Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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La journée des autostoppeurs

Bonne nouvelle : cette nuit j’ai bien dormi. Très bien même. J’étais en effet dans un coin très tranquille, et le fait de ne pas entendre beaucoup de voitures est un plus agréable en ce moment !

Le programme du jour est simple : rouler jusqu’à Eugène. Ça représente un peu plus de 500 kilomètres, que j’ai bien l’intention de parcourir tranquillement, en admirant le paysage et en prenant mon temps.

Sauf qu’en même temps, le paysage dans les environs du lac Trinity n’est pas aussi beau que ce que j’imaginais. En fait, la route se contente de circuler entre les arbres, et on ne voit quasiment pas le lac. L’avantage, c,est que je ne m’arrête pas, je me contente d’avancer sans trop me poser de questions. J’arrive finalement à l’endroit où la route monte assez raide, et qui est annoncé depuis une trentaine de kilomètres, pour prévenir les véhicules avec remorque d’éviter de s’aventurer. Ça monte, en effet, rapidement, pour nous amener dans une nouvelle vallée, cette fois beaucoup plus intéressante.

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Cette nouvelle vallée, plus habitée, est également plus sèche. Mais le relief est très clairement plus intéressant, et le paysage typique de certaines zones de la Californie. Et puis la route offre, à quelques reprises, des points de vue magnifique sur le mont Shasta ; une nouvelle montagne dans la liste des montagnes que je trouve magnifique. Et que j’espère bien monter un jour !

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La route me ramène finalement à Yreka, où je fais une petite pause rapide au Wallmart, à la recherche d’huile à lampe, mais sans succès. Je reprends l’autoroute à l’échangeur où j’ai rencontré Mowgly. Sauf que cette fois, je continue vers le nord.

La 5, dans la région, est tout simplement magnifique. Elle monte et descend, au hasard des cols et des montagnes, et j’en profite autant que possible.

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Si magnifique, d’ailleurs, qu’à un moment je décide de prendre une route secondaire, qui a la bonne idée de la longer, ce qui me permet de profiter d’autant plus du paysage. En fait, tout ça me permet de me rendre compte qu’une autoroute, ça n’est pas nécessairement horriblement laid dans un paysage. Certes, le paysage serait sans doute plus beau s’il n’y avait pas cet immense ruban de goudron. Mais en même temps, je trouve qu’elle s’intègre bien, et je viens même à me demander si elle est vraiment dérangeante.

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À partir de là, par contre, la paysage devient de moins en moins intéressant. J’essaie à plusieurs reprises de quitter l’autoroute, mais sans que ça change grand chose. Je passe à côté de la ville d’Ashland, qui était l’objectif de Pixi. On m’en a parlé en bien. J’envisageais de m’arrêter brièvement, mais ça me paraît sans intérêt, vu depuis l’autoroute. Juste après, je passe à côté de Medford, où se rendait Robert. Une autre tentative de prendre une route plus intéressante me fait retourner à Grand Pass, tout aussi inintéressante la deuxième fois. Je réintègre l’autoroute à l’endroit même où j’avais déposé Erika et Alice. Et puis encore un peu plus loin, le prix de l’essence et la vacuité récurrente de mon réservoir me fait arrêter à l’endroit où j’avais déposé Pixi. Je trouve amusant de repasser dans tout ces endroits, sans même que ce soit programmé. J’aime ces clins d’oeil à mes péripéties passées. Le plus amusant, c’est que je n’ai quasiment pas emprunter une route sur laquelle j’avais déjà roulé. En prenant des petites parallèles, en faisant des petites boucles, en allant au hasard, j’arrive à trouver des itinéraires alternatifs.

J’arriverais finalement à Eugène vers 18h30, une paire d’heures avant ce que j’imaginais. Je vais quand même directement chez Caroline, la couchsurfeuse qui me prête un coin de parking pour la fin de semaine. Elle est un peu surprise de me voir arriver aussi tôt, d’autant qu’elle n’a pas fini les choses qu’elle avait à faire. Ce n’est pas vraiment un problème. J’ai beaucoup roulé aujourd’hui ; je pars me promener au hasard dans le quartier de l’université, histoire de me changer les idées.

Un vrai campus à l’américaine, où on retrouve même des résidences aux noms étranges (phi delta teta, epsylon khi, etc…). Me semble que je savais ce que ça voulait dire à une époque, et que j’ai oublié. Le campus est assez sympa, et les bâtiments bien éclairés. Je reste un peu surpris par le cimetière en plein milieu du campus, mais pourquoi pas…

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Après une petite heure de balade, je retourne finalement chez Caroline. Petit souper rapide de macaronis au fromage, et puis on va prendre une bière, juste à côté, au Macminivil, ou quelque chose du genre. Les bières (je goûterais une stout et une IPA spéciale) ne sont pas mauvaise, mais reste très légère. On discute un peu ; on parle évidemment de voyages, de couchsurfings, de gens… c’est étrange… je n’avais pas fait de couchsurfing depuis Chicago. J’ai été hébergé chez plusieurs personnes depuis, mais c’était des rencontres par hasard, ou des amis d’amis. Ça fait bizarre de « redécouvrir » ce mode de voyage…

Il est un peu tard, on rentrera finalement se coucher. Ici, l’automne est très clairement installé, et la nuit est fraîche. Je découvre rassuré que le chauffage du Pourquoi Pas ?, qui semblait capricieux la dernière fois que j’avais tenté de l’utiliser, fonctionne très bien. Il n’empêche que je dormirais avec le gros sac de couchage ce soir !

