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Le collectionneur de montagnes
Je manque parfois d’un peu d’esprit de réflexion. Par exemple, avoir trouvé un endroit où dormir juste avant d’avoir rejoint la route principale aurait sûrement diminué de beaucoup le bruit des camions pendant la nuit. Mais bon, c’est loin d’être aussi pire que le train de la veille, et j’arriverais quand même à bien dormir. Et puis on se réveille sous un magnifique ciel bleu, qui nous rend extrêmement enthousiastes !
On verra le ciel bleu pendant une dizaine de minutes environ, avant de se retrouver plonger dans le brouillard. Un panneau annonce qu’il y a un incendie contrôlé dans les environs. C’est donc un mélange de brouillard et de fumée, et qui nous accompagnera pendant un bon moment. La route est belle, mais on en perd beaucoup !
Le brouillard décide de se lever un peu après, juste avant que l’on arrive à Warm Spring. Les nuages, eux, restent pour le moment. C’est pas grave, au moins, on a récupéré la visibilité qui permet d’admirer la vallée/gorge dans laquelle on descend soudainement.
On quitte à nouveau la route principale, pour en prendre une plus petite, plus tortueuse, et beaucoup plus belle, qui nous fait longer le lac de Simtustus. C’est un lac de barrage, mais ça n’enlève en rien à la beauté des lieux et de la route.
Lieu idéal pour faire un panoramique :
La route nous propose un peu après un petit détour pour aller à un parc qui offre une vue des environs. On arrivera finalement à un parc fermé, mais faire le tour de la barrière permet quand même de profiter des lieux.
Et de faire un autre panoramique :
On roule encore un peu, direction « les palissades ». Évidemment, quand on voit le genre de décor dans lequel on se promène, on sait un peu à quoi s’attendre. Même sans effet de surprise, c’est grandiose !
La bonne nouvelle, c’est que le gars qui fait des panoramiques ne se lasse pas :
L’autre bonne nouvelle, c’est que le ciel se dégage tranquillement pas vite, et que l’ami Hood en profite pour passer dire un autre coucou.
C’est assez impressionnant de voir cette immense barrière puis, un peu plus loin, cette montagne magnifique ! Du coin de l’oeil, à un moment, il m’a semblé en voir apparaître un autre de sommet enneigé. J’en aurais confirmation un peu plus loin, alors que l’on s’arrête au pont de la rivière Crook. Ce qui est amusant, c’est que juste avant le pont, un panneau indique le point d’observation, mais on n’était pas plus inspiré que ça. Sauf qu’au moment de passer le pont, et de découvrir que la rivière, en fait, elle est cent mètres plus bas, on a soudainement changé d’avis !
En fait, il y a trois ponts. L’ancien pont routier, qui est devenu un pont juste pour les piétons, à la construction du nouveau pont en 2000, et le pont de chemin de fer. Tout ça sur fond de montagnes.
Ça prend un mini ajustement dans photoshop, au niveau des montagnes, pour compenser ce que l’oeil voyait, mais que l’appareil photo a perdu. Une fois l’ajustement fait, on apprécie mieux (c’est aussi un panoramique, donc vous pouvez cliquer dessus pour voir encore mieux).
Et si vous décidez de faire quelque chose qui n’est peut être pas tout à fait autoriser (mais en même temps pas interdit) comme par exemple monter sur les rails du chemin de fer pour avoir une meilleure vous, vous aurez, en effet, une meilleure vue :
Et pour compléter, en vrac, les différents éléments du paysage environnant :
Finalement, on ne regrette pas vraiment la pause. La route nous amène juste après dans la ville de Redmond, où l’on fait une grosse pause épicerie dans un Fred Meyers. Oui, je continue à faire de la pub pour leurs tarifs horriblement pas chers, mais très agréable quand on est en voyage ! Ajoutez qu’il n’y a pas de taxes de vente en Oregon (TPS-TVQ au Québec, TVA en France), et on s’en sort avec une énorme épicerie pour un prix relativement raisonnable !
On arrive à Bend juste après. L’idée de base était de simplement traverser, sans s’arrêter, mais je vois cette petite butte, qui m’intrigue beaucoup. Et puis je vois le petit mouvement sur la butte, qui me confirme qu’il y a une route qui monte. C’est fait un peu au hasard, et c’est pas la route direct, mais on arrive au sommet de la butte, d’où l’on peut observer dans l’ordre : Le Mont Bacherlor (première photo), Brocken Top, South Sister et North Sister (deuxième photo), Mont Hood (troisième photo) et Mont Adams (quatrième photo).
Au sommet de la butte, une très gentille madame vient nous parler. Comme bien souvent, c’est la plaque « Québec » qui attire les gens, impressionnés de nous voir si loin de la maison. Elle nous souhaite la bienvenue en Oregon, ainsi qu’un voyage sécuritaire. On la remercie pour tout ses sourires et tout ses souhaits.
Le ciel s’est dégagé complètement, mais le soleil se couche tranquillement. On quitte Bend, et on reprend la route du sud. On tourne à gauche sur la 31, une quarantaine de kilomètres avant de rejoindre la route que j’avais prise, il y a un peu plus de deux mois !!! pour aller à Burning Man. Quarante kilomètres, ce n’est pas beaucoup. Je reconnais le style de paysage avec pas mal d’émotion.
Je vérifie sur la carte : repasser par Black Rock Desert ne serait pas un très gros détour. Le choix est déchirant : découvrir une partie de la 395 que je ne connais pas, ou repasser par Black Rock Desert… ça ne va pas être facile de se décider… par contre, on a reçu des nouvelles de Jane, qui finalement ne pourra pas aller aux Hot Springs. Après une petite hésitation, on a décidé d’y aller quand même. Le détour n’est pas si gros, et nous emmène dans des paysages magnifiques alors…
Une fois de plus, on est dans une National Forest. C’est d’ailleurs plus ou moins les National Forest qui vont rythmer nos journées je pense… c’est quand même bien pratique et bien simple côté hébergement ! La 31 est définitivement très calme comme route, mais juste pour être sûr, on prend un chemin qui s’éloigne encore pas mal dans les bois. Ce soir, on sera vraiment bien tranquille. Et on se boit une petite bière, la « Winter HumBug’r » de la brasserie Mc Tarnahan’s à Portland. Une « holliday porter » bien sympathique, quoi qu’un peu trop légère à mon goût. Les américains ont, semble-t’il, tendance à être trop timide avec leurs bières !
On complète notre petite soirée bien tranquille avec quelques beignes (dans le sens beignets, ne mélangeons pas !), du baileys et un peu de nutella, parce que c’est bon ! On expérimente aussi pour la première fois le duo didgeridoo + flûte. Un mix bien intéressant !
