Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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Je ne bougerais pas d’ici !

Je reste quelques temps à aimanter mes clous par centaines, avant de rentrer au camp. Cette fois, c’est vrai ; il n’y a vraiment plus personne. Je suis prêt à partir, mais j’ai envie d’attendre encore. Je ne veux pas quitter les lieux. Je veux rester encore ; je veux que Kelly, Laure et Nicole reviennent. Je m’installe à l’arrière du van. Écris, prends des notes, lis, somnole un peu.

Où êtes vous ?

Ici se tenait le camp Brothermelon… tant que je resterais, il sera encore un peu là…

10000

Je roule, je roule, je roule… depuis Jasper, les étapes sont longues. Il me fallait avancer vite pour arriver à temps à Burning Man. Du coup, je fais poper le 10000e kilomètre depuis mon départ ! Le Pourquoi Pas ? a toujours aussi fier allure !

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La route jusqu’à Klamath Falls

Juste après les chutes, on franchit un col. À partir de là, la route devient plutôt inintéressante. En fait, c’est un immense plateau, dans les 1000 mètres d’altitude. Ça avance tout droit, pendant longtemps. Je dois faire 4 virages en 30 ou 40 kilomètres. Certes, j’ai l’habitude avec les prairies, et puis là, au moins, il y a des arbres, mais quand même ! Je me serais attendu à un peu mieux. Enfin… au moins, ça à le mérite d’avancer vite. Après tout, j’ai pas loin de dix heures de route à faire sur deux jours, et j’ai commencé à rouler pas mal plus tard que prévu aujourd’hui.

J’avais dans l’idée de m’arrêter à Klamath Falls. Aucun rapport avec la présence de deux brasseries à cet endroit… mais finalement, juste au moment d’arriver, l’envie de bières me passe. J’ai juste envie d’avancer encore un peu. En principe, je repasserais par ici plus tard. Je prendrais ma bière à ce moment là, quand j’aurais plus le temps.

Du coup, je continue sans m’arrêter. Les arbres ont commencé à disparaître. Le sol paraît très sableux. L’herbe est pas mal jaune. Tout cela se désertifie tranquillement pas vite on dirait bien… la nuit tombe tôt ; comme d’habitude, je veux éviter de rouler dans le noir. Je continue quand même encore un peu, et je rentre en Californie. Ça faisait longtemps que j’étais pas venu ! Je roule encore un peu, avant de prendre un départ de route au hasard. La route devient rapidement chemin de terre, qui se dirige vers un groupe d’arbre. C’est juste parfait. C’est calme, tranquille, un peu caché de la route principale. Exactement ce dont j’ai besoin.

Je m’arrête, je m’installe rapidement. Mauvaise surprise au moment où j’essaie de basculer le radiateur de l’électricité au propane. Ça ne semble plus marcher… je n’ai pas trop de produits frais, mais j’en ai quand même quelques uns… j’aimerais bien que le frigo ne me lâche pas. Je me dis que peut être c’est juste temporaire, que ça ira mieux plus tard. Il peut continuer à fonctionner à l’électricité pour le moment… mais même avec une batterie toute neuve, je ne pense pas qu’il ait une autonomie d’une semaine ! Surtout qu’à la base, la batterie auxiliaire, c’était pour recharger l’ordinateur et faire fonctionner l’imprimante. Enfin… je regarderais tout ça de plus prêt quand il fera jour. Avec un peu de chance, ça se réparera tout seul !

Une dernière grande descente

On peut ensuite enchaîner sur l’immense descente vers Pimberton. Pentes raides, entre 7 et 13%, sur plus d’une dizaine de kilomètres, avec des vraies épingles à cheveux à nouveau. Le frein moteur de Pourquoi Pas ? fait ce qu’il peut, mais il y a des limites à ce qu’on peut lui demander. Alors le frein à pied fonctionne aussi. Beaucoup. Trop ? Peut être… difficile à dire si c’est psychologique ou pas, mais j’ai l’impression que vers la fin, ils sont quand même pas mal moins efficace. Ça freine toujours, mais sans doute un peu plus lentement. Dans le doute, je bloque Pourquoi Pas ? en première pour les deux derniers lacets. La voiture en arrière s’impatiente sans doute un peu, tant pis pour elle. Arrivée en bas, on laisse un cinq minutes de repos bien mérité au van.

