Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Un dernier au revoir à l’océan


Le petit coin de parking tranquille au milieu de nul part est loin d’être tranquille en fait. En ce vendredi soir, il y a un certains nombre de voitures qui arrivent, qui passent, qui repartent s’en s’arrêter. Ou après s’être arrêté quelques instants. C’est un peu stressant tout ça, mais bon… on fait avec. Jusqu’au moment où la voiture reste juste en arrière du van, en gardant les pleins phares. L’avantage, c’est qu’on devine tout de suite le message, et on sait qu’il va falloir négocier.

Le ranger est très sympa, souriant, agréable et poli. Heureusement, parce qu’avec son look de tueur à gage professionnel, je me suis pas senti rassuré tout de suite. Comme je suis quelqu’un de très malhonnête ces derniers temps, je lui sors un petit mensonge pour expliquer la situation. Il compatit, sourit, nous autorise à rester, et nous souhaite une bonne nuit avant de repartir. Je retourne au chaud dans le van. Le sentiment de culpabilité est à nouveau là, comme la dernière fois. Je l’explique à Danielle. Je n’aime définitivement pas mentir. C’est sûr que ce n’est pas grave, qu’on n’est pas en train de faire quelque chose de mal, qu’on n’est pas méchant… mais mentir est si facile… bref, j’essaie d’éviter les situations qui « m’oblige à », mais ça marche pas tout le temps. Avec tout ça, du coup, je ne dors pas très bien. Et le « toc toc toc, parc ranger » sur la fenêtre du van tôt le lendemain matin n’aide vraiment pas. Ce n’est, évidemment, pas le même que la veille. Et si celui d’hier était vraiment sympa et agréable, lui, par contre, est on ne peut plus antipathique. Je n’aime pas sa façon de tout de suite arriver avec les menaces d’amande (247 $, ça répond à la question que je me posais). Celui d’hier avait commencé par m’expliquer, et s’était limite excusé de nous déranger. Bref, ce matin, étrangement, je n’ai plus aucun remords à mentir. À force d’explications et de discussion, le garde me demande simplement d’aller payer l’équivalent d’une nuit de camping à l’accueil. C’est cher, pour un camping, mais bon ; on fera avec. Il est encore tôt, et j’arrive à somnoler encore un peu, mais j’ai très clairement pas assez dormi. On se lèvera un peu plus tard. Une petite pause pour payer le camping, et on reprend la route, direction Washington à nouveau.

On a pas mal de choses à faire aujourd’hui, et on voudrait ne pas rentrer trop tard à Portland pour se préparer pour la soirée d’Halloween, donc finalement, on ne s’arrêtera pas à Astoria, se contentant de repasser rapidement le pont gigantesque et toujours aussi magnifique par dessus le Columbia. Une fois de plus, je trouve amusant de reprendre la même route, si peu de temps après l’avoir déjà faite. Au moins, je sais déjà où aller. Ça simplifie ! L’objectif, donc : un phare, Danielle n’en ayant jamais vu. La bonne nouvelle, en plus, c’est qu’aujourd’hui, le phare est ouvert, et qu’on peut donc y rentrer, pour un montant des plus modiques. La madame a l’accueil est charmante. Le monsieur en haut de la tour, par contre, est là pour réciter son texte. On sera heureusement sauvé, après une quinzaine de minutes de récitations absolument impossible à interrompre, par l’arrivée d’un couple de visiteurs, qui lui poseront une question, et renverront la machine au début. Heureusement pour nous, on peut en profiter pour s’esquiver. Parce que franchement, sinon, je pense qu’on y serait encore. Sachant qu’avec le déshumidificateur j’entendais un mot sur huit, c’était un peu limite !

_MG_1212.jpg _MG_1195.jpg _MG_1200.jpg _MG_1203.jpg

_MG_1206.jpg _MG_1207.jpg _MG_1208.jpg _MG_1210.jpg

On redescend, et j’en profite pour poser une question à la charmante dame de l’accueil. Parce que pour revenir à Portland, on a le choix entre deux routes, une qui passe au nord du fleuve (Washington) et l’autre qui passe au sud (Oregon). Je lui demande donc conseil sur la meilleure route à prendre. Après une discussion d’une dizaine de minutes, la réponse est claire. Il faut faire les deux. Bon… on jouera ça à pile ou face, si ça continue. Et puis on parle encore un peu, de Lewis et Clark, et de leur expédition qui m’inspire toujours autant. Juste à côté d’ici, il y a le deuxième phare, celui du Cap Désapointement, que j’étais allé voir aussi. Mais il y a également un centre d’interprétation sur le voyage des deux explorateurs. J’avais hésité la première fois, cette fois, je me laisse tenté, fortement encouragé par la madame du phare.

Le centre d’interprétation est construit sur l’emplacement d’un ancien fort, destiné à garder l’embouchure du fleuve. Il y a quelques explications militaires, plus ou moins inspirante. À part, sans doute, une anecdote qui vient confirmer la subtilité des militaires. Afin d’assurer la meilleure protection possible, les trois forts des environs n’ont eut de cesse d’être amélioré. Ce qui impliquait, entre autre, l’utilisation de canon toujours plus gros. Le plus gros de tous, Big Betsy, était la fierté locale quand ils l’ont installé. Bien en place, bien réglé, ils ont fait feu pour voir si tout fonctionnait. L’explosion a été magnifique, l’obus a sûrement traversé 6 fois le Pacifique. Tout était parfait, ou presque. Ils ont décidé de déplacer le canon. Le gardien du phare d’à côté n’a pas aimé voir toutes les fenêtres voler en éclat à la première détonation.

_MG_1216.jpg _MG_1220.jpg _MG_1221.jpg _MG_1218.jpg

La visite du musée est des plus intéressantes. Elle est en deux parties. La première est très factuelle. Du texte, des cartes, les grandes lignes de l’expédition. La Louisiane a été acheté 15 millions de dollars. Ça revient à du 3 sous de l’âcre. Un âcre, c’est 4000 mètres carrés. Le prix du terrain a légèrement augmenté depuis.

L’observation des cartes de l’époque me fait réaliser quelque chose d’assez surprenant : il semblerait que l’exploration du Canada ait été plus rapide que celle des États Unis. Le Canada est quasiment entièrement cartographié, à l’exception de la Colombie Britannique, là où les cartes des États Unis s’arrêtent au Midwest. Bref, Lewis et Clark ont du travail !

Lewis était le secrétaire personnel de Jefferson (un membre de l’American Philosophy Society, dont le but était de rendre la connaissance accessible à tous) à la maison blanche. Le président a passé deux ans à préparer et former Lewis pour la mission qu’il allait lui confier, avec l’aide de quelques autres membres. L’un va lui apprendre la botanique et les rudiments des contacts avec les amerindiens, l’autre lui transmettra des connaissances médicales. Un troisième le formera à l’astrologie et aux mathématiques. Ajoutez à ça un linguiste, qui a expliqué à Lewis comment développer des listes de mots pour communiquer avec les indiens, et enfin un géographe, pour le tracé des cartes. Je retrouve, à nouveau, le petit côté « jeu de rôles », en assistant à la création d’un personnage, parfaitement équilibré. « Mon ami, je voudrais donc t’encourager à partager avec moi la fatigue, les danger et les honneurs ; crois moi, il n’y a personne d’autre sur terre avec qui je partagerais un plaisir égale à partager cette aventure qu’avec toi ». Et hop, c’est fait, Clark embarque. Clark n’a que le titre de second lieutenant. Il ne sera promu capitaine qu’à son retour. Aucun membre de l’expédition n’est informé. Tout le monde pense qu’il partage le commandement au même titre que Lewis. Et les voilà donc parti.