La route jusqu’à Bend… ou presque
En fait, si on y pense, c’était logique : il y a quatre ports principaux sur la côte ouest. Seattle et San Francisco étant les deux plus grands, suivis de Los Angeles et Portland. Qui dit grand port dit transport de marchandises, et dit, par conséquent, trains. Et les trains après ça, ils vont dans l’est, évidemment. En remontant le fleuve Columbia, vu que c’est le principal couloir au départ de Portland. Alors évidemment, loin de l’autoroute, on n’entend quasiment pas les voitures. Par contre, je peux confirmer qu’il passe un train aux 15-20 minutes environ. Sauf, peut être, entre une heure et trois heures du matin, où je pense qu’ils ont fait une pause. Mauvais pour le sommeil ; bon pour l’environnement. C’est toujours ça ! Mais si après ça on rajoute un cauchemar lors de l’un des rares moments où j’ai réussi à m’endormir, ça fait qu’au lieu de rattraper mon sommeil en retard, je cumule un peu la fatigue. Enfin, j’imagine que je survivrais quand même !
Le programme de début de journée est donc déjà connu, puisqu’on a fait du repérage de cascades la veille. En fait, la grande surprise de la matinée, sera le nombre impressionnant de magnifiques chutes dans les environs.
On commencera par une très sympathique, dont j’ai malheureusement oublié le nom. La petite promenade jusqu’au magnifique petit pont est parfaite pour se réveiller !
Juste après, ce sont les chutes Multnomah qui nous attendent. Elles, elles sont un peu à part. Parce qu’elles font quand même 200 mètres de haut, en deux plongeons (185 pour le premier, 15 pour le deuxième). Sauf erreur, ça en fait les deuxièmes plus hautes chutes aux États Unis (mais ça reste à vérifier, j’ai un doute). Ça en fait, ça c’est sûr, les plus hautes en Oregon. Et il est très clair que le magnifique petit pont qui enjambe les chutes basses contribuent à faire de Multnomah l’une des plus belles chutes que j’ai eut la chance de voir jusqu’à présent.
On poussera même l’audace à prendre la balade qui nous amènera au sommet des chutes. Je laisse à un expert en mathématique le soin de calculer le dénivelé impliqué par une telle promenade.
En théorie, c’était les deux seules cascades prévues aujourd’hui, mais une pause cartes postales au magasin de souvenirs nous indique qu’il en reste encore au moins une autre : « Horsetail Falls ». Le sentier pour la voir implique une petite marche à pied des plus raisonnables, que l’on fera avec grand plaisir. Pourtant, je suis perplexe quand on arrive aux chutes. Elles ne ressemblent pas à ce que je pensais, et je pensais à quelque chose de plus grand. Étrange…
Une dame qui passe à ce moment là nous confirme que ce ne sont pas les chutes principales. Il ne s’agit là que d’un petit torrent. Il nous faut continuer encore un peu. On ne regrette d’autant moins que juste après le chemin nous offre un panoramique magnifique sur les gorges et le fleuve
Je comprends, en voyant le visage de Danielle après avoir fait mes photos, qu’elle a le vertige elle aussi. Note pour plus tard : s’approcher un peu moins du bord.
Et puis finalement, un dernier petit virage, et la cascade est là. Chutes de la queue de cheval ? On peut dire que le nom convient plutôt bien ! La chose est suffisamment rare pour être noter : on peut même passer en arrière des chutes !
Et depuis en arrière, en version panoramique, ça ressemble à ça :
On revient à la voiture, bien content d’avoir bien marché et d’avoir vu deux autres jolies chutes. On fera un dernier petit détour avant de reprendre le volant, pour jeter un oeil à l’ancien tunnel, et à des mini gorges (creusées par le torrent qui alimente la première chute).
Un lecteur un peu curieux se fera sans doute la même réflexion que nous : nous avons vu Horsetail Falls juste après un magnifique point de vue sur les gorges. Et nous étions alors au pied des chutes. Mais il faut bien que le torrent continue à descendre jusqu’au fleuve, non ? En effet… c’est pour ça que nous croisons, juste après, Horsetail Falls 2, le retour :
Il est 15h. Nous avons roulé une dizaine de kilomètres environ. Oui, cet enchaînement de cascades et sur une aussi petite distance. En fait, il y en a quelques autres, encore, que nous n’avons pas vues, car elles nécessitaient randonnées un peu plus longues. En fait, il y a un certains nombre de sentier de randonnées extrêmement inspirants dans les environs. Oui, bien sûr, je rajoute dans la liste des « il faut que je revienne un jour ».
On se dit qu’on est déjà pas mal en retard sur les prévisions initiales, et que ça serait bien de rouler un peu. C’était sans compter le barrage juste après ; il semblerait qu’on puisse le visiter, ou au moins y jeter un coup d’oeil. Par curiosité, on va voir. En fait, il y a un petit centre d’informations, moyennement intéressant, d’où l’on peut voir les saumons remonter l’échelle à saumons du barrage. Sauf qu’en cette saison, la plupart des saumons sont déjà rentrés à la maison. Alors au final, on ne verra pas grand chose.
La route le long du fleuve continue à être magnifique, mais on ne s’arrêtera qu’une dernière fois, avant de tourner à droite, en direction du sud, et de la vallée de la Hood River.
Hood River, comme le Mont Hood, qui réapparaît soudainement dans le paysage dans toute sa majesté.
La vallée de la Hood semble bénéficier d’un micro climat plutôt avantageux. Les vergers succèdent aux vergers. Il y a des kiosques de fruits un peu partout. D’ailleurs, on en profite même pour s’arrêter à l’un deux. Une vingtaine de variété de pommes différentes, du miel, de la confiture, et autres spécialités du pays, ainsi que du cidre de pommes, et du cidre de poires. Très bel étalage ! Ce n’est qu’au moment de payer que j’ai confirmation de l’impression que j’avais depuis le début. Il n’y a personne. Juste une petite boîte avec un petit mot « payer ici ». Bon, bin on paie ici alors ! 4 livres de pommes à 99 sous la livre, on laisse un billet de 5 dollars, et on prend deux autres pommes pour la route. Elles sont délicieuses !
Dans le rétroviseur (première photo) c’est le Mont Rainier, qui est apparu en même temps que le Mont Hood pour nous saluer. Lui étant en arrière, les photos sont un peu plus délicate. Mais du haut de ces 14 et quelques milles pieds, il est pas mal très impressionnant aussi !
On rencontre la neige juste après. Juste sur le bord de la route. C’est de la belle neige toute neuve, d’il y a seulement quelques jours sans doute. La température a refroidi. Heureusement, la route est parfaitement dégagée. Parce que je n’ai pas de pneus neiges moi. Je suis parti de Montréal en juillet, j’avais pas vraiment prévu cette option à ce moment là. Les pneus neiges sont bien au chaud à l’appartement… on décide donc de continuer encore un tout petit peu la route, histoire de redescendre un peu, et de regagner quelques degrés. On s’arrêtera quand on rejoindra la route principale Portland-Bend. On est seulement à 100 kilomètres de Portland… on a juste 200 kilomètres de retard sur ce que l’on avait prévu, mais c’est pas vraiment grave pour le moment. Ça peut se rattraper sans trop de soucis.
