Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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À la découverte d’Ottawa

Les pancakes, au réveil, c’est quand même un vrai plaisir. D’autant plus quand c’est quelqu’un qui les prépare pour vous, et que vous avez juste à être assis, ajouter du sirop d’érable et de la compote de pomme !

Les plans de Danielle ne sont pas très claires par rapport à qui elle veut au Kansas, et quand. Le fait d’être parti depuis longtemps fait qu’elle est stressée à l’idée de revoir certaines personnes. Et puis il y a aussi le manque d’enthousiasme de certains de ces amis qui la démoralise un peu. Je comprends ça, pour avoir connu la même chose il y a un bon moment. Je lui ai dit que l’emploi du temps des quelques prochains jours étaient sous son contrôle. L’idée étant simplement que l’on doit être à Chicago samedi en fin de journée. Et aussi, éventuellement, que j’aimerais dire bonjour à l’arche à Saint Louis. Ça ne lui laisse pas beaucoup de marge de manoeuvres, et c’était l’une des motivations à faire la route en une seule étape ; pour lui donner une journée de plus avec sa famille. Après discussions et réflexions, elle décide finalement de rester une journée de plus chez ses grands parents, pour passer le plus de temps possible avec eux et avec sa soeur. De mon côté, j’ai mes projets à avancer, encore et toujours, donc c’est pas vraiment un problème. Il faut que j’aille en ville trouver une connexion internet, pour récupérer des modifications sur un projet.

On doit également vérifier une information qui nous dérange un peu. À priori, si un américain peut entrer au Canada sans passeport, simplement avec un extrait de naissance et une preuve d’identité, les mêmes documents ne sont pas suffisant pour le retour. Dans la catégorie « on aime vous prendre la tête à la frontière » apprendre que le Canada est plus accueillant pour les américains que les USA eux mêmes ne me surprend qu’à moitié. Par contre, ça complique beaucoup nos plans tout ça.

On dépose Rachel a son travail, et s’installe au centre ville. Évidemment, pas de nouvelles pour le projet. Ça ne me surprend qu’à moitié. Le classique « c’est urgent, reste prêt de ton ordinateur tel jour » suivi d’un silence radio est un classique auquel les travailleurs autonomes finissent par être habitués. Par contre, quelques vérifications sur internet confirment que si Danielle a les documents nécessaires pour entrer au Canada, elle n’a pas ce qu’il faut pour revenir. Pas très pratique donc… on vérifiera un peu plus tard une dernière solution, consistant à prendre un rendez-vous à Chicago pour faire un passeport en urgence. Si au niveau des délais, ça marche (une dizaine de jours, elle pourrait donc recevoir le passeport à Montréal, et donc revenir), il lui manque un certains nombre de papiers, à savoir : une preuve qu’elle a besoin du passeport en urgence (genre une facture d’hôtel à Montréal, prouvant qu’elle part bien en voyage ; le fait qu’elle va être hébergé chez un ami, qui sera là pour témoigner au bureau de passeport, ne semble pas convenir), son permis de conduire (oui, puisqu’elle n’a pas de permis de conduire, une personne de citoyenneté américaine, ayant un permis de conduire, prête à venir et à remplir un papier pour elle ; ça, on peut éventuellement trouver à Chicago ; j’ai des contacts) et surtout, 4 ou 5 preuves de citoyenneté parce que c’est son premier passeport. Le certificat de naissance compte pour un. C’est toujours ça. À oui, j’allais oublié les frais pour la demande, les frais pour l’envoie du passeport, les frais pour le traitement en urgence, et aussi d’autres frais dont je n’ai pas compris la raison. Une chance que je ne m’arrête pas aux douanes, aux douaniers, et aux bureaux d’émigration/immigration pour juger les États Unis. Parce que, bin, comment dire…

Bref… on décide de se rabattre sur le plan G. Ou H. On ne sait plus trop. Il y a eut beaucoup trop de changements de plan ! Donc Danielle viendra avec moi jusqu’à Chicago, puis on repartira chacun de notre côté. Montréal continue à lui faire bien envie, par contre, et elle sait qu’elle y sera bien accueillie, alors peut être qu’une autre fois, peut être…

Rachel ne travaille que trois heures. Alors on attend tranquillement, en faisant des petits trucs sur l’ordi, en visitant la rue principale d’Ottawa, bien au chaud dans le van, et à l’abris de la pluie. Encore plus ennuyante que son homonyme canadienne, c’est tout dire ! Bref, petite ville sans intérêt au milieu de nul part. Ça ne mérite même pas une photo. Nah ! Hier était une journée sans voiture, aujourd’hui une journée sans photo. Il faut bien que le voyageur se repose !

Rachel récupérée, on retourne chez les grands parents, où l’on continue de prendre ça bien relaxe. En vrai grand mère, la grand maman avait préparé un excellent brownie la vieille, et un très bon gâteau blanc avec nappage à l’ananas aujourd’hui. Sans oublier le délicieux rosebeef qui l’a précédé ! Amusant de voir comment les grands mères du monde entier se ressemblent !

Et puis la soirée continue tranquillement, lentement. Je continue d’avancer mes projets sur mon ordinateur, les deux soeurs discutent, les grands parents regardent la télé. Dans le pays des tornades, ce calme au milieu de la tempête des voyageurs est extrêmement agréable. Ne reste plus que se rendre à Chicago, où l’on pourra encore se reposer deux jours, ensuite, il ne me restera plus qu’une dernière étape. Malgré les 1450 kilomètres roulés, il m’en reste encore bien plus que ça à faire. Tout un programme !

Je m’éclipse quelques minutes, à un moment, pour aller faire deux petites impressions dans le van. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait le coup du cadre à quelqu’un. Ce soir, je le fais en double. Un pour les grands parents, pour les remercier pour l’accueil si chaleureux, et un pour Rachel, pour le plaisir de faire plaisir. Deux photos des deux filles, si belles ensemble, et qui se ressemblent quand même beaucoup. Les deux cadres sont accueillis avec des gigantesques sourires, qui me fait comprendre une fois de plus que travailler avec une imprimante et des cadres est vraiment une idée géniale, et que je ne suis pas prêt d’oublier. En plus, j’ai eut de l’aide de Rameen, avec les cadres inutilisés. Donc j’ai pu aller dans du plus grand format pour les grands parents, ce qui n’est que plus sympa encore ! Du moins il me semble !

Et puis la soirée se termine lentement. Discussions, jus d’orange, sourire. Relaxe. Agréable. Demain matin, à un moment, on partira…

Le repos du guerrier

Danielle s’est réveillée bien avant moi ; faut dire qu’avoir dormi pendant que je conduisais l’a sans doute aidée. Moi je me fais une mini grasse matinée, que je considère quand même bien méritée.