De la suite du voyage

Monk aussi me donnait dans la vingtaine. C’est vrai que je suis en mode « chapeau blanc », qui me rajeunit quand même un peu. Ajoutez aussi que j’ai les cheveux propres et que je suis rasé récemment, c’est très clairement l’option qui me fait paraître le plus jeune. Pourtant, j’ai l’impression qu’il y a un truc en plus aujourd’hui, pour justifier les 4-5 ans que j’ai perdus, par rapport à l’habitude des gens de me donner dans les 25-26. Depuis hier, je pense avoir un sourire complètement et parfaitement détendu. Pas que je ne l’étais pas avant, mais j’ai réalisé, hier, que j’étais prêt à rentrer à Montréal. Pour m’autoparaphraser moi même, il y a une différence entre « mon voyage se terminera quand je rentrerais » et « je rentrerais quand mon voyage se terminera ». Or depuis hier, j’ai l’impression que mon voyage approche de sa fin. Bien évidemment, je suis loin d’avoir répondu à toutes les questions. J’ai trouvé quelques réponses, mais beaucoup plus de questions. Je risque donc très fortement de rentrer à Montréal avec un bilan « négatif ». Encore plus de questions à répondre. Mais j’ai récupéré beaucoup d’éléments de réponses en chemin, et je pense que j’ai besoin d’être à Montréal pour que la poussière retombe, et que je puisse commencer à finaliser le processus. J’en suis fort heureux. J’entretiens une correspondance à intensité et fréquence complètement et totalement aléatoire avec Olivier, et il n’y a pas si longtemps que ça, il m’a dit « ton voyage pourrait facilement durer éternellement, en rajoutant deux mois de plus à chaque fois » et j’avoue que c’était un peu l’impression que j’avais. Après avoir pris mes distances avec les sources chaudes d’Umquat, j’ai pu commencer à réfléchir à tout ça. Les deux heures à admirer des artistes de feu grandioses, le soir de mon anniversaire, m’a aussi permis de passer pas mal de temps dans ma tête, et il semblerait que tout ça soit enfin en place, ou presque. Mon voyage est à nouveau planifié de façon assez réglée (même si je m’autorise à modifier tout ça sans préavis) jusqu’à mes retrouvailles avec le bus école et peut être Tassa à Big Bend. Après ça, je parlais de l’Arizona. J’ai décidé de ne plus parler de l’après Big Bend (ou de l’après Oregon, si je décide de ne pas aller aux sources chaudes). On sera déjà le premier novembre, et un mois pour traverser les États Unis, c’est pas mal la bonne durée. Alors peut être qu’après Big Bend, je vais rentrer directement sur Montréal, et garder l’Arizona pour une prochaine fois. Parce que c’est très clair que plus j’en parle, plus on m’en parle, et plus ça me fait envie. Enfin… tout cela est une autre histoire ! Pour le moment, l’Oregon m’attend. Après, on verra donc bien !

Retour dans le nord

Après avoir été cambriolé, je me suis presque demandé à chaque fois que je rentrais chez moi si j’allais retrouver la porte débarrée. Ça m’a finalement passé quand j’ai déménagé, un peu plus d’un an après.

Cette nuit, c’était la première nuit que je dormais à nouveau seul, et j’avoue que je n’ai pas vraiment bien dormi. Je pensais être à côté d’une petite route tranquille et déserte, mais il y a quand même eut du passage, et je me demandais à chaque voiture si elle allait s’arrêter. Le côté « amusant », c’est que des fois je me demandais si elle allait s’arrêter pour prendre une autre vitre comme cible, et d’autres fois je me disais qu’elle allait simplement me dire que je n’avais pas le droit de dormir ici. Bref, je me réveille encore bien fatigué, ce qui n’est jamais vraiment agréable. Je me demande juste combien de temps ça durera. En même temps, si on y pense bien, n’ayant plus de vitre arrière… enfin bon…

Le fait de se réveiller dans les bois, par contre, est vraiment super agréable. Même si c’est humide, froid, et encore sombre. Ces arbres géants aident à retrouver la sérénité.

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Je reprends la route assez rapidement, à nouveau sur un chemin inconnu, vu que lors de mon précédent passage, je m’étais offert un détour par la côte. Cette fois-ci, donc, je continuerais sur l’Avenue des Géants, histoire d’admirer encore quelques grands arbres. Toute bonne chose ayant une fin, je me retrouve à nouveau sur la 101. Après avoir délaissé une pub pour une brasserie (après tout, il est juste 11h du matin) je me laisse par contre tenter par une pub indiquant une fromagerie à Loleta, et je m’offre donc un petit détour par une mini ville tout mignonne et sympathique.

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Dans la fromagerie, il y a un gigantesque frigo, avec plein de fromages en dégustations. Que des produits maison. Le problème, c’est que les produits maisons, c’est « cheddar », « Monterey Jack », « Avarti », et tout plein d’autres trucs sans intérêt. Je les goûte tous, dans le doute, me disant que j’arriverais peut être à trouver quelque chose, mais non. Franchement, rien. Je me rabattrais donc sur un petit sac de fromage en grains. C’est toujours amusant à grignoter en roulant ! À un moment, la fromagère me demande d’où je viens. Du coup, on discute un peu, je lui explique un peu mon voyage. Elle me regarde un peu de travers et me demande « est-ce que vous avez le droit de voyager seul au moins » ? Sous-entendu, donc « est-ce que vous êtes majeur » ? La majorité, ici, est à 21 ans. Ça fait une différence avec 18, mais ça fait un moment que l’on ne m’a pas rajeunit d’autant. Comme je paie par carte de crédit, elle demande à voir ma carte d’identité. Je n’arrive pas à savoir si c’est juste par sécurité, ou si c’est parce qu’elle est persuadée que je mens, que je suis mineur en fugue, et qu’elle a envie de me dénoncer à la police. Elle semble très désappointé, et s’excuse même à plusieurs reprises en découvrant que je suis un vieillard sur qui les années sont clémentes. Dans cette même fromagerie, je vois une carte postale d’une maison complètement folle. Je retourne. C’est dans le centre ville d’Eureka. Je n’avais pas forcément prévu de m’y arrêter, mais c’est sur mon chemin, alors pourquoi pas ? Et puis à Loleta, il y a aussi une boulangerie. Je jette un oeil. Les baguettes m’inspirent énormément, et je partirais donc avec l’une d’elle. Contrairement aux fromages, c’est une parfaite réussite, et ça sera mon repas de midi : un sandwich croûtémie (ça change du croûtoumie).

Retour sur la 101, arrivée à Eureka, parking sans problème en centre-ville, et petite promenade aléatoire dans le vieux quartier, et ses quelques magnifiques spécimens de maisons victoriennes.

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Et puis il y a surtout celle que j’ai repéré sur la carte postale, et que franchement, je trouve magnifique dans son style. Depuis que j’ai déménagé dans un manoir victorien (notez bien que j’ai dit « depuis que j’ai déménagé » plutôt que « depuis que j’habite dans », qui n’est pas vraiment encore tout à fait le cas), je fais de plus en plus attention à tout ce qui est victorien. Et je me rends compte que j’aime bien ça. Même si je l’associerais plus facilement à la région de Boston et de Providence à cause des écrits de ce cher Howard Philipp, j’ai vu quelques modèles intéressants à Santa Cruze et à San Francisco. Celui-ci, en tout cas, est très clairement un lieu de rassemblement d’adepte du mythe.

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L’heure passant, je m’en retourne tranquillement vers la voiture. J’avais prévu de reprendre la route, mais une micro brasserie m’a fait un croche pied, et j’ai donc été obligé de passer un peu de temps à déguster une « 8 balls », une brune sans grand intérêt.