Les petits extraits des différents journaux et des aventures me donnent, une fois de plus, envie de me plonger dans le journal que j’ai acheté. Je m’y mettrais probablement à mon retour à Montréal. Dans ce contexte, le passage à St Louis semble de plus en plus obligatoire sur le chemin du retour.

La deuxième partie du musée est plus « expérimentale », présentant la vie de tout les jours de l’expédition, et invitant les visiteurs à toutes sortes de petites expériences. De « comparer le poids de ces deux pierres de même taille » à « essayer de remplir le canot sans qu’il renverse » en passant par « regardez ce que ça fait d’essayer de viser un oiseau à 100 mètres de distance avec un fusil ». Bin oui, il fallait bien qu’ils chassent pour manger !

Bref, un musée qui, selon moi, est un must pour quiconque s’intéresse un tout petit mini peu au sujet. J’y serais probablement resté plus longtemps, si on n’était pas un peu talonné par la montre. C’est ça d’avoir à faire la fête !

Alors finalement, rassasié d’informations historiques, on remontera dans le Pourquoi Pas ?, qui nous ramènera en un peu moins de deux heures jusqu’à Portland, par la route du sud, qui semble un peu plus rapide.

La formule, c’est «potluck » (tout le monde apporte un petit quelque chose à manger). Donc à peine arrivé, on se met aux fourneaux. Je reste dans le simple et rapide (galette de quinoa, version expérimentale des plus intéressantes, avec purée de tomates et fromage en crème). Danielle, elle, en profite pour utiliser les mûres qu’elle gardait congelé dans son frigo depuis un bon moment. Crumble mûres et chocolat, je peux vous assurer que c’était un véritable délice, et que vous avez raté quelque chose !

Note en passant, les mûres, en Oregon, on en trouve partout, et c’est un vrai bonheur !

Encore un petit cinq minutes pour se préparer, et ce sont deux gothiques qui embarquent dans le van pour aller fêter avec une horde de couchsurfer fous. Ce sera mon seul contact avec la communauté CS de Portland, mais celle-ci semble tout aussi sympathique qu’un peu partout. Joyeuse, enthousiaste, je fais quelques rencontres des plus agréables. Et puis ce n’est pas tout les jours que l’on rencontre un transilvanien nommé Vlad, déguisé en vampire (authentique !) en train de discuter avec un zombie japonais. À la base, une soirée déguisée, c’est vraiment sympa. Mais quand on rajoute en plus un facteur international… Danielle me présente à quelques uns de ses amis, on se promène un peu chacun de notre côté ; je discute à droite à gauche, passe au français une ou deux fois à la demande d’interlocuteur qui veulent pratiquer un peu. Il y a beaucoup plus de gens qui parlent/apprennent/ont appris le français aux États Unis que ce que j’aurais cru. Je passe aussi un moment à parler avec une fille qui revient tout juste de Montréal. Toute heureuse d’ajouter un nouveau contact montréalais dans sa liste, alors qu’elle prévoit déménager là bas. Discussions, grignotages, musique. La soirée avance tranquillement, dans une belle ambiance. La maison se remplit de plus en plus, et finit par déborder, sans pour autant qu’il n’y ait de dérapage. Le seul gars vraiment saoul sera envoyé au lit assez tôt, et arrêtera de déranger. Je cracherais quelques flammes à un moment, pour mon plus grand bonheur, et le plus grand bonheur de plusieurs autres personnes semblent ils. Et puis à un moment, on découvre le sous sol, où sont cachés une batterie, un djembé et un saxophone. Et hop, on repasse en mode « jam ». Sauf qu’impoviser au saxophone, alors que je n’en ai pas touché un depuis ma deuxième colonie de vacance à Astafort (donc y a bin bin bin bin bin longtemps), c’est pas évident. N’empêche qu’on s’amuse bien quand même !

À Portland, les bars ferment à trois heures. Je ne sais pas si c’est une coïncidence, mais c’est l’heure aussi à laquelle le party se termine. En fait, les gens ont commencé à partir tranquillement, les uns après les autres, et finir de vider la maison semble une mission assez simple. Chauffeur désigné par défaut, je suis resté très raisonnable en ne buvant que deux bières. En même temps, j’aurais pu boire plus, et on aurait pu dormir dans le van, amis ça ne me tentait pas plus que ça ! Traverser Portland, juste après la fermeture des bars, avec des gens en costume, à moitié saoul dans la rue, est une expérience assez intéressante, mais j’arrive à éviter tous les zombies qui se jettent sous mes roues.

Je n’ai pas sorti mon appareil photo de la soirée, mais je devrais être capable de récupérer quelques clichés, à un moment ou à un autre.

La route jusqu’à Astoria, deuxième prise


Il fait relativement froid la nuit, surtout quand le chauffage refuse à nouveau de marcher. Un jour, peut être, je comprendrais. Des fois il veut, des fois il veut pas. C’est pénible quand il ne veut pas… et puis j’ai aussi eut pas mal de difficultés à m’endormir. Encore une fois, sans trop savoir pourquoi.

Par contre, il semblerait que le chef de l’Oregon lise mon blog, et qu’il soit très concerné par ma façon de voir la météo dans les environs. Il a donc décidé d’agir, afin de me permettre d’apprécier au mieux mes derniers jours sur la côte ouest. C’est donc un magnifique soleil et un grand ciel bleu qui nous attende ce matin ! Et comme on a tout notre temps, comme on est là pour apprécier, pour se reposer, pour admirer, et comme Danielle aime découvrir l’océan, on passe un long moment, simplement à marcher sur la plage. Et Danielle, à courir avec les vagues. Occasion aussi, pour moi, de prendre quelques photos de la demoiselle, tiens !

_MG_1049.jpg _MG_1051.jpg _MG_1054.jpg _MG_1058.jpg

_MG_1066.jpg _MG_1067.jpg _MG_1070.jpg _MG_1075.jpg

_MG_1083.jpg _MG_1089.jpg _MG_1092.jpg _MG_1056.jpg

La marée est un peu plus basse que quand je suis venu la première fois, ce qui nous permet d’aller explorer la plage un peu plus loin, en contournant les magnifiques rochers qui avancent jusque dans la mer. Côté sud :

_MG_1091.jpg _MG_1093.jpg

_MG_1095.jpg _MG_1097.jpg

Évidemment, la mer est toujours pleine de surprises, et les vagues également. Malgré une programmation qui semblait parfaite, et une course efficace contre l’eau, on se fera mouiller les pieds une ou deux fois. On devra aussi prendre refuge sur un rocher. La bonne nouvelle, qui nous console un peu -bon, d’accord, qui nous fait mourir de rire- c’est que nous ne sommes pas les seuls à être pris au piège.

_MG_1096.jpg

Oui oui, vous l’avez bien vu, c’est bien un vélo. Nous aussi, on se demande ce qu’il faisait ici !

Et puis bien heureux, bien content, on envisage de rentrer au van, quand je suis mu par une inspiration subite. Et si on faisait la même chose, côté nord de la plage ? Beaucoup plus délicat de ce côté, car sans le moindre caillou pour jouer à chat perché !