Quand je me décide finalement à arrêter de jouer la marmotte (marmotte raisonnable, il est 10h30), je retrouve Danielle dans la maison, ainsi que ses grands parents (maternels). Très gentil et très accueillant, j’ai le droit à un brunch/lunch très nourrissant juste après avoir pris une douche (bien méritée également). Sorte de mini muffin anglais / pain maison, recouvert d’une béchamel avec viande hachée. Intense, donc.

La journée se passera tranquillement à discuter, à ranger quelques affaires, à rattraper mon retard au niveau du blog et du tri des photos (ça s’entasse rapidement ces petites choses !). Je trouve très intéressant de me trouver plonger dans un tel milieu. J’ai eut le droit à un certains nombre d’immersion culturelle au Québec ; des grands parents au Kansas, c’est intéressant également ! En fait, l’un des phénomènes que je trouve le plus amusant, c’est « l’unicité » de la décoration chez les personnes âgées. Mêmes fauteuils, mêmes couverts et ustensiles… même la moquette me semble être exactement la même que chez mon grand père paternel.

On raconte nos aventures et nos mésaventures ; j’explique également ce qu’est un « designer graphique ». Déjà quand je dois l’expliquer à mon entourage, c’est pas évident, mais quand il s’agit de personnes âgées, et qu’il faut en plus le faire en anglais… mais je m’en sors quand même pas trop mal avec des exemples.

En milieu d’après midi, Rachel, la soeur de Danielle arrive. Enfin l’une des soeurs. Il y en a pas mal d’autres. Elle a douze frères et soeurs. Enfin demi frères et demi soeurs. Pas mal de divorces, de recomposition, de décomposition…. bref, si Danielle a douze frères et soeurs, le nombre est à priori différent pour chacun d’entre eux. Les grands parents de Danielle, de leur côté, ont huit petits enfants. Je n’essaierais même pas d’essayer d’y comprendre quelque chose ! Tout ce que je sais, c’est que Danielle et Rachel sont très heureuses de se revoir, après plus d’une année, et ça fait plaisir de voir tout ce petit monde heureux pour les retrouvailles. Moi je suis l’outsider, mais j’ai l’habitude, et ça ne me dérange pas. Voir ces gens heureux me suffit parfaitement !

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Les grands parents de Danielle ont un petit bout de terrain (comparable, je dirais à la partie arboretum du Charbinat, pour ceux qui connaissent, mais en version plus carré). Le grand père propose une visite des lieux, que l’on fera en pickup. On est, après tout, au fin fond du Kansas. Et faire un tour de propriété, sur le plateau d’un pick up, conduit par le grand père d’une amie, au fin fond du Kansas, ça fait partie des expériences à vivre. Cliché magnifique !

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Le tour se fait rapidement ; surtout qu’en automne, ça perd quand même beaucoup…

On retourne ensuite se mettre au chaud dans la maison, histoire de repasser à nouveau le temps en discutant. Un peu après, c’est au tour de Storm d’arriver. Storm, c’est un des frères de Danielle. Oui oui, Storm, comme tempête, parce qu’il est né par un jour de tempête. Storm a 16 ans, Rachel 18. Pourtant, aucun des deux ne semblent répondre aux clichés du teenager américain, et je les trouve très sympathique. Là encore, les retrouvailles Storm/Danielle font plaisir à voir. De ce que j’ai compris, les trois ont la même mère, mais trois pères différents. Ils sont pourtant unis par un très beau lien, une très belle complicité.

Les grands parents ont un sens de l’humour agréable, et joue parfaitement le rôle des grands parents. L’ambiance est agréable, chaleureuse, bon enfant. Je me sens bien à regarder ce monde évoluer, à observer les relations, les interactions. Ça faisait longtemps que l’on ne m’avait pas fait le coup de la bénédicité au début du repas, mais en fait, ça ne me dérange pas du tout. Au contraire, je trouve extrêmement accueillant d’en faire partie. J’ai bien eut le droit au silence rituel du repas tibétain il y a quelques temps en Californie. En voyage, comme d’habitude, les expériences se suivent, et se ressemblent… ou pas.

Évidemment, deux ados et une grande soeur, ça a quand même besoin d’un peu de place, et on passera donc un moment de la soirée à discuter dehors. Comme d’habitude, je prends la personnalité nécessaire pour m’intégrer discrètement. Pour être là, pour participer, mais ne pas prendre trop de place pour que Danielle, Storm et Rachel profitent au maximum de leurs retrouvailles.

Et puis il y a aussi eut la question délicate de qui va dormir où. On reste quand même – Danielle m’a prévenu – chez des grands parents Old School. Surpris, semble-t’il, que je sois en colocation avec une fille. Rassurés, par contre, d’apprendre que mon frère qui a deux enfants est marié. Ouf ! Toutes les valeurs ne se perdent pas. Néanmoins, comme je le disais plus tôt, très sympathiques et très accueillants. Après de longues discussions, la solution est en fait très évidente. Il est évidemment hors de questions que garçons et filles soient dans une même chambre, mêmes s’ils sont frères et soeurs. Alors les deux soeurs dans la chambre d’amis, les deux garçons dans le salon, et hop. Bon, c’était pas si compliqué que ça finalement ! Pour simplifier, j’essaie d’expliquer qu’après trois mois et demi à vivre dans le van, je suis comme habitué, et ça ne me dérange absolument pas, mais c’est hors de questions. Je me coucherais donc dans un grand canapé des plus confortables. Ça me conviendra parfaitement. Les quatre jeunes continuent de discuter encore un moment, et puis finalement, tout le monde au lit. On dort très bien dans ce canapé !

Les 160000 kilomètres de Pourquoi Pas ?

On s’attendait à une journée relativement tranquille, consistant simplement à rouler des centaines de kilomètres. En tout cas, c’est à ça qu’on était préparé… Le petit duvet blanc qui recouvre le parking et le paysage tout autour laisse imaginer dès le réveil que finalement, ça ne sera peut être pas aussi simple que ça… on prend la route tranquillement, admirant le paysage, et se demandant comment va évoluer la météo…

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La route est magnifique, le paysage est impressionnant, mais la neige m’inquiète. D’autant plus inquiétant, les panneaux indiquant « chaînes obligatoires pour les véhicules commerciaux, au col de Vail ». Enfin, on n’y peut pas grand chose, alors on avance, et on verra bien.

Les vallées se succèdent ; on passe de l’une à l’autre. C’est de plus en plus étroit ; même avec le brouillard et la neige, c’est magnifique. La route est d’ailleurs une merveille d’ingénierie. En fait, elle est quasiment tout le temps suspendu. Impressionnant ! Le problème, par contre, c’est la neige qui commence à s’accumuler sur la route…

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Et puis soudainement, on entre dans une nouvelle vallée. Beaucoup plus large, et surtout, les nuages disparaissent, et le soleil réapparaît ! Malheureusement pas pour très longtemps. Il retourne se cacher au début de l’ascension du col de Vail. Et là, ça se dégrade. Vite. Très vite.