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Et puis cette fois, pour de vrai, je remonte en voiture, direction Arcata. Je sais bien que ma démarche est irrationnelle, et que je ne retrouverais pas Tassa. Même si elle est à Arcata présentement, je n’ai pas l’intention d’arpenter toutes les rues au hasard pour la retrouver. De toutes façons, d’après Mowgly, elle avait prévu d’être à Big Bend elle aussi… c’est sans doute parce que je n’y crois pas, et que je n’ai pas vraiment envie d’y croire, que je le hasard ne me fait pas croiser Tassa. De toutes façons, le hasard est un truc bizarre qui fait que quand tu essaies de faire qu’un truc arrive par hasard, c’est plus du hasard, et par conséquent, ça ne peut pas arriver par hasard.

Je reprends le volant, pour prendre la 299 en direction de Redding. Mais je ne prévois pas me rendre jusque là, je tourne un peu avant, à Weaverville, pour prendre une petite route parallèle à l’autoroute 5 (la 3) qui me ramènera à Yreka. Ça commence à être dur de trouver des routes que je ne connais pas dans le coin, mais ça continue à marcher encore !

La route commence assez jolie, et ne fais que s’améliorer. L’automne, c’est très clairement la saison où les auto-stoppeurs poussent sur le bord des chemins. Je m’arrête pour en ramasser deux.

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Le gars s’appelle Monk, la fille, je ne suis même pas sûr qu’elle a pensé à dire son nom. Les deux sont… disons bien fatigués. Je discute quand même un peu avec Monk, pendant que la fille, un sourire gigantesque aux lèvres, regarde défiler le paysage, en rigolant toute seule de temps en temps. Monk à 20 ans, originaire de l’Illinois (dans le coin de Chicago donc) ; sur la route depuis 3 ans, parce qu’il aime la liberté. L’hiver, il le passe dans sa maison (chez ses parents, j’imagine). Il économise de l’argent, en but d’acheter un bateau, et de faire le tour du monde. Ce qui est assez amusant, c’est qu’il est à la fois très fatigué, et probablement un peu gelé, mais qu’il se rappelle des bonnes manières de l’auto-stoppeurs. Donc il parle, il pose des questions, mais souvent il oublie d’écouter la réponse, et passe à autre chose. Bref, ça fait un peu de compagnie, mais pas trop longtemps, c’est parfait. Je les dépose à la sortie de Weaverville, et je prends sagement la route numéro 3. J’ai même pu faire des photos, parce que franchement, la route était grandiose, et ça le justifiait. Plutôt trois fois qu’une !

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Je roule encore un peu, parce que demain je dois être à Eugène. J’ai même une couchsurfeuse qui m’attend. Ça faisait longtemps ! Eugène, c’est encore pas mal loin d’ici, mais rendu à Yreka, c’est que de l’autoroute. J’ai déjà fait les routes panoramiques alternatives, et depuis le temps que je veux découvre Eugène, Portland et le nord de l’Oregon, il faut que je me décide. Et ça implique de me bouger un peu, bon !

Je regarde à gauche et à droite de la route. À priori, je suis de retour dans le pays de Big Foot, version sud est (alors que Happy Camp est au nord ouest avant). Mais personnellement, je n’ai aucun problème avec lui, donc tout va bien. J’hésite, à un moment, à rouler jusqu’à Yreka, et à me trouver une aire de repos, mais je n’ai pas envie de m’arrêter trop tard ce soir. J’ai envie de jongler un peu et puis j’ai toujours un contrat à avancer. J’aurais la matinée de demain pour la route panoramique et magnifique, et ensuite le début d’après midi pour l’autoroute.

Je trouve finalement un endroit qui me convient. Un petit chemin qui n’en est pas vraiment un, et qui s’éloigne de la route principale. De jour, je suis un peu visible, mais de nuit et la lumière éteinte, on ne me verra pas de la route. Et comme ça n’est pas un chemin, aucun risque, en principe, que quelqu’un passe à côté du van. Ça devrait donc être parfaitement tranquille. Je jongle un peu pendant qu’il fait encore jour. J’ai quasiment pris le truc avec les trois massues, mais c’est pas tout à fait ça. Si je continue régulièrement, par contre, ça ne devrait bientôt plus être un problème. Avec trois balles, par contre, ça marche tout seul, et j’envisage de plus en plus d’en rajouter une quatrième.

Quand la nuit tombe, je réintègre tranquillement le Pourquoi Pas ?. Je finis ma baguette de pain, que j’accompagne de quelques crottes de fromage. En guise de légumes, j’ai acheté deux avocats un peu plus tôt. J’en jette un des deux complètement pourri, et l’autre ne goûte pas grand chose. Enfin… c’est toujours ça ! Installé bien confortablement, il ne me reste plus qu’à me plonger dans mon livre pour quelques heures, avant d’éteindre sagement la lumière, et de m’offrir une longue et belle nuit de sommeil !

Bye Bye Mowgly !

Je suis réveillé le lendemain matin – trop tôt à mon goût – par un camion qui arrive et qui manoeuvre. Il a par contre la bienséance de ne pas me tirer dessus. Le chauffeur, par contre, averti tout le monde que l’on ne devrait pas être ici, et nous demande de partir rapidement. J’ai réalisé la veille au soir que ma stratégie de jouer les touristes perdus en cas de problèmes avec mon lieu de couchage ne peut pas vraiment marcher quand je suis accompagné d’autochtone. J’avais pris la résolution la veille, en me demandant pourquoi je ne l’avais pas fait plus tôt, de toujours quitter les endroits où je dors en les laissant plus propres que quand je suis arrivé. Jusqu’à présent, je me suis toujours contenté d’un « leave no trace » que je maîtrise parfaitement. Rien ne sort du van, pas même des eaux usés (même si c’est un peu complexe à gérer). Mais il me semble que ramasser en plus une partie des ordures qui traînent quasiment absolument partout pourrait être une façon de compenser tout les campings que je ne paie pas. En tout cas, l’idée me plaît, et je fais donc un petit tour rapide des environs avant que l’on reprenne la route.

Je dépose Josh et Karly juste après, dans un endroit qu’ils trouvent à priori efficace pour faire du stop. J’ai eut une autre idée la veille au soir. Là encore, je ne comprends pas pourquoi je ne l’ai pas eut plus tôt, et en l’occurrence, je le regrette. Je demande à Josh et Karly si je peux faire une photo d’eux avant de partir. En faisant ça, je réalise toutes ces personnes croisées, que je n’ai pas prises en photo… je trouve vraiment ça dommage.