Une vraie route de montagne qui tourne

Je me souviens parfaitement des deux autostoppeuses que j’avais pris à Whistler l’année dernière et qui s’en allait à Pimberton. Je me souviens parfaitement l’une d’elle me disant que la route entre Pimberton et Lilloett était raide. Tout comme je me souviens parfaitement avoir bien rigolé de ce commentaire au moment d’écrire mon blog. En refaisant la route dans l’autre sens, je vois plusieurs possibilités :

– j’étais tellement congelé suite à la nuit que j’avais alors passé dans la voiture que mes neurones ont oublié à quoi ressemblait la route

– je conduisais alors un bolide de course, tellement agréable et confortable, que je me suis même pas rendu compte qu’il y avait des virages.

– la route dans un sens n’est pas du tout pareil que la route dans l’autre sens.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que je viens soudainement de me retrouver en France, avec une vraie route de montagne devant moi. Ça grimpe, ça tourne, ça détourne, ça contretourne, ça use le volant, ça use l’accélérateur, ça use les freins. Après les autoroutes 8 voies des Rocheuses, c’est le vrai baptême de la montagne pour Pourquoi Pas ?. Il grimpe tout cela avec la sérénité due à son grand âge. Tient… on compte en année chien, mais on ne compte jamais en année voiture. Un dodge cargovan de 20 ans, ça lui donnerait quel âge en être humain ? Toujours est il qu’il en a vu du chemin, et que ça lui a sans doute apporter une certaine sagesse. Ou peut être est-ce le chauffeur qui a gagné en maturité, et perdu en stress et précipitation. Ça monte tranquille, ça monte relaxe, mais ça monte. Le moteur semble chauffer un peu, mais pas plus que ça.

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De retour dans les lacets

On arrive tout les deux pas mal fatigués à la voiture. Je suis un peu inquiet, vu que le lendemain, je suis sensé faire une longue randonnée avec Liz et une amie à elle. Virginie, de son côté, n’est pas tout à fait sûre. Elle verra le lendemain. On remonte dans le van, direction Banff. On retourne faire les lacets. À la deuxième reprise, je comprends qu’en fait le panneau signifie que les véhicules de 7 mètres et plus doivent faire le milieu en marche arrière. Ils n’ont pas la place nécessaire pour un demi tour ! Moi je fais moins de 7 mètres. J’ai la place. Pourtant, j’évalue un tout petit peu mal la longueur de Pourquoi Pas ? qui hérite d’une petite grafigne sur le pare choc avant droit. Heureusement, il ne semble pas trop m’en tenir rigueur.

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En route vers Takakkaw

On se fait un petit gruau histoire d’avoir le ventre un peu rempli. C’est définitivement pas mon truc. Vivement que la boîte soit finie et que je trouve autre chose pour remplacer ! Le pain perdu, ça c’est du vrai déjeuner !

Pourquoi Pas ? démarre toujours au quart de tour. Comme presque chaque fois, je me dis qu’il faudra que je me décide à enregistrer le son du moteur. Pour moi, c’est devenu un son extrêmement symbolique !

On embarque sur la route pour aller voir Takakkaw Falls. Encore un nom pas mal winner au scrabble ! Un panneau au début de la route indique qu’il est interdit d’aller plus loin avec une caravane. On comprendra plus tard un peu pourquoi. Les routes en lacets sont extrêmement rares au Canada, même dans les Rocheuses. Pourtant, pour une fois, ils ont mis quatre lacets à la suite. Il y a même un panneau explicatif au début pour nous expliquer de quoi il s’agit ! Ça monte raide ; Pourquoi Pas ? est complètement indifférent. Il grimpe ça sans la moindre inquiétude, sans s’essouffler. Les anciens propriétaires m’avaient rassuré en disant qu’il avait un bon moteur. J’en ai déjà eut la preuve à plusieurs reprises.