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Mais Pourquoi Pas ?, malgré ses 20 ans, et ses quasiment 160 000 kilomètres est un véritable héros. Il grimpe ; lentement, mais sûrement, faisant preuve d’un courage à toute épreuve. Et le passage du col nous fait pousser un grand soupir de soulagement. 3231 mètres, c’est pas n’importe quoi !

La route se dégage, on respire. Ça redescend. J’imagine que le pire est désormais derrière nous. Les panneaux sur le bord de la route indiquent pourtant que les chaînes sont obligatoires, pour les véhicules commerciaux toujours, pour passer le tunnel. Un tunnel ? Quel tunnel ? Aucune idée… la neige redouble… la pente est de plus en plus raide. La route de plus en plus couverte. Je suis bien conscient que j’ai de moins en moins de contrôle. En même temps, ce qui m’inquiète, ce n’est pas le Pourquoi Pas ?. Je sais quand même relativement bien ce que je fais, et à 15 kilomètres heures, c’est pas vraiment grave. Non, le problème, c’est ces idiots qui se croient invincible dans leurs énormes pickups, et qui roulent à 100 kilomètres heure, sans se poser de question.

Une première voiture est bloquée sur le bord de la route. Trop de neige, trop de glace, ça patine trop, la pente est trop raide. Une dépanneuse est déjà là. Juste après, il y a un groupe de 4 ou 5 voitures. Bloquées également. En fait, il y a trois catégories de voitures. Celles qui sont parfaitement équipées, et qui montent sans problème, mais qui n’ont pas le choix de ralentir désormais, entre le blizzard et les voitures dans tout les sens ; ceux qui comme nous monte péniblement, mais monte. Et ceux qui ne montent plus du tout. Il n’y a pas à dire, tout ça est extrêmement stressant. Je sais que si on s’arrête, on ne redémarre pas. Je maudis les chasses neige qui ne passent pas. Je maudis les idiots qui roulent aussi rapidement. Et surtout, je répète inlassablement des mots d’encouragement à Pourquoi Pas ?. J’en suis fier de mon petit van, qui continue de monter, envers et contre tous. 13 km/h. Il y a de moins en moins de véhicules en train de rouler. 10 km/h. Le van dérape de plus en plus, mais continue de monter. Je me demande si c’est prudent de continuer d’avancer. Est-ce que c’est plus prudent de s’arrêter au milieu de tout ça, pas sûr ! Pas vraiment le choix de continuer d’avancer. 8 km/h. Le van fait ce qu’il veut ; le volant ne sert plus vraiment à rien. 5 km/h. Le moteur patine tant et plus, je surveille la jauge, mais il ne semble pas surchauffer. 2 km/h. J’ai vraiment les nerfs à bloc ; la pente semble se calmer un peu. Pas loin. Juste au prochain virage. 1 km/h. J’y crois encore. C’est juste là. J’ai le van le plus formidable de tout les petits vans à pois verts. Le van n’avance plus. Quelques dernières petites avancées, petit dernier soubresaut d’espoir. Et soudainement, le van part en marche arrière. Ça, c’est pas prévu. La pédale de frein ne répond plus. Le volant ne tourne plus du tout. Quart de seconde de panique, avant de comprendre que le moteur à caler. Je mets le van sur parking. Il s’arrête. La fumée qui sort du capot résume le problème. Surchauffe. Note plus tard : la jauge de température n’est pas tout à fait exact. On se regarde. Le van est sur le bord de la route. Il reste deux voies disponibles pour les voitures, qui peuvent donc continuer à passer. Avec les warnings et les phares, il est parfaitement visible. Il ne reste pas grand chose à faire, si ce n’est attendre. Je maudis une fois de plus les chasses neige. Il me semble que dans une zone de montagne, il y a l’équipement nécessaire pour éviter un tel chaos…

Une dépanneuse arrive, s’arrête. Le gars nous offre un lift pour le haut de la montagne : il y a là un grand parking, juste avant le tunnel. Après, ça fait juste descendre. 200$. Je n’ai pas d’assurance pour ça ; mais tout simplement aucun moyen de négocier. Donc pas le choix d’accepter. On va pas non plus rester ici en attendant le dégel… le van se retrouve à l’arrière de la dépanneuse. On n’a même pas besoin de sortir du Pourquoi Pas ?. Ride originale et intéressante ! Danielle a pas mal le même sens de l’humour que moi, et on rigole quand même beaucoup de tout ça. Savoir que de toutes façons je finirais par rire de tout ça plus tard, autant commencer à en rire plus tôt ! C’est juste 200 $. Le van n’a rien, et l’énorme camion ne nous a pas rendu dedans. Tout va bien, la vie est belle. Et puis monter en dépanneuse, c’est quand même beaucoup moins pénible !

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On arrive en haut, il y a en effet un tunnel. Et un panneau juste avant. 11158 pieds. 3400 mètres. Ouais, bon, quand même ! Sauf erreur, il me semble bien que c’est la première fois que le Pourquoi Pas ? monte aussi haut ! Enfin avec moi. Un peu frustré quand même par le coût de la dépanneuse. Frustré un peu aussi par le fait que j’avais vérifié les prévisions météos, et qu’ils n’annonçaient pas de blizzard. Mais bon, voilà. Tout le monde est en vie, j’aurais peut être fait la même chose en sachant que la météo était mauvaise, et le Pourquoi Pas ? redémarre sans problème. Juste une petite surchauffe. Il a du mal à quitter le parking et à se rengager sur l’autoroute, mais une fois sous le tunnel, ça roule à nouveau parfaitement. Et de l’autre côté, on ne fait plus que descendre. La route est mauvaise, mais c’est quand même plus simple de descendre. On y va tout doucement tranquille, et ça se fait sans problème.

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On est quand même bien content quand ça se dégage à nouveau ! On continue à descendre, on rerespire, le stress s’en va petit à petit. Mais Lawrence ce soir, je n’y crois plus vraiment.

Beaucoup de stress pour moi, encore plus pour Danielle, qui en plus a beaucoup de raisons de stresser sur son retour au Kansas. On prend donc une sortie, histoire de s’arrêter un peu, et de se faire un chocolat chaud pour se changer les idées. Le hasard nous fait sortir juste là où il faut pour aller voir la tombe de Bufalo Bill. Le nom est connu, mais je n’ai aucune idée de si c’est quelqu’un de bien ou pas. Mais bon, on est là, alors pourquoi pas ? Il y a aussi un musée, mais l’entrée étant payante, on ne saura rien de plus sur ce monsieur. Mais on aura vu sa tombe. C’est toujours ça.