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On s’arrête un tout petit peu après pour prendre le petit déjeuner. Mowgly hésite sur la suite de son itinéraire. À priori, j’ai prévu de mon côté d’être à Arcata en fin de journée, et il sait depuis San Francisco qu’il peut rester avec moi jusque là. Et puis finalement, il se décide. À la place, il va rejoindre la côte. On a passé il y a un ou deux kilomètres la route qui rejoignait Fort Bragg. Je fais donc demi tour, pour le déposer au début du chemin. Retrouver ma tranquillité et ma solitude me fait du bien ; et puis ça aide de savoir que je peux le revoir bientôt. Peut être. Après tout, comme je lui dis, il reste prêt de trois semaines d’ici à Halloween, alors je pourrais éventuellement m’inventer de nombreux autres plans d’ici là. Maintenant, au moins, je sais que je n’oublierais plus de prendre des photos !

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Ce qui me permet, en même temps, de vous présenter Dog, le compagnon de route de Mowgly.

Je reprends la route, et avance tranquillement. Je suis à un peu plus de 200 kilomètres de Arcata. Ça ne sera donc pas une très grosse étape à priori. Je fais juste une petite pause à une aire de repos sans grand intérêt avant de finalement arriver à la jonction avec la « 1 » et de me retrouver à nouveau en terre connue. Ça, ça veut aussi dire que je vais pouvoir refaire « Avenue of the giants », la route qui se balade entre les boisés d’arbres géants. Ça me plaît bien. D’ailleurs, plus j’y pense et plus l’idée de dormir au milieu des Redwoods me plaît. Arcata pourra très bien m’attendre. J’essaie, en allant là bas, de forcer le hasard, donc autant mettre toutes les chances de mon côté en rajoutant un comportement aléatoire ! Ça me plaît bien.

Ça ne fait vraiment pas longtemps que j’étais déjà là, et les souvenirs reviennent donc assez facilement. Quand je revois cette petite route abandonnée qui m’avait fait hésité la première fois, je ne doute pas au deuxième passage. Je gare le van, et vais explorer tranquillement à pied ce qui était sans doute l’ancien tracé de la 101.

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Un tout petit peu après, une autre chose qui m’avait grandement intrigué la première fois « la colline de la confusion ». Aucune idée de ce que c’est, mais ça m’intrigue. J’ai tout mon temps, je m’arrête donc pour jeter un oeil. Une petite boutique de souvenirs, trois mini constructions, un totem. Je ne comprends pas vraiment… et puis il y a un article de journal, qui explique qu’ici, la gravité semble être différente, et que l’on ne sait pas pourquoi. Une série de questions réponses, également. Est-ce un canular ? « c’est à vous de décider ». Bref, pour seulement 5 $, je décide de me faire arnaquer. La madame à l’accueil me dit qu’il y a 10 expositions, et que pour certaines d’entre elles, c’est mieux d’être deux. Je lui dis que c’est pas grave, je me débrouillerais tout seul.

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Pas facile d’expliquer exactement de quoi il en retourne. En gros, vous avez une maison complètement tortue dans tout les sens, et on vous fait faire des expériences pour vous convaincre que la gravité se comporte étrangement dans le coin. Je regarde, j’observe, je contemple, et je ressens. En effet, l’eau semble couler vers le haut. Tout comme la balle de golf, qui remonte la pente. Et quand je m’accroche à la barre, j’ai très clairement l’impression que mes jambes ne tombent pas à la verticale. Et puis marcher là dedans, on passe son temps à rechercher son équilibre, parce qu’il y a quelque chose qui ne marche pas. Bon, évidemment, mon cerveau rationnel sait que tout est question de trompe l’oeil et de point de vue. Je pends verticalement à la barre, mais tout étant tordu autour de moi, j’ai vraiment l’impression de ne pas aller dans la bonne direction. Il n’y a pas d’énorme météorite qui se soit écraser dans le coin, perturbant le champ de gravité terrestre. Il n’empêche que, en effet, évoluer dans cet endroit est très confondant et désorientant et que je m’amuse bien pendant le quart d’heure que je passerais là dedans.

Je retrouve l’Avenue des Géants peu après, à ma grande joie. Dans ma tête, je visualisais parfaitement l’endroit où j’allais passer la nuit. Je ne visualiser par contre pas du tout le panneau « camping interdit », qui ne figurait pas dans mes souvenirs. Je regarde le compteur de kilomètres. J’ai eut le temps de parcourir 3000 kilomètres depuis la dernière fois… ça passe vraiment vite ! Bon, j’ai fait une jolie boucle en Oregon, et un aller retour longue distance à San Francisco, qui a quand même beaucoup aidé…

Je reste un moment dans le van, simplement à lire à l’ombre des arbres, parce que je veux essayer de téléphoner à Brigitte et que j’ai repéré un téléphone pas très loin. Mais quand il est finalement temps d’appeler, j’ai juste le répondeur, et je reprends la route, à la recherche d’un endroit où dormir. Il y a un panneau « camping interdit » à chaque endroit inspirant, et c’est limite un peu irritant. Je roulerais finalement jusqu’à « Founder Grove » (là où je m’étais arrêté pour observer un arbre de 105,46 mètres). La route continue un peu après. Il y a un emplacement un peu plus grand qu’une simple place de parking, et je ne suis plus sur la route principale. Il n’y a pas de panneau. Je suis sous les arbres. Je n’ai pas envie de rouler plus. Je vais donc m’essayer ici pour la nuit. À un moment dans la soirée, avant qu’il fasse complètement noir, une voiture de police passe, puis repasse, sans s’arrêter, sans poser de question. Je ne prends pas spécialement ça comme une autorisation, mais je me dis qu’au moins, ils ne sont pas venu me demander de partir. En même temps, il était en effet encore tôt. Enfin… on verra bien. Moi, je me replonge dans mon livre, que j’avais à nouveau bien avancé un peu plus tôt. Je lui règle son sort. Ça fait du bien ! Un petit peu d’ordinateur histoire de remettre le blog à jour, d’avancer un ou deux autre projet, et puis il est temps d’attaquer le livre numéro 9. En espérant faire de beaux dodos !