Comme on est dans une National Forest, pour de vrai de vrai cette fois, on trouve un petit chemin et on s’installe dans un endroit tranquille pour manger nos pattes au fromage. Non sans avoir profité, juste avant, de la combinaison parfaite « montagne enneigée + couché de soleil ».
La route jusqu’à Astoria, deuxième prise
Il fait relativement froid la nuit, surtout quand le chauffage refuse à nouveau de marcher. Un jour, peut être, je comprendrais. Des fois il veut, des fois il veut pas. C’est pénible quand il ne veut pas… et puis j’ai aussi eut pas mal de difficultés à m’endormir. Encore une fois, sans trop savoir pourquoi.
Par contre, il semblerait que le chef de l’Oregon lise mon blog, et qu’il soit très concerné par ma façon de voir la météo dans les environs. Il a donc décidé d’agir, afin de me permettre d’apprécier au mieux mes derniers jours sur la côte ouest. C’est donc un magnifique soleil et un grand ciel bleu qui nous attende ce matin ! Et comme on a tout notre temps, comme on est là pour apprécier, pour se reposer, pour admirer, et comme Danielle aime découvrir l’océan, on passe un long moment, simplement à marcher sur la plage. Et Danielle, à courir avec les vagues. Occasion aussi, pour moi, de prendre quelques photos de la demoiselle, tiens !
La marée est un peu plus basse que quand je suis venu la première fois, ce qui nous permet d’aller explorer la plage un peu plus loin, en contournant les magnifiques rochers qui avancent jusque dans la mer. Côté sud :
Évidemment, la mer est toujours pleine de surprises, et les vagues également. Malgré une programmation qui semblait parfaite, et une course efficace contre l’eau, on se fera mouiller les pieds une ou deux fois. On devra aussi prendre refuge sur un rocher. La bonne nouvelle, qui nous console un peu -bon, d’accord, qui nous fait mourir de rire- c’est que nous ne sommes pas les seuls à être pris au piège.
Oui oui, vous l’avez bien vu, c’est bien un vélo. Nous aussi, on se demande ce qu’il faisait ici !
Et puis bien heureux, bien content, on envisage de rentrer au van, quand je suis mu par une inspiration subite. Et si on faisait la même chose, côté nord de la plage ? Beaucoup plus délicat de ce côté, car sans le moindre caillou pour jouer à chat perché !
On y arrive quand même, non sans se remouiller encore les pieds ! Mais on découvre, avec stupeur, que ça valait la peine de se mouiller les pieds. C’est donc là qu’elle se cache la cascade que je n’avais pas trouvée la première fois. Elle est toute petite, mais je la trouve magnifique !
Tiens, ça vaut bien un petit panoramique ça, non ?
On est tout heureux d’avoir trouvé ce petit mini bout de paradis. J’aurais presque envie de passer la journée ici tiens. Mais non. Pas cette fois. On doit encore voir un phare !
On reprend donc la route tranquillement. Un petit retour en arrière d’une dizaine de kilomètres, pour montrer à Danielle un morceau de paysage qu’elle n’a pas vu la veille, mais que mes lecteurs assidus reconnaîtront sans peine. N’est ce pas ?
On s’arrête une autre fois, quelques kilomètres plus loin, à Canon Beach. Je ne me rappelle plus très bien pourquoi je l’avais passé rapidement celle-ci la première fois, mais du coup, je suis bien content de prendre le temps d’admirer un peu le gros cailloux très célèbre (paraît-il) que l’on y trouve. Et puis marcher sur la plage, ça reste quand même super agréable ! Surtout que même si c’est une ville de bord de mer, ça reste joli. On n’est pas dans un contexte de cubes en béton s’étirant sur des millions de kilomètres.
À vrai dire, la côte ouest est surprenament restée très sauvage. Il y a énormément de parcs protégés, de zones inaccessibles ou, au contraire, de zones publiques. Il y a, en arrière de tout ça, un certains nombre de visionnaires, et de personnalités qui semblent toutes très intéressantes. J’ai déjà évoqué John Muyr à quelques reprises ; lui, c’était plutôt la Californie. En Oregon, il semblerait que l’un des actifs défenseurs des zones naturelles soit Oswald West. Il fait parti de ces gens qui, dégoûtés par un système politique corrompu, ont décidé de tenter leur change par eux même. C’était en 1910. Certaines choses ne changent pas. Il est finalement élu gouverneur de l’Oregon, et passera notamment une loi, en 1913, stimulant que « toutes les terres, situées entre la marée haute et la marée basse appartiennent au domaine publique. D’un certains point de vue, ça n’est pas grand chose. D’un autre, ça veut dire que toutes les plages, en Oregon, sont publiques. Intéressant, non ? Il semble avoir fait pas mal d’autres choses du même acabit, mais les panneaux sur les bords des routes manquent un peu de détails sur la question malheureusement.
On commence à avoir faim au moment de quitter la plage. On roule donc un peu, avant de s’arrêter à nouveau. Je sais pas vous, mais moi, cuisiner en musique (oui, même si c’est juste des pattes au fromage faut quand même cuisiner !) j’aime ça.
On prend ça tranquille ; je suis fatigué un peu, alors je lis un tit peu tranquille, pour me reposer. Je resterais bien là, mais y a des maisons un peu tout autour, donc c’est pas très discret pour passer la nuit incognito. On reprend donc la route une dernière fois. Un peu au hasard. En fait, en regardant la carte, je remarque qu’il y a une belle petite pointe de terre à l’embouchure du Columbia. Et il y a aussi un parc. Sans doute un endroit où on pourra dormir tranquillement… en tout cas, on s’essaie. On arrive sur un grand parking, quasiment désert, juste à temps pour le coucher de soleil. Les vagues sur la digue sont magnifiques, alors bien évidemment, j’en profite.
La fin de soirée se passe tranquillement dans le van, à lire, discuter, mettre le blog à jour. Rien que du classique donc. On hésitait entre rentrer sur Portland aujourd’hui ou demain, la décision s’est prise par elle même. Ça sera demain en début-milieu d’après midi, histoire d’avoir le temps de se préparer pour aller au party halloween de la communauté couchsurfing de Portland.
Et puis c’est pas tout ça. Mais moi, je suis sur le bord de l’océan, avec un grand ciel pas de nuage. C’est, en théorie (notez comme il est de plus en plus prudent le jeune homme !) ma dernière nuit sur le bord de l’océan. Le fait que le ciel soit parfaitement dégagé est un signe, je pense.