Les rocheuses américaines, c’est comme les rocheuses canadiennes. Un mur à la fin d’une plaine gigantesque. Et là, on est juste sur la dernière bosse du mur. À l’infini devant nous, la pleine. Juste à nos pieds, Denver. Rien d’inspirant ! Pas même la brasserie Coors, qui brasse l’une des pires bières d’Amérique du Nord.

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Comme on a quitté l’autoroute, la descente sur la plaine se fait sur une toute petite route magnifique, qui nous permet de vraiment admirer le paysage.

Il est 16h30 quand on arrive dans Denver. On traverse la ville au début de l’heure de pointe ; dernière petite dose de stress pour la route. Pourquoi Pas ? en profite pour fêter son 160000e kilomètre, mais il n’y aura pas de photos pour l’occasion. Pas au milieu d’une brettelle d’autoroute !

17h, il fait nuit noire. On roule.

20h, ça roule toujours.

À un moment, on quitte le Colorado. Nous voilà finalement au Kansas. Plus que 650 kilomètres.

22h. Danielle dort depuis un moment. Moi je commence à fatiguer un peu. Le premier café n’a pas été suffisant. Le deuxième aide un peu.

Minuit. Il n’y a plus aucune voiture sur la route. Il n’y a rien. Juste du plat, et des étoiles. Je me surveille énormément. Fatigué, mais ça va.

1h du matin. La fatigue est partie. Le deuxième café a sans doute aidé. Mais surtout, je suis finalement dans mon état de relaxation complète et totale. Cet état que j’aime tant. Si agréable. Plus personne sur la route, ça avance tout seul. Je m’arrête régulièrement, pour faire quelques pas, m’étirer, et repartir.

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Traverser le Kansas de nuit est une expérience relativement intéressante. C’est plat. Il n’y a rien. Juste des antennes, plantées régulièrement (sans doute pour les cellulaires) et qui clignotent en rouge. Ou en bleu. Ça dépend. Régulièrement, également, on traverse une ville. À chaque fois, ça ressemble à une aire d’autoroute géante. Station service, petite boutique 24h, une grosse usine, quelques maisons. Tout ça à espace régulier. Comme si l’installation s’était fait régulièrement, étape par étape. On avance un peu plus dans le vide à chaque jour. Facile d’imaginer toutes ces familles, rêvant d’un monde meilleur, mais perdu au milieu d’un vide qui n’en fini plus.

3h30 du matin, je quitte l’autoroute. On ne va pas à Lawrence, mais à Ottawa, chez les grands parents de Danielle. Ils sont prévenus que demain, à leur réveil, il y aura peut être un van dans leur cour.

4h30 du matin, on arrive à Ottawa.

4h45, nous voilà finalement chez les grands parents de Danielle. Loin de la ville, petite maison perdue au milieu de nul part. Accueilli par un chien qui semble relativement gros et pas sympathique. Pas de problème, on ne sortira pas du van.

4h50, allongé, bien confortablement. Je m’endors bien vite, après un résumé des épisodes du jour. Un réveil sous la neige, un col à 3200, un col à 3400, un voyage en dépanneuse, une surchauffe, une visite à la tombe de Buffalo Bill, la traversée du Colorado et du Kansas… et j’ai roulé 1450 kilomètres en 21 heures… et il en reste bien plus que ça jusqu’à Montréal ! Dur !

Le gars qui aime rouler…

J’aime tester mes limites d’endurance. Mon but n’est pas d’aller dans les extrêmes, d’aller trop loin. Simplement de voir ce que je suis capable de faire. Battre des records, faire des choses qui n’ont jamais été faite avant, ne m’inspire pas plus que ça. Ce qui m’intéresse, c’est de voir de quoi moi je suis capable, de me surprendre en disant par après « ah bin, j’aurais pas cru ». Ma longue semaine passée à Yosemite en est un bon exemple. Partir en randonnée tout les jours m’a permis de voir combien de temps, quelle distance, je pouvais marcher en une semaine. Information relativement inutile à savoir, mais que je suis quand même content de connaître. À cause de tout ça, la perspective des kilomètres qui s’en viennent me plaît vraiment. Il nous reste 1450 kilomètres à faire d’ici à Lawrence. J’aime conduire longtemps, sans m’arrêter. Pour moi, c’est un exercice de relaxation. Et je me dis que demain, les 1450 kilomètres que nous avons à faire, je les ferais bien en une seule fois. Arriver tard lundi dans la nuit, plutôt que mardi dans la journée… qui sait ? On verra bien comment je me sens. Comme je le disais, le but n’est pas d’aller trop loin. Juste de savoir où je peux aller. Tout ça m’amuse beaucoup !

Arches National Park

On ne roule même pas une heure. On ne va pas vraiment très loin. On ne s’éloigne pas tant que ça. Du coup, je m’attends à trouver un peu la même chose, le même genre de paysages. Perdu. Évidemment. On attaque notre cinquième parc national dans l’Utah. Et une fois de plus, pour moi, c’est une grande claque en pleine face. Je ne pensais pas avoir à nouveau quelque chose de nouveau. Et pourtant… Arches a également sa personnalité propre. La spécialité d’arches, comme son nom l’indique, c’est les arches. J’ajouterais aussi les rochers magnifiques. Il est 15h quand on arrive à l’entrée du parc. On dispose de seulement deux heures avant le couché du soleil. Crève coeur. On ne pourra pas tout voir, c’est sûr. Mais bon… je resterais bien deux semaines de plus en Utah, mais il nous faut bien rentrer un jour…

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Ah oui ! L’autre spécialité du parc, c’est les cailloux en équilibre. Rajoutez une lune magnifique, vous aurez des photos encore plus intéressantes.

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Et puis tiens, pendant qu’on y est, pourquoi ne pas ajouter également une magnifique chaîne de montagnes en arrière plan ? La même que celle que l’on voit depuis Canyonsland. Mais de bien plus près.

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Voilà… une fois que vous avez tout ça, vous pouvez vous promener un peu.

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Évidemment, on n’oublie pas de s’arrêter pour observer les « windows » et « Turret Arche » qui fait face.

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Suite à une erreur de débutant ( « oups, ma batterie de rechange est restée dans la voiture ») vous n’aurez pas le droit aux fenêtres vues au travers de l’arche. Mais c’est bien impressionnant aussi !

De retour à la voiture, après avoir récupéré une nouvelle batterie, roulez cent mètres, arrêtez vous à nouveau. Les arches, franchement, c’est la classe, c’est beau, c’est le fun. Mais bon, on est dans l’Utah, il n’y a plus de limites à rien. Pourquoi ne pas aller voir une arche double ?