Bye bye Frisco

Je me suis endormi très tard hier. Je n’avais tout simplement pas envie de me coucher. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Et comme je dors dans le salon, la nuit ne sera pas très longue, même si je me réveille vers 10h. J’ai quelques petits préparatifs à faire avant de quitter San Francisco. En fait, je suis assez fier de moi : en arrivant avec une date précise de départ, j’arrive à me motiver à partir. Le fait que Mowgli ait envie de reprendre la route doit sans doute me motiver également. J’aimerais quitter San Francisco vers 14h. La fin de matinée se passe on ne peu plus simplement. Bagels et fromage à la crème, puis je range le van pendant que mon ligne se lave et se sèche. Au moment de dire au revoir à Jane, je lui parle du rendez-vous prévu aux Sources Chaudes de Big Bend avec le bus des Fats Kids Kitchen. L’idée lui plaît bien. Depuis San Francisco, ça n’est pas très loin. Et puis on a tellement l’habitude de se revoir ces derniers temps que ce dire « au revoir » n’est plus vraiment un problème ! Une dernière petite pose à la librairie usagée au centre-ville de Berkeley, où je m’étais arrêté la fois d’après. Je complète mes lectures avec les tomes 8 et 9 de David Eddings. Ils n’ont malheureusement pas le 10, et je trouve ça très cruel. Par contre, je suis très heureux de trouver une édition du journal de Lewis et Clark. Ça risque d’être intense à lire, mais je m’y mettrais sans doute à un moment. Je trouve également “letter from the earth” de Mark Twain, que l’on m’avait recommandé à Reno. Bref, je suis très content d’avoir trouvé tout ce que je cherchais, et le fait de ne pas reprendre la route tout seul me plaît énormément. Si on considère aussi qu’il fait au moins 30 degrés dehors et un soleil parfaitement estival, on ne peut pas demander grand chose de plus !

Il y a trois façons principales de remonter vers le nord depuis la Californie. Il y a la « 1 », la route côtière, que j’ai déjà prise. Magnifique, mais pas très rapide. Il y a la « 5 » que l’on a pris pour arriver. Laide, mais très rapide. Et puis il y a la « 101 », qui est un peu entre les deux. Ça roule vite, sans suivre la côte, mais dans des paysages qui valent la peine. Enfin… les paysages finiront par valoir la peine après un bon deux heures de routes, quand on aura quitté une interminable série de petites villes de banlieues, toutes plus laides les unes que les autres. La 101 et la 1 fusionnent un peu avant l’Avenue des Géants. Jusque là, je serais donc sur une route inconnue. Mon but est de rejoindre Artaca, puis d’être à Eugène vendredi, ou samedi au plus tard. Pourquoi samedi ? Parce que j’espère bien retrouver un certain marchand de flûtes…

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Avoir de la compagnie dans le van aide les kilomètres à passer plus vite. Mowgly me confirme l’information que Robert « Crazy Bob » m’avait déjà donné : c’est la saison des récoltes, dans la Californie du nord, alors tout les « kids » ont tendance à converger vers là bas. « Kids », c’est la façon dont Mowgly désigne ses semblables. Vous comprendrez, évidemment, que même si on est en automne, ça n’est pas des vendanges que je parle. La région du vin, c’est juste au nord de San Francisco. Ensuite, c’est l’herbe.

Tanné de conduire, et le paysage s’améliorant, on fait une petite pause sur le bord d’un cours d’eau sympa.

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En fait, si c’était possible, je m’arrêterais ici. L’endroit est parfait, et mon but n’est pas de rouler 800 kilomètres par jour. Maintenant qu’on est dans des paysages qui en valent la peine, et que je suis moins pressé par le temps, les étapes plus courtes me conviennent parfaitement. Malheureusement, le parking est sur le bord de la route, et ça descend raide pour aller sur le bord de l’eau. Pas moyen, donc, de rester là pour la nuit. On repart en même temps qu’une demoiselle et de ses deux enfants. On discute trente secondes avec elle. Elle demande à Mowgly s’il veut un peu de pote (herbe) ; celui-ci accepte avec un grand sourire, et part avec une jolie poignée de la toute nouvelle récolte toute fraîche.

On reprend la route avec la même idée en tête : trouver dès que possible un endroit sympa pour s’arrêter. Malheureusement, la chose semble rare, et on perd la jolie rivière au profit d’une ville. Moins idéal… on en profite pour un mini ravitaillement chez Wallmart. Au moment de quitter l’autoroute, on voit un couple de stoppeurs sur le bord de la route. Mowgly n’a évidemment pas de problèmes à avoir plus de compagnie, et le van parfaitement rangé, je n’ai aucune inquiétude à l’idée de rentrer à quatre dedans. Ils sont encore là quand on finit l’épicerie, sauf qu’ils vont vers le sud, et nous vers le nord. En même temps, l’idée de trouver un endroit sympa et de passer la soirée tous ensemble les tente bien, et ils embarquent quand même. On roulera encore une trentaine de kilomètres avant de finalement trouver un endroit sympa, tranquille, et à priori loin de tout.

Mowgly s’occupe de l’aspect social, je m’occupe de l’aspect pratique. Pendant qu’ils discutent tranquillement assis dans l’herbe, je prépare un repas tout simple, mais qui sera accueilli avec enthousiasme par Josh et Karly. Jane et Rameen m’ont donné quatre boîtes de cornedbeef qu’ils ne mangeront pas. Pour un seul homme, une boîte ça fait beaucoup, mais partagé en quatre, c’est parfait. Ouf. Plus que trois ! Et puis pendant le repas, Josh nous apprend que c’est son anniversaire aujourd’hui. Je réfléchis rapidement. Je regrette de ne pas avoir de bananes ; j’aurais volontiers refait des bananes flambées. Et puis j’ai une petite étincelle dans mon cerveau. Il me reste un peu du mélange à crêpes que j’avais acheté pour Burning Man. Ils hallucinent donc complètement quand je sers des crêpes au sucre flambées au Brandy en guise de dessert. Après tout, un anniversaire, ça vaut bien ça, non ?

Je me retire dans mes appartements un peu après. Je suis fatigué, un peu, et puis j’ai envie de lire, un peu aussi. Je propose à Mowgly une place dans le van, mais il préfère dormir à la belle étoile. Il prétend avoir un excellent sac de couchage. S’il est aussi bon que celui de Tassa, je comprends parfaitement qu’il n’ait pas peur du froid ! Josh et Karly, par contre, sont un peu moins bien équipés, mais j’ai un sac de couchage de trop, qu’ils utilisent volontiers.

Je m’installe confortablement, mon livre à la main. Je me déciderais finalement à me coucher pour de vrai, après en avoir lu les 200 premières pages.