Un dimanche bien au chaud
On ne se réveillera pas beaucoup plus tard. Mais bon, j’ai dormi un peu quand même, et je suis assez en forme. Danielle me confirme qu’elle aime le confort du Pourquoi Pas ?, et qu’elle n’a pas changé d’idée par rapport à la veille. Quelques jours sur la route, ça lui plaît bien.
Je pensais rester jusqu’à la fin de l’événement, mais le lendemain matin, les lieux sont encore plus calmes. On fait un dernier petit tour ; j’aime ce côté lendemain de veille, que je trouve très amusant. Je suis surpris, également, par la propreté des lieux. À San Francisco, c’était un bordel monstre, avec des tas de cochonneries partout. Ici, tout est plutôt propre, et ça fait plaisir à voir.
Il y a bien un DJ esseulé qui continue à faire jouer de la musique, et plein d’énergie comme nous sommes, on dansera une dizaine de minutes, mais après concertation, on finira par aller faire une petite marche sur le bord de l’eau.
Danielle m’avait prévenu que c’était joli, et je suis assez d’accord avec elle. Mais avec la pluie et les nuages et le vent et le froid, c’est un peu décourageant, et on fait rapidement demi tour.
On décide de prendre l’option consistant à aller au chaud chez Danielle, et de jouer de la musique. Et puis il commence à faire faim ; j’ai une envie de crêpes ; envie qu’elle partage. En route, donc.
La première chose que je constate, en rentrant dans l’appartement de Danielle (après une pause des plus intéressantes/importantes à l’épicerie) c’est le magnifique piano dans le salon. Je suis prévenu, déjà, il est désaccordé, mais c’est pas grave. La colloc de Danielle arrive à peu prêt en même temps que nous. Les crêpes l’interpellent bien aussi, et je me mets donc au fourneau. Un vrai petit régal qui fait du bien. J’étais en manque de crêpes depuis un moment ; en manque de fromages également. Ça va mieux. Jambon + Brie, Oeuf + Fromage + Jambon, Poire + Chèvre + Miel, Banane + Chocolat. La vie est belle !
Et la fin de journée est tout simplement magnifique. J’écoute Danielle chanter et jouer de la guitare. Danielle m’écoute chanter et jouer du piano. J’écoute Danielle chanter et jouer de l’accordéon. Danielle m’écoute jouer de la flûte. Je l’écoute jouer du piano. Et puis finalement, on commence à mélanger. Piano et djembé, djembé et didgeridoo, guitare et flûte, piano et piano. C’est un vrai bonheur. On se comprend et on se complète. Je n’ai pas l’habitude du tout de jouer avec d’autres gens, mais avec Danielle, ça se passe sans problème, et les résultats sont des plus intéressants !
Je reçois en début de soirée un message de Jane. Elle a eut la bonne idée de se renseigner pour les sources chaudes. Juste jeter un oeil sur le site internet. Ça lui a permis d’apprendre qu’elles étaient fermées jusqu’à nouvel ordre. J’en discute un peu avec elle. Dans ce contexte, il n’y a plus vraiment de raison d’aller là bas spécifiquement. Je ne reverrais donc pas le bus école, Tassa et Mowgly. En tout cas, pas cette fois. Je ne vois pas l’intérêt d’aller là bas si les sources sont fermées : j’imagine qu’ils ne resteront pas en découvrant ça. On commence donc à essayer d’établir de nouveaux plans avec Jane. On verra où tout cela nous mènera !
Fin de soirée oblige, il recommence à faire faim. Rien de tel que des crêpes aux bananes flambées pour finir une journée en beauté !
À la découverte de la « rain forest »
Je serais réveillé une fois de plus, c’est vraiment une habitude !, par une voiture qui se promène sur le terrain de camping, et qui s’arrête pas loin. J’ai l’impression qu’une fois de plus je vais devoir expliquer pourquoi je n’ai pas payer… et puis non. Finalement, la voiture repart. Pourtant, c’était bien des responsables du camping : les toilettes ont été nettoyées depuis la veille. Peut être qu’ils ne gèrent pas les paiements, peut être que ça ne les intéresse pas, je n’en ai aucune idée, en fait, et c’est très bien comme ça.
Je dois passer la journée dans une des régions les plus pluvieuses (la plus pluvieuse ?) des États Unis, et le ciel gris me confirme que le programme météo semble bien fixé. Le lac, au réveil, est pas mal semblable à la veille :
Je reprends ensuite la route vers le nord. Si la 101 longe la côte du nord de la Californie jusqu’au sud de Washington, dans le nord, l’océan disparaît de plus en plus souvent, et la route passe plutôt dans la forêt, comme ne le montre pas les photos.
Ni ce panoramique.
Je ne sais pas vraiment ce qui m’attend. Je n’ai aucune documentation sur la région, j’ai juste envie de suivre la 101, et de faire la boucle complète. Cette idée d’avoir remontée quasiment toute la côte ouest me plaît énormément. Tiens, d’ailleurs, en passant, 101 ça se prononce « one O one ». Je fais juste suivre les panneaux. Comme celui, par exemple, qui annonce un gros arbre. À peu prêt impossible à photographier, je fais quand même de mon mieux, parce que c’est tout simplement une merveille.
Et puis rebelotte, un peu plus loin. Il est différent. Il revendique aussi le titre de « plus haut cèdre rouge du monde ». Un peu mal en point, mais toujours en vie. Et impressionnant à nouveau, encore dans un autre style.
Mais la région est surtout connue pour ses forêts pluvieuses ( « rain forest »). Il y en a trois principales dans le Parc National du Mont Olympe. Je m’arrêterais à celle qui semble la plus connue, la « Hoh Valley ». Comme le nom l’indique, la caractéristique principale d’une « rain forest » c’est d’être pluvieux. Dans la vallée de la Hoh, les précipitations annuelles moyennes sont de 360 centimètres. Oui, il tombe 3,6 m de pluie par an. Je vous laisse imaginer ! L’image classique de ce genre d’endroit, ce sont les arbres recouverts de mousses. Des endroits complètement verts, sans aucune autre couleur. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le deuxième nom de l’État de Washington c’est « Evergreen States ». Evergreen, ça désigne les arbres qui ne perdent jamais leurs feuilles. Mais ça veut aussi dire « toujours vert », évidemment. Et quand on se promène dans la forêt pluvieuse de la vallée de la Hoh, on comprend assez bien. Si des arbres, en général, c’est pas facile à photographier, des arbres couverts de mousse, dans un ciel parfois gris, parfois bleu, en contre jour, ou pas, c’est comme une prise de tête pas possible. J’ai fait de mon mieux, mais les photos sont loin de rendre hommage à la magnificence du paysage. Elles ne rendent pas non plus cet atmosphère lourd en humidité, mais pas insupportable ou oppressant. Il n’y a pas le chant des grenouilles, l’odeur de mousse humide. Il n’y a pas cette impression de paix, qui est encore différente de celle ressenti sous les séquoïa géants. En roulant sur l’avenue des géants, j’étais entouré de sagesse, de sérénité. J’étais écrasé par la magnificence des arbres, et le calme était un calme imposant. Ici, la vie semble tout simplement au ralenti. Au rythme de l’eau, au rythme des goûtes de pluie, et des éclaircies dans les nuages.