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Ouf ! Vous trouvez pas ? Les paysages, les couleurs, l’ambiance… ça reste toujours aussi impressionnant. En fait, c’est rendu trop. On va si vite, qu’on n’a pas le temps de tout enregistrer, de prendre en compte toutes les informations. On arrive soudainement à information. En même temps. Le cerveau se la joue « carte mémoire full ». Besoin de s’arrêter, top, fini, on se calme ! Il y a, je pense, une bonne quinzaine d’arches dans le parc. Après avoir trouvé l’endroit où naissait les rochers percés en Oregon, il semblerait que je viens de trouver l’endroit où naissent les arches…

On n’a pas le temps de tout faire, autant s’arrêter là. On s’en offre juste une petite dernière. La plus célèbre, la plus connue, la plus photographiée. « Delicate Arche », que l’on trouve, entre autre, sur toutes les plaques d’immatriculation de l’Utah. Il y a une marche d’une bonne heure pour aller la voir de prêt. Ou une de cinq minutes, pour la voir de loin. Devinez laquelle on a pris ?

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C’est sûr que d’ici, on perd la vue sur les montagnes magnifiques vues au travers de l’arche. Par contre, on gagne la vue « y a du monde » sur la deuxième photo. On est un froid (mais certes ensoleillé) dimanche après midi de la mi novembre, une heure avant le couché du soleil. Et pourtant, il y en a encore pas mal de touristes !

Et puis hop, ça y’est, c’est fini. Le moment « touriste » se termine soudainement. Après trois mois et demi, après ce dernier « dernier souffle » dans le sud de l’Utah. Après cette dernière petite semaine à prendre mon temps, tout se termine, soudainement. Je suis heureux, je suis content. Je l’ai décidé. Je suis prêt à passer à autre chose. On peut quitter le parc en toute tranquillité.

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Le gars qui aime conduire a pris le dessus sur le gars qui aime faire des photos. Danielle l’a fait remarqué à plusieurs reprises, mon cerveau est capable de virer sur un trente sous de façon redoutable (expression québécoise que j’aime énormément, « virer sur un trente sous » signifie, vous l’avez deviné, faire un coq à l’âne, passer soudainement complètement à autre chose). J’ai envie de conduire. Ça me démange. Ça me fait envie !

On s’arrête à Moab, la ville juste à côté ; j’avais un dernier petit truc à vérifier sur internet ; un contrat sur lequel je travaille et que je devais envoyer. Et puis en traversant la ville, je vois un restaurant buffet à volonté. Nouveau virage du cerveau. Me semble qu’un « all you can eat » là immédiatement, ça serait parfait. Danielle embarque immédiatement. On rentre dans le restaurant, pour apprendre dépités que le buffet, c’est juste à midi. On se consulte. C’est malin. Maintenant, on a tout les deux envie d’un buffet !

Vous le savez, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. On est dans une ville assez touristique, alors on regarde ce que google nous réserve. Un seul « all you can eat » en ville, et c’est juste sur de la pizza. Ça ne nous inspire pas. Le gars qui aime conduire à pris le dessus sur le gars qui aime prendre des photos. Il fait nuit, mais c’est pas grave. À deux heures de route d’ici, à Grand Junction, il y en a un de buffet à volonté. On se regarde… let’s go ! Il faut bien commencer à rouler à un moment !

Bonne musique, motivation, enthousiasme… on se retrouve à l’entrée du buffet deux heures après, avoir un grand sourire. Et j’avoue que je fais une razzia. C’est l’avantage d’aller dans un buffet, en ayant faim, et en ayant beaucoup de choix. De bons choix. De qualité. On ressort tout les deux en ayant trop mangé, mais heureux !

Il ne reste plus qu’une décision à prendre. Continuer la route, toujours de nuit, ou s’arrêter là. Le gars qui fait des photos reprend un peu le contrôle. C’est quand même un peu dommage de traverser le Colorado sans rien voir. Il y avait une heure de repos, 15 kilomètres plus tôt. On fait un petit retour en arrière. Gigantesque parking, plein de camions. Le Pourquoi Pas ? se sent tout petit au milieu de tout ça, mais nous on se sent confortable. Et moi, je suis tout excité. Demain, j’ai 1450 kilomètres qui m’attendent. 900 miles. Ça va être intense !

Capitole Reef National Park

Sur la carte, « Capitole Reef National Park », c’est tout en longueur, et la route traverse sans se poser de questions. D’un peu plus prêt, on a une meilleure vue d’ensemble. C’est donc bien une gigantesque falaise, qui semble s’étaler jusqu’à très très loin. Et nous, et bien on va essayer de traverser ça.

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Après avoir longé tout ça pendant un bon moment, on s’arrête pour profiter d’un dernier point de vue avant d’attaquer la route qui traverse.

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On reste pas longtemps en dehors du van, parce qu’il fait froid, et surtout parce que c’est très venteux !

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L’éclairage est juste parfait, et l’assemblage de couleur et parfait. Difficile, dans ces conditions, de laisser l’appareil photo se reposer.

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Un panneau « petroglyphe » nous fait faire une pause supplémentaire. Quelques dessins, tout simplement superbes, au pied d’une falaise.

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De l’autre côté, par contre, la falaise est beaucoup moins sympathique, avec son côté aliénoïde :

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La route suit ensuite la rivière Fremont, qui traverse une bonne partie du parc. Du fait de la présence de la rivière, la zone est plus hospitalière, et même un peu verdoyante. Il y a même eut des gens qui ont vécu ici à une époque. Une ancienne école (d’environ 5 mètres par 5 mètres) est là pour en témoigner.

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Le parc est finalement derrière nous, mais les paysages nous font toujours autant halluciner. On continue à rouler, encore et toujours. Et je continue d’appuyer régulièrement sur le bouton déclencheur de l’appareil photo.

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Et puis finalement, on arrive à l’intersection avec la route 96, et là il nous faut prendre une décision. À gauche, c’est un peu plus rapide, mais sans doute moins beau. Ça nous ramène plus vite vers l’autoroute, et ce soir on dort sur une aire de repos. À droite, c’est plus long, et sans doute magnifique. Ça nous fait faire un détour, et nous fait dormir dans une National Forest ce soir. Personnellement, je suis incapable de décider, mais Danielle préfère l’option à gauche. Dormir sur une aire de repos, ce soir, ça fera du bien. La route qui traverse le désert de San Rafael est droite, et rapide. Et en effet, c’est dans le désert. C’est pas grave : pour moi, désert est synonyme de magnifique, alors bon…

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Rendu sur l’autoroute, le ciel étant de plus en plus couvert, et le soleil de plus en plus couché, la lumière devient vraiment moins intéressante pour les photos. Il n’empêche que le paysage reste magnifique, et que j’en profiterais probablement demain !