Mon souper de fête

Il y a une tradition que j’ai établi de moi même, sans que personne ne sache, et sans que personne ne fait attention. Chaque année, à ma fête, c’est moi qui organise tout, c’est moi qui invite tout le monde, et c’est moi qui m’occupe du repas. Je me suis rendu compte, il y a quelques temps, que c’était l’une des façons que j’avais de montrer à mes amis que je les aime. Je consacre le jour de l’année où je devrais -en théorie- recevoir des cadeaux pour donner. J’ai pris l’habitude avec le temps, et j’aime ça. Mes anniversaires se suivent et se ressemblent. Petite soirée entre amis, un bon repas, de belles discussions… l’année dernière a été un peu différente. Il faut bien des exceptions de temps en temps. Cette année aussi sera un peu exceptionnelle, vu qu’une partie de mes amis sont loin. Mais j’ai quand même Jane, Rameen et Mowgly sous la main, et pour moi, c’est plus qu’assez. Pour ma fête, Mowgly m’a offert une boîte de six bières. Je suis parfaitement conscient de ce que ça représente pour lui. C’est le seul cadeau que j’ai reçu hier, mais il me l’a donné avec un tel plaisir, et un sourire si magnifique que ça représente énormément pour moi. Sur les six bières, il y en a une que j’ai mis de côté. Elle rentrera à Montréal avec moi, et elle sera bue pour une occasion très spéciale (qui reste à déterminer). Bref… le fait de n’avoir que trois amis sous la main ne devait pas m’empêcher de perpétuer la tradition. Je les ai donc prévenu de réserver leur lundi soir. J’ai aussi dit à Jane que, si elle voulait inviter quelques amis, j’étais optimal pour 6 à 8 couverts. L’invitation a été lancée.

Évidemment, le souper c’était pour le soir. La journée, je l’ai passée bien tranquille. Une bonne partie a été consacrée à la sélection et la préparation des photos de la décompression. Je suis, il faut le reconnaître, très fier du résultat. En fait, je ne fais que très très rarement de post traitement, et c’est une erreur. Ça rajoute énormément, et ça fait une très grosse différence. En fait, c’est ce qui permet de passer de l’état « belle photo » à « tiens, si je l’imprimais en format géant pour l’exposer ». Oui, j’ai toujours mon idée d’exposition photo dans un coin de ma tête. Brasier 2, le retour du fils de la vengeance, devrait voir le jour très rapidement après mon retour à Montréal, et se cherchera alors une belle petite maison bien confortable (avis à mes lecteurs de partout : je suis tout à fait ouvert à la possibilité d’exposer Outre Atlantique ; faut juste me trouver un endroit !). Il était aussi plus que temps pour moi de prendre une douche, surtout si l’on considère le shampoing à la poussière de la veille. Ajouter à ça un réveil tardif, une envie d’être bien tranquille relaxe et de ne pas se presser, et il est déjà 17h quand je pars faire les courses.

En général, pour ce genre de souper, je ne prévoie rien à l’avance. J’attends de trouver l’inspiration en magasin. D’autant plus que je ne connais pas le magasin, et que par conséquent, je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais y trouver. Inutile, donc, d’essayer d’imaginer une recette trois jours à l’avance si je ne trouve pas l’ingrédient principal le jour même. Comme chaque fois, donc, je préfère l’option « improvisation ». Évidemment, comme à Chicago, j’ai ma liste de recettes classiques dans un coin de la tête. C’est un peu le filet qui me permet de m’amuser comme un fou sans trop d’inquiétude. Et puis comme l’improvisation est toujours plus amusante avec contrainte, on m’a rajouté l’option « repas végétarien ». Et j’avoue que pour moi qui adore cuisiner du canard et du filet mignon, c’est une contrainte assez intense. Mais aussi un défi que je voulais relever depuis bien longtemps maintenant. Je me sentais prêt pour un repas végétarien de luxe, sans vraiment avoir eut l’occasion de m’essayer pour de vrai. Mais bon, déjà une chose qui aide, c’est que végétarien, ça enlève la viande, mais pas le poisson. C’est toujours ça. Parce que franchement, dans les grands classiques dont j’ai du mal à me passer, c’est les crevettes au sirop d’érables flambées. Rapides, efficaces, j’ai toujours eut un 100% de réussite avec cette recette.

Et puis à force de déambuler dans les allées, de regarder à droite à gauche, de chercher l’inspiration, je reviens donc à mes classiques, avec mini expérimentations parallèles. Deux petites heures de préparation, et je suis presque à temps pour un repas 5 services. Nous serons six. Un couple d’amis de Jane se joint à nous.

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Crevettes au sirop d’érable flambées
Carottes râpées, emmenthal et crabe en flocon (l’expérience, ici, est au niveau de la sauce : j’ai trouvé de l’huile parfumée au sésame, et deux trois autres ingrédients des plus intéressants pour un excellent résultat)
Pommes de terre sautées (là, je cherchais une idée originale pour ajouter aux pommes de terre, mais finalement, je suis resté dans la simplicité)
Rouleau aubergines fêta (un autre classique, sauf que j’ai rajouté une trempette arachide-yaourt-miso ; mélange aléatoire et improvisée à la dernière minute, pour un résultat particulièrement intéressant à réétudier plus longuement)
Galettes de quinoa et gruyère (avec un nappage yaourt + fromage à la crème et épices ; là encore, une improvisation de dernière minute assez intéressante)
Tout ça pour terminer avec un grand classique : bananes flambées.

Bref… pas du très révolutionnaire, mais en même temps, bien content de mes petites expérimentations parallèles. Les galettes de Quinoa, c’est juste la deuxième fois, mais je commence à bien maîtriser ; j’avoue que rajouter un nappage est une bonne idée, car le goût reste dans l’ensemble plutôt neutre. Même chose pour les rouleaux aubergines/fêta que je maîtrise assez bien maintenant. En fait, l’idée initiale (avant que l’on me rajoute la contrainte « végétarien » c’était de faire des rouleaux « porcs et mangues » ou un truc du genre. Il y a quelque chose à creuser dans cette direction.

Petite soirée sympa et agréable, au final. Ça fait du bien de cuisiner ; ça me manque, je dois bien le reconnaître. Et puis chose assez exceptionnel quand même : manger mon souper de fête dehors en t-shirt le 11 octobre, ça n’est pas vraiment dans mes habitudes ! Oui, c’est de nouveau l’été dans le coin.

J’ai eut le droit à beaucoup de remerciements, et ça m’a fait beaucoup de bien. Une fois de plus, Mowgly a visé juste en disant qu’il aimait d’autant plus sachant que j’avais cuisiné avec mon coeur. C’est agréable de partager avec des gens qui sont conscients de ce genre de détails. Qui non seulement le ressentent, mais qui en plus le confirme. Jane avait aussi profité de l’occasion pour acheter quelques bières. Encore quelques dégustations des plus intéressantes donc.