Et non, même les cabines de téléphone n’échappent pas à la mousse omniprésente !
En fait, j’apprends une information qui me plaît beaucoup. J’étais persuadé que cette mousse était une mousse parasite, genre de lichen qui fait grandir des racines dans l’arbre, s’abreuve de la sève, et le tue petit à petit. En fait, non. L’air ici est tellement humide, tellement riche, que ces plantes sont des plantes aériennes. Elles n’ont pas besoin de racines. Elles puisent les nutriments directement dans l’air ambiant ! Évidemment, beaucoup d’arbres finissent par mourir, mais c’est parce qu’ils sont étouffés. Pas parce qu’ils sont vampirisé. Certes, du point de vue de l’arbre, le résultat est le même, et pas nécessairement positif, mais je trouve ça fascinant quand même !
Astoria
Il est temps, je pense, de faire une petite parenthèse historique.
En 1803, le président Jefferson rachète la Louisiane à la France. À l’époque, la Louisiane, c’est pas juste l’état autour de la Nouvelle Orléans. C’est probablement un peu plus du tiers des États Unis aujourd’hui (hors Alaska). Ça va de la Nouvelle Orléans au sud est jusqu’à la frontière canadienne, dans les Rocheuses, au nord ouest. La mini carte, en haut à droite de la photo, permet de bien se rendre compte :
Jefferson a demandé au capitaine Lewis de mener une expédition pour trouver un nouveau chemin jusqu’au Pacifique suite à ce récent achat. Lewis a demandé à son ami Clark de l’accompagner. L’expédition regroupait une quarantaine d’hommes (essentiellement des soldats) dont la mission, en plus de trouver une route jusqu’à l’océan, était de cartographier le plus possible les lieux, repérer les ressources naturelles, et établir des contacts avec les autochtones. L’expédition a quitté Saint Louis le 14 mai 1804, et a suivi le tracé que l’on repère assez facilement sur la carte. Ils sont arrivés à l’embouchure de la rivière Columbia le 7 novembre 1805 (avec une pause pour l’hiver dans le Dakota du Nord). Ils ont fondé un certains nombre de forts sur leur route, le tout dernier étant par la suite devenu la ville d’Astoria, qui se mérite le titre de plus ancienne ville à l’ouest des rocheuses. Évidemment, on trouve des marques historiques du passage de l’expédition un peu partout. Et tout aussi évidemment, une fois rendus au bout, ils ont fait demi tour, en partant le 23 mars 1806, pour arriver le 23 septembre de la même année. Toujours sur la carte, on peut voir deux tracés plus léger. Ce sont des explorations faîtes sur le chemin du retour.
Je n’ai toujours pas commencé de lire le journal de l’expédition, mais j’imagine que ça se fera un jour ou l’autre. En fait, je préfère avoir fait le tour des environs, pour que les noms me disent déjà de quoi. J’ai l’impression que ça sera un peu plus inspirant et plus parlant dans ce sens là.
La ville d’Astoria, donc, se retrouve pas très loin de l’embouchure de la rivière Columbia. Je devrais évidemment dire le fleuve Columbia, mais l’anglais ne distingue pas « fleuve » et « rivière », ce qui est bien dommage. Le fleuve Columbia est le plus grand fleuve de la côte ouest. Et c’est vrai qu’au niveau d’Astoria, il est pas mal impressionnant.
Le pont qui relie l’Oregon à l’État de Washington a été construit entre 1962 et 1966. C’était le dernier tronçon inachevé de la route 101, qui longe toute la côte ouest, du Canada jusqu’au Mexique. Cette même route 101 que, dans l’ensemble, je suis depuis un moment maintenant. C’est le plus long pont à trois sections continues au monde.
La ville d’Astoria, de son côté, est très jolie et bien sympathique. Le bord de l’eau a été réaménagé pour permettre la circulation d’un vieux tramway, qui ne roule malheureusement que la fin de semaine. Dommage, parce qu’à 2$ l’accès quotidien illimité, je me serais sûrement fait une petite promenade, juste pour le plaisir. Peut être une prochaine fois ! Alors à la place, je me contente de me promener plus ou moins au hasard des rues.
Si ça peut vous rassurer, moi aussi j’essaie de comprendre pourquoi la prison du conté et le musée du film d’Asturia sont un seul et unique bâtiment (7e photo). Peut être que je trouverais la réponse un jour !
Si le centre ville est sur le bord du fleuve, la ville est construit sur le flanc d’une colline, selon le même principe que San Francisco : les rues sont droites, raides, et intenses. Tout en haut de la colline, il y a « la colonne d’Astoria ». Une construction qui n’est pas la plus haute du monde, certes, mais probablement l’une des moins chères à visiter (1$ à payer à l’accueil quand celui-ci est ouvert). 164 marches pour une magnifique vue à 360 degrés des environs.
Entièrement rénovée il y a quelques années, des fresques ont été peintes tout autour pour rendre hommage à l’histoire des lieux. De loin, ça donne l’impression que la tour est toute rouillée, et c’est un peu bizarre. Mais de prêt, c’est très beau !
Bon, d’accord. D’en haut, c’est encore plus beau !
Commençons par « plus ou moins le nord » avec, tout simplement, le fleuve Columbia. On devine le pont à droite, la ville au milieu, et des bateaux qui font la file pour aller plus loin. Portland ? Sans doute.
Si on tourne vers la droite, ça nous amène vers l’est et le sud sur qui je n’ai pas grand chose à dire.
On peut ensuite compléter le 360, afin de voir ce que l’on peut de l’ouest, et avoir confirmation que le temps est toujours magnifique par ici !