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L’aire de repos est quelques kilomètres plus loin. On gare le van confortablement, au milieu des gros camions. C’est parfait. Cette anonymat, cette froideur, me convient bien. On devrait passer pas mal de temps sur les aires d’autoroute à partir de maintenant.

Bien au chaud dans le van (le chauffage remarche normalement, ça m’intrigue vraiment cette histoire où il arrête de chauffer au milieu de la nuit), le frigo est bien frais, et la bière qui en sort l’est tout autant. Nos petites soirées tranquilles se ressemblent beaucoup, mais font beaucoup de bien, et permettent d’être en pleine forme le lendemain matin. Et c’est exactement ce dont on a besoin !

La route jusqu’à Capitol Reef National Park

Finalement, le chauffage a décidé de s’arrêter une fois de plus au milieu de la nuit. Heureusement, la température était un peu moins pire, et il a quand même marché une bonne partie de la nuit. Donc une fois de plus, on se réveille pas complètement congelés, ce qui n’est pas désagréable. L’autre bonne nouvelle de la veille, c’est que suite à une inspiration subite alors que tout marchait bien dans le van, j’ai décidé de réessayer l’option propane du frigo. Qui a marché à merveille toute la nuit. Donc au final, tout semble refonctionner comme au départ !

La nuit a été bien tranquille. Faut dire qu’au milieu de nul part comme on était, le trafic était plutôt raisonnable.

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On se décale tranquillement pas vite, pour vivre de plus en plus avec le soleil. Il faut dire que le soleil se couchant à 17h, notre soirée commence à peu prêt à ce moment là. Et même si on a des milliers de projets à avancer, et que la gestion des photos et du blog me tient quand même bien occupé, on ne se couche pas vraiment très tard au final. Grâce à ça, et aussi surprenant que ça puisse paraître en cette saison, les journées semblent rallonger !

Et heureusement. Parce qu’on a beaucoup de routes à faire, mais que ce ne sont pas des kilomètres qui se font rapidement pour le moment. Le paysage est encore est toujours hallucinant.

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Je m’arrête régulièrement pour faire des photos, même si la grande majorité sont faites tout en conduisant. Histoire de ne pas passer nos journées à être assis, on s’arrête à Escalante State Park, pour une petite promenade sur la montagne, qui nous permet d’admirer du bois fossile. Certains spécimens sont quand même plutôt magnifiques !

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Et comme on a encore des milliers de kilomètres à faire, les leçons de français continuent. Je me suis dit que commencer par la base pouvait être une bonne idée. Et c’est vrai que connaître l’alphabet permet de mieux comprendre la compréhension. On a ensuite enchaîner sur les nombres. Enseigner/expliquer une langue, je suis en train de le découvrir, et une façon magnifique de la redécouvrir, de réaliser certains petits détails. Notamment pour les nombres. Je n’avais jamais réalisé que la série onze-douze-treize-quatorze-quinze-seize était construite de la même façon (un+ze, deux+ze, trois+ze etc…). J’explique ensuite à Danielle trente, puis quarante ; lui disant que c’est le même principe, elle devine cinquante et presque soixante (sixante). Et bien évidemment, elle s’essaie avec septante et huitante. Voir que c’est si logique pour quelqu’un à qui on est en train de l’expliquer permet de réaliser d’autant plus l’aberration de nos soixante-dix quatre-vingt etc… on rajoute un petit tour du côté du verbe être, et du vocabulaire utile (couteau, fourchette, assiette, cuillère, pâtes au fromage). Et tout cela nous permet de continuer de bien avancer.

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Les paysages s’enchaînent assez rapidement. Si la thématique de base (roche et désert) restent assez constante, le style de la roche, les couleurs, les formes, changent en permanence, pour notre plus grand bonheur.

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On enchaîne ensuite sur une route de montagne. Encore et toujours, le Pourquoi Pas ? grimpe avec enthousiasme et sans la moindre hésitation. On monte un long moment ; c’est de plus en plus blanc sur le bord de la route. Je réalise qu’on est assez chanceux d’avoir une route en quasiment parfaite condition (il reste une ou deux petites plaques de glaces bien cachées).

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À force de monter, on finira par franchir un dernier col à 2926 mètres ; commencera ensuite la descente jusqu’à Capitol Reef National Park, que l’on commence à deviner de plus en plus.

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Bryce Canyon

Alors la conclusion, après la nuit, c’est qu’en dessous d’une certaine température, le chauffage ne marche plus. En fait, la soufflerie marche encore, mais plus la flamme. Donc non seulement il n’envoie plus d’air chaud, mais en plus il envoie de l’air froid du dehors. Donc je me suis décidé à finalement le fermer, vu que c’était plus pire qu’autre chose. On a eut la confirmation un peu plus tard : la température est descendue à -13 cette nuit. Dans le van, pas de chauffage, c’est quand même pas mal très limite. On a survécu quand même, mais j’ai eut le bout du nez pas mal bleu juste avant le lever du soleil. Du coup, on a fini la nuit avec les ronds de la gazinière allumé. C’est toujours mieux que rien !

La bonne nouvelle, c’est que ciel est magnifique dehors. Grand ciel bleu, et grand soleil chaud, qui fait un bien fou. D’ailleurs, je reste un moment au soleil à décongeler. Et je suis pas le seul à avoir besoin de décongellation ! Dans l’ordre : une bouteille de deux litres de paraffine liquide qui dormait 40 centimètres en dessous de nos têtes, la condensation congelée à l’intérieur de la vitre du passager, et le réservoir de propane du Pourquoi Pas ?…

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La bonne nouvelle, par contre, c’est que ce matin le van démarre sans le moindre problème. J’étais un peu inquiet pour la batterie, mais il semblerait qu’il y avait aucune inquiétude à avoir à ce niveau là. Le Pourquoi Pas ? est une brute qui ne craint rien ! Élevé au Québec, il lui en faut plus pour être impressionné !

Les passagers décongelés remontent en voiture, et prennent la route en direction de Bryce Canyon.

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On s’arrête à une station service/motel/camping où je demande à une vieille madame des plus charmantes si je peux faire le plein d’eau. Elle accepte gentiment. Le temps de remplir le réservoir d’eau (environ 3 minutes) je suis à nouveau entièrement gelé. La madame était vraiment sympathique, et j’ai envie d’un chocolat chaud. J’ai tout ce qu’il faut dans le van, mais j’ai bien envie de profiter du luxe du monde moderne. On rentre dans la station service à nouveau, et on s’installe à une table avec un chocolat chaud, un café, et des biscuits. Ça fait un bien fou ! Je discute un peu avec la madame, à qui je demande si ce temps est habituel. Elle me répond que non. Normalement, ils ont encore plus de neige à ce moment là. Bon, c’est vrai qu’on est quand même à 2500 mètres, mais on reste pas mal dans le sud. Ça reste donc surprenant pour moi !