La soirée ne s’éternisera pas. Tout le monde est un peu fatigué. Mais ça fait du bien. Je reste debout pendant que tout le monde part se coucher. Deux trois petites choses à vérifier sur internet, notamment mon planning des jours à venir. J’ai un timing qui semble juste parfait pour m’emmener exactement là où il faut quand il le faut. J’ai appris qu’il y avait un autre événement de décompression à Portland, le 23 octobre. Ça devrait être juste dans mes dates d’après mes estimations. Et juste parfait pour être aux Hots Springs avec le “Fat Kid Kitchen” bus pour Halloween. Il semblerait même que Jane soit intéressée à l’idée de nous rejoindre là bas. La vie est belle quand on a trente ans et un jour !

Burning Man – Décompression

Et voilà… la date tant attendue est enfin là. Ça fait un paquet de temps que j’annonce à tout le monde que je vais avoir 30 ans le 10-10-10. C’est fait, j’ai trente ans. Je suis pareil, je n’ai pas changé. Enfin si, j’ai énormément changé en dedans, mais c’est la faute au voyage, pas à l’anniversaire. En même temps, j’ai commencé à avoir 30 ans hier. Grâce aux 9 heures de décalages que j’ai avec la France, j’ai reçu mon tout premier « joyeux anniversaire » la veille à 15h14. Une journée d’anniversaire qui dure 33 heures, c’est encore mieux !

Aujourd’hui, une seule chose à faire : aller à l’événement de décompression de Burning Man. C’est quoi un événement de décompression ? Bonne question… pas très facile à expliquer. En gros, c’est une façon de faire revivre l’esprit de la playa ; une façon pour les burners de ne pas rester trop longtemps dans la réalité, et de pouvoir déconnecter de temps à autre. C’est, tout simplement, une nouvelle excuse pour faire la fête. J’aurais donc réussi un triplet gagnant, vu que j’étais aussi à l’événement de précompression de Burning Man en juin. Pour information, vous pouvez relire le post relatif ici : http://sc.c-pp.biz/calivada/?p=201. J’ai eut, personnellement, beaucoup de plaisir à le relire, même si c’est très court, sachant ce qui s’est passé depuis. Je trouve d’autant plus amusant d’avoir assisté aux trois événements sans que ça ne soit prévu ou programmer. Je me suis retrouvé avec Fannie à San Francisco juste au bon moment. J’ai découvert quelques semaines après avoir quitté Montréal que je serais à nouveau au bon endroit au bon moment pour Burning Man. Et je devais fêter mon anniversaire à Montréal, avant de finalement changer d’avis, et revenir une fois de plus à San Francisco. Comme quoi ! Du coup, petite déception supplémentaire de ne pas avoir eut mon appareil photo pour le précompression. Ça aurait compléter parfaitement une possible exposition photo ! Enfin, pour tout ça, on verra bien.

On a commencé la journée tranquillement, avant de se décider à se préparer. Ça commençait à midi, mais on partira vers 14h environ, après une préparation minutieuse.

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Et oui, je n’ai malheureusement plus les magnifiques lunettes de protection de Kelly, il faudra faire sans. Et puis le masque a souffert lors de la dernière soirée à Black Rock City, mais on fera avec également. Par contre, sachez que la poussière dans les cheveux, c’est de la vraie poussière de Black Rock City. Je me suis permis de repartir de là bas avec un petit sac souvenir, et j’en ai donc utilisé une partie pour un shampoing original.

Jane et Mowgly sont prêts également.

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À nouveau un joli petit trio :

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(La version précompression est là : http://sc.c-pp.biz/calivada/?p=80 )

Première constatation en arrivant : ce n’est pas qu’au milieu du désert que l’on doit faire une longue file d’attente ! On remonte donc une ligne de gens sur plusieurs coins de rue, un peu inquiet. Mais heureusement, ça avance vite. Je tente de négocier une entrée gratuite pour mon anniversaire, mais sans succès. Tant pis.

En regardant tout ces gens, il y a tout de suite quelque chose qui me perturbe. Ça ne prends pas longtemps avant que je comprenne : tout le monde est propre et bien soigné. Les gens ont sorti leurs plus beaux costumes, et il n’y a pas un grain de poussières. Pire encore, ils ont pris leur douche avant de venir, sont maquillés, arrangés… du coup, le sentiment n’est plus du tout le même. Et puis on n’est plus au milieu du désert. Les masques et les lunettes de protection ne sont plus nécessaire. Bref, l’ambiance « post apocalyptique » a complètement disparu, et je ne suis pas encore rentré sur le site que ça me manque déjà… trop de couleurs flash, pas assez de tons ternes et sales. Pas assez de gris, et de sable. Trop de violet.

Il y a très rapidement autre chose qui me dérange. Là encore, je mets le doigt dessus très rapidement. Tout les déchets qui recouvrent le sol. Bouteilles vides, emballages… si les gens font attention dans le désert, en pleine ville, c’est complètement différent. Et puis à force de déambuler et regarder les gens, je fais assez rapidement la distinction entre deux grandes catégories. Il y a ceux qui sont allés au moins une fois à Black Rock City, et qui viennent pour se souvenir et pour faire revivre la playa. Et il y a ceux pour qui c’est juste une occasion pour faire la fête, danser, boire et fumer. Mon petit doigt me dit qu’une bonne partie des saletés sur le sol provient de ce deuxième groupe de gens…

Le troisième point, enfin, qui me fatigue, c’est que l’argent est de retour. Il y a des stands où l’on peut acheter de la nourriture et de la boisson. Voir des prix, voir écrit « Redbull », même si je comprends bien que le concept de l’événement est différent, je trouve que ça ne marche pas. Du coup, alors que je marche dans un magnifique gazon bien vert, j’ai un coup de nostalgie. J’ai envie de poussières et de tempêtes de sable !

La première partie de l’événement restera quand même un moment bien agréable. On part tout les trois chacun de notre côté, et je me contenterais de déambuler, dans un sens puis dans l’autre. Je regarde les gens, je réfléchie, j’observe. J’écoute la musique. Je danse un peu à un moment, mais je n’ai pas vraiment la tête à ça. Et puis je fais quelques photos aussi.

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Jane is back in Brötermeløn !

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Je l’aurais attendu longtemps lui :

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Il y a aussi un plan de la playa, avec différentes couleurs, pour dire si les occupants ont laissé la zone propre. La notre était parfaite, suite à un magnifique travail de nettoyage avant de partir ! Je reste aussi un petit moment à regarder la photo aérienne très haute résolution, prise de Black Rock City. Je l’avais déjà vu en ligne, mais imprimé, c’est vraiment impressionnant. Je vérifie, on voit le Pourquoi Pas ? sans problème. Il y a des posters à vendre, un peu plus petit, mais d’une résolution suffisante également. Je partirais donc avec un, en souvenir.