Avec tout ça, moi, je ne suis toujours pas décidé sur mes plans pour la suite. Le soleil va bientôt se coucher, ce qui veut dire qu’il ne me reste pas longtemps à rouler. Je pensais arriver à Portland vendredi en fin de journée, mais je n’ai toujours pas de nouvelles de Alex (le fils de Sarah) ; j’ai envoyé une demande de couchsurfing à une couchsurfeuse que j’avais contacté à une autre occasion, je viens d’avoir la réponse. Elle n’est pas disponible. L’événement de décompression Burning Man, c’est de samedi 15 heures à dimanche 15 heures. Puisque je n’ai personne pour m’héberger le vendredi soir, je réalise que je peux très bien arriver à Portland le samedi en début d’après midi. Ça me laisse une journée complète en plus avant de rebrousser chemin. Les hésitations s’envolent donc. Je continuerais ma route jusqu’à Port Angeles, au bout de la route 101, et m’offrirais donc toute la côte de Washington en plus. À un rythme légèrement plus rapide, mais qui devrait rester raisonnable quand même. Port Angeles ; le nom ne laissera pas indifférent les amateurs de la saga Twilight. C’est là où Bella achète son livre sur les vampires, ainsi que sa robe de finissante. Oui, finalement je vais aussi me faire ma petite visite ridicule au pays de Twilight. Je trouve ça amusant, bon !
Donc ça implique de traverser le pont, ce qui, accessoirement, me plaît bien aussi comme projet.
Arrivée de l’autre côté, mon premier plan était de me rendre au parc du cap « disapointment ». Il y a là bas un camping, et j’envisageais même de payer. Quand j’ai découvert, en y arrivant, que c’était 21 $, ça m’a un peu refroidit, mais je me suis que pour une fois, éventuellement… et puis je suis allé me chercher un emplacement, et j’ai vu tout ces campings cars gigantesques, et tout ces gens, dedans, en train de regarder leurs petites télés. Ou bien les deux voisins, qui font chacun leur feu de camp, mais qui ne se parlent pas. Ça m’a fait passer l’envie. J’ai fait demi tour, et je suis revenu dans la petite ville de Ilwaco, un peu avant. J’ai décidé que cette nuit je testais les capacités de caméléon du Pourquoi Pas ? ! Passera-t’il inaperçu garé dans une rue parmi d’autres voitures, c’est la question que je me demande. Je m’imagine une voix à l’accent marseillais me sortir à 2 heures du matin « police municipale, papier du véhicule s’il vous plaît ». Bon, évidemment, les chances que je tombe sur un policier marseillais récemment muté sur la côte ouest sont relativement faibles. Mais… qui sait !
La route jusqu’à Astoria
– Toc toc toc ! Park Ranger !
Oups…
Bon, en même temps elles sont très sympathiques ces deux madames, et si je m’excuse d’avoir dormi là où je n’avais pas le droit, j’ai l’impression qu’elles s’excusent encore plus de me demander de quitter l’endroit où je suis. Je leur promets donc de partir très rapidement, et en effet, deux minutes après, le Pourquoi Pas ? est sur la route. En même temps, il est 8h30, c’est une heure parfaite pour se faire réveiller. Je n’irais quand même pas jusqu’à les remercier… je me demande comment elles le prendraient !
Je reviens donc deux kilomètres en arrière, à « Anderson Viewpoint » histoire d’avoir un petit point de vue matinale sur les environs. Les deux hollandaises d’hier disaient qu’ils annonçaient un temps couvert et de la pluie pour aujourd’hui. Elles peuvent commencer à regarder une autre chaîne météo !
Ensuite, et bien je reprends une fois de plus la route, qui me fait aller de plus en plus vers le nord, sans que ça paraisse nullement au niveau des températures ou de la météo. Avec tout ça, j’ai oublié de préciser que j’ai franchit le 45e parallèle hier en milieu d’après midi.
Dans mon livre à moi, un phare c’est comme une valeur sûre de paysage magnifique et donc, en règle générale, je m’arrête quand il y en a un d’annoncé. Et comme à chaque fois, je ne regrette absolument pas. Celui de Cape Meares, même s’il est le plus petit de l’Oregon, est situé dans un endroit tout simplement superbe. Les falaises tombent dans une mer avec des vagues magnifiques, et la brume ne s’est pas encore tout à fait levée. C’est juste parfait.
À Cape Meares, on trouve aussi « Octopus Tree ». Personne ne sait si c’est naturel, ou si des indiens lui aurait forcé un peu la main. Moi je le trouve bien joli cet arbre pas de tronc (de la famille des Sitka Spruce).
Bref, l’endroit me plaît tellement beaucoup que même s’il est seulement 10h30, je décide de faire mon petit déjeuner. Ou mon repas de midi. À moins que ce soit un brunch. En même temps, sandwich de Cornedbeef, en brunch, c’est un peu décevant… Après, il n’est pas si pire que ça mon Cornedbeef. Et puis manger avec un paysage comme ça devant soit, comment dire…
Peu de temps après, la route rejoint l’estuaire de la rivière Tillamook qui, si j’ai bien compris, se la joue aussi « baie » en même temps. Ce que la quatrième photo montre (un peu) c’est que l’endroit semble extrêmement populaire au niveau des pêcheurs. C’est assez impressionnant, à vrai dire, de voir tout ces bateaux, les uns sur les autres (ça paraît un peu moins sur la photo que j’ai prise, dans un endroit moins peuplé, que dans la réalité).
Et tout cela nous amène dans la magnifique ville de Tillamook, où je retrouve la 101 (que j’avais quittée pour prendre l’itinéraire touristique le long de la côte). Tillamook, je lis le nom depuis un bon moment. Parce qu’à Tillamook, il y a une fromagerie, et ils font aussi de la crème glacée qui voyage pas mal en Oregon à ce que j’ai compris. Ma première pause sera pourtant à une autre fromagerie. Celle de « blue heron ». Quelques fromages en dégustation. Du brie. Du brie fumée. Du brie aux piments. Et un fromage bleu. J’essaie le brie classique, extrêmement gras et épais, et le bleu, qui me fait penser à un bleu danois. Je ne m’éterniserais donc pas plus. Je m’arrête à nouveau, deux kilomètres plus loin, devant l’immense fromagerie de Tillamook. Quand je dis immense, ça n’est pas exagéré. Je ne me souviens plus du tonnage quotidien de fromages produit. Beaucoup trop probablement. Surtout quand je découvre qu’ils ne produisent que du Cheddar. J’avais un petit espoir que peut être ils auraient un ou deux fromages intéressants. Je les goûte tous, histoire d’être sûr que je peux confirmer que ça ne présente absolument aucun intérêt. L’autre partie « amusante » de la fromagerie, c’est la visite auto-guidée. En gros, il y a un certains nombre de panneaux d’informations, et surtout, on peut admirer les employés à l’oeuvre par des fenêtres. Tout cela me rappelle de lointains souvenirs de découpeurs de jambons à la chaîne… quoi que… j’ai l’impression que ma job aux jambons d’Aoste étaient plus intéressantes ! Toujours est il que je me demande comment j’aurais réagis si j’avais vu des touristes me faire des « tatas » pendant que je travaille…
Je me paie une crème glacée chocolat-mûres pour me remonter le moral. Bin en fait, mon moral va parfaitement bien, mais on va dire que c’était à titre préventif, juste au cas où !