Les petits ronds verts

On m’avait suggéré à mon départ de Montréal « tu pourrais écrire le nom de tes différentes destinations dans les tits ronds verts ». L’idée m’avait beaucoup plus. Je ne l’ai pas fait tout de suite, vu que j’avais rien à écrire, mais après à un moment, j’ai commencé à marquer le nom des grandes villes, et de certains endroits qui m’ont plus. Les grands lacs, Fargo, Saint Malo, etc… je découvre, juste à côté de la portière du passager, que le garagiste a écrit son nom et le nom du garage. C’est bête, mais ça me fait super plaisir. Ça montre que non seulement il l’a réparé, mais il l’a regardé, et il a « compris » mon idée. Acte spontanée que je trouve très sympa. Je rerentre dans le garage pour le remercier. Et puis finalement, je démarre, et on quitte Golden. Je freine souvent, au début, pour le plaisir. Ça marche ! La vie est décidément bien belle ! Destination : les sources chaudes de Radium Hot Spring. Que demander de plus ?

Pourqoui Pas ? sur le bloc opératoire

Retour au garage. Pourquoi Pas ? est sur le bloc opératoire. La roue arrière droite n’est plus là. Le garagiste m’explique. Mon vocabulaire anglais tient le choc ! Il m’explique le problème, me montre le roulement à billes complètement explosé. « Vous alliez probablement perdre la roue bientôt ». Dans la série des préjugés, les garagistes malhonnêtes sont bien placés. Mais il a une bonne tête, le roulement, en effet, n’est pas beau à voir, et les vibrations, quand je roulais, provenait très clairement de l’arrière, très possiblement de l’arrière droite. « Ça devrait vous coûter une couple de 100$ ». Mouais… ça, je m’y attendais. « Repassez vers 18h, ça devrait être fini ». On a donc encore une paire d’heures à tuer en ville. On va à la bibliothèque, on se pose sur internet en attendant.

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Retour au garage à 18h. Pourquoi Pas ? est de retour dans le parking, c’est bon signe. Le garagiste m’explique qu’il a pu tout réparer, que tout va bien, qu’il avait la bonne pièce. Bilan : 260$. Il a même pu faire le changement d’huile ! C’est parfait. Je suis bon pour un autre 5000 kilos en principe, donc. Je me sens mieux. Comme j’explique à Virginie, c’est pas mal le moins pire que je m’attendais à payer. Je révise un peu mes préjugés sur l’honnêteté des garagistes.

Les malheurs de Pourquoi Pas ?

J’arrive finalement à Golden. Il est 11h30. Je vais dans un premier garage. Je raconte mes malheurs. « Désolé, on peut rien faire pour vous avant jeudi ». Moment d’inquiétude… Golden, j’ai déjà visité l’année dernière. Y’a rien, c’est sans intérêt. Pas vraiment envie de me retrouver coincé ici pendant deux jours. Deuxième garage. « Repassez à 15h30, on va voir ce qu’on peut faire ». Ça, ça me convient mieux. Ça me laisse du temps pour finir mon retour à l’état d’homme civilisé. Après m’être douché, lavé, rasé, je peux aujourd’hui faire mon lavage. Oui, mon premier depuis Montréal. Une chance que j’ai amené trois tonnes de vêtements !

Bref… je prends mon temps, tourne en rond dans les rues de Golden, écrit, essaie de travailler un peu… mais je suis, en fait, super stressé. Un problème de frein, dans ma tête, c’est minimum 200$ de réparation, si j’ai de la chance. J’ai peur pour la suite de mon voyage… À 15h, je suis à l’arrêt de bus, pour attendre Virginie. 15h20, le bus arrive. C’est amusant, ces deux retrouvailles en deux jours, de deux personnes que j’ai rencontrées juste avant de partir en voyage. On ne se connaît pas beaucoup ; on a juste passé une soirée à discuter. Mais avoir un peu de compagnie en voyage, des fois, ça fait du bien. Elle découvre Pourquoi Pas ? avec curiosité ; une certaine inquiétude quand à sa petite taille. Il n’est pas petit, il est gigantesque. Il faut vivre un peu dedans pour s’en rendre compte. Je lui explique aussi pour les freins. On va au garage.

Le garagiste est sympa et agréable. Il nous dit de repasser d’ici une quarantaine de minutes, pour qu’il ait le temps de vérifier et diagnostiquer. Je lui dis que si c’est pas trop grave, pas trop cher, il peut attaquer la réparation tout de suite. On part faire un petit tour à Golden. Il y a toujours rien à voir, mais bon, ça fait du bien de marcher un peu. Ça me change les idées.

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