_MG_1141.jpg

On y arrive quand même, non sans se remouiller encore les pieds ! Mais on découvre, avec stupeur, que ça valait la peine de se mouiller les pieds. C’est donc là qu’elle se cache la cascade que je n’avais pas trouvée la première fois. Elle est toute petite, mais je la trouve magnifique !

_MG_1100.jpg _MG_1103.jpg _MG_1105.jpg _MG_1106.jpg

_MG_1120.jpg _MG_1121.jpg _MG_1126.jpg _MG_1128.jpg

_MG_1125.jpg _MG_1122.jpg _MG_1123.jpg _MG_1124.jpg

_MG_1102.jpg _MG_1127.jpg  _MG_1134.jpg _MG_1135.jpg

Tiens, ça vaut bien un petit panoramique ça, non ?

pano_hug.jpg

On est tout heureux d’avoir trouvé ce petit mini bout de paradis. J’aurais presque envie de passer la journée ici tiens. Mais non. Pas cette fois. On doit encore voir un phare !

On reprend donc la route tranquillement. Un petit retour en arrière d’une dizaine de kilomètres, pour montrer à Danielle un morceau de paysage qu’elle n’a pas vu la veille, mais que mes lecteurs assidus reconnaîtront sans peine. N’est ce pas ?

_MG_1143.jpg

On s’arrête une autre fois, quelques kilomètres plus loin, à Canon Beach. Je ne me rappelle plus très bien pourquoi je l’avais passé rapidement celle-ci la première fois, mais du coup, je suis bien content de prendre le temps d’admirer un peu le gros cailloux très célèbre (paraît-il) que l’on y trouve. Et puis marcher sur la plage, ça reste quand même super agréable ! Surtout que même si c’est une ville de bord de mer, ça reste joli. On n’est pas dans un contexte de cubes en béton s’étirant sur des millions de kilomètres.

_MG_1149.jpg _MG_1150.jpg _MG_1151.jpg _MG_1153.jpg

_MG_1154.jpg _MG_1155.jpg _MG_1156.jpg _MG_1159.jpg

_MG_1161.jpg _MG_1164.jpg _MG_1165.jpg _MG_1158.jpg

À vrai dire, la côte ouest est surprenament restée très sauvage. Il y a énormément de parcs protégés, de zones inaccessibles ou, au contraire, de zones publiques. Il y a, en arrière de tout ça, un certains nombre de visionnaires, et de personnalités qui semblent toutes très intéressantes. J’ai déjà évoqué John Muyr à quelques reprises ; lui, c’était plutôt la Californie. En Oregon, il semblerait que l’un des actifs défenseurs des zones naturelles soit Oswald West. Il fait parti de ces gens qui, dégoûtés par un système politique corrompu, ont décidé de tenter leur change par eux même. C’était en 1910. Certaines choses ne changent pas. Il est finalement élu gouverneur de l’Oregon, et passera notamment une loi, en 1913, stimulant que « toutes les terres, situées entre la marée haute et la marée basse appartiennent au domaine publique. D’un certains point de vue, ça n’est pas grand chose. D’un autre, ça veut dire que toutes les plages, en Oregon, sont publiques. Intéressant, non ? Il semble avoir fait pas mal d’autres choses du même acabit, mais les panneaux sur les bords des routes manquent un peu de détails sur la question malheureusement.

On commence à avoir faim au moment de quitter la plage. On roule donc un peu, avant de s’arrêter à nouveau. Je sais pas vous, mais moi, cuisiner en musique (oui, même si c’est juste des pattes au fromage faut quand même cuisiner !) j’aime ça.

_MG_1167.jpg

On prend ça tranquille ; je suis fatigué un peu, alors je lis un tit peu tranquille, pour me reposer. Je resterais bien là, mais y a des maisons un peu tout autour, donc c’est pas très discret pour passer la nuit incognito. On reprend donc la route une dernière fois. Un peu au hasard. En fait, en regardant la carte, je remarque qu’il y a une belle petite pointe de terre à l’embouchure du Columbia. Et il y a aussi un parc. Sans doute un endroit où on pourra dormir tranquillement… en tout cas, on s’essaie. On arrive sur un grand parking, quasiment désert, juste à temps pour le coucher de soleil. Les vagues sur la digue sont magnifiques, alors bien évidemment, j’en profite.

_MG_1172.jpg _MG_1174.jpg _MG_1178.jpg _MG_1183.jpg

La fin de soirée se passe tranquillement dans le van, à lire, discuter, mettre le blog à jour. Rien que du classique donc. On hésitait entre rentrer sur Portland aujourd’hui ou demain, la décision s’est prise par elle même. Ça sera demain en début-milieu d’après midi, histoire d’avoir le temps de se préparer pour aller au party halloween de la communauté couchsurfing de Portland.

Et puis c’est pas tout ça. Mais moi, je suis sur le bord de l’océan, avec un grand ciel pas de nuage. C’est, en théorie (notez comme il est de plus en plus prudent le jeune homme !) ma dernière nuit sur le bord de l’océan. Le fait que le ciel soit parfaitement dégagé est un signe, je pense.

_MG_1192.jpg

_MG_1191.jpg

De retour sur la côte


Il y a une différence énorme entre « mon voyage se terminera quand je rentrerais » et « je rentrerais quand mon voyage se terminera ». Malgré une météo horrible, je suis très bien à Portland. C’est sans doute mieux, d’ailleurs, que le temps soit mauvais et pas inspirant. S’il y avait un grand ciel bleu à l’année longue, je pense que je serais déjà en train de faire les plans pour ne pas avoir à repartir. Au moins, le ciel gris me motive un peu à aller voir ailleurs. Et puis je me rends bien compte que je suis prêt à rentrer. J’ai fait ce que j’avais à faire. Mon voyage est terminé. Je sais qui je suis, je sais où je veux aller. Bon, c’est pas aussi simple, c’est pas aussi précis ; comme je le disais déjà plus tôt, il faudra que la poussière retombe pour être sûr de tout ça. Toujours est il que je peux parler de mon retour à Montréal avec plaisir. Je ne regrette pas de rentrer. Je suis animé d’un sentiment étrange. Montréal me manque. Le Charbinat me manque. Black Rock City me manque. Et je suis très bien là où je suis. Il va peut être falloir que je développe le don d’ubiquité à un moment. Mais là, maintenant, tout de suite, je suis en paix avec moi même. Je vis au présent simple, et c’est parfait pour moi. Plus d’inquiétude, plus de soucis, plus de questionnement. Ne reste plus qu’à trouver le chemin qui me ramènera à Montréal. J’en connais la fin. Lawrence – Chicago – Toronto – Montréal. Peut être Saint Louis, entre Lawrence et Chicago. Portland – Lawrence ? La solution apparaîtra d’elle même, très bientôt…

Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est le premier jour de mon retour à Montréal. En tout cas, c’est comme ça que je le ressens. Étrange, alors que l’idée est de partir vers l’ouest. Pas tant que ça, si on y pense : dire au revoir à la côte ouest, ça implique de dire au revoir à l’océan. Vous quitteriez Marseille sans aller voir la Méditerranée ? L’Irlande sans boire une Guinness ? Montréal sans une poutine d’adieu ? La France sans un énorme plateau de fromage ? Le Nord de la Californie sans vous faire tirer dessus ? Mouais… sans doute qu’idéalement, pour ce dernier, j’essaierais d’éviter…

Je fais un saut rapide au garage, mais je m’attendais à la réponse. Ils n’ont pas le temps aujourd’hui. À la place, je prends rendez-vous lundi matin. Ni à la première, ni à la deuxième heure, mais bien à la troisième, parce que bon, faut pas exagérer ! Je retourne ensuite à l’appartement, où j’ai deux trois petites choses à faire avant de prendre la route. Ça fait du bien de recommencer à jouer les touristes. La pause a été agréable, et aurait très bien pu durer quelques jours de plus, mais en même temps, j’aime rouler, j’aime conduire.