Et puis finalement, on arrive dans Bryce Canyon. Depuis que j’ai entendu ce nom, je ne peux pas m’empêcher de penser au logiciel que j’utilisais pour faire des images en 3D. Un logiciel qui s’appelait lui même « Bryce », et que j’aimais beaucoup. Sa spécialité : la création de paysage. Il offrait énormément de textures, et de type de relief extrêmement intéressant. J’aimais bien ce qu’il permettait de faire. Pour moi, c’était des paysages fantastiques vraiment originaux. Je me rends compte, depuis que j’ai mis les pieds en Utah, que l’origine du nom de Bryce est très claire. Et que les paysages que je pensais fantastique à l’époque où j’utilisais les logiciels sont en faits parfaitement normaux quand on se promène dans la région. C’est quand même surprenant de se retrouver à l’intérieur d’un logiciel de 3D je trouve !

Le parc national est pas très grand. Vu la température, on n’est pas plus motivé que ça à faire de la randonnée, et on prévoit donc de le faire en une journée. L’idée est de suivre la route jusqu’au bout, en s’arrêtant à tout les points de vue. Et si vraiment on voit un endroit qui nous plaît, partir pour une petite balade.

La première partie du canyon est en même temps la plus impressionnante. Petite précision avant tout : je pensais, du fait du nom, et de la visite récente à Zion, qu’on allait être au fond d’un canyon. En fait, non. On suit une crête, sur le bord de laquelle se trouve plein de formations géologiques des plus intéressantes. La plus impressionnante de toute, donc, qui se trouve prêt de l’entrée du parc, est l’amphithéâtre, sur lequel on peut avoir plusieurs points de vue :

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Rendu au deuxième point de vue, je vois un photographe avec une lentille particulièrement sympathique, sur un énorme trépied. Je commente en disant qu’il a du beau matériel. Il me propose de l’essayer, et j’accepte avec le sourire. Tout de suite après, vu son accent, je lui propose de passer au français, ce qu’il accepte de bon coeur.

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Il s’appelle Stéphane, et est photographe professionnel à Bordeaux. Il est sur un voyage relativement long aux États ; commencé à Boston, puis dans les rocheuses, avant de continuer jusqu’à Los Angeles puis de revenir dans le Colorado. On discute un peu technique, quand un couple arrive, et salut tout le monde d’un joyeux « bonjour », avant de se joindre à la conversation. On est ensuite rejoint par une autre fille, Armelle, qui vient de Brest. Danielle rigole énormément, de se retrouver entourée de français, et de ne pas comprendre. Sans doute une préparation pour Montréal ! En parlant de Montréal, le couple y est allé. Ils n’ont pas aimé. « C’est trop américain, pas assez français ». Exactement le genre de commentaires qui me donne le goût de mordre. Bien sûr que c’est américain Montréal. On est en Amérique du Nord, pas en Europe ! La fille a vécu 5 mois à Montréal, mais fait des grands yeux ronds quand je dis que c’est une capitale gastronomique. Encore une qui s’est contenté d’aller manger de la poutine à la banquise… et puis finalement, le gars rajoute une couche « on était surpris, on pensait que les québécois étaient plus accueillants ; l’image des canadiens, qui vivent dans leur cabane, et qui accueille tout le monde avec le sourire ; on pensait que les gens allaient nous parler dans la rue ». Je commence à expliquer que Montréal c’est une capitale économique ; qu’ils auraient pu aller en Gaspésie ou au Lac St Jean s’ils voulaient un contact plus humain. C’est pas au milieu de la deuxième plus grande ville francophone du monde qu’ils allaient voir des cabanes. Enfin… ils ne restent pas longtemps, et ça m’évite d’avoir à les jeter par dessus la barrière. Ça aurait fait pas beau dans le parc après !

Stéphane et Armelle sont encore là, et on discute encore un peu. Le contact avec eux est beaucoup plus agréable ! On parle encore un peu boutique avec Stéphane, et on échange nos coordonnées. Armelle, de son côté, doit être à Montréal début décembre. Elle repart donc elle aussi avec mon adresse email, si elle a besoin d’un guide touristique. Ça lui évitera de terminer à la banquise. Grrrrr !

C’est bête, mais ça fait du bien de parler français un peu. Je sais que l’une des raisons qui me donnent envie de rentrer à Montréal, c’est de pouvoir recommencer à parler français. Je répète depuis bien longtemps que l’anglais n’est plus un problème pour moi, et c’est de moins en moins le cas, surtout avec Danielle. On a de longues discussions philosophiques ensemble, sur la création, sur les personnages de livres qui ont leur vie propre au détriment de l’auteur, sur la difficulté d’expliquer un processus créatif à des non créatifs, etc… bref, non, l’anglais n’est plus un problème. Mais le français reste ma langue maternelle, celle que je maîtrise parfaitement (sauf à l’écrit, diront certains lecteurs !) ; et le parler régulièrement avec des gens intéressants me manque !

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D’en haut, on voit une balade qui permet d’aller se balader en bas. Pas trop longue (4 kilomètres aller retour), ça nous fait quand même bien envie, et on se décide donc à jouer un peu les sportifs. Histoire de voir de plus prêt ces magnifiques formations rocheuses. La balade est l’occasion d’une autre longue discussion philosophique sur la créativité, et j’en profite aussi pour transmettre à Danielle quelques rudiments de français. Une façon très intéressante de découvrir à quel point ça peut ne pas être évident d’apprendre une langue à quelqu’un d’autre ! Par où je commence « je m’appelle Sébastien » ? Ou « je tu il elle on nous vous ils ? ». Ou peut être la conjugaison des verbes du premier groupe ?

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Un peu plus loin, c’est un suisse qui nous dit « bonjour ». Oui, trahit par le van. Et encore après, quand Danielle pose une question à un groupe de personnes qui lui répondent d’un regard ébahis, elle enchaîne par un « do you speak french » qu’ils comprennent et acquiescent rapidement. Bref, si vous êtes en manque de français, il semblerait que Bryce Canyon soit un bon endroit pour en trouver ! Surprenant, parce qu’à Zion, il n’y en avait quasiment aucun…

Si la balade dans l’amphithéâtre valait vraiment la peine, la suite nous laisse un peu plus sceptique. C’est beau, c’est très beau même. Je ne chercherais pas à dire le contraire. Mais c’est un peu trop « la même chose », et surtout, ça ne rivalise pas avec le premier aperçu. Il y a énormément de point de vue, alors on s’arrête régulièrement, on fait quelques photos, et on repart. Le parc ne semble pas attendre autre chose de nous. Les autres balades ne sont pas aussi prometteuses, et comme on est déjà en haut, on a un aperçu d’ensemble… alors ça permet de faire tout ça un peu rapidement, ce qui n’est pas plus mal non plus.