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[Tout en haut, il y a un gros carré noir avec une croix rouge ; juste à côté à droite, c’est le camp dont je faisais parti. Dans le camp, il y a une structure assez grosse (là où étaient suspendus les hamacs). Juste au dessus de cette structure, deux rectangles (deux tentes). Au dessus de la tente de gauche, le rectangle, c’est Pourquoi Pas ?. Sur la version très haute résolution, on peut même voir le gris et le vert sur le moteur à l’avant. Sur mon poster aussi d’ailleurs]

À un moment, j’entends des gens chanter joyeux anniversaire. Je vais les voir, fais un câlin à la fêtée, en lui disant que moi aussi c’est ma fête. Et hop, j’ai même eut le droit à une tite chanson rien que pour moi !

J’ai eut le droit à un autre moment « fort », quand j’ai croisé la demoiselle à l’ombrelle (voir la série de photos « Traces » publiées à la fin de Burning Man). Je savais qu’elle était de la région de la Baie, mais sans plus de détails. Tout comme je savais que je n’avais aucun moyen de la contacter. Pourtant, elle était quand même une de mes raisons de venir… j’avais envie de la revoir. Elle a été très surprise ; après tout, venant de Montréal, c’était peu probable que je sois là. Surtout que je lui avais parlé un peu de mes plans, et que ça n’était pas du tout prévu. Bref… on n’a pas parlé longtemps ; elle était avec des amis, et avait, semble-t’il, pas mal de choses de prévues. Mais bon. L’important, pour moi, c’était juste de la revoir. Ça me rassure, une fois de plus. Ça me confirme que le monde est petit, et que l’on peut donc revoir les gens que l’on a envie de voir (confirmation dont j’ai quand même un peu besoin en ce moment). Juste par hasard. Ou avec un hasard à qui l’on force un peu la main quand même…

Et puis finalement, la deuxième partie de la soirée commence. Celle que, j’avoue, je commençais à attendre. Celle qui nécessite qu’il fasse nuit… il y a quelques oeuvres d’arts qui s’allument ou qui s’enflamment… et surtout, il y a plein de gens qui commencent à faire du feu. J’arrive au tout début, et me trouve un emplacement juste parfait. Et là, je me fais franchement plaisir. Difficile de demander mieux comme partie de fête !

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Et puis pendant tout ce temps, pendant que je regarde et admire, les pensées se bousculent dans ma tête. Les questions et les réponses. La balance a changé : il y a désormais beaucoup plus de réponses que de questions. Je pense à peu prêt savoir où je m’en vais maintenant. Évidemment, il faudra que je revienne à Montréal et que je laisse toute la poussière retombée pour être sûr. Mais dans l’ensemble, ça se précise bien.

Finalement, le feu s’éteint. Un groupe de musique prend le relais, mais jouera pendant une petite demi heure. Malheureusement, on est dans une zone résidentielle, le couvre feu est à 22h30. Il y a bien des « after » à différents endroits, mais ça n’est pas plus inspirant que ça. On rentrera donc, fatigué et heureux. Trop fatigué pour moi. Je laisse les clés du Pourquoi Pas ? à Jane, et pour la première fois depuis 15000 kilomètres (l’étape a été franchie hier) je voyage dans le fauteuil du passager !

Joyeux anniversaire !

Jane n’est pas là quand on arrive chez elle, mais je lui envoie un email, et elle apparaît quelques minutes après. Elle est chez des amis à elle, pour fêter l’anniversaire de Stacey. On est convié à se joindre à eux, dans la joie et la bonne humeur.

On se retrouve dans une maison des plus sympathiques, avec plein de gens qui discutent et qui sont heureux. Jane nous explique que c’est une soirée « micro ouvert ». Il y a en effet une guitare et un piano et à un moment, les gens discussions s’arrêtent. Les gens se relaient, chacun à leur tour, selon leur inspiration, pour jouer de la guitare, pour chanter… je fais un aller retour rapide au van pour récupérer le djembé. Et je m’invite même à jouer du piano devant tout le monde à un moment. Ça fait du bien !

La soirée avance tranquillement. Je serais resté plus longtemps, mais Jane est fatiguée, et en même temps, rentrer me coucher me convient. J’ai une grosse journée qui m’attend demain ! Mowgly rentre avec nous : Jane a aucun problème à l’héberger lui aussi. Chouette.

San Francisco

À la base, Mowgly ne voulait pas aller à San Francisco. Il envisageait plutôt de s’arrêter dans une petite ville en chemin. Mais en même temps, ça le tentait, et j’ai finalement réussi à le convaincre. Je ne resterais pas très longtemps en ville, de toutes façons, donc je pourrais le faire ressortir en repartant. C’est vrai que quitter les grandes agglomérations, c’est souvent un cauchemar en stop.

Ça me fait quand même bien plaisir que Mowgly vienne. Je m’entends bien avec lui, et sa compagnie est agréable. Et puis ça me fera un ami en plus pour fêter mon anniversaire.

Depuis Redding, la route a vraiment perdu tout intérêt. Elle en reprend un tout petit peu au moment du couché de soleil, mais sinon, il n’y a très clairement pas grand chose à voir.

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Et puis nous revoilà dans la civilisation. Le bruit partout, les lumières, les voitures qui roulent dans tout les sens, n’importe comment. Je suis pris d’un sentiment étrange. J’ai toujours eut une vision positive de l’avenir ; j’ai toujours été persuadé que l’humanité allait réussir à prendre un virage radical à la dernière minute, avant que ça ne soit trop tard. Pourtant, au moment où Mowgly sort « Welcome in Babylone », j’ai soudain l’impression que finalement le virage n’aura pas lieu, et que Babylone tombera. Que le virage que je pensais pouvoir se faire en douceur nécessitera finalement quelque chose de plus intense… on verra bien ; l’avenir m’intrigue énormément. Et puis je réalise aussi que dans « Burn Baby Burn », l’un des slogans de Burning Man, Baby fait tout autant référence à Man qu’à Babylone. Je continue à découvrir cette univers parallèle, étrange, qui semble attendre tranquillement l’apocalypse pour pouvoir enfin vivre à fond.

La fumée sur la route

Au programme, aujourd’hui, c’est « autoroute ». Mais de temps en temps, pour le plaisir et se changer les idées, je quitte un peu la route principale, pour voir de quoi ça à l’air « à côté ». C’est pas très différent en fait, mais bon… sauf que la fois où on voit une grosse fumée noire à l’horizon, je me dis que ça peut être intéressant. Quelques petites routes plus loin, on se joint à un petit attroupement, admirant nous aussi les pompiers en train d’éteindre la maison qui brûle. Rien de bien artistique, mais bon…

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