On sera deux dans le van. Avec un ukulele/guitare, un didgeridoo, une flûte, un djembé, un gazoo, et la voix magnifique de Danielle. Tout cela me paraît plein de promesses ! J’ai conduit, ces derniers jours. Danielle habite à une petite dizaine de kilomètres du centre ville, et ça n’est pas simple à faire en bus. Mais conduire pour aller se garer en ville, et conduire pour aller voir l’océan, pour voyager, pour se promener, ce n’est pas la même chose. Ce n’était que quelques jours, et ça me manquait. Du coup, j’attends avec impatience le vrai grand départ. Il devrait avoir lieu lundi après midi ou mardi probablement. Oui, je l’attends avec une certaine excitation, parce que j’ai l’impression que c’est un nouveau voyage qui commence. Une nouvelle aventure. Une fin n’est jamais qu’un nouveau commencement ! J’ai envie de manger du kilomètre pour le retour ; d’autant plus que j’ai de la compagnie avec moi. Je me souviens de cette étape complètement folle de 1600 kilomètres entre New York et Nashville. Sans en faire autant, j’ai quand même envie de faire quelque chose de similaire, à un moment. De toutes façons, le centre des États Unis, c’est pas ce qu’il y a de passionnant. Tiens, regardez une carte routière de l’Iowa, vous comprendrez ! Ça vaut le détour : on s’endort juste en regardant la carte… J’ai envie de prendre mon temps dans les rocheuses, puis de terminer ça en trois quatre petits bonds. Enfin… je me rends compte que cette anticipation, cette façon de me projeter, témoigne très certainement de mon envie de rentrer à Montréal. Surtout que rentrer à Montréal sera suivi peu après d’un retour en France. Bref… que d’enthousiasme face à la suite ! Et que d’enthousiasme face au présent !

Pour les deux prochains jours, je vais essayer d’oublier la carte routière. Danielle semble parfaitement à l’aise avec l’idée que je prenne toutes les décisions, que je choisisse la route, et tout le reste. Mais c’est aussi pour elle qu’on fait cette petite boucle sur la côte, et la carte routière fini sur ces genoux. À force de la torturer, elle finit par dire qu’elle aimerait bien voir Tilamook. On fera donc la petite boucle par le sud. Sans doute Portland-Tilamook-Astoria-Portland.

Portland se quitte très rapidement. Le fait que Danielle habite la banlieue ouest aide sans doute pas mal, vu qu’une bonne partie du travail est déjà fait. On se retrouve dans les montagnes, juste après. Elle me plaît bien cette microchaîne côtière, juste avant l’océan. Un dernier petit rappel, avec ses sommets qui peinent à atteindre les 1000 mètres, des barrières monstrueuses que l’on peut retrouver un peu plus à l’est. La route est belle. Je fais parti d’elle autant qu’elle fait partie de moi. Les couleurs et le relief me font penser au Québec. Petite montagne, petite rivière au lit caillouteux, sapins et érables…

_MG_1019.jpg _MG_1020.jpg _MG_1022.jpg _MG_1024.jpg

_MG_1021.jpg _MG_1026.jpg _MG_1029.jpg _MG_1031.jpg

_MG_1033.jpg _MG_1034.jpg _MG_1035.jpg _MG_1028.jpg

Et ma compagne de voyage :

_MG_1040.jpg

Portland n’est vraiment pas loin de la côte ; à peine une centaine de kilomètres. t même en prenant notre temps, on met moins de deux heures pour y arriver. Danielle aime le fromage, et n’a jamais visité de fromagerie. J’aime aussi le fromage, et je ne dis jamais non à une visite de fromagerie. Même si je les connais déjà, même si je sais qu’elles sont plutôt moyennes. On s’arrête donc dans un premier temps à la fromagerie du Héron Bleu. La grosse différence, par rapport à ma visite précédente, c’est que cette fois, le repas remonte un peu. Alors on déguste beaucoup de choses. On en profite bien. Du coup, cette fois, pour compenser, j’achète un tit morceau de fromage. Ça peut toujours servir ! On arrive ensuite à la fromagerie de Tilamook. La grosse. La vraie. Celle qui presse les vaches pour en extraire la moindre petite goûte de lait, histoire de ne pas manquer, et produire du cheddar en gigatonne quotidienne. Si dans l’ambiance encore un peu familiale du Héron Bleu j’étais resté raisonnable sur les dégustations, je me laisse aller sans hésitation ici. D’autant plus que la partie touriste ferme dans 15 minutes, et qu’ils vont probablement jeter tout ce qui n’a pas été manger. Je me sacrifie donc, autant que possible, pour diminuer les restes. Et puis là encore, j’achète un autre petit morceau de fromage pour compenser. C’est parfaitement intéressé : j’aime les pattes au fromage, Danielle aussi, et ça semble lui convenir comme plat de base. Le seul petit soucis, c’est qu’on tombe dans un piège au moment de sortir de la fromagerie. J’avais testé la partie crème glacée à la visite précédente ; j’avais repéré la partie « fudge » dans le lointain sans m’en approcher. Mais Danielle, elle, y va et m’invite à la suivre. Et évidemment, il y a des petits morceaux en dégustation. Je me souviens avec émotion du fudge de Mackinaw. Il avait quand même fait un bon bout de chemin, vu que je l’avais terminé avec Virginie, dans les rocheuses. C’est agréable d’avoir un petit dessert pour se sucrer le bec en fin de repas. Alors… pourquoi pas après tout ? On pourrait repartir avec une ou deux tranches. Bon, d’accord, avec trois. Chocolat noir, framboises et chocolat noir, beurre de cacahuètes et chocolat. Que du bonheur en perspective ! La vendeuse est sympathique, et je pense qu’on lui communique notre bonne humeur et notre enthousiasme. On rigole bien, et j’ai plaisir à penser qu’elle finira sa journée (dans 3 minutes) avec le sourire grâce à nous. Juste pour ça, ça valait la peine d’acheter un peu de fudge, non ?

Le soleil est en train de se coucher quand on sort de la fromagerie. Oui, à 18h. C’est fou comme tout a changé depuis que j’ai commencé mon voyage… c’était dans une autre vie, on dirait bien ! Enfin… autant profiter du paysage. En plus, les nuages se découvrent un mini peu pour l’occasion.

_MG_1042.jpg _MG_1044.jpg _MG_1045.jpg _MG_1046.jpg

La dernière étape est un classique : trouver un endroit où dormir. Après deux tentatives infructueuses, je me rappelle l’endroit où j’ai rencontré Anya, il y a environ une semaine de ça. Elle m’avait dit y avoir passé la nuit. C’est, en théorie, interdit. On est jeudi soir, fin octobre, il pleut, c’est à l’écart de la route… on devrait être tranquille je pense. On y va donc !