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On croise à nouveau Stéphane, au dernier point de vue. On rediscute un peu. Il en profite pour me demander de faire une photo de lui, avec son matériel, et fait une photo de nous en échange. Quand il voit l’état de ma lentille, il hallucine complètement. Oui, ma bien aimée lentille a quand même beaucoup souffert de passer une semaine dans le désert, incluant une tempête de sable. Enfin, c’est un canoniste lui aussi alors il en profite pour utiliser une de ses lentilles à la place. J’admets, elle a un beau piqué la 17-40 de Canon ! Ça pourrait presque être une…. ah ! non, j’ai rien dit. Je remplacerais probablement ma 17-50 par une autre 17-50. Un jour.

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Il se fait tard. On reprend donc la route avec Danielle. J’hésitais à faire le détour par Arche, mais vu les commentaires de Stéphane, on va aller jeter un oeil. On n’est parfaitement dans les temps sur le planing de fou qui nous attend de toutes façons, c’est donc parfait.

On roule un peu, mais pas très longtemps. Le soleil se couche déjà, ce qui n’empêche absolument pas le paysage de rester magnifique !

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On est rendu dans Giant Staircase National Monument. Je suis pas tout à fait sûr que les permissions de camping soient les mêmes dans un National Monument quand une National Forest, mais mon instinct me dit que c’est pareil. Alors quand on trouve un petit chemin qui s’éloigne un mini peu de la route, on s’y engage. Ça sera parfait pour la nuit.

Au moment de garer le van, je réalise quelque chose qui, je l’avoue, me fait quand même assez plaisir. Même si je ne suis pas fan des aires d’autoroute, je pense que c’est notre dernière nuit au milieu de nul part. En principe, à partir de demain, on devrait dormir sur des aires d’autoroute, ou chez des gens (amis et famille de Danielle, amis de moi, couchsurfing, etc…). J’aime énormément dormir au milieu de nul part comme ça, mais il n’en reste pas moins que j’ai du mal à ne pas m’imaginer encore à Happy Camp… une aire d’autoroute me paraît plus tranquille !

L’autre bonne nouvelle, c’est que ce soir, il fait moins froid, et le chauffage remarche parfaitement bien. On devrait être bien confortable toute la nuit. Ouf !

Alors pour faire changement, on termine par une petite soirée tranquille à discuter / écrire / bloguer / lire / dessiner / travailler. Tâches réparties en fonction des spécialités de chacun !

La suite du programme

Non seulement Danielle a monté et descendu Angel Landing sans le moindre problème, mais en plus, elle est encore en forme. Il y a le « Weeping Rock » (rocher qui pleure) qu’elle a très envie de voir, à cause des jardins suspendus que l’on peut y observer. Et puis bon, c’est juste une petite marche de trente minutes pour se rendre. On reste dans le raisonnable ! Et comme en plus, on veut aller voir le fond de la vallée, c’est sur notre chemin. Parfait, donc.

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La marche d’approche, en effet, se fait très rapidement. Je suis juste un peu déçu : le rocher ne « pleure » pas tant que ça. Je m’attendais à un rideau sans doute un peu plus conséquent. Côté jardin suspendu, pas grand chose non plus au rendez-vous. Mais Danielle semble satisfaite, donc tout est beau !

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Un peu plus loin, la vallée se rétrécie considérablement. Ça correspond à l’endroit où la route s’arrête. Mais il est encore possible de suivre la rivière pendant quelques temps, ce que l’on fera, en randonneurs fous que nous sommes. Sauf que là, la balade n’est pas vraiment intéressante. C’est plat, entre deux murs de pierres, les gens ne parlent pas, ne sourient pas. On propose au même moment de faire demi tour, tannés de marcher. Sauf qu’au même moment, je vois qu’on est rendu au bout de la promenade. Donc finalement, ça paraît une bonne raison pour faire demi tour.

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On prend le chemin du retour juste à temps pour attraper le coucher de soleil. D’ailleurs, un conseil en passant : si vous voulez un bon endroit pour faire des photos de couchers de soleil, c’est sur le pont. Mais venez en avance, les places sont comptées !

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Moi, mes photos je les ferais depuis la voiture, en conduisant. Sans trépied. Bon.

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J’ai prévenu Danielle : personnellement, j’ai envie de prendre tout mon temps. Je sais à quelle date nous devons arriver à Lawrence, et je sais quelle distance je peux parcourir en une journée. L’idée c’est d’avancer tranquillement, de voir tout ce que l’on peut voir, le plus longtemps possible. Et puis quand ça sera rendu le moment, on arrêtera tout, on rangera les déguisements de touristes, et on se rendra à Lawrence sur une ou deux journées. Je veux profiter au maximum de chaque endroit visiter. Je préfère juste voir Zion et Bryce, mais voir tout ce que j’ai envie de voir, que de faire un peu de Zion, un peu de Bryce, un peu de Giant Staircase, un peu de Capitol Reef, un peu de Canyonlands, un peu de Arches. Oui, les parcs, dans le coin, ça pullule. Donc on va à notre rythme, et on verra ce que l’on verra. Je sais que je vais vouloir revenir à Zion de toutes façons, mais au moins je partirais sans aucun regret. Alors ce soir, on retourne à notre petit camping, et demain, on revient un peu se balader dans le parc, histoire de tout voir ce que l’on veut voir, avant de prendre la route pour Bryce. On arrivera quelque part, un jour, et ça nous convient parfaitement.

Et comme on a été très sportif aujourd’hui, on mérite très clairement des pâtes au fromage pour le repas du soir. Ce soir, j’ai des envies de spaghettis. J’ai trois variétés différentes. J’en attrape une au hasard. Le hasard qui m’a fait choisir des « cheveux d’ange ». Belle coïncidence, non ?

Le gars aux cheveux longs

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Certains ont très clairement le « look ». Avant même de lui parler, je savais que ça fait un moment qu’il est en mode randonnée. Il nous a expliqué qu’il revenait de la ville où il avait acheté de la nourriture, avant de repartir se promener au hasard dans les environs. Pour combien de jours ? Probablement aussi longtemps que ses réserves tiendront. Ça paraît que même s’il revient d’une mission de ravitaillement, il n’a pas vraiment parlé depuis un moment, et qu’il a besoin de parler à des gens. En fait, mon seul regret est qu’il remontait dans la montagne. Sinon, j’aurais vraiment aimé passer la soirée avec lui, à discuter, à échanger, à partager.

Je n’ai même pas pensé à lui demander son nom. Mais il nous a fait un câlin à tout les deux avant de partir. Il vient du Texas. Comme quoi, mes préjugés peuvent déjà commencer à s’effriter discrètement !