Et je reprends la route à nouveau. J’avoue que je n’aime pas vraiment la région. On a perdu les falaises, les montagnes et la forêt. C’est juste un très grand estuaire, avec des villes pas très belles, pis des vaches. Heureusement, ça ne dure pas trop longtemps !
Nouvelle pause, un peu plus loin, pour aller jeter un oeil à une plage en principe jolie. Je me gare à côté d’une voiture blanche d’où sort une fille avec un magnifique manteau rose, et un chapeau encore plus magnifique. Elle me sourit et me dit bonjour. Moi j’aime les gens qui me sourient et me disent bonjour, alors je lui rends sourire et salutations, avant d’aller faire un petit tour sur la plage.
Et puis j’ai l’idée d’un plan machiavélique. Enfin non, l’idée je l’avais déjà eut avant, mais je n’avais pas encore pu la mettre à exécution. La plus part du temps, ce sont les gens qui viennent me parler, et ça serait bien que de temps en temps, ce soit moi qui aille vers les gens je trouve. Et franchement, la demoiselle avec son chapeau, elle a l’air full sympathique et charmante. Alors quand je repasse à côté d’elle après mon petit tour sur la plage, je lui dis que j’ai l’intention de me préparer un thé, et lui demande si elle en veut. Évidemment, ça n’est qu’un demi mensonge, puisque partager un thé avec quelqu’un me tente bien, mais le boire tout seul m’intéresse moins. Elle accepte l’invitation, et on se retrouve à discuter pendant une bonne heure, surtout de tout, un petit peu de rien.
Elle s’appelle Anya et habite Portland en ce moment. Quand je lui ai demandé d’où elle vient, elle m’a répondu « d’un peu partout ». Par la suite, j’ai compris qu’elle a grandi en Europe (notamment en Angleterre) et en Afrique, avant de se retrouver coincée dans l’Oklahoma pendant plusieurs années, et que ça ne fait pas longtemps du tout qu’elle a pu venir s’installer dans l’Oregon. Elle aime l’océan, ça lui manquait, et elle est heureuse d’habiter pas loin de la côte. Elle a travaillé dans un truck stop, comme monitrice de tir à l’arc, comme vendeuse dans un magasin d’outils, comme secrétaire dans un cabinet de comptabilité, et en ce moment elle travaille dans un restaurant rapide sur le campus universitaire de Portland. Je continue à aimer ces petites rencontres aléatoires. J’aime « voler » des petits bouts d’histoire à ces inconnus que je croise sur la route. Je ne sais pas ce que j’en ferais. Peut être rien. Après tout, c’est avant tout le plaisir de parler à ces inconnus qui me plaît. Évidemment, j’ai du lui redemander son prénom quand on s’est dit au revoir, vu que je l’avais oublié. Elle m’a dit que par contre, pour elle, c’était facile de se souvenir du mien. Elle a appelé son piano « Sébastien ». Moi je trouve que c’est un joli nom pour un piano ! Comme je lui dis, je suis très fier de savoir que quelque part dans le monde il y a un piano qui porte mon nom !
Et puis elle doit rentrer à Portland. Elle travaille ce soir. On se dit « au revoir » ; on se dit « peut être à bientôt ». Et la voiture blanche disparaît. Pourquoi Pas ? démarre un peu après, direction Astoria, avec une pause « gros rocher » un peu avant d’arriver.
La dune de sable en silice cristalisée
La grosse dune au bout de la plage, ça fait un moment que je l’ai repérée. Elle est suffisamment grosse pour se voir de loin. Et ça fait depuis que je l’ai repéré dans le lointain que je me demande si on peut faire de la ramasse sur du sable. Et évidemment, il n’y a qu’une seule façon de le savoir. Ça promet d’être un magnifique n’importe quoi ; mais j’ai beau avoir trente ans, j’ai décrété que j’avais encore le droit de faire n’importe quoi. Franchement, qui ne se laisserait pas tenter devant une dune si invitante ?
Encore un tout petit mini peu raisonnable, je laisse le gros appareil photo dans le Pourquoi Pas ?. À la place, j’amène le petit, qui est « dust proof » et qui peut supporter une chute de 2 mètres. Bon, d’accord, certains me diront que la dune fait plus de deux mètres.
En fait, la première expérience, c’est de monter. Plutôt que de monter tout droit, je fais un petit détour par le côté, qui me permet de découvrir la partie cachée, qui est tout simplement magnifique.
D’en haut, c’est moins impressionnant que d’en bas, mais ça reste quand même plein de promesses.
Et comme j’ai avec moi mon appareil photo qui fait des panoramiques tout seul sans que je n’ai rien à faire, j’en profite avant de descendre :
Si le résultat n’est pas si pire, je ne regrette quand même pas d’avoir un appareil photo qui coûte très cher et un logiciel qui coûte très cher aussi (mais lui, je l’ai pas payé, mais faut pas le dire) pour faire la plupart de mes panoramiques.
Et puis j’ai aussi fait une vidéo bien amusante, mais c’est juste un peu plus complexe au niveau de la mise en ligne… je vais essayer de voir à réussir bientôt.
Le long de la côte
Aujourd’hui, je me suis réveillé tôt, à ma grande surprise. J’ai démarré Pourquoi Pas ?, et je suis parti. J’ai récupéré une brochure touristique, qui indique tout les points d’intérêts sur la côte, kilomètre après kilomètre. La plupart du temps, entre deux parcs, entre deux arrêts, entre deux points de vue, il y a moins de 5 minutes de route. Alors j’ai avancé tout pas vite, prenant mon temps, admirant, savourant, appréciant. Il n’y a pas grand chose à dire d’autre. Le ciel était splendide, les paysages grandioses, mon humeur au beau fixe presque toute la journée. J’ai roulé 70 kilomètres aujourd’hui, sans spécialement prendre mon temps. Juste en profitant du paysage comme il le mérite. J’ai vu mes premières baleines. Elles ne sont pas comme à Tadoussac, où elles vous marchent sur les pieds. Non, ici les baleines c’est simplement un mini geyser dans le lointain loin. Je n’ai pas ramassé d’autostoppeurs : ils vont tous vers le sud. Le seul qui allait vers le nord avait une tête un peu trop étrange à mon goût. Oui, je sais, délit de sale gueule ; mais bon, c’est mon seul point de repère, alors je ramasse pas tout le monde, que voulez vous. Et puis j’étais dans une humeur « MOOPING » alors j’ai nettoyé (rapidement) deux parkings où je me suis arrêté. Tout ça pour finalement me garer une fois de plus, sur le bord de la mer. Cette fois, je suis dans un petit village, mais il n’y a pas de panneau « no overnight parking », donc fidèle à ma croyance populaire personnelle : « si c’est pas interdit, c’est que c’est autorisé ». Et puis aujourd’hui, aussi, j’ai joué de la flûte, et j’ai fait une vidéo de remerciements. Mais ça, vous le savez déjà. Une magnifique et belle petite journée tranquille, donc, à manger des paysages grandioses et à ne plus savoir où donner de la tête.