Danielle a vu l’océan pour la première fois il n’y a pas si longtemps. Tiens, prenez à nouveau une carte, et cherchez le Kansas dessus. Un indice pour repérer facilement ? Prenez le milieu des États Unis en hauteur, prenez le milieu des États Unis en largeur, et vous y êtes. Le Kansas, c’est l’état le plus au milieu de tous. Dans ce contexte, avec douze frères et soeurs, j’imagine assez facilement la difficulté à aller voir la mer… ce soir, ça sera la première fois qu’elle voit l’océan, la nuit. Et ça lui plaît.

L’endroit est aussi paisible que la première fois. J’aurais trouvé amusant de revoir la voiture blanche et de croiser Anya à nouveau, mais le parking est vide. On s’installe, on se prépare un petit thé. Pas besoin de manger ce soir, on est plein de fromage. On discute, encore, et encore, et encore. On écoute de la musique. Et on en joue un peu aussi. Danielle à la guitare, moi à la flûte, tout les deux en improvisation. Je n’ai jamais improvisé avec quelqu’un, ou alors au djembé, ce qui ne compte pas vraiment. Suivre un rythme, c’est facile. Accompagner une mélodie, c’est autre chose. On a fait déjà plusieurs expériences d’improvisation ensemble, et on se trouve vraiment super facilement à chaque fois. Après le piano à quatre mains en début d’après midi, le duo guitare et flûte et un vrai petit moment de bonheur. Qui est d’ailleurs enregistré par ma caméra. Qui sait, peut être que j’arriverais à vous le faire partager ! À vrai dire, ce que j’aimerais réussir, c’est l’accompagner à la flûte pendant qu’elle chante !

Danielle est fatiguée, et finit par se coucher. Moi, en bon oiseau de nuit que je suis, je reste encore réveillé quelques temps. J’ai mes quatre fidèles lecteurs et demi qui vont me mettre de la pression si je prends plus de deux jours de retard ! Et puis c’est tellement agréable d’écrire au milieu de la nuit, dans un endroit si tranquille, où l’on entend simplement le bruit des vagues…

Reprendre vie, tranquillement pas vite.


Le réveil qui sonne à 8h30 du matin, c’est vraiment pas sympa, surtout quand la veille on a été inspiré jusqu’à très tard. Mais bon, c’est pour Pourquoi Pas ?, alors je suis prêt à faire quelques efforts quand même. Je me lève donc, difficilement, et roule jusqu’au garage. Dehors, le ciel est presque bleu. Il y a un peu de brouillard, mais ça semble vouloir se dégager un peu. La météo, si proche de la côte, relativement dans le nord, au milieu de l’automne, c’est pas folichon. J’ai été très chanceux jusqu’à présent, l’automne tardant à s’installer, mais maintenant qu’il est là, il semblerait bien qu’il n’ait plus l’intention de partir. Donc en gros, les prévisions météos pour les six prochains mois, c’est « ciel couvert et pluie ». La bonne nouvelle, c’est que je vais bientôt remplacer la pluie par de la neige…

Je laisse le van aux bons soins du garagiste, pendant que j’attends sagement dans la salle d’attente. Le verdict arrivera une petite heure plus tard. Une pièce à changer. Avec la main d’oeuvre, la facture va être un peu salé ; mais je peux pas vraiment y faire grand chose. Faire le chemin de retour uniquement de jour, je n’y crois pas. Au contraire, d’ailleurs, je me voyais bien faire des immenses étapes de nuit. Ça fait toujours du bien. Donc dans ce contexte, pas le choix, une fois de plus, de faire réparer. Je demande une info rapide pour un remplacement de pare brise arrière… à priori, vu ce à quoi je devrais m’attendre, à ce niveau là, y a pas urgence, et j’attendrais donc.

Je dispose d’une paire d’heures à tuer. Je profite du soleil pour aller me promener dans les rues de Portland, un peu au hasard à nouveau. Je me dirige quand même vers le bord de l’eau, suivant mon feeling, suivant les rues qui semblent plus inspirantes. Et puis à un moment, je me retrouve à un arrêt de tram. Je me rappelle que c’est gratuit dans le centre ville. Alors juste pour le plaisir, juste parce que ça fait longtemps que je n’ai pas pris le tram, j’embarque. C’est toujours aussi agréable. Je ne fais qu’un arrêt, mais celui-ci me permet de traverser la rivière, histoire de voir de l’autre côté. Je reprends le pont à pied, en sens inverse pour le chemin du retour. Je reviens jusqu’au garage, où je poireaute encore une petite demi heure, avant de récupérer finalement les clés, et une facture, légèrement inférieure à ce que l’on m’avait dit. Le patron a accepté de me faire une tite ristourne comme je viens de loin. C’est bien aimable !

_MG_0962.jpg _MG_0963.jpg _MG_0964.jpg _MG_0967.jpg

_MG_0972.jpg _MG_0975.jpg _MG_0976.jpg _MG_0977.jpg

_MG_0980.jpg _MG_0985.jpg

_MG_0994.jpg _MG_0984.jpg

_MG_0990.jpg _MG_0974.jpg _MG_0979.jpg _MG_0989.jpg

Quand je suis de retour chez Danielle, elle est allée faire quelques courses ; on a beaucoup parlé de nourriture, à plusieurs reprises de fondues au fromage. Elle a trouvé une recette, et est en train d’en préparer une. Pour fêter ça, et la remercier, je vais chercher deux bouteilles de bière dans le van. Je suis définitivement fan de mon cellier sur roue. Je l’ai rempli consciencieusement, petit à petit, tout en avançant. Maintenant que je me mets à acheter des billets d’avion et à faire réparer le van toutes les deux semaines, et que je n’ai plus de contrats, mes finances sont un peu plus limitées, alors je n’ai pas le choix de tourner sur les stocks. Il n’y aura sans doute plus trente bouteilles quand je repasserais la frontière. C’est pas plus grave, sans doute. Ça simplifiera les formalités.

J’avais pensé retourner en ville avec Danielle pour l’après midi, profiter du soleil, mais celui-ci n’est pas resté. Les nuages sont déjà de retour. À la place, on reste bien au chaud chez elle, à discuter, et à jouer de la musique. Je l’écoute, elle m’écoute, on s’écoute quand on fait jouer des enregistrements, ou des fois on joue ensemble. On se trouve très facilement à ce niveau là, et c’est un vrai plaisir.

Sa coloc nous parle à un moment de la projection d’un documentaire sur le chocolat, en fin d’après midi. Projection accompagnée d’une petite dégustation gratuite. Ça semble assez intéressant, et ça nous obligera à bouger un peu. C’est pas un mal. Ça fait du bien de sortir, de temps en temps. En fait, il s’agit d’un documentaire sur les enfants esclaves dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire. Je trouve personnellement le documentaire moyennement intéressant. C’est organisé par une coop spécialisée dans le commerce de chocolat équitable, évidemment. Il y a donc quelques discussions sur la question également. Quelques échanges. Le chocolat, quand à lui, est excellent. Ça fait bizarre, un peu, d’être de retour dans un monde « militant ». Je qualifierais de nihilistes la plupart des personnes que j’ai rencontré sur ma route. Des gens écoeurés de la société, qui ont décidé d’en sortir, plutôt que d’essayer de la changer. Me rappeler qu’il est aussi possible d’être actif plutôt que passif, ça a aussi du bon…

Il est encore tôt quand tout cela se termine. Il ne fait pas très chaud, mais il ne pleut pas, et c’est une belle soirée pour se promener. On retourne donc sur le bord de l’eau, où on passera finalement plus de temps à contempler la ville et à discuter qu’à réellement marcher. Les habitués de Montréal reconnaîtront peut être la tour de la Bourse (là où je travaillais, quand j’étais chez Canoë) au milieu de la première image. Une trentaine d’étages en moins simplement. Je trouve la ressemblance vraiment amusante ; il faudrait que j’essaie de me renseigner, voir si c’est le même architecte, la même inspiration, ou simplement une coïncidence.

