 25 dans l’après midi, et tout était simple. C’était jusqu’à ce que, le 22 au soir, Catherine nous annonce que finalement, on devait partir le 24. Si le premier changement de plan a été un peu surprenant, le deuxième a été carrément déstabilisant. Après une longue discussion avec Iris, on a décidé d’essayer de partir dès le 23 si possible, la situation devenant vraiment très bizarre.

On a été vraiment super bien accueilli, et les échanges avec Catherine étaient vraiment sympas. On a eut plusieurs longues discussions, un verre à la main, d’excellents repas ensemble, et à chaque fois que des commentaires extrêmement positifs sur les différents travaux que l’on a fait (un peu de terrassement, beaucoup de ménage, environ quatre heure par jour). Du coup, ce changement de dernière minute a été des plus surprenants. Si l’accueil n’avait pas été aussi agréable, ou si on avait fait n’importe quoi… mais à priori, non. Comme je l’ai dit à Catherine, ce genre de choses est d’autant plus désagréable venant de personne que l’on apprécie. Nous devions en rediscuter le 23 au matin, mais le départ c’est fait dans la précipitation la plus complète, alors que Catherine a reçu des mauvaises nouvelles de sa mère, en Angleterre, et a donc décidé de prendre l’avion le soir même. J’espère quand même réussir à avoir quelques échanges avec elle par email dans les jours qui viennent, histoire de comprendre un peu mieux ce qu’il s’est passé. J’en profite quand même pour vous laisser quelques photos de l’extérieure de la maison.

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Nous avons essayé à deux reprises de voir le koala qui passe par là de temps en temps, mais sans succès malheureusement.