Et en bonus :
La journée des autostoppeurs
Bonne nouvelle : cette nuit j’ai bien dormi. Très bien même. J’étais en effet dans un coin très tranquille, et le fait de ne pas entendre beaucoup de voitures est un plus agréable en ce moment !
Le programme du jour est simple : rouler jusqu’à Eugène. Ça représente un peu plus de 500 kilomètres, que j’ai bien l’intention de parcourir tranquillement, en admirant le paysage et en prenant mon temps.
Sauf qu’en même temps, le paysage dans les environs du lac Trinity n’est pas aussi beau que ce que j’imaginais. En fait, la route se contente de circuler entre les arbres, et on ne voit quasiment pas le lac. L’avantage, c,est que je ne m’arrête pas, je me contente d’avancer sans trop me poser de questions. J’arrive finalement à l’endroit où la route monte assez raide, et qui est annoncé depuis une trentaine de kilomètres, pour prévenir les véhicules avec remorque d’éviter de s’aventurer. Ça monte, en effet, rapidement, pour nous amener dans une nouvelle vallée, cette fois beaucoup plus intéressante.
Cette nouvelle vallée, plus habitée, est également plus sèche. Mais le relief est très clairement plus intéressant, et le paysage typique de certaines zones de la Californie. Et puis la route offre, à quelques reprises, des points de vue magnifique sur le mont Shasta ; une nouvelle montagne dans la liste des montagnes que je trouve magnifique. Et que j’espère bien monter un jour !
La route me ramène finalement à Yreka, où je fais une petite pause rapide au Wallmart, à la recherche d’huile à lampe, mais sans succès. Je reprends l’autoroute à l’échangeur où j’ai rencontré Mowgly. Sauf que cette fois, je continue vers le nord.
La 5, dans la région, est tout simplement magnifique. Elle monte et descend, au hasard des cols et des montagnes, et j’en profite autant que possible.
Si magnifique, d’ailleurs, qu’à un moment je décide de prendre une route secondaire, qui a la bonne idée de la longer, ce qui me permet de profiter d’autant plus du paysage. En fait, tout ça me permet de me rendre compte qu’une autoroute, ça n’est pas nécessairement horriblement laid dans un paysage. Certes, le paysage serait sans doute plus beau s’il n’y avait pas cet immense ruban de goudron. Mais en même temps, je trouve qu’elle s’intègre bien, et je viens même à me demander si elle est vraiment dérangeante.
À partir de là, par contre, la paysage devient de moins en moins intéressant. J’essaie à plusieurs reprises de quitter l’autoroute, mais sans que ça change grand chose. Je passe à côté de la ville d’Ashland, qui était l’objectif de Pixi. On m’en a parlé en bien. J’envisageais de m’arrêter brièvement, mais ça me paraît sans intérêt, vu depuis l’autoroute. Juste après, je passe à côté de Medford, où se rendait Robert. Une autre tentative de prendre une route plus intéressante me fait retourner à Grand Pass, tout aussi inintéressante la deuxième fois. Je réintègre l’autoroute à l’endroit même où j’avais déposé Erika et Alice. Et puis encore un peu plus loin, le prix de l’essence et la vacuité récurrente de mon réservoir me fait arrêter à l’endroit où j’avais déposé Pixi. Je trouve amusant de repasser dans tout ces endroits, sans même que ce soit programmé. J’aime ces clins d’oeil à mes péripéties passées. Le plus amusant, c’est que je n’ai quasiment pas emprunter une route sur laquelle j’avais déjà roulé. En prenant des petites parallèles, en faisant des petites boucles, en allant au hasard, j’arrive à trouver des itinéraires alternatifs.
J’arriverais finalement à Eugène vers 18h30, une paire d’heures avant ce que j’imaginais. Je vais quand même directement chez Caroline, la couchsurfeuse qui me prête un coin de parking pour la fin de semaine. Elle est un peu surprise de me voir arriver aussi tôt, d’autant qu’elle n’a pas fini les choses qu’elle avait à faire. Ce n’est pas vraiment un problème. J’ai beaucoup roulé aujourd’hui ; je pars me promener au hasard dans le quartier de l’université, histoire de me changer les idées.
Un vrai campus à l’américaine, où on retrouve même des résidences aux noms étranges (phi delta teta, epsylon khi, etc…). Me semble que je savais ce que ça voulait dire à une époque, et que j’ai oublié. Le campus est assez sympa, et les bâtiments bien éclairés. Je reste un peu surpris par le cimetière en plein milieu du campus, mais pourquoi pas…
Après une petite heure de balade, je retourne finalement chez Caroline. Petit souper rapide de macaronis au fromage, et puis on va prendre une bière, juste à côté, au Macminivil, ou quelque chose du genre. Les bières (je goûterais une stout et une IPA spéciale) ne sont pas mauvaise, mais reste très légère. On discute un peu ; on parle évidemment de voyages, de couchsurfings, de gens… c’est étrange… je n’avais pas fait de couchsurfing depuis Chicago. J’ai été hébergé chez plusieurs personnes depuis, mais c’était des rencontres par hasard, ou des amis d’amis. Ça fait bizarre de « redécouvrir » ce mode de voyage…
Il est un peu tard, on rentrera finalement se coucher. Ici, l’automne est très clairement installé, et la nuit est fraîche. Je découvre rassuré que le chauffage du Pourquoi Pas ?, qui semblait capricieux la dernière fois que j’avais tenté de l’utiliser, fonctionne très bien. Il n’empêche que je dormirais avec le gros sac de couchage ce soir !



















































































































































































































































































































































































