_MG_0995.jpg _MG_0996.jpg

Je crois que je commence à comprendre quelque chose, même si je suis incapable de l’expliquer : mes projets, mes planifications, restent relativement stables et inchangés, tant que je ne les formule pas, tant que je ne les partage pas. Mes plans sont assez précis, et le reste pour une longue période. Et puis à un moment, je formule à haute voix « je vais faire ça », et comme par hasard, le lendemain se produit de quoi qui vient tout chambouler. On pourrait croire que je le fais exprès, mais je ne pense pas. D’ailleurs, c’est même un peu difficile à suivre, parfois. Pas toujours facile d’organiser de quoi, en sachant que ça change si souvent… le dernier exemple en date est extrêmement récent. J’ai formulé, tout juste hier, mes intentions de voyage. Une petite boucle en Oregon, puis un dernier petit babaille à la mer avant de rentrer à Montréal. Il semblerait que ça ne sera plus ça.

Danielle a le mal du pays un peu. Depuis un an, elle n’est jamais retournée au Kansas, et ça lui manque un peu. Elle aimerait y retourner, mais ça n’est pas très simple à organiser. En même temps, si vous prenez une carte, et que vous tracez une ligne « Portland – Montréal via Chicago » vous verrez que s’arrêter à Lawrence, au Kansas, c’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler un gros détour. Alors quand elle me dit qu’elle a le mal du pays, je n’hésite pas vraiment à lui proposer un lift. C’est même plus rationnel pour moi. On continue à prendre un peu notre temps en Oregon, et ensuite, plutôt que de revenir à Portland, on continue vers l’est. Et comme elle a vraiment envie de voir un phare, on commence par une petite boucle de deux jours sur le bord de l’océan. Ça lui laisse un peu plus de marge pour réfléchir à tout ça, et pour se préparer au voyage. Moi, ça ne change quasiment rien pour moi. Hormis le fait que je vais avoir une compagne des plus charmantes pour une bonne partie du voyage.

L’itinéraire de retour, je n’essaierais même pas de le formuler. Déjà parce qu’on hésite entre plusieurs options (allant de la ligne pas droite à la ligne vraiment mais vraiment pas droite du tout) et que si en plus je vous dis le chemin qu’on va prendre, on ne va pas le prendre. À la place, j’envoie un message à Jane, pour l’informer des nouveaux changements de plans, et voir si ça peut aller de paire avec une rencontre quelque part, sur la route. J’ai des envies de soleil et de désert, et ça, c’est plutôt dans le sud que ça se passe !

Les plans complètement chamboulés, on rentre tranquillement à l’appartement, histoire de fêter ça en regardant un film. Demain soir, on dort sur le bord de l’océan.

Petit mauvais plan, par contre, qui m’énerve un peu : si les phares arrières du van fonctionnent à nouveau, je découvre à la nuit tombée que les lumières du tableau de bord ne fonctionnent toujours pas, alors qu’elles devaient être réparées. Pas cool. Ça veut dire qu’il faut que je repasse au garage demain, et j’aime pas ça !

Une programmation de plus en plus précise


Ça fait quelques temps maintenant que je me sens prêt à rentrer à Montréal. Le moment approche tranquillement, et comme d’habitude, les éléments se mettent en place tranquillement, par eux même. Danielle n’a vu l’océan que quelques fois, et n’a jamais vu de phare. Moi, j’ai mangé beaucoup de côtes ces derniers temps, et j’ai des envies de désert. On a un compromis qui nous convient tout les deux. D’abord une boucle d’une semaine dix jours dans le sud de l’Oregon, puis une deuxième mini boucle de 2 jours sur la côte. Après tout, celle-ci est juste à une heure ou deux de route, et Anya m’avait dit que la route entre Portland et Astoria vaut vraiment la peine.

Tout cela devrait donc me faire terminer mes aventures Oregonaise aux alentours du 10 novembre. Je me donne une dizaine de jours pour compléter les 3500 kilomètres qui séparent Portland et Chicago. C’est presque beaucoup, je trouve, mais ça me permet de m’arrêter un peu en chemin pour regarder le paysage. Je sais qu’il va me falloir me vider la tête à la fin de ce voyage, et que quitter la côte ouest ne va pas être évident. Voir les kilomètres défiler par centaine me fera le plus grand bien pour ça. Je peux donc arriver à Chicago aux environs du 20 novembre. Deux trois jours à revoir mes amis de là bas, une journée pour aller à Toronto, une journée à Toronto (si Angela est disponible). Tout cela m’amène à Montréal vers le 25-26. Juste attend pour l’anniversaire de mon ami Laurence (le 27), pour voir un peu Olivier avant qu’il reparte, pour défaire mes bagages, et les refaire pour reprendre l’avion le 7 décembre, direction la France.

Ça me paraît bien tenir la route tout ça !

Il existe pourtant une alternative. Un genre de plan B, qui me plairait bien également. Il consisterait à réussir à vendre le van sur la côte ouest, et à rentrer en train sur Montréal. Intéressant aussi, non ?

D’ailleurs, pour les gens qui voudraient plus de détails, ou qui voudraient simplement voir des photos :

http://pourquoi-pas.info/?page_id=7276

Le mardi, on ne fait pas grand chose de plus


Après un autre début de journée complètement relaxe et tranquille, à essayer de trouver la motivation pour affronter le temps gris et pluvieux qui nous attend si on ose mettre le nez dehors, des oeufs à la coque finisse par nous donner le coup de pouce nécessaire. À priori, on prévoit toujours de partir jeudi ; moi j’ai un van à faire réparer, et Danielle veut essayer de chanter un peu pour faire un peu d’argent.

Je la dépose donc, histoire de savoir où la retrouver plus tard, puis je vais voir un garage. Évidemment, on est déjà le milieu de l’après midi, donc pour aujourd’hui, ça ne sera pas possible. Par contre, ça pourra se faire demain, si j’arrive avant 9h. Ça c’est cruel, mais en même temps, on ne me laisse pas vraiment le choix. Je retourne donc dans le coin où Danielle chante pour lui expliquer la situation. Je l’abandonne quelques temps à sa guitare, faire un petit tour en ville.

_MG_0942.jpg _MG_0945.jpg _MG_0946.jpg _MG_0949.jpg

_MG_0947.jpg _MG_0948.jpg _MG_0943.jpg _MG_0944.jpg

_MG_0951.jpg _MG_0952.jpg

_MG_0953.jpg _MG_0954.jpg _MG_0955.jpg _MG_0957.jpg

Portland me fait quand même pas mal pensé à Grenoble. Peut être parce que c’est une ville de 450000 habitants, traversée par une rivière, avec quelques lignes de tram, et que l’automne y est gris, froid, humide, et pluvieux. N’empêche que ça me plaît bien, et que j’aime m’y promener. Il y a, comme à Grenoble, un atmosphère agréable au dessus de la ville. On s’entend que je parle d’atmosphère conceptuel. Parce que l’atmosphère qu’on respire à Grenoble, c’est peut être un peu exagéré de le qualifier d’agréable !

Je finis par rejoindre Danielle. Comme j’ai mon djembé dans mon van, je l’accompagne même un petit peu, mais pas très longtemps. Ça fait un bon moment qu’elle chante, et si à une époque elle était capable de chanter 6h d’affilées, elle manque un peu d’entraînement ces derniers temps. Alors à la place, pour la remercier pour l’hébergement, et pour le plaisir que j’ai eut à l’écouter chanter, je lui propose un restaurant. Ça fait un moment que ça me fait envie, et même si je sais que je dois être raisonnable, une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal.

Après avoir erré et hésité un moment, on se retrouve dans une taverne des plus sympathiques, avec un peu plus d’une centaine de bières à la pression, et un menu de pub classique. Le hamburger est excellent, la bière est excellente, les frites sont bonnes, la vie est belle !

On rentre à l’appartement. Ça fait un moment que je n’ai pas écris ; autant le livre que le blog ont besoin d’être mis à jour. Je passe donc la soirée sur l’ordi pendant que Danielle lit « Finegan Wake » de James Joyce. C’est la cinquième ou sixième fois qu’elle le lit, et elle m’a bien fait comprendre que je n’aurais pas le choix de le lire moi aussi ! Bon, bin pourquoi pas !

It’s a long way to Tipperary


Ce genre de panneau indicateur, j’ai toujours aimé. Mais si en plus vous rajoutez de l’humour, ça n’en est que meilleur. En tout cas, moi, ça me fait rire !

_MG_0941.jpg

Le lundi on ne fait rien


Agréable souvenir de cette journée à ne rien faire à San Francisco. Dehors, il pleut, et c’est très clairement pas inspirant. C’est l’automne à 100 kilomètres heure. Alors à la place, journée cocooning, à discuter bien au chaud, et à étudier les alternatives désormais possibles puisqu’il n’y a plus de rendez-vous précis, et que c’est nous qui décidons absolument tout !

L’appartement de Danielle et sa colloc (oui oui, le nom me reviendra un jour) est situé dans une sorte de zone résidentielle, et donne accès à une piscine (extérieure non chauffée) une salle de gim (ça, on s’en fout) et un spa (ça on aime !). Ça contribue aussi, j’imagine, à rester au chaud ! On ajoute également à ce programme horriblement chargé une balade de 10 minutes pour aller voir une jolie mini cascade qui coule sagement juste à côté d’ici. Ne me demandez pas où sont passées les photos, je n’en ai pas la moindre idée !

Et comme il faut bien manger, et que c’est important de passer les restes, on mangera des galettes de quinoa et bulgures au fromage de chèvre en regardant un film. Et puis un deuxième.

Un dimanche bien au chaud


On ne se réveillera pas beaucoup plus tard. Mais bon, j’ai dormi un peu quand même, et je suis assez en forme. Danielle me confirme qu’elle aime le confort du Pourquoi Pas ?, et qu’elle n’a pas changé d’idée par rapport à la veille. Quelques jours sur la route, ça lui plaît bien.

Je pensais rester jusqu’à la fin de l’événement, mais le lendemain matin, les lieux sont encore plus calmes. On fait un dernier petit tour ; j’aime ce côté lendemain de veille, que je trouve très amusant. Je suis surpris, également, par la propreté des lieux. À San Francisco, c’était un bordel monstre, avec des tas de cochonneries partout. Ici, tout est plutôt propre, et ça fait plaisir à voir.

_MG_0868.jpg _MG_0869.jpg

Il y a bien un DJ esseulé qui continue à faire jouer de la musique, et plein d’énergie comme nous sommes, on dansera une dizaine de minutes, mais après concertation, on finira par aller faire une petite marche sur le bord de l’eau.

_MG_0872.jpg

Danielle m’avait prévenu que c’était joli, et je suis assez d’accord avec elle. Mais avec la pluie et les nuages et le vent et le froid, c’est un peu décourageant, et on fait rapidement demi tour.

pano_portland.jpg

On décide de prendre l’option consistant à aller au chaud chez Danielle, et de jouer de la musique. Et puis il commence à faire faim ; j’ai une envie de crêpes ; envie qu’elle partage. En route, donc.

La première chose que je constate, en rentrant dans l’appartement de Danielle (après une pause des plus intéressantes/importantes à l’épicerie) c’est le magnifique piano dans le salon. Je suis prévenu, déjà, il est désaccordé, mais c’est pas grave. La colloc de Danielle arrive à peu prêt en même temps que nous. Les crêpes l’interpellent bien aussi, et je me mets donc au fourneau. Un vrai petit régal qui fait du bien. J’étais en manque de crêpes depuis un moment ; en manque de fromages également. Ça va mieux. Jambon + Brie, Oeuf + Fromage + Jambon, Poire + Chèvre + Miel, Banane + Chocolat. La vie est belle !

Et la fin de journée est tout simplement magnifique. J’écoute Danielle chanter et jouer de la guitare. Danielle m’écoute chanter et jouer du piano. J’écoute Danielle chanter et jouer de l’accordéon. Danielle m’écoute jouer de la flûte. Je l’écoute jouer du piano. Et puis finalement, on commence à mélanger. Piano et djembé, djembé et didgeridoo, guitare et flûte, piano et piano. C’est un vrai bonheur. On se comprend et on se complète. Je n’ai pas l’habitude du tout de jouer avec d’autres gens, mais avec Danielle, ça se passe sans problème, et les résultats sont des plus intéressants !

Je reçois en début de soirée un message de Jane. Elle a eut la bonne idée de se renseigner pour les sources chaudes. Juste jeter un oeil sur le site internet. Ça lui a permis d’apprendre qu’elles étaient fermées jusqu’à nouvel ordre. J’en discute un peu avec elle. Dans ce contexte, il n’y a plus vraiment de raison d’aller là bas spécifiquement. Je ne reverrais donc pas le bus école, Tassa et Mowgly. En tout cas, pas cette fois. Je ne vois pas l’intérêt d’aller là bas si les sources sont fermées : j’imagine qu’ils ne resteront pas en découvrant ça. On commence donc à essayer d’établir de nouveaux plans avec Jane. On verra où tout cela nous mènera !

Fin de soirée oblige, il recommence à faire faim. Rien de tel que des crêpes aux bananes flambées pour finir une journée en beauté !

Burnout : Portland Decompression


Pas de surprise : la nuit a été mauvaise, comme prévu. Je me réveille fatigué, et un peu frustré à cause de ça. Mon plan initial était de dormir sur une aire d’autoroute, en même temps ; ça aurait été bruyant de toutes façons. Mais sans doute un peu moins quand même. Enfin… j’ai de la route à faire, et pas vraiment de raisons pour m’éterniser.

La route jusqu’à Portland, sous la pluie, est d’un magnifique sans intérêt. Enfin presque. J’ai découvert lors de mon dernier passage que pour encourager les gens à s’arrêter, on trouvait du café gratuit (et surtout du chocolat chaud gratuit) sur les aires de repos. Personnellement, le concept me plaît bien. Il y a même quelques biscuits. Je me reposerais donc deux fois en 80 kilomètres, à titre de prévention. On sait jamais après tout ! Mais bon ; à part les aires de repos, donc, et l’abrutis de première qui a failli me rentrer dedans, par derrière, alors qu’il faisait un dépassement par la droite d’une voiture situé en arrière de moi, une voie à gauche (c’est assez surprenant de voir soudainement apparaître dans son rétroviseur une voiture qui roule super rapidement, qui pile, qui commence à déraper, avant de reprendre le contrôle, réaccélérer, changer de file, et finalement doubler par la gauche ; ça valait bien un autre chocolat chaud pour les nerfs ! ) à part ça, donc, rien de bien passionnant jusqu’à Portland. Par contre, un excellent feeling, et la conviction que ça va être un événement mémorable.

Première constatation : le fait que l’on puisse commencer à entrer sur le site à 15h ne signifie pas qu’une horde gigantesque de gens va faire la file à cette heure là. Il pleuvote, il n’y a pas grand monde, et l’endroit où tout cela va avoir lieu est bien petit, mais très prometteur. Et puis le parking étant juste de l’autre côté de la rue (et accessoirement fait de tel sorte que je pourrais y dormir sans problème), j’ai ma maison à portée de main. D’ailleurs, je commencerais par plusieurs aller retour, entre le van et le site, voir si les choses évoluent. Les gens arrivent au compte goûte, mais étrangement, le sentiment d’être de retour à Black Rock City est là. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée. Contrairement à San Francisco, les gens ne sont pas déguisés ; ils sont en habits de tout les jours. Mais la pluie vient rajouter un peu de saleté (c’est peut être ça !) et puis l’aménagement temporaire du site saute aux yeux. On retrouve le côté « camp de réfugiés » de Burning Man. Ici, le mot d’ordre est clair. Rien de commercial, rien à vendre, pas d’argent. À marcher tout seul, à errer au hasard (le tour du site se fait en 4 minutes 22) je me retrouve rapidement à parler à une ou deux personnes.

_MG_0754.jpg _MG_0755.jpg _MG_0756.jpg _MG_0767.jpg

_MG_0758.jpg _MG_0762.jpg

_MG_0765.jpg _MG_0766.jpg _MG_0759.jpg _MG_0764.jpg

Il y a une tente, avec un gars qui joue du violoncelle, version hautement et extrêmement expérimental. Et puis il y a une fille en train de dessiner sur une nappe, qui me fait un sourire adorable, alors que je sors de la tente, pour retourner faire un petit tour dans le van. Je lis un peu, range quelques affaires, prends mon temps. Il n’y a rien à faire, il n’y a pas grand monde, et pourtant j’adore l’atmosphère et la façon dont les lieux semblent vibrer. J’y replonge donc, avec le sourire. Mes pas me ramène sous la tente. La fille est toujours là, toujours en train de dessiner. J’attrape un feutre, je gribouille un « no dust, only happiness ». Je sais, je suis redondant, mais ça me plaît toujours. On commence à discuter. Elle s’appelle Danielle ; elle est originaire du Kansas, mais habite Portland depuis un an. Elle ne connaît pas grand monde en ville, et elle est venue seule, un peu au hasard. On se retrouve tout les deux bien content d’avoir finalement un peu de compagnie pour la soirée. Et puis elle est venue sans apporter de manteau. Comme j’en ai un deuxième, je lui propose. Elle accepte avec grand plaisir, et m’accompagne jusqu’au Pourquoi Pas ? pour le récupérer. La pluie commence à tomber un peu plus fort, du coup on reste un moment, bien au chaud à l’intérieur, à discuter. On fera, au final, plusieurs allers retours entre le van et le site, dépendant de la météo et de ce qui se passe.

_MG_0788.jpg

Danielle a quitté sa job il y a deux semaines. Elle était tannée, elle n’aimait pas ça. À la place, elle joue de la guitare, et elle chante dans la rue, pour payer son loyer. Elle joue aussi de l’accordéon et du piano. Dans ce contexte, évidemment, difficile de ne pas parler musique. Un sujet sur lequel on se retrouve étrangement. Elle apprend aussi le jonglage contact (avec boule de verre) ; moi c’est le jonglage qui bouge qui m’intéresse. On rigole, on s’entend bien, on semble partager pas mal de choses. Mue par une idée soudaine, je lui demande si elle a de quoi de prévu la semaine qui s’en vient. Elle réfléchit un peu. Son emploi du temps est parfaitement vide. L’idée d’une balade en van dans le sud de l’Oregon lui plaît bien. Je lui parle des sources chaudes, du bus scolaire, de ces amis que je m’en vais retrouver. Je suis persuadé qu’elle fiterait parfaitement avec tout le monde, et Pourquoi Pas ? l’a prouvé : la place pour deux, ça ne manque pas.

Je me sens proche de Danielle. J’ai toujours été rapide pour m’attacher aux gens, pour me sentir proche des gens que je rencontre. Je me demande à quel point le fait de ne pas avoir vu mes « vrais » amis depuis plus de trois mois vient encore intensifier les choses. Mais au final, à force de discuter, on oublie petit à petit ce qui se passe en dehors du van. On fera quand même une dernière excursion, entre 23h et 1h, histoire de voir les performances des artistes de feu. À cause de la pluie, je ne ferais pas beaucoup de photos, mais j’ai quand même grand plaisir à regarder. Plus de plaisir, encore, à regarder les yeux émerveillés de Danielle, qui n’a pas autant l’habitude que moi de voir ce genre d’événements.

_MG_0816.jpg

_MG_0807.jpg _MG_0808.jpg _MG_0827.jpg _MG_0830.jpg

_MG_0865.jpg

On écoute encore un peu de musique, mais il ne fait pas très chaud. On retourne une fois de plus se cacher dans le van, un grog à la main pour se réchauffer. On parle, on discute, on fait des plans. En fait, ce qui l’inquiète un peu, c’est comment revenir à Portland après les sources chaudes. Moi, ce qui m’inquiétait, c’était de devoir aller trop rapidement jusqu’au rendez-vous, et de ne pas pouvoir prendre assez de temps pour admirer le paysage. Je n’ai rien de prévu après les sources chaudes, je fais donc quelques ajustements dans ma tête. Je pensais partir dimanche (demain donc) ou lundi. En fait, ça arrange un peu Danielle si on part un peu plus tôt. Et ça m’arrange aussi, vu que je pourrais faire réparer les lumières du Pourquoi Pas ?. Comme Danielle peut m’héberger, le nouveau plan consistera finalement a partir seulement jeudi pour rejoindre le bus scolaire. Ça nous donne deux jours pour faire la route vers le sud rapidement, et plus de temps pour remonter jusqu’à Portland ensuite. De mon côté, ça voudrait dire qu’ensuite, je quitterais Portland pour Chicago. C’est logique, et ça se tient.

C’est bien connu. Le temps passe vite en charmante compagnie. Et on ne s’en rend pas compte. Je suis donc pas mal surpris, alors que je sors prendre l’air deux minutes à un moment, de voir qu’il fait quasiment jour dehors. Il est déjà 7h du matin. On discute quand même encore un peu, mais on finit par être raisonnable, à se taire, et à s’endormir bien au chaud à l’arrière du van.